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Local vs global


existence

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Membre, Posté(e)
existence Membre 5 823 messages
Forumeur activiste‚
Posté(e)

La question politique concerne tous les individus. Chaque individu a un point de vue local, il a des besoins personnels, des contraintes, etc. Ces considérations locales sont souvent à l'origine d'un questionnement politique. Pourtant puisque la politique concerne tout le monde, nous parlons d'un ensemble d'individus, c'est-à-dire à un niveau global. Or l'approche pour résoudre un problème est différente selon qu'on envisage seulement ses propres actions dans un environnement constant, ou si l'on considère que l'environnement peut changer. Partant de cette différence, on peut agir politiquement, en pensant le faire pour notre intérêt personnel, alors qu'on final, on agit à notre détriment.

Quelles sont alors les garanties que l'on peut avoir que notre action locale aura une valorisation une fois intégrée au global ?

Quand on envisage les choses globalement, on peut être tenté de trouver un ennemi précis. Ce faisant, on réduit notre champ de conscience, tel un prédateur qui recherche sa proie. L'ennemi tout trouvé peut être le riche, le noir, le blanc, l'homme, la femme, le juif, l'arabe, l'homosexuel etc. Parmi cette liste, seul le riche est un choix sensé d'ennemi, et pourtant, même là, considérer que ce qui définit l'ennemi c'est qu'il est riche entraine une réduction du champ de conscience. Pour les autres groupes, une analyse rationnelle montre rapidement que ces groupes sont constitués de rôles divers dans les problématiques politiques.

La tentation est grande de vouloir déterminer quels sont les individus coupables des problèmes afin de les mettre hors d'état de nuire. Pourtant, il s'agit encore d'une confusion du local et du global. Par exemple, prenons un responsable de ressources humaines à qui l'on demande de trouver les employés les moins productifs pour les licencier. On peut trouver avec raison que l'approche est inhumaine, et donc contraire avec le titre même de la fonction. Pourtant, le responsable des ressources humaines se trouvera individuellement devant un choix difficile : ou bien obéir en sachant que c'est immoral, ou bien désobéir et se retrouver au chômage, au moins temporairement.

En d'autre termes, on ne peut pas juger un individu par le résultat de ses actions, mais par le choix qu'il fait relativement aux possibilités qui s'offrent à lui. Voilà encore une articulation entre le local et le global. L'individu fait un choix négatif que s'il prend une option qui a plus de conséquences négatives qu'une autre, tout en sachant que pour faire un choix, l'individu donne plus d'importance à ce qui le concerne que ce qui concerne les autres, ce qui est naturel puisque on est la personne la mieux placée pour s'occuper de soi-même. Si l'on peut espérer que certaines personnes fassent des choix courageux pour le bien des autres et à leur détriment, une telle considération ne peut pas faire système.

On peut donc juger les individus selon qu'ils agissent globalement plus ou moins bien, en prenant plus ou moins en considération le bien d'autrui, mais si des individus évitent des choix qui pourraient leur nuire personnellement, on peut le comprendre. D'autre part, au fur et à mesure, le système sélectionne les gens qui acceptent de faire n'importe quelle action, puisque ceux qui ont des scrupules sont mis à l'écart.

Comment pourrait-on alors juger des gens qui ne font que préserver leur intérêt et celui de leurs proches ?

Bien entendu, certaines personnes font des choix immoraux, qui leur procure peut-être un petit peu plus de confort mais au détriment de beaucoup de personnes. Il est utile de mettre en lumière de tels comportements, puisque ces gens sont généralement soucieux de leur image et sont vulnérables au système judiciaire. Ce genre de comportements, qu'on reproche ouvertement aux dictateurs des pays pauvres, on les oublie rapidement lorsqu'ils s'agit des dirigeants des pays riches. On a des scrupules à mordre la main du maitre. Que certaines personnes aiment bien avoir un maitre, admettons, mais quand c'est à leur détriment, on sort de la rationalité.

Les crapules devraient être jugées, partout où elles se trouvent. Voilà l'impératif de la justice. Mais, si c'est l'organisation sociale qui engendre les mauvais choix, ce n'est plus du domaine de la justice. On arrive à la question de l'organisation de la société, c'est-à-dire la question globale. Cette question est loin de considérations telles que :

- la défense des minorités

- l'émancipation des femmes

- la défense des particularités régionales

- la lutte contre l'antisémitisme et contre le racisme

- ...

Aussi valables que peuvent être ces considérations, elles sont encore et toujours locales, ou bien superficielles. Que dire d'une société où les femmes, les homosexuels sont émancipés a priori, mais où les inégalités économiques sont telles qu'il y a des gens en état de quasi-esclavage ? Que dire d'une société où les régions sont autonomes, mais soumises à la volonté des élites des multinationales et des ONG ? Que dire d'un monde où il n'y a plus d'antisémitisme et de racisme, mais où on trie les gens selon leur compte en banque ? Et finalement, que dire d'une société où chaque individu prend les décisions les plus justes si la structure même de la société impose l'immoralité ?

Par quel bout prendre alors la question globale ? Quelles pistes de réflexion emprunter ? Et quels moyen de résolution avons nous, puisque le libéralisme, c'est-à-dire la loi de la jungle globale, a triomphé dans les partis dominants ?

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