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Scènes de crime au Louvre


January

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Modérateur, ©, 105ans Posté(e)
January Modérateur 54 811 messages
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Bonjour tout le monde J

Déjà de retour pour un nouveau partage. Oui, j’avais hâte. J’ai trouvé (j’espère) un petit bijou qui vous ravira. Nous allons, ensemble, parcourir toutes les scènes de crime du Louvre et en décrypter les détails.

Voici l’objet :

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Plantons le décor au préalable si vous le voulez bien.

A travers le temps le crime a trouvé sa représentation dans l’art. Souvent, ce ne sont pas n’importe quels crimes, non, ce sont les plus sensationnels bien sûr, ceux qui produisent les impressions les plus intenses, comme le meurtre.

Dans la littérature, neuf œuvres sur dix contiennent un ou plusieurs crimes, en revanche dans les arts visuels c’est l’inverse : une peinture sur dix, et encore moins pour la sculpture.

Le Louvre, musée le plus fréquenté au monde, regorge de ces scènes de crime. Nous allons découvrir les motivations des personnages ou des artistes, la trame des vérités ou des mensonges tissés autour de chaque crime. Nous apprendrons l’histoire des victimes et des agresseurs et nous chercherons les symboles dissimulés sous la surface et les secrets de l’expression artistique.

Notre visite commencera par la Mésopotamie du deuxième millénaire et se terminera en France au XIXe siècle. On y va, vous êtes prêts ?

 

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Modérateur, ©, 105ans Posté(e)
January Modérateur 54 811 messages
105ans‚ ©,
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Bon, apparemment vous êtes prêts :) 

Alors on y va !

Nous sommes au rez-de-chaussée, salle 3, approchons nous de cette sculpture sur Basalte : Code de Hammurabi, roi de Babylone, 1792-1750 avant J.-C.

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Résultat de recherche d'images pour "stèle hammurabi"

 

 Avant de commencer notre voyage parmi les bourreaux et les victimes, cette première œuvre nous permet d’envisager les conséquences auxquelles expose le crime.

Cette stèle est l’un des plus anciens codes réglementaires connu. Hammurabi fit graver dans le basalte les lois qui compose ce code, au XVIIIe siècle avant J.-C. Hammurabi s’y définit lui-même comme « l’homme le plus sage, le plus brave et le plus farouche, le plus puissant et le plus comblé de dons, le plus droit et le plus juste » (ben voyons !)

Au sommet de la stèle, nous voyons le roi en face de Shamash, le dieu mésopotamien du soleil. Shamash était aussi considéré comme le dieu de la justice, qui apportait la lumière dans les affaires criminelles, de même que le soleil dissipe l’obscurité. Shamash est assis sur son trône (remarquez que s’il était debout le roi ressemblerait à un nain) et il remet à Hammurabi les symboles de l’autorité, la baguette et l’anneau.

Le texte gravé en dessous est censé avoir été dicté par la justice divine. La caractéristique principale de ce code nous est fournie par la sentence : « œil pour œil, dent pour dent », soit, la loi du Talion.

Les condamnations sont sévères, notamment pour des faits qui nous sembleraient aujourd’hui d’une gravité mineure. Dans ce code, le vol est puni de la mort (même le vol d’un œuf hein ? Parce que qui vole un œuf….bref). Il est gravé ici que la peine de mort était appliquée au constructeur dont la maison s’écroule sur le propriétaire qui en meurt. Et si c’est le fils du propriétaire qui meurt dans l’effondrement, alors c’est le fils du constructeur qu’on exécute.

On apprend encore que « si quelqu’un s’introduit dans une maison par effraction en y perçant un trou, il sera exécuté et enterré devant ce trou ». (Je ne suis pas sûre de vouloir le cadavre de mon voleur contre le mur de ma maison moi mais bon…)

La noyade était appliquée à la femme qui négligeait son mari, le quittait et ruinait son foyer. La noyade aussi pour le père qui a eu des relations avec sa belle-fille, et la mort par le feu pour l’inceste commis entre une mère et son fils.

