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Sciences Fiction - (Episode 3)


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Ce récit est une fiction - Toute ressemblance avec des faits réels serait pure coïncidence - 

Des figurants dans les hôpitaux

C'est au début du mois de janvier que le premier ministre, le ministre de l'intérieur et le ministre de la santé reçoivent Stanley Lubrique. Le célèbre cinéaste dont le travail remarquable a été apprécié et récompensé à de multiples occasions. Stanley Lubrique a été convoqué à Matignon. Il est immédiatement reçu sous les dorures du bureau du premier ministre. 

C'est de famille. L'oncle de Stanley Lubrique avait déjà été sollicité en 1968 par le Congrès américain. Stanley Kubrick a mis en scène et tourné les scènes d'alunissage d'Apollo 11 sur la lune le 20 juillet 1969. Chacun se souvient de ce véritable coup de maître. Le monde entier admirait Neil Armstrong descendre les marches de l'échelle. 

Malgré les oublis au montage, les erreurs décelables avec les techniques d'aujourd'hui, cette réalisation fait encore illusion au XXI ème siècle. Car une immensité de gens croient encore à sa véracité. Il suffit de regarder flotter le drapeau américain sur une planète sans atmosphère et donc sans vent pour comprendre la fiction. Un oubli "volontaire" de Stanley Kubrick pour faire comprendre la supercherie. 

C'est donc sur ses antécédents familiaux, que le gouvernement français fait appel à Stanley Lubrique. En effet, pour les besoins de la politique menée jusqu'à maintenant et surtout pour préparer celle qui se prépare, le gouvernement a besoin d'un cinéaste expérimenté. D'un metteur en scène virtuose. Le scénario lui sera toutefois imposé. 

C'est fort du contrat signé, d'un premier chèque à neuf zéros derrière un chiffre que la décence nous empêche de révéler ici, que Stanley Lubrique se rend aux studios de sa société de production. Immédiatement Stanley Lubrique réunit ses employés, ses collaborateurs et ses techniciens. A l'issue de la réunion Stanley lLubrique en sélectionne cinq. Il leurs fait signer un document. Un "devoir de réserve" sur l'honneur. 

Un contrat "secret défense" qui interdit à quiconque de révéler quoi que ce soit des prochaines réalisations. Trop heureux d'avoir du boulot malgré la "crise", de bénéficier d'une prime représentant dix années de salaires, la petite poignée de techniciens mis dans le secret, se met au travail. Dans la joie, la bonne humeur et l'optimisme débridé. 

Convaincue de réaliser un épisode d'une série télévisée habituelle pour crétins lobotomisés, la petite équipe prépare les studios. Il faut construire deux salles d'hôpitaux. Avec le matériel et les instruments. C'est donc dans la fébrilité que se fabrique en quelques jours l'intérieur d'un hôpital. L'illusion est parfaite. Les caméras sont disposées. 

De petites annonces discrètes offrent d'interessants cachets aux acteurs amateurs désireux de faire de la figuration. Tous les âges sont recherchés. Mais comme il est important de cibler un public jeune afin de créer un climat anxiogène plus inquiétant dans le film, priorité est donnée aux individus entre 18 et 45 ans. En bonne santé. Dotés d'un physique agréable. 

Le casting est organisé dans les locaux du studio. C'est Stanley Lubrique lui-même qui reçoit chacun des postulants. Une trentaine de candidats sont retenus. Les impétrants sont priés de se présenter dès lundi 11 janvier à 8 h du matin. Tout est prêt. A part Stanley Lubrique tout ce petit monde est convaincu de tourner le premier épisode d'une nouvelle série. Le nom de code de l'équipe, des figurants et des acteurs est "Covid". 

Toute l'équipe croit tourner le nouvel épisode d'une de ces séries somnifères et lénifiantes des mardis soirs. Tout le monde est là, à 8 h, ce lundi matin 11 janvier. C'est Stanley Lubrique en personne qui dirige l'équipe et la mise en scène. Les figurants sont installés dans des lits. Certains munis de tubes dans la bouche, de tuyaux en plastique dans le nez. A leurs chevets des instruments de mesures qui sont de parfaites réussites en carton pâte. 

Certains sont priés de simuler le coma. << Moteur ! >> s'écrie Stanley Lubrique. Aussitôt les caméras se mettent à tourner. Surgissent une jeune femme portant un masque sanitaire et un micro à la main. Un homme en chemise blanche et en cravate sous sa blouse blanche. Il répond aux questions de l'actrice qui interprète la journaliste. 

L'homme en blouse blanche, docte, sérieux et solennel parle posément. Il interprète un immunologue. Bien évidemment la situation, l'interview, les questions, les réponses ont été scrupuleusement scénarisés par Stanley Lubrique imself. Un autre homme en blouse blanche se rapproche du duo. Lui aussi interprète un médecin des urgences de l'hôpital. Il a ce ton solennel, inquiétant, lourd de menaces. 

<< Coupez ! >> s'écrie Stanley Lubrique afin de corriger certaines expressions. Malgré que chacun des acteurs porte un masque sanitaire, leurs airs ne paraissent pas assez graves. Stanley Lubrique exige plus de dramaturgie. Dans les regards doivent se lire l'angoisse, l'anxiété et même de la peur. Dans la tonalité des voix il faut rajouter une dimension anxiogène. Il faut que transparaît l'horreur d'une fin du monde proche. < C'est virus, merde ! >> crie Stanley ! 

Une matinée suffit à mettre en boîte plus de trois heures d'images. Il suffit de changer quelques éléments du décors, de changer les panneaux de différentes couleurs, pour donner l'illusion d'autres hôpitaux. Les acteurs qui interprètent le personnel médical sont à chaque fois différents. Les figurantes qui interprètent les infirmières restent les mêmes. Il suffit à la maquilleuse de les relooker à chaque fois. 

A chaque nouvelle prise, Stanley Lubrique met dans les mains de l'actrice qui interprète la journaliste un autre micro. Sur l'un est écrit Tf1, sur un autre RTL, sur un autre encore BFM TV. France2 ou encore Europe1. Il est presque midi. Les figurants peuvent se lever de leurs lits et enlever les tuyaux. Tout le monde est félicité par Stanley Lubrique. Tout le monde passe au bureau pour signer les documents "Top secret" et toucher son méga chèque. 

Stanley Lubrique peut livrer une vingtaine de petits films en 4K d'une dizaine de minutes chacun. Il se rend chez le premier ministre qui lui remet son second chèque. Les clefs de sa Ferrari toute neuve. Les clefs de sa nouvelle résidence secondaire à Pacific Palissade en Californie. Et le numéro des comptes bancaires aux Îles Moustiques. 

C'est aux journaux télévisés, aux informations du vingt heures, que les magnifiques images tournées par Stanley Lubrique sont diffusées. Un des figurants, qui croit se reconnaître, téléphone à la chaîne qui diffuse le "reportage" anxiogène sensé inquiéter toute la nation sur les dangers de se réunir à plus de 6 et de ne pas se faire vacciner. 

Le lendemain, dans une rivière aux eaux glacées, un homme est retrouvé noyé. Seul sa compagne, morte de peur, sait que c'est Jean-Pierre, son mec, qui a fait "figurant" dans la série "Covid". Elle fait le rapprochement. Mais, ses rares amies, sa mère, un représentant des services secrets, la dissuade de croire à ces théories complotistes qui risquent de créer des problèmes dans sa famille. Parmi ses proches. 

La série "Covid" remporte un tel succès qu'elle est diffusée tous les soirs sur toutes les chaînes de télévisions...

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