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Billets dans ce blog

Vagabond.

Dans ses veines coule l'encre impure d'une inspiration tâchée. Ses mots sont crus, souillent sans impunité sa feuille vierge. C'est un poète improvisé, un nomade qui foule sans pudeur le sol des lettres. Il peint du bout de sa plume un univers de débauche, des femmes sans complexes et des lieux sans repères. Il trace avec passion les courbes sensuelles de ces lettres ; son imagination est aiguisée, il déshabille avec agilité le voile obscure de la réalité. Il trouve l'inspiration là où la vie est stérile, au fond des abysses les plus sombres. Sa muse est une catin désabusée, une femme qui n'a peur de rien. Elle hante chacune de ses pensées, chaque nuit, chaque jour, il puise l'inspiration en elle. A travers ses grands yeux déterminés il y voit un monde sans douceur, des rues crasseuses et des visages inanimés. C'est un poète égaré dans un univers qui n'est pas le sien ; son esprit est en désordre, ses idées s'y bousculent et s'entrechoquent. C'est un poète qui a le mal de terre, les mots sont son échappatoire. Il vogue sur ces lieux à la recherche d'une plus grande source, sans cesse en quête d'une inspiration plus passionnée.

Vagabond.

Une enfant.

C'est un long chemin, une vaste étendue qui se déploie vers l'infini. Une petite fille y marche, ce n'est qu'une enfant en quête d'une chose innommable, d'une belle utopie, d'un ailleurs sans fissures. Elle rêve ; son imagination l'emporte vers ces ailleurs impénétrables. C'est les yeux clos qu'elle parcourt cette terre aride d'amour, qu'elle cherche à tâtons cette cascade qui inondera son c¿ur. Sur ses épaules, elle porte un lourd fardeau, des secrets et des angoisses ; elle finit par revenir à la réalité ; envolées ces belles images, ces belles utopies. Elle s'arrête un instant et se retourne, ce n'est que l'obscurité amer d'un passé torturé. Elle détourne les yeux, mais son c¿ur est meurtri. Elle ne peut plus avancer, elle stagne entre deux univers incompatibles. Ses journées se passent dans le brouillard ; pour elle l'humanité est morte. Elle observe, plongée dans une réflexion vide de sens. Les hommes lui font peur, une répulsion qui tourne à la paranoïa. Une androphobe blessée. Une enfant qui refuse d'avancer car elle ne sait pas ce qu'il y a au bout. Elle s'accroche à ce qu'elle peut, tente de se défaire de cette vague d'amertume. C'est une naufragée lésée.

Le monde lui semble être fait de plomb, les océans sont inertes et les silhouettes immobiles. Tout n'est qu'un brouhaha instable qui emplit ses oreilles et pénètre son être. Elle tente pourtant de se frayer un chemin à travers la brume, elle vagabonde à travers cette voie branlante. Ce n'est qu'une enfant perdue.

Vagabond.

Identité.

J'ai vu au plus profond des c¿urs de ces êtres vils qui s'entretuent pour du fric. J'ai vu se perdre cette humanité au fil des siècles. Quelque chose d'amer se propage dans l'atmosphère, une folie dévastatrice qui nous pénètre. Bienvenue en enfer, là où même la chaleur humaine nous brûle. Mon nom s'est perdu dans cette masse sombre, mon identité s'est brisée alors que je n'étais pas encore de ce monde. C'est une reconquête, un chemin à reconstruire sur un tas de débris. L'identité est une catin qui s'est livrée à la plus néfaste des débauches. Qui je suis? Une simple ombre à la recherche d'un visage, une vague silhouette qui vagabonde sur les flots inertes de la vie. Je laisse planer le mystère sur mon identité car elle n'est peut-être qu'un vaste mensonge. Homme ou femme ; simple enfant en quête d'un trésor perdu ou vieux sage. Imaginez moi sous toutes les coutures, je ne suis après tout qu'un mirage errant. Une simple image trouble et incertaine.