La stèle est gravée aussi d’imprécations, de malédictions et sortilèges divers pour ceux qui mépriseraient ou modifieraient ce code. Malheureusement, Hammurabi devra affronter malgré toutes ses prétendues qualités énumérées sur l’œuvre, le destin de tant de législateurs avant lui : il a été dépassé par la réalité.

 

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Modérateur, ©, 105ans Posté(e)
January Modérateur 54 811 messages
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A présent rendons-nous au premier étage, salle 43. Dans la vitrine numéro 12 se trouve une Pélikè à figures rouges : Apollon tuant Tityos en présence de Léto, une œuvre de Polygnote datant de 450-440 avant J.-C.

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Les anciens dieux grecs étaient loin d’être parfaits et Apollon ne fait pas exception à la règle. Il était le dieu de l’art, de la lumière et des prophéties. Mais il pouvait se montrer extrêmement cruel, notamment quand sa mère ou l’honneur de celle-ci était en jeu.

Léto était l’une des nombreuses maîtresses de Zeus. Elle tombe enceinte, Héra la femme de Zeus en fait une maladie, logique, et elle commence à ruminer sa vengeance. Léto n’eut le droit de mettre ses enfants au monde sur aucune terre sous la surface du ciel. Evidemment personne ne voulait accueillir la malheureuse pour ne pas être frappé par le courroux de Héra. Léto va quand même trouver asile à Délos, un petite île sur la mer Egée. C’est là qu’elle va donner naissance à Artemis et Apollon.

Alors que Léto se rendait à Delphes, un géant nommé Tityos tomba amoureux d’elle et lui fit des avances qu’elle refusa. Il s’empara alors d’elle et tenta de la violer. A cet instant, Apollon et sa sœur accoururent au secours de leur mère et tuèrent Tityos.

C’est ce que la scène du vase représente. L’ayant déjà atteint de ses flèches, Apollon s’apprête à donner le coup de grâce à Tityos. Derrière lui, Léto se cache derrière son voile pour ne pas assister au meurtre.

Mais attendez ce n’est pas la mort le pire qui attendait Tityos. Dans le monde souterrain des enfers, il fut condamné à être étiré jusqu’à 30 mètres de long et à avoir, jour et nuit, le foie dévoré par deux vautours.

'Sont pas très sympathiques les dieux, et nous aurons l’occasion de le confirmer plus loin.

 

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Modérateur, ©, 105ans Posté(e)
January Modérateur 54 811 messages
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Nous sommes toujours dans la salle 43, voyons voir cette amphore, là, à figures rouges : Mort d’Orphée – Peintre de la Phiale – 445-440 avant J.-C.

Résultat de recherche d'images pour "mort d'orphée peintre de la phiale"

 

Orphée était poète et chanteur, le plus renommé de toute la Grèce antique. Il était le fils de Calliope, une muse, et d’Oeagre, un roi de Thrace. Il jouait de la lyre (lyre offerte par Apollon, dieu de la musique). Le mythe raconte que la musique et le chant d’Orphée savaient charmer de l’homme jusqu’à la pierre, et même, pouvaient détourner le cours d’une rivière.

L’histoire d’Orphée est très connue. Eurydice, sa promise, le jour même de leur mariage, fut mordue par un serpent. Orphée se mit à chanter (quelle curieuse réaction..) et tira des larmes aux dieux qui lui donnèrent ainsi conseil : il devait pénétrer dans le royaume souterrain des morts et charmer Hadès afin que celui-ci lui permette de ramener Eurydice sur terre. Bon, ce sont les dieux, ils ne sont pas sympathiques, alors évidemment, le pauvre Orphée (qui est déjà bienheureux à l’idée de descendre aux enfers) va devoir respecter scrupuleusement ceci : il devra constamment marcher devant Eurydice et ne pas se retourner pour la regarder avant d’avoir atteint le monde d’en haut.

