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  1. Qu'est-ce qu'un roi nous apportera de plus que la République ? Nous aurions beau jeu de vous dire que la république est à son crépuscule, et qu'elle a déserté les préoccupations des Français. Nous aurions beau jeu de vous dire que c'était fatal, que la République française est avant tout et depuis le début idéologique, et que ces idéologies ne veulent rien d'autre à terme que l'individu, l'humanité et l'Etat. Au contraire, nous voulons être positif. L'idée royale représente une chance inespérée. La royauté apportera alors l'unité à notre France si fracturée, et une politique de continuité qui préservera à long terme les intérêts de notre pays, sa culture, son patrimoine, ses métiers, son environnement. Une France affermie dans ses institutions est capable d'affronter les grands enjeux de ce siècle : l'Islam, l'Europe, la mondialisation, la poussée du tiers-monde. Son identité profonde assurée, ses forces vives renforcées (la famille, l'école, la justice, l'armée, etc.), elle ne cherchera plus à justifier ses orientations politiques par la conformité ou non à l'idéologie (l'ouverture des frontière seulement par libéralisme, la laïcité seulement par agnosticisme, l'assistanat seulement par individualisme, etc.) mais elle agira par pragmatisme. Mais c'est dépassé, on risque de revenir en arrière ! Quand vous êtes malade, ne souhaitez-vous pas retrouver, à l'avenir, l'état dans lequel vous étiez avant de tomber malade, à savoir la bonne santé ? Vous appelez ça revenir en arrière ? Vouloir l'instauration d'une monarchie en France, ce n'est pas vivre dans le passé, c'est s'appuyer sur notre Histoire et sur notre identité pour aborder plus sereinement l'avenir. Au moins, en république, la loi est la même pour tous Dites plutôt que la loi est faite pour un homme uniformisé, statistiquement moyen, ce qui est monstrueux. Cela conduit à exclure de la loi ceux qui ne sont pas comme tout le monde, ou les indésirables, les inutiles. La loi uniforme conduit à l'injustice. Elle doit au contraire tenir compte des situations de famille, des métiers, des particularismes locaux. Et pour cela, il faut que tous ces gens puissent être représentés sincèrement, et non pas au travers des idéologies et des partis. Voici ce que se propose de faire l'Alliance royale : redonner vie aux différences régionales (au sens non folklorique du terme), tout en conservant une identité Française, grâce à la personne du roi ; redonner vie à la famille, en la prenant réellement en compte, légalement, institutionnellement. Tout cela la république ne peut le faire, au nom de l'égalité des individus. Ce sera le retour des privilèges ! Êtes-vous certain qu'aujourd'hui les privilèges n'existent pas ? Allez, chercher bien, il y en a tellement. Les privilèges n'étaient pas l'apanage des nobles. Chaque ville, chaque profession avait les siens. N'est-ce pas toujours le cas ? De plus, souvenez-vous que le roi a cherché à combattre le pouvoir des grands seigneurs féodaux et le pouvoir de l'argent. Au contraire, en république, les élus se mettent trop souvent au service des féodaux modernes que sont les lobbies et les groupes de pression, et pas du bien commun comme pourra le faire le roi ! Mais la République a réussi à uniformiser les lois, les coutumes, même la langue ! Il est vrai que sous l'Ancien Régime nos rois n'ont pas cherché à homogénéiser à tout prix la société française. Ils ont construit patiemment la France, sans avoir recours à la Terreur ou à l'extermination comme l'a fait la république, dont le résultat, en France comme dans ses colonies, est de s'être acharnée à détruire les particularismes et les différences régionales, enlevant à notre pays comme aux pays colonisés une partie de leur âme. Sous la royauté, ces différences seront par nature respectées, parce que l'unité autour de la personne du roi est plus forte que tout, comme c'est le cas au royaume de Belgique. Sans cela la France finira par se dissoudre, mais après tout ne serait-ce pas la finalité de la république ? La république a donné l'égalité à tous, l'oubliez-vous ? Qu'est-ce que l'égalité ? Et comment y arrive-t-on ? En coupant toutes les têtes qui dépassent ? Si c'est niveler pour que tout le monde n'ait plus rien, sauf les apparatchiks, comme en Union Soviétique, alors non merci. Et puis, une société où tout est uniforme est proprement