Tartines et confiture

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Le droit d'être contre

"Lors de conférence mondiale sur le racisme, le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Kin Moon, a mis sur le même plan l'antisémitisme et l'islamophobie. C'est confondre deux choses différentes. Les sémites sont un groupe ethnique, ou plusieurs : être antisémite, c'est nier l'unité fondamentale de l'humanité en même temps que l'égale dignité de tout ces membres.

C'est une forme de racisme, aussi haïssable qu'elles le sont toutes.

ÿtre islamophobe c'est s'opposer à une religion ¿ non à un groupe ethnique, donc, mais à un ensemble de croyance ou de pratiques. Pourquoi serait-ce interdit ? On a le droit, dans une démocratie, d'être anticommuniste, antisioniste ou antilibéral. Pourquoi n'aurait-on pas le droit d'être antimusulman ou antichrétien ? Parce que tous les êtres humains sont égaux en droit et en dignité ? Et alors ? Cela ne signifie pas que toutes les croyances se valent, autrement dit soient égales en fait et en valeur !

Michel Houellebecq avait été attaqué en justice, il y a quelques années, parce qu'il avait affirmé que « l'islam était la religion la plus con ». Je ne partage pas son avis (les croyances des Raëliens, pour ne citer qu'un exemple, me paraissent beaucoup plus sottes), mais ne saurai lui refuser le droit d'exprimer le sien. Pourquoi toutes les religions seraient-elles également intelligentes, intéressantes, profondes ?

On s'est étonné que le pape Benoit XVI, dans son discours de Ratisbonne, mette le christianisme plus haut que l'islam. La belle affaire ! Serait-il pape autrement ? Et quel musulman qui ne mette l'islam plus haut que le christianisme ?

On pourrait multiplier les exemples. Jean Paul II dans son encyclique veritatis splendor, rappelait que l'athéisme, selon l'église, est un « péché mortel », qui entraine « la condamnation éternelle ». Je trouve l'idée affligeante ; mais dois-je porter plainte pour athéophobie ?

Un député de l'UMP fut condamné pour homophobie (avant que le jugement, d'abord confirmé en appel, ne soit annulé par la cour de cassation), parce qu'il avait prétendu que l'homosexualité était « moralement inférieure » à l'hétérosexualité. Là encore, c'est un avis que je ne partage aucunement, mais je m'étonne qu'on y ait vu un scandale ou un délit. N'a-t-on plus le droit en France, d'être catholique ? Que l'homosexualité, dès qu'elle passe à l'acte, soit un péché, cela me parait une idée bien sotte, mais qu'on trouve, sauf erreur de ma part, dans toutes les grandes religions. Faut-il les interdire toutes pour homophobie ? Ou bien serait-ce déjà de la religiophobie ?

Attention de ne pas devenir phobophobes ! Si tout se vaut, rien ne vaut. Ce refus de tout refus, cette haine de toute haine, ne serait vérité qu'une forme très soft de nihilisme, qui vouerait nos démocraties à l'inertie puis à la mort. On a le droit d'être contre, et même de haïr, tant que ce combat ou cette haine portent sur des idées, non sur des êtres humains qu'on prétendrait pour cela inférieur aux autres.

Celui qui affirme que les homosexuels sont inférieurs en droit et en dignité aux hétérosexuels n'est pas seulement un imbécile. Il remet en cause l'unité fondamentale de l'espèce humaine (c'est en quoi, l'homophobie est une forme de racisme), et doit à ce titre être condamnée. Et même chose bien sur, pour celui qui prétendrait que les musulmans sont inférieurs en droit et en dignité aux chrétiens ou aux athées. Si c'est qu'on entend par islamophobie, soit. Mais alors trouvons un autre mot pour ceux qui sont contre l'islam. Ont-ils raison ? Ont-ils tort ? Ce n'est pas la question, ou plutôt, c'est à chacun, non à l'état, d'y répondre.

Méfions-nous du politiquement correct, du consensus mou, de la tyrannie des bons sentiments ! Tous les hommes sont égaux en droit et en dignité, mais toutes les idées ne se valent pas. Le droit d'être contre fait partie des droits de l'homme."