Evidemment, une fois arrivé sur la terre des vivants, il va se retourner cet idiot-là ! Sans imaginer qu’Eurydice, elle, à quelques pas derrière lui, n’est pas encore sur la terre d’en haut. Pouf, elle disparaît, à jamais.

La scène de l’amphore se situe après cet évènement. Elle montre la meurtrière du jeune poète, une femme en colère sur le point de le transpercer de son épée.

Après la mort d’Eurydice, Orphée erra… Il ne pouvait plus regarder une femme et il ne se nourrissait plus que de musique et de chant. Il avait pour compagnons des hommes de Thrace, qui se mirent à le suivre, enchantés par sa lyre. Orphée avait banni à tout jamais de sa vie les femmes. Ainsi, il ne chantait jamais les louanges et la beauté des femmes, mais celles des hommes. Les hommes de Thrace, hypnotisés par ses mélodies, tombaient les uns dans les bras des autres.

Leurs femmes, rendues folles de jalousie, décidèrent de tuer Orphée. On raconte que les pierres et les bâtons ne l’atteignirent jamais. Mais l’épée en revanche… Il essaie de se servir de sa lyre comme bouclier. Mais bon… Sa tête et sa lyre furent jetés dans le fleuve Evros.

Non non ce n’est pas fini !

On raconte que sa tête a continué à chanter jusqu’à ce qu’elle arrive sur l’île de Lesbos où elle fut recueillie par les habitant. Sa lyre fut prise par les Muses qui la confièrent aux cieux : elle y devint une constellation, la constellation de « la lyre ».

Ce n’est pas fini !

En Thrace, les anciens disciples d’Orphée ne voulaient pas laisser ce crime impuni. Ils tatouèrent sur le bras de leurs femmes meurtrières des V noir (regardez l’amphore, on le voit). Ces tatouages permettaient de reconnaître ceux qui en étaient marqués comme des criminels. Le mot qui designe ces tatouages en grec ancien est « stigmate ». Et c’est de cet usage que provient le mot « stigmatiser », qui signifie littéralement « marquer quelqu’un d’un signe d’infamie ou de disgrâce ».

Maintenant c’est fini.

 

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Invité Petit pois
Invités, Posté(e)
Invité Petit pois
Invité Petit pois Invités 0 message
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Révélation

Époustouflant ! ( J'avais arrêté la légende de Morphée à ses trop grandes enjambées ( et sa bêtise) condamnant Eurydice. :sleep:)

 

 

 

.

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Modérateur, ©, 105ans Posté(e)
January Modérateur 54 811 messages
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La prochaine histoire est celle d'une famille de dingos assoiffés de sang, j''vous raconte pas ! Enfin si j'vous raconterai, mais faudra patienter jusqu'à ce soir maintenant :)

 

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Invité Petit pois
Invités, Posté(e)
Invité Petit pois
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f-0-048.gif?w=550 ......;)

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Animatrice, Fille infréquentable, 80ans Posté(e)
Kira Animatrice 23 898 messages
80ans‚ Fille infréquentable,
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Le soir est tombé :o° 

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Modérateur, ©, 105ans Posté(e)
January Modérateur 54 811 messages
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Ouvre les volets, 'fait plein soleil encore, chipie va !

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Animatrice, Fille infréquentable, 80ans Posté(e)
Kira Animatrice 23 898 messages
80ans‚ Fille infréquentable,
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Il fait bien soir quelque part, au Japon par exemple il est presque minuit :D 

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Modérateur, ©, 105ans Posté(e)
January Modérateur 54 811 messages
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Allez c'est l'heure. J'arrive juste hein !

 

Passons en salle 39, toujours au premier étage du Louvre. Avisons cet Oenochoé à figures rouges : Oreste et Pylade tuant Egisthe – Apulie, 320-300 avant J.-C.