inhumaine. Mais c'est vrai que ce fut le rêve de certains dirigeants politiques du 20è siècle, avec leurs États totalitaires. Certes mais pour ce qui est des femmes ? C'est la révolution et l'Empire, avec le Code civil, qui les ont rendues civilement mineures, en cherchant à imiter le droit romain. Sous les républiques du XIXème siècle, en particulier, les femmes n'avaient plus aucun droit. C'est d'ailleurs intéressant de voir la formidable misogynie des « philosophes des lumières » dont la République s'inspire si volontiers. Et par une espèce d'effet de balancier, on veut donner au femme aujourd'hui des droits supérieurs aux hommes, avec une espèce de discrimination positive imbécile. Les femmes ont un rôle particulier à jouer dans la société, et c'est bien la question que l'Alliance Royale entend poser. Mais le roi ne fera les lois qu'en fonction des ses intérêts ! Est-ce que vous connaissez dans votre entourage ne serait-ce qu'une personne capable de croire que les hommes politiques actuels se préoccupent sincèrement de l'intérêt des citoyens ? Non. Ils ne font jamais de loi contre leur intérêt ou contre les intérêts de ceux qui les ont fait élire. Le roi, au contraire, a déjà le pouvoir. Il sait que ses enfants l'auront aussi. L'intérêt du roi est le même que celui du pays sur lequel il règne. Quel intérêt aurait-il de régner sur un pays appauvri ? Aucun. Certains diront qu'un roi de France peut faire ce qu'il veut. Qu'ils méditent ces paroles. Monsieur Sarkozy a actuellement plus de pouvoir que Louis XIV. Un roi de France est responsable, et s'il se montre parjure à un certain nombre de serments et de lois, ses sujets sont délivrés du serment de fidélité, alors qu'un président jouit de l'immunité. La république est un régime irresponsable. Mais si le roi est fou ? La président de la république Paul Deschanel n'était-il pas fou ? En mille ans de Monarchie, le cas s'est peut-être présenté avec Charles VI. En réalité, il était malade. De plus, un roi ne gouverne pas tout seul. Il a des conseillers, lesquels sont tenus par une institution. Même malade, la seule présence du roi assure la stabilité du pouvoir. C'est là un avantage de l'institution royale. Par contre, c'est sous la république de Weimar qu'Hitler a été élu. Et Danton, et Robespierre avec la Terreur et tous ses massacres. Mais le roi, c'est un tyran ! Cela n'est jamais arrivé en 1300 ans de monarchie française, et il y a assez de barrières dans les institutions de la royauté pour rendre impossible un tel événement. Ce sont les républicains qui accusaient Louis XVI d'être un tyran, alors que celui-ci a même refusé de faire tirer sur les émeutiers qui enfonçaient ses portes ! Les révolutionnaires ont liquidé des centaines de milliers de personnes parce qu'elles n'étaient pas d'accord avec eux. Qui est le tyran ? De toute façon, il suffit de comparer : Guillaume II est-ce la même chose qu'Hitler ? Sihanouk est-ce même chose que Pol Pot ? Le Shah, est-ce même chose que Khomeyni ? -Louis XVI est-ce même chose que Robespierre ? Nicolas II, est-ce même chose que Staline ? La république, elle, est plus que tyrannique, elle est totalitaire, sur les corps ou les âmes. Depuis les années 1880, elle enseigne aux élèves une histoire tronquée, falsifiée, trompeuse. Elle a endoctriné des générations entières, montrant une vision purement négative de la monarchie, et de nos jours, une image négative de la France, dans une sorte de masochisme abjecte. Et si le roi est incompétent ? Même d'intelligence moyenne, le roi est élevé dès l'enfance pour son métier de roi. Aujourd'hui nous élisons les meilleurs... candidats, et les meilleurs candidats font rarement les meilleurs responsables politiques. Par exemple, si Henri III avait été élu, il aurait fini par être renversé par le duc de Guise, ultra populaire à un moment donné, anti-protestant acharné, et qui n'aurait pas manqué de rallumer la guerre civile. De plus, les rois peuvent s'entourer des meilleurs hommes : Suger, Sully, Colbert. Tandis que les hommes politiques miseront plutôt sur des médiocres car ils ont trop peur de la concurrence. Tenez, si Louis XIII avait été élu, jamais il n'aurait gardé Richelieu. Et ne pensez-vous pas que le système actuel est par nature incompétent avec des majorités qui font et défont ce que les autres ont fait et défait juste avant ? Et la liberté ? Devrons-nous toujours penser comme