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Le blog de Kamal Znidar. Blog traitant l'actualité du monde de l'Islam.

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Le Libre Musulman

La publication par un quotidien marocain (Akhbar Al-Yaoum) d'une fatwa du Conseil supérieur des oulémas, qui représente l'islam officiel au Maroc, requérant la peine de mort contre tout musulman qui apostasie sa religion a suscité une controverse au Maroc.

381859conseiloulemasmaroc.jpg « Celui qui renonce à sa religion est apostat et il doit retourner à sa religion. S'il refuse, il perd la vie et l'au-delà et il doit être condamné à la peine de mort », précise le Conseil supérieur des oulémas. La fatwa rappelle aux musulmans de « rester dans leur religion et d’appliquer la sage loi de Dieu, car toute personne née de parents musulmans, ou de père musulman uniquement, est considérée comme musulmane à son tour et liée par un acte de foi et un pacte social à la nation d’islam ; l’islam ne permet en aucun cas à ces personnes de quitter leur religion ou de renoncer au pacte social qui les lie. Faire cela est un acte d’apostasie et de déloyauté, et expose son auteur à des peines spéciales ».

« Ladite fatwa remonte à plusieurs années et vient d’être publiée dans le recueil édité par le Conseil supérieur des oulémas reproduisant l’ensemble des fatwas émises entre 2004 et 2012. Celle concernant l’apostasie a été faite en réponse à une demande du ministère des Habous et des Affaires islamiques. Le recueil a été d’ailleurs publié en 2012 », clarifie un membre du Conseil régional des oulémas du Grand Casablanca.

Cet avis du Conseil supérieur des oulémas n'a pas manqué de susciter une nouvelle polémique au Maroc. « Personne ne peut plus accepter ce genre d’avis religieux. C’est un retour vers le Moyen âge », s’offusque Abdelhamid Amine, vice-président de l’Association Marocaine des droits humains (AMDH). Pour lui, « fatwa ou pas fatwa, ce texte publié par le Conseil supérieur des oulémas, qu’il soit émis dans le passé ou récemment, ne change rien en ce sens qu’il est contraire à toutes les conventions internationales relatives aux droits humains que le Royaume a ratifié par le passé, dont, en 1979, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. C’est totalement contraire aux pactes signés par le Maroc, qui, tous, préconisent la liberté de croyance ».

De son coté, Ahmed Assid, le chercheur et militant des droits de l’Homme et de la liberté de conscience déclare : « Nous sommes là face à un avis juridique englué dans l’extrémisme et le sous-développement, faisant de ses auteurs des personnes vivant en marge du siècle qui est le nôtre ; ce sont ce genre de fatwas qui incitent les gens à fuir la dureté de cette jurisprudence arriérée et moyenâgeuse, pour épouser les référentiels internationaux en matière de droits de l’Homme qui les protègeront contre l’obscurantisme des Oulémas et de leurs semblables que l’on peut qualifier de préhistoriques, d’hommes des cavernes ». Pour lui, « cette fatwa ne tient aucun compte de la signification moderne de la citoyenneté qui considère que toute personne est libre de ses choix et qu’elle peut agir comme elle l’entend pour mener sa vie, à la condition qu’elle respecte la liberté des autres. Parmi ces droits figure en bonne place la liberté de conscience sans laquelle il est impossible d’édifier un Etat de droit ou d’instaurer un système démocratique ».

Certains ne voient pas dans cette fatwa une matière à débattre et encore moins à polémiquer. Pour eux, les sources religieuses sont claires à ce sujet et stipulent que tout musulman qui renie sa religion doit être lapidé jusqu’à ce que mort s’en suive. Ceci est l’avis de Cheikh Mohamed Fizazi, connu pour son appartenance à la Salafiya et considéré comme un des prêcheurs les plus radicaux du Maroc, qui préfère y voir une fatwa "normale". Pour ce Cheikh condamné après les Attentats du 16 mai 2003 à Casablanca à 30 ans de prison pour son influence idéologique sur les responsables des attentats et libéré de prison le 14 avril 2011 après une grâce royale, « cela se trouvait déjà dans le Saint-Coran et la Sunna. Inutile de polémiquer. Je dis même que la fatwa n’a pas de raison d’être, sauf s’il s’agit d’expliquer la portée ».

Le code pénal marocain ne prévoit pas explicitement l'apostasie, mais la prévoit implicitement en s'attaquant à ses signes ostentatoires.

L'article 220 du code pénal marocain stipule qu'il « est puni de la même peine (emprisonnement de six mois à trois ans et amende de 200 à 500 dirhams), quiconque emploie des moyens de séduction dans le but d’ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins, soit en utilisant à ces fins des établissements d’enseignement, de santé, des asiles ou des orphelinats. En cas de condamnation, la fermeture de l’établissement qui a servi à commettre le délit peut être ordonnée, soit définitivement, soit pour une durée qui ne peut excéder trois années ».

De son coté, l'article 222 du même code prévoit que « Celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du Ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l'emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 12 à 120 dirhams ».

