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27 avril 1912 : Arrestation de la bande à Bonnot.


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Invité David Web
Invité David Web Invités 0 message
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27 avril 1912 : Arrestation de la bande à Bonnot.

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Jules Bonnot nait le 14 Octobre 1876 à Pont-de-Roide, un village du Doubs, à proximité de Montbéliard.

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A cinq ans il perd sa mère. Plus tard, son frère aîné se suicide en se jetant dans une rivière à la suite d'une amourette déçue. Son père ouvrier fondeur, assure seul son éducation. Bon gré, mal gré, il fréquente l'école." Il était paresseux, indiscipliné, insolent", dira de lui son instituteur.

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Son univers d'enfant et ensuite d'adolescent , est un univers d'analphabétisme. Le père illettré, est affaibli par un travail exténuant et de mauvaises conditions d'existence. On parle de liberté.

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La liberté, c'est pour les patrons la liberté d'exploiter sans frein leur main-d'oeuvre et de spéculer impunément. Le père Bonnot vit dans l'insécurité, au jour le jour. Faute de culture et d'épargne, il ne peut rêver un avenir meilleur. Le fils n'a guère plus d'espoir que son père d'échapper à cette condition misérable.

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Très tôt c'est la vie harassante. A quatorze ans, Bonnot commence son apprentissage. Il refuse toute contrainte. D'où des démêlés continuels avec ses patrons successifs. Il a sa première condamnation à 17 ans après une bagarre dans un bal. En 1901 à vingt ans, il se marie avec une jeune couturière.

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Un temps employé aux chemins de fer, à Bellegarde, sur la frontière, son engagement anarchiste le fait renvoyer. Son nom est connu de tous les employeurs de la région. Ils n'ont garde d'embaucher un tel agitateur qui, sitôt en place, invite ses camarades à lutter pour obtenir de meilleures conditions de travail.

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Personne ne veut de lui. C'est le chômage, la misère et le désespoir.Le couple part pour Genève. Bonnot trouve une place de mécanicien. Sa compagne met au monde une fille, Emilie. La joie des parents est de courte durée. L'enfant meurt quelques jours plus tard.

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Révolté contre un sort aussi injuste, Bonnot se lance à nouveau dans la propagande anarchiste. Les Suisses ne tardent pas à l'expulser. Après quelques pérégrinations, il se fixe à Lyon où ses connaissances exceptionnelles de la mécanique lui procurent un emploi chez un constructeur d'automobiles. C'est là qu'il va parfaire son habileté professionnelle et son art diabolique de la conduite qui, dans quelques années, sera mis au service du crime.

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Alors que Bonnot s'initie à ces nouvelles mécaniques, le 23 Février 1904 naît son deuxième enfant. Cette naissance ne le détourne que peu de temps de la propagande anarchiste. Aux yeux des patrons, il passe pour un meneur dangereux qui, partout, fomente des mécontentements et des grèves. Il quitte alors Lyon pour Saint-Etienne.

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D'octobre 1905 à Avril 1906, il est mécanicien dans une firme importante de la ville. Un rapport de police le présente comme "très violent et méchant", ajoutant que "les renseignements recueillis sur son compte sont mauvais".Il loge chez le secrétaire de son syndicat, Besson, qui ne tarde pas à devenir l'amant de son épouse. Pour éviter la colère de Bonnot, Besson s'enfuit en Suisse avec sa maîtresse et l'enfant. Bonnot adresse à Sophie des messages désespérés. En vain. Il ne reverra plus sa femme et son fils.

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La perte de son emploi met le comble à sa révolte. Il rejoint la cohorte des innombrables chômeurs.

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L'épopée de la bande à Bonnot peut donc commencer. Entre 1906 et 1907 il s'exerce à l'ouverture des coffres forts. Il ouvre deux ateliers de mécaniques à Lyon. Pour ses aventures nocturnes il a besoin d'un bras droit : Platano.

En 1910, Bonnot se rend à Londres et entre au service de Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes en qualité de chauffeur. Une fois de retour à Lyon, à la fin de 1910, il met au point sa nouvelle technique. A ce jour, aucun bandit n'a encore songé à introduire dans l'arsenal du crime la voiture automobile.Mais la police le recherche et il est obligé de partir précipitamment en compagnie de Platano et de cinq brownings. Pour des raisons indéterminées Bonnot descend Platano.

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Braquage de la Société générale

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Fiche de police de Jules Bonnot

Le 14 décembre 1911, Bonnot, Garnier et Callemin volent une automobile qu’ils comptent utiliser pour leurs projets. Utilisant ses connaissances des différents modèles, Bonnot a choisi une Delaunay-Belleville verte et noire de 12 CV, modèle 1910, marque de luxe qu’il sait fiable et rapide.

Le 21 décembre 1911, à 9h, devant le 148 rue Ordener à Paris, Bonnot, Garnier, Callemin et peut-être un quatrième homme se présentent à la rencontre d’Ernest Caby, garçon de recette de la Société générale, et de son garde du corps, Alfred Peemans. Lorsqu’ils les aperçoivent, Garnier et Callemin se précipitent hors de la voiture, Bonnot restant au volant. Garnier fait feu à deux reprises sur l’encaisseur qui s’effondre, grièvement blessé.