André Comte-Sponville

chronique Le monde des religions juillet-août 2009

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Dieu, les tortures et la femme

"Loué soit Dieu de ne pas m'avoir créé femme". Ces par ses mots emprunts d'une sagesse toute pragmatique que commence la journée des juifs orthodoxes. Et pour cause. Frappées de 9 malédictions1 depuis la chute d'Adam et ÿve, leurs femmes sont privées du droit de chanter, d'étudier la Thora, sont obligée de se raser le crâne ou de porter une perruque, et sont répudiées si elles sont soupçonnées d'être infécondes.

Chez les juifs orthodoxes, si la femme commet le péché d'adultère, elle est tuée par lapidation. L'homme, lui, ne sera considéré que comme un simple voleur, puisque la femme est propriété de l'homme.

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Dans le Coran, le rapport est plus égalitaire. L'homme, ainsi que la femme sont censés être fouettés. Dans les faits, les intégristes musulmans ont préféré s'inspirer de la loi juive, bien que la lapidation d'un musulman pour adultère fasse aujourd'hui l'actualité.

Dernièrement une somalienne de treize ans, victime d'un viol collectif a été lapidée pour adultère.

Du XIIème au XVIIIème siècle, près de 50 000 femmes furent exécutées par l'ÿglise catholique. Jugées trop libres, parce que païennes, guérisseuses, faiseuses d'anges, antipathiques ou simplement désobéissantes envers leur mari, la summis desiderantes affectibus fourni néanmoins un cadre théologique à leur jugement.

Le moyen le plus connu pour détecter une sorcière était de la jeter dans l'eau, attachée à une pierre. Si elle coulait elle était innocente (mais déjà morte) et si elle flottait elle était coupable et tuée. :snif:

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Hexen und Hexenmeister (Sorcières et sorciers) raconte en détails la torture pratiquée en Allemagne. "Le bourreau lui lie les mains, lui coupe les cheveux et la place sur l'échelle. Il lui jette de l'alcool sur la tête et y met le feu pour brûler la chevelure jusqu'aux racines. Il lui place des morceaux de soufre sous les bras et autour du cou, et les enflamme. Il lui lie les mains derrière le dos et l'élève jusqu'au plafond. Là, il la laisse suspendue pendant trois ou quatre heures jusqu'au petit déjeuner. A son retour, il lui asperge le dos d'alcool et y met le feu. Il lui attache de très lourds poids au corps et l'élève à nouveau. Après cela, il lui place le dos contre une planche hérissée de pointes acérées et la remonte une fois de plus jusqu'au plafond. Il lui comprime alors les pouces et les gros orteils dans les vis et lui frappe les bras avec un bâton. Il la laisse ainsi suspendue pendant un quart d'heure jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse. Puis il lui presse les mollets et les jambes à la vis. Il la fouette ensuite avec un fouet conditionné pour la faire saigner. A nouveau, il lui place pouce et gros orteils dans les vis, de six à treize heures, pendant qu'il va manger un peu avec les officiels de la cour. Le lendemain, ils reprirent mais sans pousser les choses aussi loin que le jour précédent ... " :mouai:

De nos jours, des pasteurs protestants Haïtiens continuent de croire que les lesbiennes provoquent les cyclones :snif: . En 2008 l'actuelle première ministre haïtienne a subi une campagne de la part des pasteurs protestants, affirmant qu'elle était responsable de la formation de cyclones, car elle était soupçonnée de coucher avec des femmes.

Chez les chrétiens, ce sont les américains les plus activistes. Harcèlement de militants du planning familial, assassinat de médecins pratiquant l'avortement, attaques à l'acide de cliniques, la femme na toujours pas le droit de disposer de son corps pour ces extrémistes.

L'excision continue d'être pratiquée dans de nombreuses familles, musulmanes, animistes et même chez les juifs falashas. Le prophète Mahomet a tenté de s'opposer à ces pratiques ancestrales, sans succès.

