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"C'est à ce moment qu'il commence à réaliser que c'est fini"


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doug Membre+ 7179 messages
Statut : de la liberté‚ 33ans
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"C'est à ce moment qu'il commence à réaliser que c'est fini"


Jeudi 10 octobre - 17:46

C'est un document d'histoire, une part oubliée de notre mémoire, un témoignage sobre et saisissant...

Il s'agit du "procès-verbal" intime de la dernière exécution capitale en France. Le 9 septembre 1977, Hamida Djandoubi, manutentionnaire tunisien coupable du meurtre de sa compagne, Elisabeth Bousquet, est guillotiné à la prison des Baumettes de Marseille. Juste après l'exécution, la doyenne des juges d'instruction de la ville, Monique Mabelly (1924-2012), commise d'office pour y assister, consigne par écrit ce qu'elle a vu et ressenti.




    Trois pages sobres et retenues mais aussi d'effroi et de colère contenue pour décrire les dernières minutes d'Hamida Djandoubi. De la cellule où l'on vient chercher le condamné jusqu'à l'endroit où il sera guillotiné, l'auteur décrit avec précision les circonvolutions autour de la dernière cigarette, les vaines tentatives pour retarder le moment fatal, le couperet qui fend le corps en deux.
    
    Quelques lignes écrites au retour d'une exécution qui suscite en elle "une révolte froide" afin de témoigner. Monique Mabelly léguera dix ans plus tard ce manuscrit à son fils, Rémy Ottaviano, qui l'a remis il y a quelques semaines à Robert Badinter.
    
    Le 9 septembre 1977.
    
    Exécution capitale de Djandoubi, sujet tunisien.
    
    A 15 heures, Monsieur le Président R... me fait savoir que je suis désignée pour y assister.
    
    Réaction de révolte, mais je ne peux pas m'y soustraire. Je suis habitée par cette pensée toute l'après-midi. Mon rôle consisterait, éventuellement, à recevoir les déclarations du condamné.
    
    A 19 heures, je vais au cinéma avec B .et B. B., puis nous allons casse-croûter chez elle et regardons le film du Ciné-Club jusqu'à 1 heure. Je rentre chez moi ; je bricole, puis je m'allonge sur mon lit. Monsieur B. L. me téléphone à 3 heures et quart, comme je le lui ai demandé. Je me prépare. Une voiture de police vient me chercher à 4 heures et quart. Pendant le trajet, nous ne prononçons pas un mot.
    
    Arrivée aux Baumettes. Tout le monde est là. L'avocat général arrive le dernier. Le cortège se forme. Une vingtaine (ou une trentaine ?) de gardiens, les "personnalités". Tout le long du parcours, des couvertures brunes sont étalées sur le sol pour étouffer le bruit des pas. Sur le parcours, à trois endroits, une table portant une cuvette pleine d'eau et une serviette éponge.


Suite de l'article...

forum Source: Le Monde

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Posté(e)

Des "Derniers jours d'un condamné" l'on a surtout retenu : V(i)H.

Et donc le mec, il a écrit.

J'écouterais différemment désormais "les démons de minuit".

Saisissant.

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