Sarkozy veut créer une psychose pour justifier sa politique sécuritair


Hern Membre 128 messages
Forumeur inspiré‚ 37ans
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Paru dans l'Humanité

La préfecture de Seine-Saint-Denis vient de franchir une nouvelle étape dans l’utilisation abusive de son pouvoir de retrait des badges qui permettent de travailler dans la zone réservée de l’aéroport de Roissy. En quelques semaines, en septembre et octobre, plusieurs dizaines de salariés se sont vu retirer leur habilitation. « On est habitués aux retraits de badges abusifs, c’est une de nos batailles permanentes, explique Didier Frassin, de l’union locale CGT de Roissy. Mais cette fois, c’est particulier. La préfecture n’avait strictement rien de précis à reprocher à ces salariés. Le point commun, c’est qu’ils sont tous musulmans pratiquants. »

« La préfecture m’a convoqué pour un entretien fin août, raconte Karim, vingt-huit ans, manutentionnaire chez Fedex depuis 2001. Quand ils m’ont demandé si je me doutais du motif, j’ai dit que je n’avais rien à me reprocher. Tout ce que je savais, c’est que tous les collègues convoqués étaient Maghrébins et musulmans. Ils m’ont répondu qu’ils n’allaient pas s’amuser à convoquer tous les Maghrébins. Donc, ils s’intéressaient aux musulmans. » Tout l’entretien a ensuite porté sur la pratique religieuse de Karim. « Je leur ai expliqué que je suis pratiquant, mais que je n’ai jamais appartenu à un courant extrémiste. Et que je pratique beaucoup moins depuis que j’ai un travail fixe, et trois enfants. é la fin, comme j’insistais pour savoir ce qu’ils me reprochaient, ils m’ont dit qu’ils ne m’accusaient de rien, que c’était juste à cause du contexte international qu’ils devaient convoquer les gens potentiellement dangereux. »

Karim sort rassuré de l’entretien. Mais le 20 septembre, la décision de la préfecture tombe : le badge est retiré. Le courrier type se contente d’affirmer que les observations de Karim lors de l’entretien « n’ont pas été de nature à apporter la preuve d’un comportement insusceptible de porter atteinte à la sûreté aéroportuaire ». En conséquence, il « présente un danger significatif pour la sûreté aéroportuaire incompatible avec une habilitation pour accéder en zone réservée ». « Si je suis un danger à l’aéroport, je le suis partout, c’est contradictoire de me laisser en liberté », ironise Karim.

En fin de semaine dernière, la CFDT a rendu l’affaire publique, en déposant une plainte pour discrimination. Le sous-préfet en charge de l’aéroport Jacques Lebrot a alors affirmé que les badges avaient été retirés à des personnes que « l’unité centrale de lutte antiterroriste considère comme dangereuses » et que « le fait d’être musulman pratiquant n’est absolument pas un critère ». Une justification contredite samedi par les propos du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy. « Je ne peux pas accepter que des gens qui ont une pratique radicale travaillent sur une plate-forme aéroportuaire. C’est ma responsabilité. Je préfère qu’on ait le risque d’un contentieux devant un tribunal, parce qu’on a été trop sévère avec une habilitation, plutôt qu’on se retrouve avec un drame parce qu’on n’a pas été assez sévère », a-t-il péroré.

« On n’est pas dupes, c’est une provocation politique », analyse Haziz Faddel, délégué CGT chez Chronopost, où deux salariés musulmans ont subi un retrait de badge dans les mêmes conditions que Karim. « Cette affaire survient en pleine campagne présidentielle. Sarkozy va surfer là-dessus, en se présentant comme le sauveur des "Français". » « Le livre de Villiers sur les mosquées de Roissy a bien marché, alors Sarkozy veut se faire un coup de publicité lui aussi », appuie Karim, de Fedex. « Il veut créer la psychose pour que les gens voient un terroriste dans chaque musulman, et pour justifier sa politique sécuritaire, dénonce Moustafa, délégué CGT à Air France. On est victime d’une politique électoraliste ». Et maintenant, « comment on va faire bouillir la marmite ? », angoisse Karim, de Chronopost. Depuis la décision du préfet, ces salariés sans badges ne touchent plus leur salaire. Certains employeurs les ont mis à pied, d’autres les mettent en congés payés en attendant de voir comment l’affaire tourne. Mais ils seront probablement licenciés, même par des entreprises qui pourraient les reclasser hors zone réservée, à des emplois ne nécessitant pas de badge.

