Brunerie devant les assises


Lex Membre 85 messages
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Le jeune homme qui voulait tuer Chirac devant les assises


06 décembre 2004 08h20 - Reuters

Maxime Brunerie, militant néo-nazi de 27 ans accusé d'avoir tenté d'assassiner le président Jacques Chirac lors du défilé du 14 juillet 2002 sur les Champs-Elysées, comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises de Paris.


L'accusé, passible de la réclusion criminelle à perpétuité, ne conteste pas les faits et le verdict est attendu vendredi prochain.

L'avocat de la défense, Pierre Andrieu, devrait plaider les circonstances atténuantes pour son client, dont les facultés mentales sont jugées "altérées", mais non "abolies", par les experts.

Le président Jacques Chirac, qui ne s'est pas constitué partie civile pendant l'instruction, ne se fera pas davantage représenter à l'audience car il souhaite laisser le ministère public prendre des réquisitions dans les intérêts de la société, dit-on de source proche du dossier.

Mêlé à la foule, Maxime Brunerie avait fait feu au moins une fois avec une carabine 22 Long Rifle en direction du président, qui passait à bord d'un véhicule militaire découvert sur le rond-point des Champs-Elysées.

Un badaud avait fait dévier le tir en levant le canon de l'arme, puis d'autres témoins avaient maîtrisé le jeune homme qui essayait apparemment de retourner l'arme contre lui.

En garde à vue, Maxime Brunerie avait reconnu qu'il préparait de longue date cet attentat. Il voulait tuer le chef de l'Etat et se suicider ensuite afin de "laisser son nom dans l'Histoire".

La police a établi qu'il a été d'octobre 1999 à février 2002 membre du Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret, parti d'extrême droite pour lequel il a figuré sur une liste aux municipales de 2001 dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

Il avait également participé à des activités du groupe Unité radicale, dissous après l'attentat, et du Parti nationaliste français européen (PNFE).

"BAISE-BIERE-BASTON"

Il était aussi trésorier d'un groupe skinhead baptisé 3B pour "baise-bière-baston" et supporter depuis 1994 du club de football du Paris-Saint-Germain, dont une partie des fans ne cachent pas leurs penchants extrémistes.

Lors d'une perquisition chez ses parents, où il vivait, la police a retrouvé de la littérature extrémiste et nazie dont l'ouvrage d'Adolf Hitler "Mein Kampf" et des documents téléchargés sur internet concernant la confection d'explosifs.

Les enquêteurs ont aussi saisi 10 kg de chlorate de soude et du sucre en poudre, éléments pouvant servir à confectionner un engin explosif.

Maxime Brunerie avait fait part de son projet d'attentat à ses amis, qui ne l'avaient pas pris au sérieux. Début juillet, il avait vidé ses comptes bancaires, fait de nombreux cadeaux à ses amis puis s'était entraîné au maniement de son arme en Bourgogne avec un ancien légionnaire, qui ignorait ses desseins.

Le 13 juillet 2002, sur un site internet du mouvement néo-nazi britannique Combat 18, il avait publié un message en anglais signé "Maxime de Paris" : "regardez la télévision dimanche, la star ce sera moi. Mort au ZOG ! 88 !".

L'acronyme ZOG, pour "Zionist Occupation Governement" ("Gouvernement sioniste d'occupation"), et deux fois la huitième lettre de l'alphabet pour "HH" - "Heil Hitler".

L'enquête de personnalité a montré que Maxime Brunerie, étudiant en BTS de comptabilité-gestion au moment des faits, était une personnalité fruste, et qu'il était marqué par une grave maladie, le syndrome de Hodgkins, soignée peu avant les faits.

L'absence de toute liaison féminine dans sa vie, à 25 ans, l'avait poussé à s'en inventer une pour faire bonne figure auprès de ses amis.

Il a brièvement été interné en psychiatrie au début de l'enquête. Après deux premières expertises contradictoires, un collège de psychiatres a finalement conclu en 2003 que l'accusé était accessible à une sanction pénale, même s'il paraissait à la limite de la schizophrénie ou de la psychose.




Source: Reuters

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Bulbi Membre 558 messages
Forumeur forcené‚ 38ans
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l'article du Monde d'hier montre bien le côté pitoyable de l'individu...

Devant la cour, Maxime Brunerie détaille sa "vie pitoyable"

LE MONDE | 07.12.04

Lors de la première journée d'audience, il a assuré avoir tenté d'assassiner le président de la République, le 14 juillet 2002, parce qu'il avait "fait le tour de l'extrême droite" et qu'il voulait "entrer dans les livres d'histoire".

é 25 ans, "c'est venu un soir, j'étais dans ma chambre", Maxime Brunerie a décidé de se suicider pour mettre un terme à sa "vie pitoyable". Un, parmi les milliers d'anonymes qui nourrissent chaque année les statistiques du désespoir des jeunes gens. Deux ans et demi plus tard, lundi 6 décembre, il est toujours là, et comparaît devant la cour d'assises de Paris, pour répondre de "tentative d'assassinat" sur la personne du président de la République, un crime punissable de la réclusion criminelle à perpétuité.