 

Résultat de recherche d'images pour "oreste et pylade vase"

Sur ce vase nous voyons Oreste et son cousin Pylade s’attaquer à Egisthe. Alors attention je vous raconte l’histoire il faut suivre :

Le grand-père paternel d’Oreste, Atrée, et la père d’Egisthe, Thyeste, étaient frères. Ils avaient convenu de régner alternativement sur Mycènes. Evidemment, quand Atrée dut rendre le trône, il refusa de remettre la toison d’or à Thyeste et continua de régner. Thyeste s’empara de la toison d’or et s’empara du pouvoir. Mais il promit à son frère de lui remettre le trône si le soleil inversait sa course d’ouest en est. Zeus accomplit ce prodige. Atrée régna et Thyeste fut condamné à l’exil. Quelques temps plus tard Atrée offrit son pardon à Thyeste qui revient au royaume (sans se méfier le malheureux). Atrée tua les enfants de son frère, les fit cuire et les lui servit au dîner de réconciliation. Thyeste lança une malédiction contre son frère et rumina sa vengeance.

Thyeste implora le secours des dieux qui, toujours aussi sympathiques, lui demandèrent en contrepartie de concevoir un fils avec sa propre fille Pélopia. Ce fils serait l’instrument de la vengeance. Et cela s’accomplit : Egisthe, le fils de thyeste et de Pélopia, tua Atrée.

Mais le sang appelle le sang. Le fils d’Atrée, Agamemnon, monta sur le trône de Mycènes. Il partit peu après combattre Troie. Pendant ce temps-là, Egisthe devint l’amant de l’épouse du roi, Clytemnestre,  et s’empara du pouvoir. Le fils d’Agamemnon, Oreste fut envoyé en secret par sa sœur Electre au royaume de Phocide.

Vous suivez toujours ? Bien.

Pylade, le second personnage que nous voyons sur le vase, est le prince royal de Phocide. Oreste grandit donc avec Pylade. Lorsqu’Oreste apprit que son père avait été assassiné et privé de sépulture, son corps jeté aux vautours, il jura de se venger. Se venger de Clytemnestre sa mère et de son amant Egisthe donc. Oreste conçut un stratagème…

Accompagné de Pylade, il se fit annoncer à Mycènes comme porteur de la bonne nouvelle de la mort d’Oreste. Il est conduit auprès d’Egisthe qui d’abord soulagé par cette excellente nouvelle prend bientôt conscience du stratagème d’Oreste, mais trop tard. C’est la scène du vase : Pylade contourne le vase que l’on voit entre ses jambes et saisit la chevelure d’Egisthe assis sur le trône. Il brandit son épée au  niveau de la nuque d’Egisthe, tandis qu’Oreste le transperce juste au dessous du cœur.

Non mais quelle famille j’vous jure !

 

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Invité Petit pois
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Animatrice, Fille infréquentable, 80ans Posté(e)
Kira Animatrice 23 898 messages
80ans‚ Fille infréquentable,
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Compliqué à suivre :gurp: 

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January Modérateur 54 811 messages
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Dirigeons-nous dans la salle n°2 et voyons cette châsse, émail sur cuivre : Le massacre des innocents – XIIe siècle.

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L’objet que nous avons devant les yeux représente un massacre d’enfants tristement célèbre , tel qu’il est rapporté dans la bible. C’est la fuite en Egypte et la colère d’Hérode qui suivit et qui envoya massacrer dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de deux ans, d’après le temps qu’il s’était fait préciser par les mages.

A gauche, nous voyons le roi Hérode sur son trône, sa main levée dans un geste d’autorité. Bien que, selon la lettre de l’évangile, il ne fut pas à Bethléem ce jour-là, on le voit superviser le massacre de tous les enfants de Bethléem qu’il a ordonné, afin d’éviter d’être détrôné par le Roi des Juifs nouveau-né, dont la naissance venait d’être annoncée par les Rois mages.