Aujourd'hui plus de 2 millions de filles sont excisées à travers le monde. 98% des somaliennes le sont! voir à ce sujet l'article de lili qui traite de l'infibulation, pratique supra-barbare de l'excision totale. :han:

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Chez les hindous la vieille pratique de la veuve que l'on pensait reléguée au rang des antiquités, a fait parler d'elle en 2002. Devant des milliers de personnes l'incitant à se jeter dans les flammes, une femme a mis fin à ses jours, perpétuant ainsi la vieille tradition rajpute, basée sur la légende de la première femme de Shiva, Sati.

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1-"le fardeau du sang de la menstruation et du sang de la virginité ; le fardeau de la grossesse ; le fardeau de l'accouchement ; le fardeau du fait d'élever les enfants ; sa tête est couverte en tant qu'une dans le deuil ; elle perce son oreille comme une fille esclave ou esclave permanente qui sert son maître ; on ne doit pas lui croire comme un témoin; et après tout -- la mort." Ref:Leonard J. Swidler, Women in Judaism: the Status of Women in Formative Judaism (Metuchen, N.J: Scarecrow Press, 1976) pp. 80-81

un gros merci à rhadhamante pour ses conseils ;)

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Les religions et le déni de la femme

Dans de nombreux sujets on peut lire que seul l'islam accorde une moindre importance aux femmes. Que seul le coran ne fait que peu de cas de son existence. Je vous propose de regarder ce qu'il en est dans les textes. Il n'est pas question ici de participer à un quelconque concours mais bien de rendre à césar ce qui est à césar.

Je m'efforcerais d'abord de voir en quoi la femme est niée à travers les religions, puis je ferais un tour du monde des pratiques barbares et enfin je terminerais par un billet sur le prophète qui aimait les femmes.

La domination masculine des religions (très récente) est basée sur 3 principes : dénigrement, domination et oubli.

Au commencement ce fut ÿve qui précipita les Hommes dans les limbes. Au fil des siècles, chrétiens et musulmans reprirent en ch¿ur la faute originelle pour l'enrichir inlassablement.

D'emblée, la naissance de la femme, laisse peu de place au doute. Animal de compagnie semblable au labrador pour aveugle « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui. », la femme est issue de l'homme, sans lequel elle n'existerait pas et pour lequel elle est née « L'ÿternel Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise de l'homme, et il l'amena vers l'homme. ».

L'homme est à la femme, ce que l'homme est à dieu, son supérieur. « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur ». Une version égalitaire des sexes existe pourtant « Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme. », mais l'église dans son désir d'impartialité, l'a vite oublié.

Non seulement la femme, ne sera qu'un corps subalterne, mais en plus, par la suite, ce corps cristallisera toute la terreur des hommes, pour devenir un corps démoniaque, imparfait, raté.

Au IIIème siècle, Clément d'Alexandrie écrit « la conscience même de leur nature ne doit évoquer en elles, qu'un sentiment de honte ». Thomas d'Aquin, lui n'y va pas par quatre chemins. La femme correspond au « au second dessein de la nature, de même que la putréfaction, la difformité et la décrépitude ». Albert le Grand, quand à lui, déclare « la femme est moins qualifiée que l'homme pour la morale. Car la femme contient plus de liquide et c'est une caractéristique des liquides d'absorber facilement mais de mal retenir¿ Aussi doit-on en résumé se garder de chaque femme comme d'un serpent venimeux ou du diable cornu ».

Augustin, lui, préconise de sacrifier les femmes en cas d'accouchement difficile, accouchement, qui on l'espère tous, donnera naissance à un mâle, sous peine, de voir la femme congédiée.

Le bouddhistes, ne sont pas en reste, car le corps féminin, ne permettrait simplement pas d'attendre l'éveil. Au VIIIème siècle Shantideva s'exprime ainsi « Que tous les êtres féminins, arrivent au sexe masculin ! »8. Ben voyons, je les aime bien mes miches moi ! arff.

Nous l'avons vu, par sa simple naissance, par son corps, la femme est une erreur. Et ses règles ne sont là que pour nous rappeler le châtiment divin à la faute originelle.

