Dans hiérarchie, il y a l'idée d'ordonner. C'est de cette manière que l'idée de race a été utilisé, et à tort, oui. Et je ne prétends pas en faire un diagramme, ce qui n'empêche pas les gens de croire que l'homme est au-dessus de tout ou que le chasseur est au-dessus du chassé. Je ne prétends pas non plus que le mot "race" n'est pas utilisable, mais il a été largement terni par son histoire. Et, je n'en ai nullement besoin dans ma vie de tous les jours. J'admets toutefois qu'il puisse avoir un sens dans un langage scientifique, comme je l'ai dit plus haut et plus bas. Ton exemple du mot "nègre" est intéressant, cela dit. Peut-être montre-t-il qu'il faut un certain temps pour parvenir à mettre de côté ce qu'il a impliqué et ce qu'il signifie sans faire une apparente maladresse. Parce que oui, ces mots sont utilisables dans d'autres contextes.
Aucun sens? Ah bon? Donc la hiérarchie, ça n'existe pas? Les performances, ça n'existe pas? Parce que c'est ça aussi, hiérarchiser, non? Et, je crois, au contraire, que les gens sont plus hystériques et absolutiste qu'ils ne semblent le laisser penser. Rien que pour ne pas, justement, se différencier de ce qui "domine". La peur est un bon moteur à comportements.
Un scientifique parle de néanderthal ou de sapiens, il ne parle de la race de l'un ou l'autre. Le terme de race n'a de sens qu'en tant que sous-espèce, et scientifiquement parlant, et s'il ne reste que ça. Mais un scientifique te parlera de l'espèce humaine. Les différences sont plus ou moins importantes selon un individu et un autre dans toutes les espèces. Il est tout aussi abusif en soi de parler d'espèce que de race, si tu veux. Reste que parler de néanderthal et sapiens peut sous-entendre le terme de race, si tu veux. Ce n'est néanmoins pas une nécessité dans le vocabulaire.
Et pourtant, un juif, ça se voyait. Et, si ça ne se voyait pas, ça se méprisait quand même. Je te le l'accorde, c'est absurde.
Tu nierais le lien qui peut exister entre la haine et la différence? Tu nierais aussi la jalousie que cela peut impliquer? Regarde l'histoire des riches et des pauvres. Des gens normaux et de ces immigrés. Des gens qui travaillent et ne travaillent pas. Ce n'est pas le même discours, et pourtant, ce sont des catégories faites à partir de choses qui sont matérielles. La haine de la différence, c'est la haine envers celui qui a ce que, moi, je n'ai pas, et aurais aimé avoir. C'est la jalousie, si tu préfères user du terme. Mais c'est aussi la crainte de la différence qui provoque en moi une réaction violente. Selon le cas. Mais oui, ne pas différencier les deux, ce n'est pas "normal".
Et ton exemple n'est pas mon propos : tu fondes un raisonnement logique pour démonter ce que je dis, alors que ce que je dis est une situation qui a été réelle et vécue en France. Je ne dis pas qu'il est raisonnable de prendre pour vrai un préjugé, ce que je dis, c'est que c'est plus répandu qu'on ne le croit. Je ne dis pas non plus que le fait d'avoir signifie que nous méprisons ce que nous n'avons pas. Reste que les réactions sont souvent virulentes. Pas dans les actes en général, et heureusement, mais dans les propos tenus, et c'est déjà bien assez. Bref, nous aurions de nombreux malades mentaux en France, pour réutiliser tes propres mots.