De la sorte, le droit marocain condamne les apostats du Maroc à vivre en cachette leur apostasie, ne jamais exprimer leur opinion, leurs désaccords avec la religion islamique, ne rien dire sur les causes qui animent leur rejet de l'islam, devenir des hypocrites qui montrent qu'ils sont "musulmans" alors qu'en réalité, ils sont loin de l'être.

Aujourd'hui, le Conseil supérieur des oulémas (CSO) a appelé à l'assassinat de tout musulman qui apostasie sa religion. La prochaine fatwa, ça va être quoi ?! Un appel à battre tout musulman qui rase sa moustache conformément à l'avis de l'imam Malik (*) ?!

(*) On demandé à l’imam Malik : « Que pensez-vous de ceux qui se rasent sa moustache ? ». L’imam Malik a répondu : « A mon avis, il faudrait les battre ».

Le Libre Musulman

Près de trois français sur quatre (73%) disent avoir une image négative de l'islam… C'est ce qui a été révélé par un sondage œuvre du cabinet Tilder et l'Institut Montaigne. Ce même sondage révèle que seulement 32% des français jugent les valeurs islamiques compatibles avec les valeurs de la société française.

883374inquietudesislam.jpg Quelques mois avant, un sondage Ipsos réalisé pour "Le Monde" dans le cadre d'une enquête sur le populisme nous fait apprendre que huit français sur dix jugent que la religion musulmane cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres. Selon ce sondage, plus de la moitié pensent que les musulmans sont en majorité ou en partie intégristes, et 74% des personnes interrogées estiment que l'islam est une religion intolérante.

Comme tout musulman, j'aurais aimé que ma religion soit perçue positivement partout au monde et pas seulement en France. J'aurais aimé que ma religion soit vue en rose par les français et le reste des citoyens du monde. Mais c'est ça la vie, et c'est ça le Destin. Dieu nous a créé différents et a voulu qu'on voit les choses différemment.

Les français sont majoritairement des non-musulmans. Ils sont un peuple qui mène une vie très éloignée de l'islam. Ces habitudes qu'ils aiment, la religion islamique les interdit. Ces pratiques qui font leur bonheur sont des pratiques que l'islam ne tolère pas… Normal donc que l'islam soit mal-vu par les français et tout peuple adepte d'une culture (valeurs, normes, pratiques) que la religion islamique ne tolère pas.

L'islam est une guerre idéologique contre les symboles culturels de la société française. Ceci est une réalité que nous devons comprendre. Qu'on soit pacifistes ou non, les français vont se sentir menacés par notre lutte… Qu'on soit pacifistes ou non, les français vont continuer à voir dans notre religion un danger réel, une menace sérieuse à la liberté et les droits de l'Homme.

Les inquiétudes de la société française sont justifiées. Ceci est une réalité que nous devons admettre. L'islam s'attaque aux valeurs de la société française et met en danger ses acquis. S'il domine la France, la première des choses qu'il va faire, c'est bannir la fornication, l'alcool, les jeux de hasard, les discothèques, les clubs de nuit… il offrira un coup dur aux Hommes d'affaire qui s'investissent dans ces domaines et fera de la France l'enfer de ces français, fans de ces cotés jouissifs de la culture française.

Avec ces chambardements que l'islam compte apporter à la société française, normal que les français portent un regard noir sur cette religion. Normal qu'ils se sentent menacés par la présence musulmane dans leur société. Pour que cette situation change, la mentalité française doit changer. Si les français prennent conscience des dangers de leur train de vie, ils ouvriront leurs yeux sur le bien-fondé de l'islam et ses interdits.

Ce changement de mentalité est possible. Mais pour qu'il le soit, les musulmans doivent se familiariser avec la culture du débat et renoncer à toutes les formes de la contrainte religieuse. Cette contrainte religieuse ne fait qu'alimenter l'hypocrisie aux mondes musulmans et l'islamophobie aux mondes non-musulmans. Elle peut permettre à des musulmans de gouverner des mondes non-musulmans, mais elle ne permettra jamais à l'islam de régner les cœurs des membres de ces sociétés.

Le Libre Musulman

Inacceptable, injustifiable et inexcusable ce qui s'est passé à Casablanca jeudi dernier. Très graves ces incidents qui ont précédé le match de football opposant l'équipe du Raja de Casablanca à celle des FAR en plein centre ville de la métropole économique.

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Les autorités publiques assurent que toutes les mesures avaient été prises pour cette rencontre qui opposait les deux premiers du championnat marocain. 3.000 membres des forces de l'ordre avaient été mobilisés, révèlent des médias locaux.

En dépit de toutes ces précautions préventives, des actes de vandalisme et de destruction de biens publics et privés ont été perpétrés. Au-cours de ces actes, ont été brisées les vitres de 8 voitures de Tramway, de 7 autobus de transport public et de 13 véhicules, outre des dégâts infligés aux façades de 15 magasins commerciaux.

Les mesures de sécurité prises pour assurer l'ordre lors de ce match, normal qu'elles soient insuffisantes. Stade Mohammed V, sa capacité est de 67.000 places. En cas de dérapage, ce ne sont pas les 3.000 membres des forces de l'ordre mobilisés qui vont contenir la situation… sauf si ces membres des forces de l'ordre sont tous des supermans !