Chez les juifs la femme en période de règles est exclue. Il est interdit de la toucher ou de coucher avec elle. Il lui faudra d'ailleurs prendre un bain purificateur avant d'espérer reprendre une vie normale.

Chez les chrétiens et les musulmans seuls les rapports pendant cette période sont proscrits.

Chez les bouddhistes les femmes stériles ou mortes en couches, tombent dans un étang formé par l'accumulation du sang menstruel symbolisant leur souillure.

Que ce soit en orient ou en occident, les femmes seront écartées de toute fonction liturgique en raison de ce châtiment divin.

Chez les papistes, les femmes mortes en couche ne sont pas mieux traitées et ne peuvent être enterrées dans la partie commune du cimetière.

Dans les religions du livre, la femme n'est que le réceptacle passif de la semence sacrée masculine. La reproduction qui aurait pu être la gloire de la femme, lui est ainsi retirée. Elle n'est plus qu'un four incubateur, qui s'il fonctionne, produit des garçons.

A la naissance l'homme s'enorgueillit et la femme, qui n'a été là que pour le seconder, doit se purifier. La vierge se rend ainsi à Jérusalem 40 jours après la naissance de jésus pour faire une offrande purificatrice.

Dans le bouddhisme et l'hindouisme donner la vie est négatif car par la faute de la femme le samsâra continue de tourner. Les femmes sont une menace. Ainsi, Paul, persuadé de l'arrivée de la fin du monde, déclare qu'il est néfaste de se reproduire.

La femme "est" le sexe. Augustin pour qui le péché originel était l'acte de chair fait de la femme l'agent provocateur. Le sexe n'a d'intérêt que s'il permet de se reproduire. Le plaisir étant une chose éminemment satanique, les pères de l'église le codifie de telle manière qu'il n'est autorisé qu'en dehors des fêtes religieuses, uniquement certaines pratiques et vont même jusqu'à célébrer la frigidité.

Conclusion logique, lorsqu'en 1487 Krämer et Sprenger inventent l'archétype de la sorcière, la sexualité de la femme à tout de satanique. La psychose collective atteint son comble avec l'envoi de milliers de femmes sur le bûcher.

Dans l'Islam ou le Judaïsme, le plaisir féminin est sacré même si c'est celui de l'homme qui prime. "Vos femmes sont votre labour. Allez à votre labour de la façon que vous voulez".

Seulement rien n'est prévu pour les femmes au Paradis. Les hommes, eux, on le sait bien maintenant, seront comblés de vierges.

Lorsque la femme n'est pas abaissée à un rang inférieur, elle est simplement oubliée. Aussi le témoignage de Marie-Madeleine n'est pas cru, le point de vue des femmes ayant côtoyé le christ, oublié et leurs évangiles apocryphes.

Chez les musulmans, une grande partie des hadiths transmis par Aïcha seront rejetés.

Seuls les mâles s'expriment et ceci dans toutes les religions.

Dans la société les conséquences de cette misogynie sont plus visibles.

Hommes et femmes sont séparés dans les mosquées et les synagogues.

Chez les juifs orthodoxes, seuls les juifs étudient la torah. Les protestations d'Aïcha sur les dires d'Abu Huraya "le chien, l'âne et la femme interrompent la prière s'ils passent devant le croyant" furent vaines.

Dans les églises les voix des femmes doivent rester muettes car leur voix est sexuelle.

Clément VII introduit des eunuques pour préserver la pureté de la liturgie.

Chez les bouddhistes la nonne se soumet au moine, même si celui n'a été ordonné qu'un seul jour.

L'éducation des nonnes est réduite aux travaux ménagers.

Il n'y a pas de femme Rabin, sauf chez les libéraux. Chez les catholiques, les femmes ne peuvent devenir prêtre. Et dans l'Islam, leur position s'est généralement dégradée.

Dans l'hindouisme elles ne peuvent diriger les cérémonies, ni recevoir le cordon des brahmanes.

Néanmoins certaines lueurs apparaissent au loin.

Le monde anglican, le "bouddhisme occidental", certains courants protestants tentent de redonner à la femme une vraie place.

à suivre donc....

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