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L'état islamique en Iraq chassé de Mossoul


Invité chaouiya

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Dans la nuit du 4 au 5 août, l'État islamique (EI) aurait été délogé de Mossoul par les forces kurdes, selon le témoignage du père Anis Hanna, rattaché aux dominicains de Lyon, transmis au site catholique Aleteia. Depuis Qaracosh, à 130 kilomètres de là, le père Hanna a entendu « l'artillerie lourde kurde (qui) a frappé d'une dizaine de bombes les alentours de Mossoul pour soutenir l'avancée kurde sur la ville ». « Du côté des djihadistes de l'État islamique, on ne remarque aucune réponse, aucune réaction. Ils sont inexistants. Ce qui confirme l'hypothèse de la fuite collective », analyse-t-il. Le dominicain parle de « défaite presque totale de l'EI ».

« Pour cette libération de Mossoul, quatre factions entrent réellement en opération : l'armée kurde, l'aviation de al-Maliki [le Premier ministre irakien], le soutien géo-militaire américain, et l'arrivée d'un grand nombre de combattants du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) de Turquie. Ces quatre factions travaillent ensemble dans le même but de libérer Mossoul en écrasant totalement l'État islamique. On peut comprendre alors que l'avancée des djihadistes sur Rabiah, Sinjar, Wanh [à l'ouest, vers la frontière syrienne]... permettait aux djihadistes d'ouvrir un passage pour leur fuite ». Les islamistes de l'EI s'étaient emparés de Mossoul le 10 juin dernier, entraînant la fuite de la quasi-totalité des habitants chrétiens de cette ville, la deuxième d'Irak, qui compte deux millions d'habitants

http://fait-religieux.com/en-bref-1/2014/08/05/irak-l-etat-islamique-aurait-fui-mossoul-

[iRAK] Guerre civile au sein des rebelles sunnites

L’État islamique ne cesse d’alimenter la presse occidentale, par ses flots d’atrocités. Pourtant, sa mainmise sur Mossoul est fragilisée par la guerre civile interne à la rébellion sunnite, et par ses propres excès.

La prise de Mossoul : une alliance entre bassistes et djihadistes

Début juin, Mossoul tombait pratiquement sans combat aux mains des insurgés sunnites, en lutte contre le régime chiite de Bagdad. Deuxième ville d’Irak, multiconfessionnelle bien que majoritairement sunnite, Mossoul est depuis 2003 un foyer d’instabilité : des éléments de l’ancienne cinquième Armée irakienne, qui y tenait garnison sous Saddam Hussein, et des islamistes y menaient une guérilla constante contre les troupes d’occupation américaines.

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Ces deux mouvements rebelles sunnites, les baasistes, fidèles de l’ancien régime irakien, et les islamistes, Irakiens ou étrangers, une fois les États-Unis désengagés, ont concentré leurs efforts contre le gouvernement chiite de Bagdad. Une alliance entre les deux pôles a pris forme, avec l’appui apporté à l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL) par les baasistes. Ces derniers ont conseillé de s’emparer de Mossoul, où ils bénéficiaient de complicités, ce qui fut chose faite. Un nouveau gouverneur, issu de l’ancienne armée irakienne, fut nommé par les rebelles, et Izzat Ibrahim al-Douri, dirigeant le Parti Baas clandestin, pouvait pavoiser : Saddam Hussein était sur le point d’être vengé, et la “libération” de l’Irak était en cours.

Toutefois, l’alliance entre les djihadistes de l’EIIL et les baasistes s’est rapidement fissurée. Les premiers sont en mauvaise posture : bien qu’abreuvés financièrement par l’Arabie saoudite et le Qatar, ils ont perdu des territoires en Syrie, où ils sont attaqués par leur rival djihadiste, le Front al-Nosra. Plus qu’une conquête sur l’Irak voisin, Mossoul constitue pour eux un refuge.

Leur objectif, inspiré par l’Arabie Saoudite, demeure cependant de créer un État islamiste sunnite à cheval sur la frontière entre la Syrie et l’Irak, qui nuirait au régime chiite de Bagdad. D’où la proclamation médiatisée d’un “califat” sur les territoires contrôlés par le désormais État islamique. Mais les djihadistes se heurtent aux baasistes, ainsi qu’aux tribus sunnites, qui ne partagent pas leurs velléités. De plus, les nostalgiques du régime de Saddam Hussein demeurent, aux yeux des djihadistes, des laïcs “apostats”, ou pire, des hérétiques soufis (un des groupes armés baasistes, l’Armée des Naqshbandit, recrute au sein de la communauté soufie, loyale à l’ancien régime).

Fin juin, les affrontements se multiplient, à Mossoul et dans sa région, entre djihadistes et baasistes. Entre les deux pôles de la rébellion sunnite, la guerre est déclarée. Si les baasistes parviennent à garder le contrôle de Tikrit, ville natale de Saddam Hussein, ils sont progressivement évincés de Mossoul.

La purge des chrétiens, conséquence de la guerre civile entre rebelles

Début juillet, les hommes de l’EIIL enlèvent, en une semaine, une centaine d’anciens officiers de Saddam Hussein à Mossoul. Leurs familles et leurs hommes sont sommés de se soumettre aux djihadistes. Rapidement, les groupes armés baasistes quittent la ville. L’élimination de ses rivaux permet à l’État islamique d’imposer sa loi. La purge des chrétiens, dont certains monastères, comme celui de Mar Benham, situé entre Mossoul et la ville chrétienne de Qaraaosh, étaient contrôlés par les baasistes, découle directement du triomphe des djihadistes sur leurs adversaires.

Les djihadistes procèdent à une épuration religieuse de Mossoul. Le 18 juillet, les chrétiens ont 24 heures pour quitter la ville. Les chiites, considérés comme hérétiques, sont également poussés à la fuite. Le 24 juillet, l’État islamique fait détruire la mosquée du prophète Jonas : un acte typique de l’islamisme sunnite radical, qui a notamment pu être observé en Libye depuis la chute de Kadhafi. Les djihadistes rejettent le culte des saints, et les sanctuaires qui ne sont pas consacrés à Dieu seul doivent être détruits. L’État islamique ordonne également l’application de la Charia et le port du voile intégral pour les femmes.

Cette frénésie, qui s’accompagne de pillages, de racket et de mariages forcés aussitôt consommés, trahit la fragilité du pouvoir djihadiste. Celui-ci s’est aliéné la population sunnite de Mossoul, au départ prête à collaborer avec la rébellion contre le régime de Bagdad. Des milices d’autodéfense harcèlent déjà les hommes de l’État islamique au sein de la ville.

Malgré la présence d’éléments de l’État islamique aux portes de Bagdad, on peut douter qu’ils puissent menacer sérieusement la capitale, majoritairement chiite. De plus, les djihadistes ont ouvert un front intérieur, en s’attaquant aux bassistes, dont l’influence demeure forte dans les villes sunnites de Tikirit et Falloujah. Une révolte de la population de Mossoul achèverait de détruire leurs arrières.

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