Les syndicats ne comptent pas laisser passer l’affaire. La CFDT a présenté six recours, la CGT compte déposer cette semaine un référé devant le tribunal administratif pour faire annuler la décision concernant Karim. « La décision du préfet a violé un principe fondamental qui est celui du contradictoire : la personne doit savoir ce qu’on lui reproche pour pouvoir se défendre », explique Me Emmanuel Gayat, avocat de l’union locale. « Par ailleurs, c’est à l’administration de prouver que le salarié est dangereux, pas à lui de prouver qu’il ne l’est pas ! » Le 7 novembre, les organisations syndicales de la plate-forme se rencontrent pour décider d’actions communes en réaction à ces nouveaux abus de pouvoir.

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johndoe Membre 1 690 messages
Forumeur alchimiste‚
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« Je leur ai expliqué que je suis pratiquant, mais que je n'ai jamais appartenu à un courant extrémiste. Et que je pratique beaucoup moins depuis que j'ai un travail fixe, et trois enfants. é la fin, comme j'insistais pour savoir ce qu'ils me reprochaient, ils m'ont dit qu'ils ne m'accusaient de rien, que c'était juste à cause du contexte international qu'ils devaient convoquer les gens potentiellement dangereux. »
Un extrémiste aurait tenu le même discours.
« Si je suis un danger à l'aéroport, je le suis partout, c'est contradictoire de me laisser en liberté »
C'est quand même mieux qu'il n'ai pas accès à des armes du genre Airbus.
« Le livre de Villiers sur les mosquées de Roissy a bien marché, alors Sarkozy veut se faire un coup de publicité lui aussi », appuie Karim, de Fedex. « Il veut créer la psychose pour que les gens voient un terroriste dans chaque musulman,
Le livre de De Villiers avait pourtant raison, 3 jours après sa parution, sarko renvoie le directeur des RG. Le 25 juillet, le ministère de l'intérieur dit de façon très discète que les mosquée clandestine des aéroport ont été fermée. On dirait plutôt que sarko veut étouffer l'affaire. Pour le renvoie du directeur des RG, forcément, il allait pas le laisser là alors que des documents confidentiels se sont échappés, sarko n'était pas content de cette publicité faite contre lui, et puis un ministre de l'intérieur qui ne vire pas les bagagistes classé dangeureux par les RG, plutôt un mauvais point pour lui. Maintenant que phillipe de villers a dévoilé la vérité, sarko est obligé de s'en occuper.

Karim ne dit pas quels sont les résultats de l'enquète des RG qui a été faite sur lui ?

Cette accusation de vouloir provoquer une psychose oublie vite tout le reste des problèmes de sécurité. Cette histoire de bagagistes ferait plutôt monter phillipe de villier, car ça montre qu'il avait raison dans son livre.

Sarko est ouvertement pro islam, il a fait le CFCM et les CRCM, il vaut financer les mosquée, supprimer la séparation de la mosquée et de l'état.

Ca ne ressemble pas trop à quelqu'un qui veut diaboliser les musulmans.

Modifié par johndoe

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johndoe Membre 1 690 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Voilà pourquoi Sarko vire les bagagistes: il ne veut pas laisser à phillipe de villier l'argument suivant pour les présidentielles: "il reste encore des bagagistes classé dangeureux par les RG, qui travaillent dans les aéroport parisiens". Cette histoire de psychose est totalement rocambolesque.

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