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23 février 1981 : Espagne, Coup d'Etat du 23-F


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Invité David Web
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23 février 1981 : Espagne, Coup d'Etat du 23-F

Le coup d'État du 23 février 1981, connu aussi comme le 23-F, eut lieu en Espagne et fut perpétré par un certain nombre d'officiers de l'armée. Sa partie la plus médiatique fut l'assaut du Congrès des Députés par un groupe important de gardes civils ayant à leur tête le lieutenant colonel de la Guardia Civil (gendarmerie) Antonio Tejero. Cet assaut eut lieu au cours de l'élection de Leopoldo Calvo Sotelo, membre de l'Union de centre démocratique (UCD), à la présidence du Gouvernement espagnol.

Lors du coup d’État du 23, les divers complots putschistes distincts qui se tramaient depuis le commencement de la transition convergent de façon coordonnée.

À 18 h 00, le second vote d'investiture du Président du Gouvernement espagnol commence. 21 minutes plus tard, un groupe de gardes civils armés, commandés par le lieutenant-colonel Antonio Tejero fait son entrée dans l'hémicycle et interrompt la séance, ordonnant à tout le monde de s'allonger sur le sol. Instinctivement et étant le militaire le plus gradé dans la salle, le général Manuel Gutiérrez Mellado, Vice-Président du Gouvernement chargé des Affaires de Sécurité et de Défense nationale, se lève et s'adresse aux putschistes, leur demandant des explications et leur donnant l'ordre de déposer les armes.

Il est alors arrêté par une dizaine de gardes civils (qui auront un certain mal à maîtriser ce militaire de presque 70 ans), puis le groupe de Tejero, pour affirmer son autorité, tire à la mitraillette et au pistolet dans le plafond de la salle des séances : Santiago Carrillo reste sur son siège, le Président du Gouvernement en fonctions, Adolfo Suárez, vient en aide à Gutiérrez Mellado, et tous les autres députés se couchent dans les travées de l'hémicycle.

Pedro Francisco Martín, opérateur de la Télévision espagnole, continue de filmer la séance pendant une demi-heure, apportant un témoignage filmographique inestimable sur les évènements du 23-F. Avec la prise du Congrès des députés et la prise en otage des pouvoirs exécutif et législatif, les putschistes tentent d'instituer un « vide du pouvoir » sur lequel un nouveau régime est censé se construire. Plus tard, quatre députés se retrouvent séparés des autres : Suárez, Président du Gouvernement ; Felipe González, leader de l'opposition socialiste ; Alfonso Guerra, son adjoint à la tête du PSOE ; et Carrillo, leader du PCE.

Peu après, se souleva à Valence le capitaine général de la 3e Région militaire, Jaime Milans del Bosch. Il fit sortir les chars en ville, et déclara l'état d’exception en tentant de convaincre les autres militaires de seconder l'action. À 21 h 00, un communiqué du ministère de l'Intérieur informait de la constitution d'un gouvernement provisoire composé des sous-secrétaires de chaque ministère, présidé par Francisco Laína, pour assurer la direction de l'État, en étroit contact avec la junte des chefs de l'état-major. Entre temps, un autre général putschiste, Torres Rojas, échouait dans son essai de supplanter à la División Acorazada Brunete le général Juste, chef de celle-ci. Cela marqua l'échec de la tentative d'occupation des points stratégiques de la capitale, parmi eux le siège de la radio et de la télévision, et la diffusion d'un communiqué relatant le succès du coup d'État.

Le refus du roi Juan Carlos Ier de soutenir le coup d'État le fait avorter dans la nuit. Le monarque lui-même s'assure par sa gestion personnelle et celle de ses collaborateurs de la fidélité des commandants militaires. L'attitude du président de la Généralité de Catalogne, Jordi Pujol est remarquable aussi : peu avant 22 h 00, il diffuse à toute l'Espagne sur Radio Nacional et Radio Exterior une allocution où il appelle au calme. Jusqu'à 01 h 00 du matin, des négociations ont lieu à l'Hôtel Palace (aux abords du palais parlementaire), lieu choisi comme centre des opérations par les généraux Aramburu Topete, directeur général de la Garde civile, et Sáenz de Santa María, directeur général de la Police nationale.

De même s'y trouvait le général Alfonso Armada, pourtant putschiste et qui, sous couvert de négocier, prétendait se proposer comme solution de compromis entre le Roi et Tejero. Son plan secret, inspiré par Charles de Gaulle, était de former un gouvernement dont feraient partie des socialistes et des communistes. À minuit, il se présente au Congrès avec un double objectif : convaincre le lieutenant-colonel Tejero de renoncer et assumer lui-même les fonctions de Président du Gouvernement aux ordres du Roi, une attitude clairement anticonstitutionnelle. Mais il n'est pas « l'autorité militaire compétente » attendue par Tejero, qui plus est partisan d'un régime franquiste, et ce dernier le congédie violemment. Plus tard, ses plans sont découverts et il est relevé de ses fonctions de chef d'État-major adjoint de l'Armée de terre.

À 01 h 00 du matin, Juan Carlos Ier intervient à la télévision, en uniforme de capitaine général des armées pour s'opposer au coup d'État, défendre la Constitution et relever le général Jaime Milans del Bosch. À partir de ce moment, le coup d'État est considéré comme avorté. A cinq heures, isolé, Milans del Bosch renonce à ses plans et est arrêté. Tejero résiste jusqu'à midi le 24 février, mais les députés sont libérés dans la matinée.

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pila Membre 9 735 messages
Forumeur alchimiste‚ 58ans
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Lors de cet événement mémorable, Juan-Carlos 1er a montré ce qu'était un grand homme.

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