le roi ? Heureusement que non ! Mais c'est aujourd'hui, en France, que nous ne sommes pas libres de penser et d'écrire ! L'intérêt d'un politicien est d'être réélu, donc de plaire au grand nombre puis de faire entrer tout le monde dans une pensée la plus unique possible. Le moyen le plus facile est la démagogie et la propagande. Le roi n'a pas besoin de ça puisqu'il ne dépend pas de l'élection. Il a au contraire besoin, pour bien gouverner, que les citoyens s'expriment et délèguent leurs représentants. Justement, à propos de Liberté, la république nous l'a donnée. Mais cette liberté là, c'est encore de la démagogie ! C'est faire croire à chacun qu'il peut faire ce qu'il veut ! La Liberté, avec un grand « L », lorsqu'elle est unique, mène à l'absence de libertés concrètes et réelles. Un roi de France, au contraire, s'attachera aux vraies libertés. Il pourra les préserver en étant justement le garant de règles qui se placent au dessus de lui-même et des intérêts particuliers. La France a toujours été pleine de libertés dans ses métiers, ses régions, ses villes, ses universités, ses écoles. Elles ont disparu ! Tenez, justement, croyez-vous que dans les écoles, aujourd'hui, les professeurs qui veulent bien faire leur travail sont vraiment libres ? Et les droits de l'homme ? D'abord, l'histoire de nos rois est remplie de ce que l'on pourrait appeler aujourd'hui des progrès des droits de l'homme, au sens le plus naturel. La disparition du servage, la création des jours fériés (que la république veut supprimer), la dignité des femmes et des enfants, etc. Ce n'est pas la monarchie qui a rendu la femme mineure, ce n'est pas la monarchie qui a envoyé des enfants dans les mines, ce n'est pas la monarchie qui a créé un esclavagisme industriel. Ensuite, on parle toujours des droits ou des devoirs de l'homme, mais jamais de ses BESOINS : la paix, la prospérité, la justice. Or le roi est pour la paix (il ne fait pas des guerres pour des raisons électorales ou idéologiques, comme la République française où la « communauté internationale »). Le roi est pour la prospérité ; ce n'est pas un idéologue socialiste ou ultra-libéral. Le roi est pour la justice ; son souci est l'unité de son pays, et il sait bien que cela passe par la justice, alors qu'un président de la république divise les Français par sa simple désignation, et donc favorisera toujours un bord par rapport à un autre. Une monarchie est-elle xénophobe ? Une des vertus de la monarchie est l'ancrage dans le pays réel ; il est donc plus facile de communiquer avec les étrangers sans se perdre soi-même. Si vous préférez, c'est parce que je suis patriote que je respecte les étrangers, comme c'est parce que je suis chef de famille que je respecte les autres familles. Alors que la République, complètement désincarnée, est passée d'un extrême à l'autre, d'une xénophobie forcenée à la négation totale de l'identité nationale. Certes mais pour ce qui est des Juifs ? Avant la révolution, il y avait énormément de Juifs dans les administrations de province. Aux Etats Généraux de 1789, les Juifs votèrent, et envoyèrent leurs cahiers de doléances. A Bordeaux, l'un d'eux faillit même être élu député du Tiers-état. Il y a bien eu des statuts particuliers des Juifs, en particulier au Moyen-Age, mais ce n'était pas le fait de la monarchie : les républiques italiennes à la même époque et, avant cela, les républiques antiques se comportaient de la même façon avec ces communautés. Quant à l'antisémitisme, ce sont des mots qui n'ont pas de sens sous la monarchie, et qui vont justement prendre toute leur force dans ce XIXè siècle si épris de Liberté théorique, et tellement républicain. Mais tout de même, la royauté, c'est un peu le pouvoir donné à l'Eglise ? Certainement pas. Les rois de France ont toujours combattu les empiétements du Pape, même Saint-Louis ! Pourquoi un roi aujourd'hui agirait-il différemment ? Alors quelle est votre position vis à vis de l'Eglise ? Excusez-moi, mais j'aimerais tout d'abord que vous parliez des églises. Et des membres de l'Alliance royale, juifs ou protestants par exemple, sans parler des agnostiques, n'ont pas du tout l'intention de se voir imposer une confession. En revanche, l'institution royale est chrétienne, parce que la France est naturellement chrétienne, et parce que le roi doit forcément se référer à une loi qui le dépasse. La loi civile. Celle-ci, livrée