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Dans les camps des îles grecques...


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14 juillet 2011

Dans les camps des îles grecques, les drames de l'humanité...

"EVERY ONE NEEDS FUTURE !"

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Soudanais, Somaliens, Mauritaniens, Palestiniens, Bengalis, Pakistanais, Afghans, Iraniens... Des jeunes hommes pour la plupart. Je n'ai rencontré qu'une poignée de femmes, palestiniennes, à Chios.

C'était en avril 2006. J'avais pu visiter les camps de réfugiés - interdits aux journalistes -, de Chios et Mythilène, ces deux îles grecques proches des côtes turques.

Déjà la Grèce supportait seule, sans l'aide de l'Europe, le poids de ces milliers de destins à la dérive, chassés de chez eux par les guerres et la misère, arrivés (quand ils réussissaient) en petits bateaux gonflables, après de longs périples.

J'ai visité aussi les cimetières sur les îles grecques, où certains destins se sont arrêtés à jamais. Quelques tombes anonymes repérées par quelques briques.

A Mythilène et Chios, j'ai pu admirer la chaleur des îliens aussi, très impliqués pour aider ces désespérés. Admirable fraternité grecque ! Je me souviens d'une soirée merveilleuse et presque magique à Athènes, entre Grecs des associations et réfugiés (Syriens - torturés - Somaliens, Ethiopiens, Soudanais...).

Cinq ans après, rien n'a changé, les drames humains s'étendent sur la planète.

Il faut savoir que Chios et Mythilène ne sont pas la fin d'un voyage mais le début d'un long long périple pour se trouver une place quelque part sur cette terre.

Arif1.jpg

A Mythilène, j'avais rencontré Arif, un jeune Hazara d'Afghanistan, pays qu'il n'a jamais connu, ses parents ayant fui en Iran, son père, un mujahhidin, disparu, prisonnier quelque part des talibans.

J'ai suivi pendant quelques années son périple. La sortie du camp, Athènes, l'installation, les espoirs, les désillusions... Après la Grèce, l'Italie, puis Paris, où il resta quelques mois. L'Angleterre ensuite. Paris de nouveau. La Norvège enfin, mais là j'ai perdu sa trace. Coups de fils manqués etc.

Je pense souvent à lui. Le travail au noir. Harassant. Plus de seize heures par jour... Et toujours le sourire, ne jamais montrer que c'est dur... Cinq ans d'essais de vivre. J'espère qu'Arif aujourd'hui a pu s'établir quelque part, et obtenir des papiers enfin.

A Paris en revenant d'Angleterre, il m'a confié un DVD qu'il avait fait graver pour la fête des mères. Il lui envoyait des photos de lui heureux, devant la Tour Eiffel, devant Big ben etc... pour lui faire croire que sa vie était belle, qu'il avait réussi... Et puis à la fin, je suis tombée sur un extrait de reportage qu'un journaliste hollandais faisait à Calais sur les migrants et il avait suivi... Arif ! Arif expliquait qu'il était à Calais depuis un mois, que c'était dur... A moi il avait dit trois jours, il ne s'était jamais plaint...

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Le camp de Mythilène est ouvert à tous vents. Sept grands hangars séparent les différentes nationalités (autrement ils se battent) : Afghans et Iraniens ensemble, Ivoiriens, Somaliens et Mauritaniens ensemble. Vastes dortoirs où chacun attend de sortir pour commencer - enfin ! croient-ils - une nouvelle vie.

Quelques récits recueillis avec un simple dictaphone à travers les barreaux (avec les gardes derrière moi qui surveillaient ce que nous disions et l'interdiction de prendre des photos) :

Ici le récit d'Abu Bakar, Mauritanien : 9 Abu Bakar Mauritanie

Là celui d'Issiaka, Ivoirien, 29 ans : 3 Issiaka Ivoirien

et ici celui d'Hassan, Somalie, 26 ans, qui a perdu ses frères et soeurs : 7 Hasan Somalia :

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