Ce même soir de mai 2002, Maxime Brunerie a en effet voulu aussi "faire quelque chose pour qu'on ne -l'-oublie pas" et "entrer dans les livres d'histoire". Il a cherché un peu et il a trouvé "la personne la plus médiatique de France", le président nouvellement réélu Jacques Chirac, et "la journée la plus médiatique", la fête nationale du 14-Juillet. Alors, le 6 juillet 2002, il achète une carabine 22 long rifle, part s'entraîner une fois à la campagne et, le matin du défilé, se poste derrière les barrières, sur le parcours du cortège, avec le projet de tirer sur Jacques Chirac et de retourner ensuite l'arme contre lui. "J'avais raté ma vie, je ne voulais pas rater ma mort. L'image que j'avais dans mon esprit, c'était le président de la République debout dans sa voiture et qui soudain s'écroule, et toutes les caméras braquées sur moi, cloué au sol."

Au premier jour d'audience, noyé dans un box trop large pour lui, Maxime Brunerie a offert à la cour une allure proprette, ses cheveux épais séparés par une raie de côté, ses lunettes trop grandes qui lui mangent la moitié du visage, ses joues encore remplies des rondeurs de l'enfance. Un garçon sans âge et sans époque, ni grand ni petit, mince et mou, qui répond en avalant ses mots aux questions de la présidente, Martine Warin, et de l'avocat général, Philippe Bilger, sur sa personnalité.

Vingt-cinq années de mal-être défilent."Après une excellente année de CP", et l'école primaire, tout se dérègle à l'adolescence. Le jeune Maxime, handicapé par un strabisme appuyé, une myopie mal détectée, une jambe un peu plus courte que l'autre, devient le sujet de ricanement de ses petits camarades. L'acné virulente de la puberté dévore un visage déjà un peu ingrat, et il redouble sa quatrième, puis sa troisième.

"CLASSé DéGéNéRé"

Orienté vers l'enseignement professionnel, il passe un BEP, puis présente un baccalauréat de gestion et comptabilité. Cette année-là, celle de ses 21 ans, on détecte chez lui les symptômes de la maladie de Hodgkin, un cancer des ganglions lymphatiques, qui nécessite chimiothérapie et radiothérapie, et contribue encore un peu plus à sa solitude de jeune homme sans amis et surtout sans amie.

Maxime Brunerie étouffe dans un univers familial couleur grisaille, entre un père qui se rêvait guitariste, devenu, au bout de vingt ans de labeur, "assimilé cadre" à la Snecma, et qui consacre tous ses dimanches à la pétanque, une mère informaticienne angoissée, et une s¿ur cadette à laquelle il n'adresse plus la parole depuis trois ans, à la suite d'une querelle pour savoir lequel des deux devait assurer l'arrosage des fleurs chez la voisine.

Entre-temps, Maxime Brunerie a découvert les plaisirs solitaires de l'Internet. Il passe des heures à "faire le tour de tous les sites sulfureux ou moralement condamnables", avec une prédilection pour les sites néo-nazis "parce que c'était ce qu'il y avait de plus condamnable depuis la deuxième guerre mondiale". Il ne comprend "pas grand-chose, parce que beaucoup étaient en anglais et que j'ai toujours été assez médiocre". Mais depuis qu'à 14 ans, il avait cherché dans le dictionnaire la définition du mot "nationalisme", il s'était dit que c'était une "bonne définition pour un engagement politique".

Il lit, Drieu la Rochelle d'abord, puis Mein Kampf, milite au GUD, puis rejoint le MNR de Bruno Mégret, avec quelques incursions dans la mouvance de feu le mouvement néo-nazi Unité radicale. On lui fait coller des affiches, distribuer des tracts pendant la campagne européenne de 1999. Il assiste à quelques concerts de rock identitaire et rejoint de temps à autre, le samedi, le "kop" de Boulogne au Parc des Princes, avec les supporteurs du Paris-Saint-Germain.

"Dans l'ensemble de ces activités, que cherchiez-vous ?", lui demande la présidente. "L'appartenance à un groupe. Un milieu dans lequel je serais accepté et où je pourrais faire quelque chose d'intéressant. - Et le résultat ? - Il est médiocre."L'avocat général enchaîne. "Vous aviez des sympathies pour le néo-nazisme ? - Oui et non, parce que je pense que si j'avais vécu en 1933, j'aurais été classé dégénéré. - Et au PSG, vous étiez bien ? - Il y avait beaucoup de monde, j'étais... comment dire, dilué."

Puis arrive ce printemps 2002 où il avait "l'impression d'avoir fait le tour de l'extrême droite", où il se morfondait dans sa chambre en rêvant à une jeune fille prénommée Claire, qui lui restait inaccessible. Et le matin du 14 juillet, après avoir soldé son compte en banque, annoncé son projet à des amis, qui l'écoutent vaguement sans le croire, il se poste, sa carabine dissimulée dans un étui de guitare, le long des Champs-Elysées. Rate le président et rate son suicide.

Pascale Robert-Diard

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Randu Membre 52 messages
Forumeur en herbe‚
Posté(e)

La seule chose qui me gène, c'est la peine qu'il aurait eu si ce n'était pas le président en face, certes c'est l'homme le plus important de France mais la devise a perdu son sens depuis longtemps. Qui a dit que si le président avait tiré sur un citoyen, la loi ne prévoyait pas et n' obligeait pas celui-ci à aller devant le tribunal. Egalité mes enfants, égalité entre citoyens, pas entre nos chefs ;)

ps : droits de l'homme, différents de droits du citoyen moyen ;)

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