Le rendu naturaliste et le fini de la gravure, sensible et pleine de finesse, rend la scène encore plus atroce à observer. Le contraste entre les trois enfants sans défense et leurs bourreaux armés produit un intense effet dramatique.

De nombreux historiens se sont penchés sur la vérité historique de cet épisode, pour conclure qu’il n’était rien d’autre qu’une légende ou une fable populaire.

Mais il est un fait avéré : Hérode est connu dans l’Histoire comme un homme paranoïaque, soupçonneux et vindicatif, impopulaire, se sentant constamment menacé. Il faisait tuer quiconque représentait à ses yeux un danger pour son trône, même s’il s’agissait de membres de sa propre famille.

Aucune archive ne mentionne le massacre de 3000 , 14000 ou 64000 (faudrait savoir !) nouveau-nés que relatent l’Evangile de Saint Matthieu ou les traditions syriennes et byzantines.

A l’époque d’Hérode, si on se fie à l’historien Flavius Josèphe, Bethléem comptait un millier d’habitants. On peut estimer le nombre d’enfants mâles âgés de moins de 2 ans entre 4 et 40 individus. Par conséquent, il est impossible que le nombre de victimes atteigne 64 000…

Dès lors, sous le règne d’un roi qui répandit le sang de milliers de ses sujets, il était négligeable de consigner le massacre d’une douzaine d’enfants.

 

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January Modérateur 54 811 messages
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Rejoignons la salle n°5, avisons cette peinture : Salomé reçoit la tête de saint Jean Baptiste, de Bernardino Luini – XVIe siècle

L’histoire de Salomé que raconte la bible fut, comme celle de Judith, une source d’inspiration pour les artistes. Mais à l’inverse de Judith, Salomé n’est pas une meurtrière héroïque. Dans la décapitation de Jean le Baptiste, elle apparaît comme l’instigatrice. Mais nous allons voir que la principale coupable, ce n’est pas elle.

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(Ben quoi souris, on te fait un cadeau quoi…)

Jean était le cousin de Jésus Christ. C’est lui qui le baptisa dans les eaux du Jourdain, c’est pourquoi : Jean le Baptiste. Jean le Baptiste était super mal vu par Hérode Antipas à cause de ses prêches qui condamnaient la vie privée du souverain. En effet, après avoir divorcé de sa première femme, Hérode Antipas avait épousé la femme de son frère, Herodiade. Et à force de critiquer sur tous les toits le comportement impie de son souverain, Jean le Baptiste fut emprisonné.

De son côté Hérodiade ne digérait pas que son époux refuse d’exécuter le calomniateur (on aimait trop Jean dans le pays) alors elle cherchait de quelle façon elle pouvait punir l’importun.

C'est sa fille Salomé qui va lui donner l’occasion de se venger. Lors de l’anniversaire d’Herode Antipas, Salomé, fille du premier mariage d’Hérodiade, dansa devant le souverain avec tant de sensualité qu’il en perdit la tête. Il lui promit en récompense tout ce qu’elle pourrait demander. On raconte même que dans son ivresse, le souverain aurait offert à Salomé la moitié de son royaume.

Salomé interrogea sa mère : « Qu’est ce que je demande ? » Bon. Vous avez compris. Evidemment sa mère va lui dire d’exiger la tête de Jean le Baptiste. Hérode était lié par la promesse publique, il ne pouvait pas reculer malgré le désarroi dans lequel le plongea l’exigence de Salomé.

Il tint parole comme le montre le tableau. Créant un effet sinistre, une main surgit de l’ombre : le bourreau tend à Salomé la tête fraîchement décapitée de Jean le Baptiste. Elle va à présent l’offrir à sa mère, le « cerveau » du crime. Lorsqu’on regarde Salomé qui pourtant est sensée être l’archétype de la femme fatale, elle est représentée bien chaste sur le tableau. Elle semble ailleurs, on dirait qu’elle regrette de ne pas avoir demandé autre chose comme récompense (tu m’étonnes…).