à elle-même, n'est que le reflet des modes, des passions et des pulsions du moment, dont notre XXème siècle a fait la malheureuse expérience. La république, c'est l'unité, parce que le vote exprime la volonté générale. Mais c'est tout le contraire. En France, la république, c'est la désunion. D'abord la volonté générale, ça n'existe pas. Le vote n'exprime que la somme mathématique de points de vue individuels. Ensuite, chaque élection présidentielle est une grande défaite pour la France, car c'est la victoire d'une partie de la population sur une autre, donc une division. La république fonde son existence sur la division. Mais tout de même, un roi, c'est un personnage inaccessible, entouré de nobles ! Sous Louis XIV, n'importe qui pouvait voir le roi. On louait même une épée et un chapeau à ceux qui n'en avaient pas comme on prête une cravate pour entrer dans certains restaurants, car c'était l'usage. Vous imaginez les risques que le roi prenait pour ne pas se dérober ? Allez frapper à la porte de l'Elysée pour voir ! Et puis, tout le monde pouvait devenir ministre du roi. Le père de Colbert vendait des draps. Tous les rois avaient des gens du peuple parmi leurs conseillers. Aujourd'hui, tant de ministres sont énarques et fils d'énarques ! Et puis la noblesse, c'est de l'histoire ancienne. Elle provenait de la féodalité qui n'a été liée à la monarchie que par l'histoire. N'y a-t-il pas aujourd'hui des sortes de féodalités de l'argent beaucoup plus éloignées du peuple que ne l'étaient les petits nobles de province ? Admettons, mais au niveau national, vous ne voulez tout de même pas remettre en cause le suffrage universel ? Tel qu'il est pratiqué, le suffrage universel est un vote de masse qui fait le jeu des partis, favorise les idéologies et la démagogie, il évacue les vrais problèmes. De plus, le système s'en sert pour faire croire que le pouvoir vient exclusivement du peuple, et, avec un peu de propagande et beaucoup d'argent, il fait ce qu'il veut. Nous ne remettons pas en cause le suffrage universel pour représenter les Français, mais il ne doit pas être utilisé pour tout et n'importe quoi. La république nous a donné la prospérité La France était avant la révolution la nation la plus prospère d'Europe, et la plus en avance scientifiquement et techniquement au monde, devant l'Angleterre. La Révolution a tout bouleversé. Aujourd'hui, la république a 1000 milliards d'euros de dette. C'est ça la prospérité ? La république développe de la pénurie de manière institutionnelle. Ce qui compte, ce sont les réélections. Tenez, une politique économique a besoin de nombreuses années pour porter des fruits, mais les mandats électoraux sont bien plus courts que cela. Alors, la croissance est essentiellement liée au sacro-saint principe de consommation. Ceci est moins vrai dans une monarchie, car le roi, de part sa position, peut se permettre de regarder vraiment loin, et l'argent de l'Etat, il ne veut pas s'en servir pour assurer sa réélection, mais il veut transmettre à son successeur un pays prospère. Parlons un peu des apports de la république ; elle nous a appris à lire. Ce qui est faux ! Dès Louis XIV, des édits sont promulgués pour que chaque ville se dote d'écoles. Les écoles de la république, avec ses hussards noirs, a appris à des générations d'enfants une histoire tronquée, falsifiée. Les Philosophes, tant épris de Liberté, demandaient la fermeture des écoles populaires, c'est ironique, n'est-ce pas ? Et puis, regardez un peu le désastre : un nombre impressionnant d'enfants ne lisent pas couramment en 6ème. Ne croyez-vous qu'avec autant de moyen et moins de dogmatisme, la monarchie ne pourra pas faire mieux ? Ce qui me gêne, tout de même, c'est l'hérédité. Mais tout est héréditaire : les chanteurs, les acteurs, les énarques, les médecins, les artisans, et ça ne choque personne ! Dans une monarchie, l'hérédité apporte quelque chose de plus : la continuité, la préservation des vrais intérêts du pays, à long terme. Les querelles et les appétits de pouvoir existeront toujours, il ne faut pas se leurrer, mais ils seront limités par le roi lui-même : lui, son pouvoir, il l'a reçu, il le transmet, tout simplement. Quel type de monarchie proposez-vous ? Refusant l'idée d'une république couronnée, nous proposons une monarchie institutionnelle, basée sur des principes dépassant la volonté même du roi, une monarchie fondée à la