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Années 1930, la dure vie des apatrides


January

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January Modérateur 62 478 messages
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Dans les années 1930, les mesures de dénationalisation se généralisent et les Juifs allemands et autrichiens deviennent les figures emblématiques de ce drame.

« DES GENS SANS DROITS »

Aucun engagement ne lie les États en ce qui concerne les apatrides qui, n'étant rattachés à aucun ordre juridique interne, se trouvent dès les années 1920 rejetés d'une frontière à l'autre, tels les deux héros du saisissant roman de B. Traven Le Vaisseau des morts , publié en 1926 : expulsés clandestinement par les autorités policières vers les pays voisins, ils ne peuvent être renvoyés nulle part ni recevoir de visa d'entrée. L'un des personnages de dire : « Tu ne peux pas te figurer la circulation qu'il y a, chaque nuit, sur toutes les frontières du monde... Qu'y faire ? On ne peut tout de même pas les tuer. Après tout, ils n'ont commis aucun crime. Leur seule faute est de n'avoir pas de passeport, de n'être pas nés, de n'avoir pas opté. Alors, on essaie de s'en débarrasser pour éviter les ennuis. »

Car l'apatride, outre qu'il ne peut présenter de passeport, n'est jamais le bienvenu : son identité suscite des doutes, sa condition juridique est incertaine et il ne peut être rapatrié, frappé d'un arrêté d'expulsion, il ne peut entrer légalement dans un autre pays. Contraint de rester caché dans le premier pays ou d'entrer en fraude dans le second, il peut, dans les deux cas, être découvert, arrêté et condamné, puis une nouvelle fois reconduit à la frontière. Il est alors devenu un hors-la-loi, un vagabond international.

JUIFS ALLEMANDS EN 1933

Les années 1930 voient en effet s'aggraver les mécanismes créateurs de réfugiés et d'apatrides. En France, se succèdent plusieurs vagues de déracinés : depuis 1926, les exilés italiens du fascisme sont venus s'ajouter aux migrants économiques pour former, lors du recensement de 1936, une population d'environ 720 000 personnes. En 1933, la première vague de réfugiés du nazisme, en particulier des Juifs et des personnalités politiques et culturelles Heinrich Mann, Walter Benjamin, Ernst Bloch, Lion Feuchtwanger..., se dirige majoritairement vers la France près de 10 000 personnes. Parmi eux, certains intellectuels juifs déchus de leur nationalité par Hitler pour « attitude contraire au devoir de loyauté envers le Reich » loi de juillet 1933. S'y ajoutent, au lendemain des lois de Nuremberg de septembre 1935, les Juifs privés de la citoyenneté allemande et donc de leurs droits civils et politiques, les réfugiés venus d'Autriche après l'Anschluss de mars 1938, des Sudètes dès la crise de septembre 1938, et d'autres Juifs allemands après la Nuit de cristal novembre 1938. Leur nombre s'élève alors à près de 30 000 personnes et enfle encore avec l'arrivée de 15 000 à 20 000 réfugiés juifs de Pologne, de Roumanie et de Hongrie fuyant les politiques de persécution et les lois antisémites.

En 1939, ce sont les Juifs victimes de la politique d'expulsion du régime italien qui franchissent clandestinement la frontière française à Menton ou Vintimille.

Cet état des lieux doit être complété par l'arrivée des réfugiés de la guerre d'Espagne à partir de 1936, dont le flux culmine en janvier-février 1939 : on compte alors pas moins de 500 000 personnes déplacées pour faits de guerre ; 140 000 d'entre eux sont toujours présents en France à l'été 1940, réfugiés de fait au statut juridique précaire.

DES EXPULSIONS AUX EMPRISONNEMENTS

Pour ces réfugiés, et notamment pour les apatrides, les conditions d'accueil se sont considérablement détériorées : la dépression économique et le chômage renforcent la xénophobie et l'antisémitisme latents, sans parler des discours dénonçant la « menace » communiste. D'où un durcissement de la politique d'immigration : en France, la loi d'août 1932 met en place des quotas pour la main-d'oeuvre étrangère et des visas de travail obligatoires pour être employé. Dans un contexte politique tendu, marqué par l'affaire Stavisky et les émeutes du 6 février 1934, ces conditions sont peu à peu renforcées, provoquant refoulements et expulsions. Les principaux déterminants de la politique d'asile restent alors les facteurs économiques.

Suite, Article complet : http://www.histoire....01-06-2011-4331

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