Quant à cet an jusqu'à cinq ans de prison et cette amende de 1.200 jusqu'à 20.000 DHS que le code pénal réserve à ces incidents, ils sont à revoir. La prison n'apeure plus les délinquants d'aujourd'hui. Je peux même me permettre de dire qu'elle est un sort que ces délinquants conçoivent comme une sorte de paradis.

Perçue de cette manière, la prison ne combat plus la délinquance mais elle l'encourage. La conformité à l'ordre de nos délinquants, pour qu'elle soit assurée, il lui faut des sanctions plus sévères que ça. Pas la peine de mort, certes. Mais pourquoi pas la flagellation "un certain nombre de coup de fouet par jour pendant un certain nombre de jours voire de mois" !

En tous cas, la réadaptation des sanctions de notre code pénal à la mentalité et la psychologie-comportementale de nos délinquants, s'avère une nécessite. Ces sanctions doivent être façonnées d'une manière qui sèmera la terreur dans leurs rangs sinon la siba régnera encore et encore notre bled.

Le Libre Musulman

Abdelilah Benkirane a encore une fois réussi à montrer que le gouvernement au Maroc n'a pas de réel pouvoir et que tout est toujours entre les mains du roi… cette fois-ci, c'était sur le plateau de l’émission « Internationales» diffusée sur TV5.

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Interrogé par les journalistes de TV5, Le Monde et RFI, sur sa relation en tant que chef de gouvernement avec le Palais et la hiérarchie dans la prise des décisions, monsieur Abdelilah Benkirane a répondu : « Bon, ce n’est pas toujours évident, je ne vous le cache pas. En général, ça se passe très bien. Mais, parfois je ne suis pas d’accord (…) et quand je ne suis pas d’accord, c’est l'ordre du roi qui passe d’abord (…) Si les Marocains veulent un chef de gouvernement qui rentre en litige avec le roi, qu’ils cherchent un autre, moi ça ne marche pas avec moi. Si jamais ça ne marche pas avec sa majesté, je m’en vais de moi-même ».

Sur la question de la présence de trois cents forces spéciales marocaines qui se battent à coté des français dans le nord du Mali, le chef de gouvernement marocain a affirmé qu'il ignore tout sur cette participation et que son pouvoir ne lui permet pas d'avoir une idée sur les activités des Forces Armées Marocaines : « Sincèrement, je ne suis pas au-courant. Si je le savais, je vous l'auriez confirmé. C'est une prérogative particulièrement appartenant à sa majesté dans laquelle je n'interviens d'aucune façon. Ceci ne veut pas dire qu'il ne m'informe pas quand il veut. Sa majesté quand il veut, il prend le téléphone, on se parle très cordialement d'ailleurs, et il me dit quand il a envie de me dire quelque chose. Mais sur ce sujet, je ne peux pas vous dire si c'est vrai ou si ce n'est pas vrai sincèrement ».

Face à ces affirmations, je me pose des questions sur l'utilité d'Abdelilah Benkirane, son gouvernement, le parlement et ces élections législatives qui se déroulent au Maroc une année sur cinq ! C'est quoi ce chef de gouvernement qui n'est pas en mesure de dire "non" au roi et ne peut pas savoir si les forces du pays qu'il gouverne se battent ou pas dans un pays étranger ?! Ça sert à quoi ce Abdellatif Loudiyi, ministre délégué auprès du premier ministre, chargé de l'administration de la défense nationale ?! Voter, a-t-il vraiment un sens au Maroc ?! Pourquoi voter des institutions qui n'ont vraiment le moindre pouvoir et qui ne sont en réalité que des marionnettes entre les mains du roi ?!

Face à ces affirmations du chef de gouvernement marocain, je me suis senti insulté, humilié. Ces déclarations, je les conçois comme une insulte à moi et au reste du peuple marocain. Elles sont une preuve de plus qu'au Maroc, le peuple n'a aucun poids : si sa volonté s'oppose à celle du roi, sa volonté s'efface pour que la volonté royale règne. En tant que marocain, face à ces affirmations, je me suis senti inexistant. Je n'ai pas de mot à dire sur les activités de mon armée ; je n'ai même pas le droit d'être informé sur ses opérations, ses guerres et le reste de ses missions.

Ces affirmations de monsieur Benkirane m'ont fait beaucoup de mal. Mais je le remercie quand même de m'avoir ouvert les yeux sur la réalité de mon identité. Qui suis-je pour que je m'oppose à la volonté du roi ? Qui suis-je pour que le roi se soumet à moi ? Qui suis-je pour que le roi m'informe et me consulte sur l'envoi de mon armée au nord du Mali voire ailleurs ? « Nos amis les français doivent comprendre une chose. Nous ne sommes pas des français ! », notre chef de gouvernement ne s'est pas trompé sur ce point : les français sont un peuple libre alors que nous -les marocains-, nous sommes toujours des esclaves que les Chourfas s'héritent d'une génération à l'autre.