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Violences sexistes à l’école : les garçons sont aussi des victimes


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Baisers forcés, voyeurisme, SMS et MMS intimes… Un rapport publié jeudi questionne les violences liées au genre, du primaire jusqu’au lycée.

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Parents inquiets, ce rapport n’est pas pour vous. La somme qu’Eric Debarbieux, ex-délégué ministériel à la prévention du harcèlement en milieu scolaire, publie jeudi 31 mai, raconte la répétition d’une violence quasi « ordinaire » pour les 600 000 à 700 000 élèves qui en sont les victimes. Insultes, coups, ostracisme… plus de 1 élève sur 2 en fait l’expérience à l’école, 1 sur 3 au collège, même si les cas de harcèlement sévère sont bien plus rares. La violence physique diminue de beaucoup au lycée, mais encore un quart des lycéens déclarent des insultes, un tiers une mise à l’écart.

Au cœur de l’exposé, une thématique qui s’est installée dans le débat public après l’affaire Weinstein : l’« oppression viriliste ». Et une « énigme » que M. Debarbieux et son équipe (les sociologues Arnaud Alessandrin et Johanna Dagorn et l’auteure Olivia Gaillard, elle-même ancienne victime) entendent résoudre : « Comment passe-t-on d’une surexposition des jeunes garçons à la violence scolaire à une surexposition des femmes devenues adultes ? Est-ce au moins en partie à cette violence contre les garçons (et, présumons-le, entre garçons) que nous devons relier la violence ultérieure contre les femmes ? »

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Sur cette violence scolaire souvent tue, l’institution a commencé à lever le voile dans les années 2000, initiant des enquêtes dites « de victimation » menées par le département statistique du ministère de l’éducation (la DEPP). L’équipe Debarbieux a voulu mettre en parallèle leurs résultats en les compilant et en complétant l’échantillon, notamment à l’élémentaire, pour toucher, au total, 47 604 élèves âgés de 8 à 19 ans.

« Expérience victimaire préoccupante »

Le flot de statistiques obtenu, pas toujours facile à analyser tant la violence sexiste est difficilement séparable de la violence tout court, vient démentir certaines idées reçues sur les rapports filles-garçons, même s’il confirme ce que la recherche mondiale a déjà démontré. Au primaire, si 1 écolier sur 5 témoigne avoir déjà été « regardé » dans les toilettes, les victimes ne sont pas beaucoup plus nombreuses parmi les filles (20 %) que les garçons (18,4 %). Le « déshabillage forcé » touche plus ces derniers (14,2 % de garçons contre 10,3 % de filles). Pour ce qui est des baisers contraints, les fillettes en font davantage le récit (18,1 %, contre 14,9 %).

Au collège, les différences semblent se gommer : 8,7 % des collégiennes et 8,5 % des collégiens déclarent avoir dû embrasser quelqu’un contre leur gré ; 8,6 % des filles et 8,1 % des garçons, avoir été gênés par des moqueries sur leur sexualité. Quant au voyeurisme aux toilettes, 1 adolescent sur 10 en a fait l’expérience, sans écart jugé significatif entre les sexes.

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Au lycée, la maturité des élèves le permettant, une série de sept questions leur a été soumise, des insultes sexistes aux SMS et MMS intimes… Les rapporteurs isolent une « minorité d’élèves » concentrant, écrivent-ils, les violences de tous types dans une « expérience victimaire préoccupante » ; 10 % des lycéens, filles comme garçons, ont entendu des insultes contre les lesbiennes. 13,8 % des filles et 21,1 % des garçons, des insultes contre les gays. 5,1 % des garçons, contre 2,2 % des filles, ont connu une tentative de retrait de vêtements. 6,6 % des lycéens, filles comme garçons, évoquent le voyeurisme. Parmi les élèves ayant fait état de photos ou de vidéos intimes les concernant, 2,2 % sont des filles, 5 % des garçons.

Construction du modèle du « mâle alpha »

L’enquête s’adosse sur quelques témoignages. Comme celui de Benoît, 18 ans. « En première, j’étais en atelier, raconte-t-il. Je demande pour aller aux toilettes et constate que je suis suivi par des gars de ma classe. L’un d’eux me saisit et me plaque au sol pendant qu’un autre éteint la lumière, je sens alors un autre me claquer son sexe contre mon visage. Après ça, je suis resté tétanisé (…). Humilié, je n’ai rien dit de peur d’être jugé. Puis s’ensuivent des surnoms douteux : bifle, tête de bite, suceuse, grosse catin… »

Parmi les victimes, beaucoup de garçons « non conformes » au modèle viril, soulignent les chercheurs, être « bon élève » passant pour un « attribut féminin ». Le service statistique du ministère avait déjà chiffré ce phénomène : au collège, 1 élève sur 4 environ (23,6 % des filles mais 25,8 % des garçons) répond par l’affirmative à la question de savoir si on « s’est moqué de [lui] à cause de [sa] bonne conduite en classe ».

Lire aussi :   Harcèlement sexuel dans les collèges et lycées, un phénomène difficile à appréhender pour les enseignants

Comment passe-t-on d’élèves garçons au moins autant exposés aux violences sexistes – si ce n’est plus – que les jeunes filles à des femmes adultes surexposées ? « Quelque chose s’est passé, et pas seulement à l’école », répondent les chercheurs, en rappelant que les violences les plus lourdes se jouent « à l’extérieur », dans l’entourage familial notamment. L’école n’en a pas moins contribué à la construction du modèle du « mâle alpha », dominant les filles mais aussi tout mâle ne correspondant pas au « modèle viriliste », dans un « refus du féminin » (et de tout ce qui peut être associé au féminin), y compris chez un garçon. Un piège pour les deux sexes.