Ce cadeau va l’accabler pendant des siècles et des siècles. Le nom de sa mère sera oublié et ce sera elle, Salomé, qui sera toujours considérée comme la coupable du meurtre de Jean. Elle reste dans la mémoire collective comme celle qui a du sang sur les mains.

 

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Invité Petit pois
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...heuuu, ça ré ouvre quand, Le Louvre ? f-0-177.gif?w=550

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January Modérateur 54 811 messages
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Maintenant :D

Montons au deuxième étage et retrouvons-nous salle n°9, devant L’Empereur Héraclius décapitant Chosroès, roi des Perses, de Jan de Beer – 1515

Mais qui est Héraclius ? L’homme vêtu d’une armure décorée et qui tient dans une main la tête du vieux roi de Perse et de l’autre l’épée avec laquelle il l’a décapité ?

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Héraclius est empereur de Byzance et général en chef des armées. Pour en arriver là, il lui a fallu affronter diverses épreuves.

En 602, vingt six ans avant la scène que nous avons sous les yeux, un officier de rang inférieur, du nom de Phokas, tua l’empereur régant, Maurice 1er, et s’empara du pouvoir. Le nouvel empereur était un souverain cruel qui mérité bientôt les surnoms de tyran, de prince sans Dieu et de buveur de sang. Alors, lorsqu’en 610 Héraclius conquit la capitale de l’empire et triompha de l’armée de Phokas, le peuple l’accueillit en libérateur. La légende raconte qu’avant de décapiter Phokas, Héraclius lui demanda pourquoi il avait été un souverain si cruel. Phokas répondit « Pourquoi ? Crois-tu que tu feras un meilleur souverain ? »

L’empire était en ruine, l’armée disloquée, les provinces d’Europe étaient depuis longtemps sous la domination des Slaves, Avars et Lombards et toutes les provinces orientales avaient été conquises par les Perses sur lesquels régnait le roi Chosroès II.

Chosroès qui entretenait de bonnes relations diplomatiques avec Maurice 1er, pris comme prétexte son assassinat pour attaquer l’empire. Antioche et Damas tombèrent rapidement entre ses mains et des milliers de chrétiens furent massacrés. En 618, l’armée perse est à Constantinople et Héraclius est contraint de signer un traité humiliant.

Héraclius tentera de reprendre les villes conquises et la scène du tableau se situe en 628, à l’issue de la reconquête de Ninive, où il s’empara de Chosroès.

Selon certaines sources, Chosroès s’était proclamé Dieu. Dans son palais, son trône doré tournait constamment sur lui-même, une rotation à 360 degrés imitant le mouvement de l’univers. Raillant la sainte Trinité, assis sur ce trône, Chosroès figurait le Père et il avait disposé àsa droite la sainte Croix dérobée à Jérusalem, qui représentait le Fils et, à sa gauche, sur une colonne de granit, un coq blanc représentant le Saint Esprit. On peut les vois en haut à droite du tableau de Jan de Beer.

A l’époque le blasphème était un crime capital et il coûta la vie à Chosroès. Le fait que le tableau présente n’est pas avéré historiquement. Pour les historiens, Chosroès fut détrôné et tué par son propre fils, Kavadh II. Mais les artistes sont libres de déformer les faits, et c’est le cas ici.

 

 

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Animatrice, Fille infréquentable, 80ans Posté(e)
Kira Animatrice 23 898 messages
80ans‚ Fille infréquentable,
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Rien pour ce soir, comment je vais dormir sans mon histoire ? :(

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January Modérateur 54 811 messages
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ah lala... alllez, j'avais préparé celle là pour demain matin roo... Du coup vous n'aurez rien demain matin.

