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La Pologne : Résister pour exister.

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La Pologne : Résister pour exister.

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« Quand j’écoute trop Wagner j’ai envie d’envahir la Pologne » déclare Larry Lipton à son épouse pour se justifier d’avoir quitté une représentation du célèbre compositeur bien avant la fin, dans le film de Woody Allen, Meurtre à Manhattan, sorti en 1993. Cette réplique culte témoigne de l’importance, dans l’imaginaire collectif, de la perception de la Pologne comme un État sans cesse menacé par ses voisins, ici allemand, mais aussi russe et soviétique ou encore turc et mongol. L’histoire de la Pologne, d’une grande richesse, est celle de périodes de prospérité et de gloire suivies de périodes de disparition et de déshérence. Toujours, dans son histoire, la Pologne - du fait de son emplacement et de l’évolution historique et géopolitique de l’Europe - a eu à résister pour exister. Ce qui justifie aujourd’hui grandement sa difficulté à se penser hors du cadre national dans une Union européenne à la croisée de chemins entre fédéralisme et simple union économique.

Le drame de la Pologne se résume à sa géographie et à l’évolution géopolitique de ses voisins. Située au cœur de l’Europe, dans la plaine d’Europe du nord sans barrière naturelle difficilement franchissable et entourée de voisins puissants et conquérants, l’existence même de la Pologne relève du quasi-miracle. Ayant regagné une souveraineté qu’elle avait perdue dès 1939 et l’invasion allemande, la Pologne de par un esprit de résistance affirmé et une culture rayonnante est parvenue à redevenir totalement indépendante, le 13 septembre 1989. Il en résulte un attachement tout particulier de la Pologne à sa souveraineté, à son indépendance, à sa culture et à son identité nationale.

La religion catholique : premier facteur de résistance

L’histoire polonaise ressemble beaucoup, à ses origines, à l’histoire de France. Comme Clovis, premier roi des Francs et fondateur du-dit royaume, c’est la conversion au christianisme de Mieszko Ier, duc des Polanes, puis le couronnement de son fils, Boleslas, premier roi de Pologne, qui fonda la légitimité de la dynastie à gouverner un royaume et les populations qui y vivaient. Si le royaume de France était la fille aînée de l’Eglise, le royaume de Pologne en était également l’un des plus précieux gardiens, qualifié par l’Eglise de “rempart du catholicisme” . La foi catholique joue, en Pologne, un rôle premier dans l’identité nationale. C’est la mobilisation de cette même identité catholique née à la fin du VIIe siècle qui permit à la Pologne de fédérer ses forces face au communisme soviétique imposé depuis la fin de l’occupation nazie. L’élection d’un pape polonais, Jean-Paul II en 1978, changea la donne pour la Pologne car la culture religieuse et l’identité nationale, dont le catholicisme est grandement constitutif, créèrent un véritable porte-voix pour faire entendre les demandes de la société civile organisée. Se proclamant « porte-parole de l’Église du silence » au nom de tous ceux, qui dans les régimes vivant de l’autre côté du rideau de fer, ne peuvent pratiquer librement leur foi. La première visite officielle de Jean-Paul II hors du Vatican se fit, comme un symbole, en Pologne.

L’esprit de résistance polonais s’incarne dans la religion catholique, c’est l’Eglise qui organise la société civile polonaise face au communisme soviétique et c’est cette culture catholique qui tourne le regard de l’Occident, par la voix de Jean-Paul II, vers la Pologne. Très tôt, l’opinion occidentale se prend de sympathie pour ce peuple polonais qui, plus tôt qu’aucun autre, se dresse courageusement face à l’oppression soviétique. La naissance et la survie de Solidarność, dans un régime qui ne tolère aucun syndicat indépendant, ouvre une brèche dans le rideau de fer, cette brèche, c’est en grande partie l’identité polonaise, très pieuse, qui l’ouvre. Lech Wałęsa, son fondateur, devient le premier président de la IIIe République de Pologne, c’est d’ailleurs en partie son rigorisme religieux qui lui coûte la réélection à la présidence en 1995.

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