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Affichage du contenu avec la meilleure réputation le 13/04/2023 dans Billets
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Pourtant immobile, dans sa robe bleue, Le sourire docile, le regard fougueux ‒ La chaleur du fournil et la grâce des dieux ‒ Dans un souffle, puis dans mille, j'ai vu danser les cieux. Châtelaine chatoyante qui virevolte sans heurt, Par le jour enhardie, comme ignorante des peurs. Du dédain se défie quand défilent les heures Mais jamais ne dédit l'invariable pudeur. De la couleur éclatante qui s'échappe du ciel Aux solitudes volontaires d'une retraite spirituelle, J'ai perçu des plaisirs qu'on voudrait éternels. D'une silhouette gracile à la profondeur de la nuit Aux circonvolutions fébriles qui viennent chasser l'ennui, J'ai gravé ton souvenir dans le lapis-lazuli.2 points
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Enjôlée par les arabesques du combat d'épées, Appesantie par la torpeur de l'homme-enclume, Mandragore endormie se rêvait canopée, Désireuse du ciel comme serpent à plumes. Abîmée, mise en terre comme les titans anciens, Prisonnière des enfers et de leur triste gardien, Elle avait mis en bière tous les songes lumineux Qui auraient pu la tirer du séjour ignominieux. Blessée, délaissée, comme laissée en jachère Dans un monde où toute vie n'était que rampante. Elle se dit qu'immobile valait mieux que destin en pente. Et ainsi s'endormit pour mieux passer l'hiver. Approche le renouveau et qu'enfin sonne l'heure Du trépas annoncé de ta placide pudeur. Que n'en reste que lambeaux, que flétrisse son cœur ; Je la veux terrassée par les armes de l'oiseau moqueur. Digne héritier de Teumesse, Retraité des cinq roues, vadrouilleur insaisissable, Qui dessine ses peines et sculpte ses liesses Comme le ferait philosophe avec la pierre et le sable. Éternel badineur, dont la voix ne s'aggrave Que pour contraster la légèreté d'une humeur toujours suave, S'est approché, curieux, de la racine frileuse Se donnant pour mission de la rendre amoureuse. Déterre la dormeuse et lui montre ses tours. Se confronte au refus, se risque au rejet, Se consacre à la réalisation de son unique projet, Trébuche en chemin et tombe fou d'amour. Approche le renouveau et qu'enfin sonne l'heure Du trépas annoncé de ta placide pudeur. Que n'en reste que lambeaux, que flétrisse son cœur ; Je la veux terrassée par les armes de l'oiseau moqueur. Facétieux et rieur, l'âme toujours légère, Enhardi par sa belle, se découvre des ailes. Lui propose alors de prendre le chemin des airs Pour graver dans sa chair, les délices du ciel. Éblouie, ébahie et maintenant libérée des supplices Celle qui fut Pénélope se changeait en Ulysse. Désireuse d'un voyage par delà les nues Se laisse charmer à l'idée de ces mondes inconnus. Se jette dans la gueule du doucereux prédateur. Abandonne sa pudeur et se donne toute entière En priant pour des lendemains plus doux que l'hier. Puisque plus jamais on ne les vit, chacun y va de son interprétation du bonheur.1 point
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"J'ai pas encore touché mon verre Mais j'ai déjà trop bu ce soir. Je deviens sensible à la lumière Depuis que je nous voudrais dans le noir. Je me suis perdue sur les contours De tes yeux doux et pétillants. Et j'ai le ventre plein d'amour Pour tes rires insouciants. Alors je parle avec les mains, Pourvu qu'elles effleurent les tiennes! Je voudrais qu'on oublie demain! Que pour la nuit, tu me retiennes. Le désir me monte à la tête, J'ai l'ivresse à fleur de peau. J'ai si peur que tu me trouves bête, Si dans ta bouche, je cherche mes mots. Je sais pas quoi dire, je veux plus qu'on parle, J'ai le corps qui te réclame! Je sens mon envie qui déferle Jusqu'aux tréfonds de mon âme. Je sais qu'il faut pas, mais je prends le droit, Même si j'en aime un autre que toi." "Je sais que t'en aime un autre que moi, Je sais que sur toi j'ai aucun droit. J'y peux rien, j'ai le sang qui crame Et même si j'essaie de faire le Con, ma retenue se pèse centigrammes Tandis que ma raison enfile des perles Qu'on s'offrirait pas en cadeau! Y a pas d'innocence dans ma requête. Je veux que tes ongles lacèrent mon dos, Que tu me fasses payer ta conquête. Parce que la vie est une chienne Je m'en fous si le monde s'éteint. Je veux que pour la nuit tu sois mienne. Mais je veux quand même faire les choses bien. Tu pars demain, c'est terrifiant, J'aurai pas le temps de te faire la cour. Alors je me perds en jeux d'enfants En espérant te revoir un jour. D'ici là, je me ferai bavard Pour étouffer mes désirs adultères. Désolé si je t'empêche de boire Mais ce soir, l'abstinence est salutaire."1 point
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