Humiliations aux toilettes

Cela se joue dans des événements qui peuvent passer pour secondaires mais qui ne le sont pas : les humiliations aux toilettes, le bon élève traité de « pédé »… Des attitudes auxquelles les enseignants sont de plus en plus sensibilisés : une place plus grande octroyée aux garçons dans la cour, une tolérance plus forte en classe quand ils chahutent, des punitions à répétition contribuant à La Fabrique des garçons (2011), pour reprendre le titre de la thèse de Sylvie Ayral.

Le rapport ne cède pas à l’alarmisme. « Si l’école participe parfois à la construction de ces violences subies par les femmes, ou est un lieu où elles s’expriment, elle est aussi un lieu de leur prévention », rappellent ses auteurs. La formation et la stabilité des équipes en sont deux des conditions.

Méthodologie du rapport - Les résultats présentés par l’équipe Debarbieux relèvent en partie de la méta-analyse : ils proviennent de plusieurs enquêtes cumulées ayant concerné, au total, 47 604 élèves de 8 à 19 ans. 20 271 d’entre eux sont des écoliers, 13 520 des collégiens, 13 813 des lycéens. Ces échantillons ont été complétés avec des élèves du primaire : aux 12 326 écoliers de CM1 et CM2 concernés par l’enquête menée en 2011 pour l’UNICEF avec le département statistique du ministère de l’éducation (la DEPP) ont été adjoints 7 945 élèves en 2017, cette fois de CE2 et CM1. Au collège, les résultats pris en compte sont ceux obtenus auprès de 4 599 élèves via l’enquête menée en 2015 dans les académies de Créteil, Paris et Versailles, auxquels ont été adossés 8 921 collégiens de l’éducation prioritaire d’une enquête nationale complémentaire. Au lycée, l’échantillon est celui de l’enquête nationale de 2013-2014. « Nous ne prétendons pas à ce que tous les échantillons soient représentatifs, mais certains sont encore les seuls à exister », défend M. Debarbieux.
 
 
 

Violences sexuelles : ce que dit la loi

1. Les différents types de violences

Le harcèlement sexuel

La loi définit ce délit comme un ensemble de propos ou comportements « répétés » à connotation sexuelle qui portent atteinte à la dignité de la personne ou qui créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. Elle ajoute à cela le fait, « même non répété », d'user de toute forme de pression grave dans le but d'obtenir un acte de nature sexuelle. Le harcèlement sexuel est un délit quel que soit le lien entre l'auteur et la victime, mais la loi prévoit des sanctions spécifiques lorsqu’il a lieu en milieu professionnel.

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L’agression sexuelle

L’agression sexuelle est un délit qui regroupe toutes les atteintes sexuelles commises avec « violence, contrainte, menace ou surprise ». Ce sont par exemple des caresses sur la poitrine ou les fesses, des baisers forcés ou encore des attouchements sexuels qui ne sont pas consentis.

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Le viol

Le viol est un crime défini par la loi comme tout acte de pénétration sexuelle non consenti (avec violence et/ou contrainte, menace, surprise). Tous les actes de pénétration sexuelle sont visés (buccale, vaginale, anale, par le sexe, par le doigt ou encore par l’objet). La loi réprime également les tentatives de viol, c’est-à-dire les actes stoppés uniquement « en raison de circonstances indépendantes de la volonté de [leur] auteur ».

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2. Les circonstances aggravantes

Parfois minimisées, certaines situations sont au contraires jugées comme aggravantes par la justice et peuvent entraîner des sanctions plus sévères, selon les types de violences. Voici les principales :

L’abus d’autorité

Toutes les violences sexuelles commises par une personne qui « abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ». Par exemple lorsque l’agresseur est en situation de supériorité hiérarchique sur sa victime.

Les agressions commises par un ascendant ou un conjoint

Il s’agit d’une circonstance aggravante dans le cas d’une agression sexuelle ou d’un viol, et ce, que l’auteur des faits soit l’ascendant naturel ou adoptif de la victime.

Les agressions commises en état d’ivresse

Le fait qu’une agression sexuelle ou un viol ait été commis par une personne ivre ou sous l’emprise de stupéfiants expose l’auteur à des peines renforcées.

L’usage de la menace ou d’une arme ainsi que les blessures et lésions

Lorsqu’une ou plusieurs de ces conditions sont réunies, les sanctions prévues par la loi sont alourdies.

Les atteintes aux personnes vulnérables

Toutes les violences sexuelles commises sur une personne vulnérable du fait de son âge, d’une infirmité, d’une déficience psychique ou physique ou d’un état de grossesse sont plus durement réprimées. C’est aussi le cas pour les atteintes commises sur une personne mineure de plus de quinze ans.

Les violences commises en groupe

Toutes les violences sexuelles commises par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice sont plus sévèrement réprimées.

https://abonnes.lemonde.fr/education/article/2018/05/31/violences-sexistes-a-l-ecole-les-garcons-sont-aussi-des-victimes_5307761_1473685.html
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Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 692 messages
109ans‚ ©,
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Je ne suis pas d'accord avec le titre "Les garçon sont aussi des victimes". Les gens ne le savent pas, mais en ce qui concerne les derniers indicateurs (2015) la proportion de garçons mineurs ayant subi un viol ou une tentative de viol est supérieure à celle des filles. Pour ça, ce sont donc les premières victimes. 

Faites entendre votre voix les garçons, jeunes ou moins jeunes ! Eh oui, c'est très difficile de parler..  

Sur le terrain depuis 20 ans, j'ai du croiser une douzaine de victimes masculines seulement (hors les agresseurs agressés). 

 

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