Passons salle n°8. Voici une huile sur ardoise de 1550-5 : David et Goliath, de Daniele Ricciarelli

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Ce que nous voyons là est unique en son genre dans les collections de musées. C’est une « peintures à deux faces », offrant, sur les deux faces de l’ardoise, la représentation d’un même sujet vu sous deux angles différents. Le peintre, dit Daniele da Volterra, était un ami intime de Michel-Ange.

Encore un épisode célèbre de la Bible, le combat de David et Goliath, qui devait décider de l’issue de la guerre entre Hébreux et Philistins.

Pendant quarante jours, Goliath, un Philistin haut de près de trois mètres (ben quoi ?), s’avancera sur le front des Hébreux pour les défier : « Choisissez un homme et qu’il vienne m’affronter. S’il se montre capable de me battre et s’il me tue, nous deviendrons vos sujets ; mais si je triomphe et que je le tue, vous deviendrez nos sujets et nos serviteurs. »

Personne ne voulait y aller (ben euh… trois mètre quoi…), jusqu’à ce que se présente David, un jeune berger. Il n’avait jamais rien tué d’autre que les lions et les ours qui menaçaient ses troupeaux. Téméraire (complètement fou oui), il relève le défi et atteint le Philistin au moyen de sa fronde.

Sur le tableau, on peut voir l’arme avec laquelle il a frappé, d’une pierre au front. Le géant est à terre. David est sur le point de décapiter Goliath avec l’épée de celui-ci : les Hébreux ont gagné la guerre.

Au recto, nous voyons le petit David debout au-dessus du Philistin, le regard empreint de colère pendant que Goliath lui, a l’air un peu trop calme. Le géant pourrait se débarrasser facilement du moustique et pourtant sa main droite repose mollement sur le sol.

On comprend mieux en regardant le verso. On dirait que c’est la même chose, mais non : on voit l’arme du crime, la fronde et si vous regardez de bien plus près, ce n’est pas tout à fait la même scène. Il y a un laps de temps entre les deux scènes. Nous voyons les têtes des belligérants plus rapprochées, la position de l’épée a changé et David empoigne la chevelure de Goliath avec plus de vigueur. Le géant est complètement ramolli et le combat est sur le point de s’achever, l’expression de David n’est plus à la colère et le Philistin semble se résigner à son sort.

Le duel qui les a opposés représente davantage que la bataille entre Hébreux et Philistins, ou entre « le bien et le mal ». Le tableau est l’instrument d’un autre duel – celui qui oppose deux formes d’art différentes.

Pendant la renaissance, une question faisait rage : lequel de ces deux arts, entre peinture et sculpture, avait la suprématie ? Daniele da Volterra soutenait que l’unique moyen de résoudre la question était qu’un même artiste, excellant dans les deux arts, traitât du même sujet en peinture et en sculpture. Trop âgé pour relever le défi, Michel-Ange confia la tâche à Daniele da Volterra. Le tableau que nous regardons, avec ses deux faces et le rendu détaillé des postures corporelles est l’un des « duellistes », la peinture. L’autre, une sculpture en argile, est malheureusement perdue. On ne saura donc jamais l’issue de ce duel là.

Da Volterra est un des plus proches disciples de Michel-Ange et l’influence du maître se fait sentir dans son œuvre. N’y aurait-il pas également dans ce tableau une représentation ou l’élève « tue » le maître ? En tout cas là, Michel-Ange est sorti vainqueur. L’œuvre témoigne avec éclat de la virtuosité du disciple, mais celui-ci restera dans l’ombre de son aîné.

Ah tiens, Louis XIV (le revoilà lui), reçut en présent le tableau en 1715. Il lui fut présenté comme une peinture… de Michel-Ange.

 

 

Mais du coup pour demain matin j'en n'aurais pas hein? Bon, après je suis en vacances, vous serez nourri(e)s, c'est bon j'aurais plus de temps ;)

 

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Animatrice, Fille infréquentable, 80ans Posté(e)
Kira Animatrice 23 898 messages
80ans‚ Fille infréquentable,
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Merci je file dormir maintenant :bisou: 

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