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La science est-elle encore scientifique ?


babrius

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Membre, 51ans Posté(e)
babrius Membre 283 messages
Baby Forumeur‚ 51ans‚
Posté(e)

Entre controverse idéologique et falsification de résultats

Entre logique d'évaluation comptable et mesure quantitative des publications

Entre diminution des budgets récurrents et appels d'offre conjoncturels

Entre profitabilité par l'innovation et rentabilité attendue des projets

Etc..

Etc..

La science est-elle encore scientifique ? A-t-elle encore des éléments de rigueur ? Poursuit-elle encore, ne serait-ce qu'un peu, des objectifs humanistes, non dicté par une logique d'intérêt et de profit, voire politique ?

L'affaire Sokal et Bricmont (plus connue par A.Sokal que par son collègue)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Sokal

La grosse affaire de 'Science'

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hwang_Woo-suk

Un article scientifique sur la fraude scientifique (massive)

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%...al.pone.0005738

Une analyse de l'impact du système dévaluation (et le dernier exemple en date d'impertinence : Ike Antkare)

http://evaluation.hypotheses.org/1081

Un ouvrage pour aller plus loin dans l'analyse des causes

http://www.nonfiction.fr/article-3149-la_s...de_souffle_.htm

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Invité Gallium
Invités, Posté(e)
Invité Gallium
Invité Gallium Invités 0 message
Posté(e)

La question semble intéressante aux premiers abords, mais je suis moins confiant en lisant ton post dans son intégralité. On ne peut pas résumer la science à ce que certains scientifiques ont fait, ni à quelques faits qui ne sont au final que des anecdotes.

Une démonstration mathématique, peu importe qu'elle soit faite par un lycéen ou un professionnel, reste une démonstration mathématique : rigoureuse et logique. La science ne se résume pas aux scientifiques, d'où l'erreur à mon sens de considérer la "fraude scientifique" comme étant impliquée dans la science.

Mais au fait, de quelle science parle-t-on ? Des sciences exactes ? N'oublions pas que l'histoire est une science, la géographie est une science, elles intègrent les sciences humaines. De nombreux domaines qui n'usent pas spécialement de la physique ou des mathématiques, restent scientifiques. Peut-on donc considérer la falsification historique comme étant un défaut de science ? Je ne pense pas.

NB : Tes liens demandent (pour moi en tout cas, je ne sais pas pour les autres) un nom d'utilisateur et un mot de passe.

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Membre, 34ans Posté(e)
Ozmaestro Membre 413 messages
Baby Forumeur‚ 34ans‚
Posté(e)

Disons qu'après il y a des courants méthodologiques, notamment dans les sciences sociales, qui peuvent guider vers des résultats différents.

Je pense simplement à l'archéologie par exemple où selon les méthodes, on occulte parfois certaines données.

Je pense simplement à la chronologie du Solutréen (une période paléolithique entre 22 et 18 ka BP) où on l'avait divisé en 5 phases selon des fossiles directeurs (des objets particuliers sur lesquels on se base pour caractériser un niveau par exemple) et cette chronologie ne tenait pas finalement car avec une analyse factorielle en prenant en compte tous les objets et pas seulement les fossiles directeurs on a en fait trouvé seulement 2 phases.

Ou encore, avant les années 80, peu d'études en préhistoire s'intéressaient aux matières osseuses, du coup on croyait que tout était misée sur le silex...

Après si on regarde les anglais qui mettent de symbolisme partout alors qu'en France on s'attache aux techniques, ça fait beaucoup de différences d'approches qui rendent les résultats pas forcément différents mais rend la compréhension du passé totalement différente.

Bref, je crois que c'est aussi pour ça que lorsqu'on apprend une science il faut s'attarder à son historique, et cerner les courants, les défauts, les manques.

Enfin je termine, Claude Levy-Strauss qui a dit " négligeons de vouloir absolument argumenter en faveur des sociétés sans écriture pour comprendre qu'elle ont une histoire: c'est évident qu'elles ont une histoire" Si on néglige cela, malgré que ce soit un conseil d'un grand auteur, et bien la préhistoire sera toujours considérée comme en dehors de l'histoire ou d'un lointain barbarisme, et surtout les sociétés actuelles sans écritures ne seront pas considérées dans l'histoire...

Donc les débats scientifiques les plus intéressants à mon sens sont d'ordre de l'épistémologie.

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Membre, 51ans Posté(e)
babrius Membre 283 messages
Baby Forumeur‚ 51ans‚
Posté(e)

Certes les sciences humaines et sociales peuvent paraître au premier abord moins scientifiques que les mathématiques. Cet exemple est ancien et toujours un peu opérant mais les mathématiques ne sont pas réellement l'objet de ce questionnement, elles sont plus un outils pour d'autres sciences ou, en soi, une recherche fondamentale peu ou pas accessible à des intérêts matériels ou idéologiques.