fois sur un domaine régalien et sur un système d'assemblées, qui respecte la famille et les particularités de chacun. Une monarchie " à la française ", c'est-à-dire un peu différente de ce que nous connaissons autour de nous. Mais une monarchie adaptée à notre époque. Il serait vain d'ailleurs de s'accrocher à des visions passéistes de la prérogative royale, qui ne correspondraient pas à nos mentalités et donc conduiraient la monarchie à l'échec. Ce que nous attendons du roi, c'est avant tout la justice et la paix. Il garantit la cohésion du corps social et l'indépendance de la justice. Par exemple, il lui revient de nommer lui-même le Garde des Sceaux, qui devient indépendant du gouvernement et sort du manège des partis. Il garantit également la souveraineté nationale, ne serait-ce qu'en incarnant cette souveraineté, ce qui permet d'autant mieux à la France de rester elle-même dans les alliances ou les organisations supranationales. Pour le reste, ce qui concerne la cité, son gouvernement, sa gestion, les moyens que nous connaissons aujourd'hui peuvent très bien être conservés, ou plutôt améliorés, afin d'obtenir un mode de représentation sincère du peuple au sein des organismes délibérants. A cet égard, il faut absolument étendre la représentation nationale à toutes les couches de la société, et non plus laisser quelques oligarchies et des organisations idéologiques confisquer la vie politique, ce qui est malsain et explique en grande partie le divorce entre les Français et leurs élites. Est-ce une monarchie constitutionnelle ? parlementaire ? absolue ? Ne nous laissons pas tromper par les termes. Constitutionnelle ? S'il s'agit d'une monarchie dotée d'une constitution, alors il n'y a pas de problème. Mais s'il s'agit d'une monarchie dont le roi tient son pouvoir d'une constitution, alors là, les ennuis commencent. Pour nous, l'institution royale dépasse la constitution. Parlementaire ? C'est le même clivage. Il est indispensable de doter la monarchie d'une institution parlementaire, mais celle-ci ne doit pas pour autant contraindre le roi. Absolue ? Dans le sens de délié des factions, oui, bien sûr, mais personne n'entend plus ainsi aujourd'hui le terme « absolu ». S'il s'agit d'une monarchie totalitaire, alors nous sommes tranquille : jamais la monarchie française n'a été aussi totalitaire que la République a pu l'être.Qu'est-ce que vous appelez une monarchie institutionnelle ? Cela part de l'observation que tout régime fondé uniquement sur la qualité des hommes est instable. En monarchie, ce ne sont pas les personnes, mais les institutions qui sont vertueuses. La monarchie n'est pas un régime personnel, ce qui supposerait des hommes exceptionnels. La monarchie n'est pas non plus un régime des partis, ce qui rendrait inutile toute vertu personnelle. Voilà pourquoi la monarchie est un régime institutionnel. Les monarchies européennes ne sont-elles pas fantoches ? Certainement pas. Les souverains européens sont perçus dans leur pays comme le ciment de leur nation, et c'est d'ailleurs ce qui leur vaut l'hostilité de certains séparatistes, comme les chez les Flamands belges ou les Basques espagnols. Les monarchies européennes sont essentielles. C'est Juan Carlos qui a empêché l'Espagne de replonger dans la dictature après la mort de Franco. C'est la couronne britannique qui fait indéniablement la force de cette nation. Si la Belgique existe encore, c'est bien grâce au roi. Et demandez à un Norvégien si la monarchie est une option ! Sans parler des principautés de Monaco et du Lichtenstein ou du Grand Duché de Luxembourg qui n'envisagent pas une seconde autre chose que leur monarchie. Grâce à Dieu, il y a de nombreuses monarchies, et cela évite au jacobinisme de se répandre en Europe.Bien sûr, les monarques européens sont limités dans leurs prérogatives. Contrairement à ce que certains peuvent dire, cela ne vient pas de la personnalité des princes. Dans certains cas, cela peut venir de la forme de ces monarchies, plus ou moins limitées par des constitutions qui se sont imposées à elles (certains emploient le terme de républiques couronnées, mais c'est abusif). La manque d'efficacité des pouvoirs européennes tient surtout du fait qu'il y a, dans ces pays, le même mal qui ronge la société : massification, individualisme, pertes de repère, etc. Il y a des régimes de partis idéologiques avec qui les monarques doivent