Aller au contenu

Humeurs vagabondes

  • billets
    11
  • commentaires
    18
  • vues
    617

froidure


Invité

148 vues

Le lever du jour, cette pointe de lumière froide et blanchâtre qui vous tire d'un sommeil agité. Se lever sans trop croire qu'une journée sera différente de l'autre mais se dire qu'à chaque jour suffit sa peine. Marcher sur le parquet froid, pieds nus. Se diriger vars la salle de bain et tomber sur un souvenir d'un moment passé délicat en compagnie d'une belle qui vous a rendu beau un soir, une après midi, là dans cette salle de bain, dans cette douche. Moment sensuel et intime où les mains se croisent, où les corps se collent pour mieux s'apprécier. Prendre sa douche puis s'habiller avant d'aller déjeuner...prendre son café et manger ces tartines grillées...cette odeur délicate qui vous rappellent ces moments passés à programmer la vie, programmer des envies ou tout simplement proposer de partir sans savoir où aller à la dernière minute...

Alors on prend son balluchon et on part seul comme s'il fallait conjurer le mauvais sort...on y met ce boitier photo et ses objectifs, le trépied, un sandwich à l'improviste et on part vers l'océan pour prendre la lumière la meilleure, celle du matin...comme avant, comme quand on était deux...la matinée passe, on marche, on photographie les voiliers et leurs mâtures pour saisir l'instant...comme avant...et puis à un moment on s'assoit, on regarde devant soi et l'on contemple le vide...on se met à parler seul..."que fais-tu là?"...

On repart alors, on est perdu, on ne sait plus...a-t-on su un jour ce que l'on faisait ? Avant on pensait pour deux, aujourd'hui on est toujours deux mais cette fois-ci, la deuxième est cette peste de solitude avec soi-même.

Alors on rentre chez soi...on revient vers cette salle de bain et le souvenir revient frapper à la porte...la douche chaude glisse sur la peau, déclenche des frissons qui n'ont cependant rien de comparable avec ceux des étreintes charnelles. On se glisse dans un peignoir...on se regarde dans la glace : la tristesse est marquée sur le visage, le temps est aussi passé par là...on s'approche pour voir les détails...oui elle est bien ancrée sur le regard, sur les lèvres...

On se couche doucement comme pour mieux maîtriser la froidure des draps. On aimerait se réchauffer contre un corps serré contre soi, mais non rien...alors on se recroqueville sur soi-même et on cherche le sommeil désespérément...il finira par venir avec son cortège de cauchemars martelant le ridicule de son penseur...

la froidure du matin, la froidure du soir...la froidure d'une vie qui reste pourtant à vivre.

1 Commentaire


Commentaires recommandés

L'inspiration t'est venue — et dans sa grande robe glaciale — et les mots s'en ressentent. Un texte beau et triste à la fois, car tu y évoques si aisément une sensation de froid. Peut-être sont-ce ces souvenirs à plus haute température, qui par contraste, font vaciller une lueur de petite flamme qui s'éteint l'instant d'après — l'instant présent — et soudain, oui : l'on a froid.

"Une vie qui reste à vivre"... :o

Lien vers le commentaire
Invité
Ajouter un commentaire…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

Chargement
×