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La religion positive

existence

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On peut dire qu'un axiome de base de la religion est que la réalité est le bien, que la réalité est positive. En partant de ce présupposé, on arrive rapidement aux conclusions qu'on connait.

Par exemple, au top ten des choses terribles qui peuvent arriver, il y a "perdre un être cher". Comment interpréter cela positivement ? Il n'y a pas 36 solutions, c'est que cette personne n'est pas morte, mais est à un autre endroit. Comme ce qui nous intéresse, c'est d'être avec les gens qu'on aime, on suppose alors qu'on les rejoindra. Et voilà, on arrive à la conclusion d'un au-delà.

D'autre part, il nous arrive des choses désagréables, des problèmes, etc. Comme interpréter cela positivement ? Eh bien, c'est que c'est un entrainement, ce sont des épreuves pour être encore plus fort. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Cela dit, malgré cela, il y a une accumulation de choses injustes, tout ne peut pas être simplement des épreuves. Alors il y aura la justice plus tard. Au-delà de ce qu'on peut voir.

Si la réalité est le bien, alors il y a nécessairement une justice, au moins dans le sens positif, c'est-à-dire que ceux qui ont souffert seront réconfortés. On arrive alors à l'idée de martyr. Si on souffre sur Terre, c'est parce qu'on gros cadeau nous attend après notre mort.

La question du lieu de l'au-delà est un peu moins évidente. On peut conclure que l'au-delà contient des endroits agréables et des endroits moins agréables. Pas forcément désagréable, si on y réfléchit. D'ailleurs, toutes les religions ne contiennent pas un enfer de souffrance. C'est surtout une spécialité chrétienne et musulmane. Cela dit, même sans enfer de souffrance, on peut en conclure des récompenses diverses.

Il existe une alternative à la croyance à une vie après la mort, il y a la dissolution après la mort dans le grand tout, avec l'esprit de la forêt par exemple. C'est l'approche plus globale, comme le panthéisme. Dans ce cas, on considère que le négatif qui nous arrive est insignifiant, comparé à la globalité. Ce qui compte alors, c'est que l'espèce, la civilisation continue, que les traditions continuent. On comprend alors l'envie de perpétuer les traditions. On rétablit la justice en niant l'importance de soi.

L'athéisme apporte une réponse différente, puisqu'alors, si la perte d'un être cher est douloureuse pour ceux qui restent, pour ceux qui sont partie, la mort n'est rien. Ils ne soufrent plus. Nous n'avons donc pas à pleurer leur sort. On peut souhaiter continuer leur œuvre par compassion, mais pour l'essentiel, notre douleur est surtout un manque. Il n'y a pas un comportement particulier à avoir pour plaire à tel dieu pour rejoindre ceux qu'on aime après la mort. Nous pouvons cependant nous préparer, en étant conscient que les gens que nous aimons vont peut être partir avant nous.

Alors que dans le panthéisme et dans la spiritualité de la globalité, on considère que tout l'être se retrouve avec le grand esprit, dans l'athéisme, même si on peut considérer que les actions des personnes continuent après leur mort, et qu'ils restent un temps dans le cœur des gens qui les connaissaient, il y a la reconnaissance réelle de la perte, et avec la reconnaissance que la réalité n'est pas toute positive selon notre sens.

De même, la justice n'est pas une réalité, elle est une idée qui vit en nous, et que nous pouvons favoriser dans une certaine mesure. Si l'on désire réellement la justice et qu'on est athée, notre spiritualité est plus exigeante encore que celle de ceux qui croient en une vie après la mort avec une rétribution juste. En effet, nous pouvons faire ce que nous pouvons, à notre échelle, pour faire le bien et aidez ceux qui sont opprimés, mais pour ceux qui sont déjà mort, il est trop tard. Et dans le même temps, puisqu'ils sont morts, il n'y a plus rien à faire. Là encore, il y a une perte réelle reconnue par l'athéisme.

L'athéisme n'est pas une facilité, ce n'est pas une façon de jouir sans se soucier de la réalité. Au contraire, c'est mettre le principe de réalité en avant quand il s'agit de déterminer ce qui est vrai et ce qui est faux. Bien entendu, beaucoup de choses sont subjectives, et le principe de réalité ne répond pas à toutes les questions. Simplement, si nous pouvons négocier un peu avec la réalité, avec la mort et avec notre désir de justice, la lucidité nous amène à renoncer au jugement et à un monde complètement positif, non pas parce qu'un dieu s'occupera de cela après notre mort, mais parce qu'il n'y a pas d'au-delà.

Il y a une positivité ultime dans l'athéisme, c'est celle de la subjectivité et de l'expérience consciente. Sans nous mentir sur la nature de la réalité matérielle, nous pouvons en grande partie choisir notre vie subjective et réaliser que l'expérience consciente cesse avec la mort du corps, et donc que la mort n'est pas à craindre. Pour toute problématique, s'il y a un remède, nous pouvons l'appliquer et alors à quoi bon le mécontentement ? Et s'il n'y a pas de remède, à quoi bon le mécontentement ? Plutôt que de ressasser les malheurs pour lesquels nous ne pouvons plus rien, nous pouvons choisir à la place d'entretenir le bonheur.




2 Commentaires


Si je suis d'accord sur la peur de la mort et la douleur de l'autre dans la mort, j'ai jamais vraiment accroché à l'athéisme.

Non pas que je crois en un dieu quelconque : juste qu'il ne fait que trop peu rêver.

Et moi, je suis un rêveur. Je crois.

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Je ne vois pas de contradiction entre être athée et être rêveur. On peut être athée de différentes façons.

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