Callemin ramasse sa sacoche, et tous deux s’enfuient en direction de la voiture, malgré l’intervention de passants que Bonnot tente de disperser en tirant en l’air. Une fois Callemin et Garnier montés à l’intérieur, Bonnot démarre, mais Callemin fait tomber la sacoche dans le caniveau. Il descend pour la récupérer, aperçoit quelqu’un qui court dans sa direction, sur lequel il tire sans le toucher, puis récupère son butin et remonte dans la voiture. Selon plusieurs témoins, un quatrième homme serait intervenu à ce moment. Enfin, Bonnot démarre, et la bande prend la fuite.

C’est la première fois qu’une voiture est utilisée pour commettre un braquage, et l’événement a un retentissement considérable, accru par la blessure grave de l’encaisseur. Le lendemain l’événement fait la une des journaux. La bande déchante pourtant en découvrant le butin qui n’est que de quelques titres et de 5 000 francs. Ils abandonnent leur voiture à Dieppe puis reviennent à Paris. Callemin, parti en Belgique pour tenter en vain de négocier les titres, les rejoint bientôt. Pendant ce temps la police découvre que le braquage est lié au milieu anarchiste, nouvelle qui, lorsqu’elle transpire dans la presse, augmente encore le retentissement de l’affaire.

Une semaine environ après le braquage de la Société générale, Garnier et Callemin trouvent refuge quelques jours chez Victor Serge et sa maitresse Rirette Maitrejean. Bien que n’approuvant pas les méthodes de la bande, ils les hébergent par solidarité. Peu après le départ de Garnier et Callemin, la police, enquêtant toujours parmi les anarchistes connus, perquisitionne le domicile de Victor Serge.

Le couple est arrêté, officiellement pour détention d’armes trouvées dans un paquet laissé par un ami anarchiste. La presse présente Victor Serge comme le « cerveau » de la bande, estimant que sans lui la capture des autres est imminente. L’événement a en fait plutôt l’effet inverse : de jeunes anarchistes comme René Valet et André Soudy, révoltés par cette arrestation, vont par la suite se joindre au groupe illégaliste.

Fin de la bande à Bonnot

Après plusieurs autres braquages, la police va progressivement mettre fin aux activités de la bande. Le 30 mars 1912, Soudy est arrêté. Le 4 avril 1912, c’est le tour de Carouy. Le 7 avril 1912, les policiers capturent Callemin, l’un des protagonistes les plus importants avec Garnier et Bonnot. Le 24 avril 1912, Monnier est également arrêté.

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Cadavre de Jules Bonnot

Le 24 avril 1912, Louis Jouin, numéro 2 de la sûreté nationale qui est chargé de l’affaire, perquisitionne à Ivry-sur-Seine au domicile d’un sympathisant anarchiste. Dans une chambre, il a la surprise de reconnaître Bonnot, qui le tue à coup de revolver puis parvient à s’enfuir. Blessé au cours de la fusillade, Bonnot se rend chez un pharmacien pour se faire soigner. Il explique au pharmacien qu’il est tombé d’une échelle, mais celui-ci fait le rapprochement avec l’affaire d’Ivry et prévient les autorités. La police peut ainsi avoir une idée approximative de l’endroit où se trouve Bonnot et passe la région au peigne fin. Le 27 avril 1912, elle le surprend dans sa cachette de Choisy-le-Roi.

Bonnot a le temps de se retrancher dans sa maison, et le chef de la Sûreté préfère faire cerner les alentours et attendre les renforts plutôt que de donner l’assaut. Un long siège commence, mené en personne par le préfet de police, Louis Lépine et sous le commandement du capitaine Pierre Riondet et du lieutenant Félix Fontan de la garde républicaine. De plus en plus de troupes diverses arrivent (jusqu’à un régiment de Zouaves avec sa mitrailleuse Hotchkiss dernier cri), ainsi que de nombreux badauds venus assister au « spectacle ». Bonnot sort de temps en temps sur le perron pour tirer sur ses ennemis ; il est évidemment accueilli par des salves de tir mais parvient à chaque fois à s’en sortir indemne.

Tandis que le temps passe et que la police tergiverse sur la façon de mettre fin au siège, il se désintéresse peu à peu de ses assaillants pour se mettre à écrire son testament. Finalement, le lieutenant Félix Fontan décide de faire sauter la maison à la dynamite. Grièvement blessé dans l’explosion, Bonnot prend encore le temps de terminer son testament en affirmant l’innocence de plusieurs personnes dont Dieudonné. Lorsque les policiers emmenés par Guichard donnent l’assaut, il parvient encore à les accueillir à coup de revolver avant d’être blessé. Il décède peu après en arrivant à l’Hôtel-Dieu de Paris.

Après Bonnot, les deux derniers membres de la bande en liberté sont Valet et surtout Garnier, auteur de la plupart des meurtres. Le 14 mai 1912, ils sont localisés dans un pavillon de Nogent-sur-Marne. Les policiers espèrent réaliser une arrestation « en douceur », mais manquant de discrétion, ils sont repérés par Valet et Garnier qui se retranchent dans la maison.

Un nouveau siège commence, pratiquement identique à celui de Choisy, avec un très grand nombre de policiers et militaires et une foule de badauds venue suivre les opérations. Pendant plus de 9 heures, Valet et Garnier tiennent en respect une petite armée de forces de l’ordre. Finalement, un régiment de dragons parvient à faire sauter la villa. La police, ayant donné l’assaut, achève les deux hommes et doit ensuite se battre avec la foule pour récupérer les corps que celle-ci voulait réduire en bouillie.

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Jedino Membre 47920 messages
Jedi pas oui, jedi pas no‚ 27ans
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C'est assez... Hm... Explosif, comme histoire vraie.

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