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La Vierge et l'Innocent


Fhink

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L'histoire du Bien, Créateur de tout sauf de la souffrance


C'est l'histoire du Bien, Créateur de tout sauf de la souffrance.


La souffrance n'est donc pas une création du Bien : elle est l'intruse dans Sa création.


1) Le Bien Créateur et la Vierge


Le Bien est très, très fort. Tellement fort que, s'Il était femme, ce serait une femme extrêmement forte : une Vierge, au sens d'une puissance qui n'a besoin d'aucun partenaire même pour créer.


Elle serait la Bonne, la Créatrice de tout sauf de la souffrance.


Et puisqu'Elle est suffisamment puissante pour enfanter sans partenaire, Elle peut donner naissance à Sa création à partir d'Elle seule.


Ainsi, dans cette représentation, le Bien est à l'origine de tout ce qui appartient à Sa création, tandis que la souffrance n'en est pas issue.


La souffrance est l'intruse : elle s'impose dans une création qui ne vient pas d'elle.

2) Le Bien, dans Son innocence, rencontre la souffrance


Mais le Bien possède aussi une autre caractéristique : une innocence extrême.
Cette innocence est telle qu'Il sait composer avec la souffrance lorsqu'elle s'impose à Sa création, sans pour autant devenir Lui-même producteur de cette souffrance.


Il crée Sa création et peut même s'y incarner, s'Il le veut.


Et s'Il s'y incarne, c'est aussi pour pouvoir agir directement contre la souffrance lorsqu'elle pénètre Sa création : Il peut la mettre hors d'état de nuire lorsqu'elle menace les êtres.


C'est alors que se produit l'histoire du Christ.


Le Bien, incarné parmi les hommes, continue comme toujours à les guider.
Mais certains êtres, n'ayant pas foi en Lui, veulent Lui faire du mal malgré Son innocence.


Alors le Bien, par Sa toute-puissante innocence, compose avec la souffrance qu'on veut Lui imposer.


Il ne cherche pas simplement à rendre le mal pour le mal.


Il fait en sorte que ce qui Lui est infligé puisse être vu et connu de l'humanité, afin que les hommes puissent comprendre jusqu'où peuvent conduire les dérives de l'absence de foi dans le Bien : torturer et tuer un innocent.


Ainsi, le Bien transforme ce qui Lui est imposé en un témoignage destiné à éviter une souffrance plus grande : celle d'une humanité qui finirait par se torturer elle-même.


Les deux histoires n'en font alors qu'une
Et c'est précisément là que la Vierge et le Christ appartiennent à la même histoire.

La première histoire est celle du Bien Créateur, représenté par la puissance de la Vierge : le Bien peut engendrer sans partenaire.


La seconde est celle du Bien incarné, qui vient dans Sa création sous la forme du Christ.


Or le Christ vient au monde par la Vierge.
La Vierge et le Christ ne constituent donc pas une troisième histoire ajoutée aux deux précédentes : ils sont les figures par lesquelles les deux histoires se rejoignent.
Le Bien qui peut créer sans partenaire est représenté par la Vierge qui enfante le Christ ; puis le Christ représente le Bien incarné qui rencontre la souffrance dans Sa propre création.


Ainsi :
Le Bien crée → la Vierge enfante → le Christ s'incarne → la souffrance s'impose → le Bien demeure innocent → la souffrance devient témoignage.


Et c'est pourquoi ces deux histoires peuvent être connues en une seule par la vie du Christ : dans cette lecture, il y a à la fois le Bien Créateur, la Vierge par laquelle le Christ vient au monde, et le Christ lui-même, incarnation du Bien confronté à la souffrance qui n'est pas Son œuvre.

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