composer. Cela ne durera pas. Mais la où, dans une monarchie, l'effondrement de ce système de non-valeurs s'effectuera dans le calme, il prendra dans une République des proportions dramatiques : régimes policiers, conflits ouverts... à moins que les royalistes soient là pour faire entendre leur voix. Quelle sera la place de l'aristocratie ? Nous reconnaissons l'apport de l'aristocratie dans l'histoire de France et celle de nos rois. Mais nous n'oublions pas que l'aristocratie est liée en France à la féodalité, modèle qui a cessé d'être. Le modèle que nous proposons aujourd'hui distingue d'une part la démocratie équitable (c'est-à-dire celle des corps sociaux équitablement représentés dans le domaine de la politique publique), et la fonction régalienne (c'est-à-dire la fonction royale chargé de la préservation des intérêts fondamentaux de la Nation). Dans ce cadre là, l'aristocratie n'a pas vocation à prendre une place particulière. Nous reconnaissons également la qualité des personnes issues de l'aristocratie, encore aujourd'hui. Elles ont su, pour certaines, conserver et transmettre une âme. Mais nous constatons que d'autres personnes ont émergé en deux cents ans. Vis à vis d'eux, l'aristocratie n'a pas de raisons de s'imposer. Il n'y a donc pas de raison qu'un retour monarchique réserve un traitement particulier pour ce que vous appeler ses "précepteurs", si ce n'est pour leur rendre justice dans un devoir de mémoire. En revanche, et c'est fondamental, l'exemple de l'aristocratie d'hier pose aujourd'hui la question de la reconnaissance des services rendus à la Nation. Faut-il une ou plusieurs institutions ? Quels en seraient les principes ? Dans ce domaine comme dans tant d'autres, tout est à refaire. Quelle est votre position sur l'Europe ? La France partage avec l'Europe une communauté de civilisation de par son héritage historique, culturel, spirituel, et parce qu'elle appartient au même ensemble géostratégique. L'Alliance Royale est donc favorable a toutes sortes de coopérations, partenariats ou alliances européens : militaires, monétaires, industriels, etc. Mais ces engagements doivent être raisonnablement réversibles, pour préserver la liberté d'action de notre pays. Ils ne doivent pas, en outre, entraver d'autres engagements, en particulier vis à vis des Etats-Unis et de l'Afrique. Ils doivent enfin préserver nos capacités nucléaires et notre ouverture maritime et outre-mer. Ainsi l'Alliance Royale est loin de souhaiter un renfermement de la France sur elle-même, mais au contraire une large ouverture, rendue possible sans risque de dilution ou d'éclatement par l'ancrage de son identité dans l'institution monarchique. En effet, une France royale, donc souveraine, peut gérer avantageusement ses dépendances. En revanche, l'Europe n'est pas une patrie. L'idée contraire procède d'un universalisme naïf ou de pures spéculations intellectuelles. L'Union européenne n'est d'ailleurs fondée que sur l'économie et l'idéologie. L'Alliance Royale est française et profondément patriote. Où vous positionnez-vous sur l'échiquier politique ? La république, avec son clivage droite-gauche hérité de la Révolution, nous classe historiquement à droite, pour des raisons institutionnelles. Mais en tant que parti royaliste, nous sommes au dessus de ce clivage. Nous sommes de France. D'ailleurs, notre projet de monarchie institutionnelle fait converger vers nous des hommes et des femmes aux diverses sensibilités qui nous enrichissent. N'y a-t-il pas une incohérence à vouloir se présenter aux élections, pour un parti royaliste ? Non. Bien sûr, nous ne voulons pas soumettre le roi aux urnes ; il ne serait alors qu'un prétendant, qu'un candidat. Nous nous présentons aux élections pour entrer concrètement dans le paysage politico-médiatique, et soumettre à nos concitoyens nos propositions politiques concrètes. De plus, nous sommes favorables au principe des élections, tant qu'on ne lui fait pas dire n'importe quoi. Pourquoi n'êtes vous pas plus visibles ? C'est justement parce que les royalistes ne sont pas visibles que nous nous présentons aux élections. Il faut prendre les choses dans ce sens : ce sont les élections qui nous feront connaître du grand public. C'est même la seule possibilité puisqu'il est quasiment impossible de parler dans les médias si ce n'est à l'occasion des élections.
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