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Révolutions, Girondins et Montagnards.


Boulevard de l'avenir

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Membre, 42ans Posté(e)
Baby Forumeur‚ 42ans‚
Posté(e)

Bonjour chers personnymes,

Universitaire faisant actuellement des recherches sur les Girondins et notamment Vergniaud, je viens soumettre ici quelques modestes idées sur le sujet afin d'ouvrir un débat ou tout du moins une discussion et pourquoi pas trouver d'autres chercheurs sur ce thème (on peut toujours rêver...).

Tout le monde je pense, connait la lutte que se livrèrent les "Montagnards" et les "Girondins", jusqu'à la proscription et la mort de ces derniers en octobre 93. Ce qui est moins connu, ce sont les progrès actuels réalisés par les historiens dans une tentative de prosopographie de ces deux "factions". Il apparaît aujourd'hui, si l'on s'élève au dessus de l'historiographie jacobine voire marxiste des Soboul et des Mathiez qu'il est bien difficile de définir ces deux groupes, que ce soit idéologiquement ou politiquement. Les récentes études, menées par Ozouf, Furet mais aussi Bredin ou Alan Forest sans parler de l'étude d'Anne de Mathan sur les Girondistes montrent en effet que les Girondins et les Montagnards sont particulièrement difficiles à saisir en tant que groupes - ou pour reprendre la phraséologie de l'époque, en tant que "factions" - . Le colloque qui s'est tenu à Saint-Emilion sur les Girondins lors du bicentenaire de la Révolution sous-tend l'idée qu'il n'existait pas à proprement parler de socle politique unitaire sur lequel il y avait consensus entre les députés que l'on nomme "Girondins" depuis Lamartine.

Pour trouver de nouveaux éléments de réponse, les historiens contemporains s'appuient désormais sur de nouvelles thématiques nées des progrès de la recherche scientifique : ils ont mis à jour le problème de la Constitution sur lesquels Girondins et Montagnards divergeaient, des études sociales sur les soutiens populaires de ces groupes (je pense aux sans culottes parisiens de Soboul, aux sans culottes marseillais de Vovelle ou aux sections bordelaises de Mathan). Ces nouvelles recherches permettent de dresser un socle commun, qui, s'il est encore incertain retranscrit la division des républicains dans la Convention le plus fidèlement possible.

Vergniaud, le grand orateur de la Gironde trahit cependant cette fameuse unité que l'on cherche à démontrer. Parfois plus poète qu'orateur comme disait Aulard, on sent que son génie de l'éloquence le dirige bien plus qu'une ligne politique de parti dirait-on aujourd'hui. Et c'est alors qu'on constate que les brissotins ou Girondins ne présentent qu'une unité de façade que leur course à la gloire de l'éloquence effrite en un amas de personnalités solitaires. C'est par exemple Vergniaud justement qui réclame contre Fonfrède sur l'appel aux Assemblées primaires. Ou les votes assez hétérogènes des députés dits Girondins lors du procès de Louis XVI.

Est-ce suffisant pour prétendre que le Groupe Girondin n'a d'existence que par le procès d'Octobre 93 ?

Voilà... Je jette des bases, je ne sais s'il se trouve des gens intéressés par la question ou travaillant dessus.

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Membre, Posté(e)
Vaudémont Membre 387 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Je ne suis ni universitaire ni chercheur, ni même un professionnel de l'histoire ; simplement un amateur qui lit un peu, et qui ne retient qu'un peu de ce qu'il lit.

Votre exposé liminaire m'a rappelé que Michelet (je sais : ce n'est pas un parangon d'objectivité) a commis quelques pages sur les mérites et les excès respectifs des Girondins et les Montagnards ; pour les renvoyer dos à dos et les absoudre finalement tous, car ils étaient tous, selon Michelet, "d'excellents citoyens, qui seraient morts cent fois pour l'unité de la patrie".

Livre VIII, chapitre III de L'histoire de la Révolution Française ; à l'ouverture de la Convention en septembre 92 :

.... tout revient à une courte formule, un simple dialogue :

La Gironde à la Montagne, à la députation de Paris, à Danton et Robespierre : "Vous voulez la désorganisation sociale, pour que l'excès du désordre fasse désirer la dictature."

La Montagne à la Gironde, à Brissot, Vergniaud, Roland : "Vous voulez le démembrement de la France en plusieurs républiques fédérées, pour que la guerre civile oblige de rétablir la royauté"

Les Girondins : des fédéralistes ? Et les Montagnards (tous "Parisiens") : des centralistes ?

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Membre, 42ans Posté(e)
Boulevard de l'avenir Membre 109 messages
Baby Forumeur‚ 42ans‚
Posté(e)

Bonjour...

Je suis moi aussi un fervent admirateur de Michelet. Personne n'a intériorisé la Révolution comme lui. Son histoire est une épopée, une tragédie, ils nous promène dans le Paris de 93 avec un réalisme incroyable. Son livre est plus une oeuvre d'art qu'un traité d'histoire....

En revanche, pour le côté historique, Michelet.... Même s'il est un passage obligatoire pour tout historien de la Révolution.

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