La recherche scientifique nécessite des fonds, parfois des gros investissements, et toujours des salaires. Pour obtenir des postes et des budgets, on constate qu'un nombre croissant des laboratoires, de scientifiques jouent le jeu des évaluations par le nombre de publication par exemple. Or la quantité nuit souvent à la qualité. On bâcle, on passe sous silence une expérience contradictoire, on accepte des suppositions comme quasi-certitudes, on néglige d'approfondir des résultats ou de faire des vérifications longues et couteuses...

De même, pour obtenir des budgets sur appel d'offre, s'engagera-t-on à des résultats sous 3 ou 5 ans... C'est un peu comme si Einstein s'était engagé à découvrir la relativité "à 5 ans" ou à devoir rembourser ses crédits. Ce fonctionnement aberrant de la gestion rentable de la science à laquelle se soumettent les scientifiques pour ne pas risquer le hors-jeu conduit à des controverses parfois voire des falsifications avérées. Pour l'industrie pharmaceutique, cette course à l'innovation rentable et le manque de rigueur scientifique menace la vie même : mediator en France, Champix ou Gardasil aux états-unis.

L'article de Daniele Fanelli que je cite plus haut montre des pourcentages très élevés (72 %) de truquage ou de manque de rigueur constaté dans les pratiques entre chercheurs (l'auto-évaluation est évidemment bien moindre..).

Les enjeux économiques saturent la recherche scientifique. Claude Allègre ne s'est pas fendu d'un livre sur l'imposture climatique pour rien... Il était clairement commandité par des intérêts industriels qui ne sont pas opposés au traitement du changement climatique mais qui veulent se donner du temps. La polémique permet le doute et le doute permet de gagner du temps. Une contrainte dommageable mais économiquement justifiable.

L'économie permet toujours de justifier ce qui est humainement injustifiable.

Le clonage, les nanotechnologies, les OGM etc... la science est au coeur de l'activité économique dorénavant. Nous n'en sommes plus à l'ère industrielle où l'innovation était principalement mécanique, ingénieuriale. Pour réaliser des profits ou des économies, les états et les multinationales n'hésitent plus à demander aux scientifiques ou à les obliger à sauter des étapes, à ne pas être prudent, être productif... Ce qui est dangereux sur la plupart des terrains trop complexe pour être approché aussi rapidement.

C'est là surtout que la science se met en jeu à travers ses scientifiques. A travers celles et ceux qui jouent le jeu.

Dans les SHS, le problèmes est souvent le même avec des impacts différents, bien moins visibles. Un chercheur rusé pourra très bien publier 30 articles en une année pour être bien évalué, sans avoir produit autre chose que du moulinage, d'assez haut niveau pour faire illusion.

A côté de ça, une réflexion approfondie qui aura nécessité deux ans pour aboutir à deux ou trois articles sera notée comme 'peu publiante' et risquera d'être abandonnée.

Quelle crédibilité pour une science ainsi soumise à une logique de temps et d'instrumentalisation qui attaque ses principes même ?

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Invité Gallium
Invités, Posté(e)
Invité Gallium
Invité Gallium Invités 0 message
Posté(e)

Là encore je pense que nous en tirons des conclusions trop rapides, je dis "nous" car nous avons souvent tendance à relier la science à l'industrie, à l'armée, et donc à l'argent. Il est vrai que les industries sont les premières à profiter d'inventions, de découvertes, dans le domaine des sciences exactes en général, d'où la forte corrélation entre sciences exactes et technologies. Cependant, il faut différencier la recherche fondamentale de la recherche appliquée.

Travailler sur la théorie des cordes en physique, n'a rien de financé par les industries. En revanche travailler sur l'amélioration de la rentabilité énergétique a beaucoup plus de chances d'être aidé par des fonds extérieurs et souvent liés au domaine de recherche. Il faut savoir que les industries ont leurs propres recherches, parfois même au sein des universités, mais certaines recherches directement liées au CNRS (en France) ne pensent pas directement aux intérêts économiques.

Pourquoi la plupart des chercheurs préfèrent exercer aux USA ? Tout simplement car le gouvernement et les entreprises investissent beaucoup plus d'argent pour de meilleures conditions de recherche, et cela passe par du meilleur matériel et donc des meilleurs laboratoires. On voit effectivement que l'argent et la recherche scientifique sont très liés dans le sens où plus l'investissement économique est important, et plus les recherches ont de chances d'aboutir.

Là je parle essentiellement pour les sciences exactes, n'oublions pas de prendre en compte les autres types de sciences comme par exemple les sciences humaines.

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