Le Roman Inachevé


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Posté(e)

Très accro de poèsie, je vais essayer de vous faire partager régulièrement quelques poèmes qui me libèrent l'esprit..

Je vais commencer par un poème sans titre, issu du livre "le Roman inachevée", d'Aragon

Et le roman s'achève de lui-même

J'ai déchiré ma vie et mon poème

Plus tard plus tard on dira qui je fus

J'ai déchiré des pages et des pages

Dans le miroir j'ai brisé mon visage

Le grand soleil ne me reconnaît plus

J'ai déchiré mon livre et ma mémoire

Il y avait dedans trop d'heures noires

Déchiré l'azur pour chasser les nues

Déchiré mon chant pour masquer les larmes

Dissipé le bruit que faisaient les armes

Souri dans la pluie après qu'il a plu

Déchiré mon coeur déchiré mes rêves

Que de leurs débris une aube se lève

Qui n'ait jamais vu ce que moi j'ai vu

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Logales Membre 2 601 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

C'est joli comme du ARagon ;)

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tolosa Membre 2 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

L'EMOI

J'ai tant de journées à vivre que je ne sais

Retenir leur essence, humer leur été

Et je pleure et m'effraie de ne pouvoir toucher

Ces très hautes cimes toujours imaginées

Fuir peut être, mais fuir est mal

Comment pourrais-je donc ô ma femme

Ne pas auprès de toi être toujours là

Vivre et respirer à l'ombre de ta voix

Je sais par habitude on ne retiendra

Que l'orgueil de mon sang la foulée de mon pas

Et pourtant je suis tout l'ombre qui se couche

Sur la forêt bleue un jour née de ta bouche

Là-bas sur le rouge chantant des toits

La pluie qui s'en va à tout petit pas

L'orage qui gronde quand plus rien ne va

L'humeur d'une flûte qui monte aux étoiles

Les longues volutes du feu de ton âme

Comme un drap qui tombe le soir sur le monde

Puisque confident tu es mon ami

En ces quelques mots légers et fleuris

Peux-tu entendre dis ce chant en moi

Qui monte comme montent les hourras ?

L'ivresse même n'ennuie, si elle n'est de ta voix

Je suis né seulement pour être ton émoi

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Posté(e)
L'EMOI

J'ai tant de journées à vivre que je ne sais

Retenir leur essence, humer leur été

Et je pleure et m'effraie de ne pouvoir toucher

Ces très hautes cimes toujours imaginées

Fuir peut être, mais fuir est mal

Comment pourrais-je donc ô ma femme

Ne pas auprès de toi être toujours là

Vivre et respirer à l'ombre de ta voix

Je sais par habitude on ne retiendra

Que l'orgueil de mon sang la foulée de mon pas

Et pourtant je suis tout l'ombre qui se couche

Sur la forêt bleue un jour née de ta bouche

Là-bas sur le rouge chantant des toits

La pluie qui s'en va à tout petit pas

L'orage qui gronde quand plus rien ne va

L'humeur d'une flûte qui monte aux étoiles

Les longues volutes du feu de ton âme

Comme un drap qui tombe le soir sur le monde

Puisque confident tu es mon ami

En ces quelques mots légers et fleuris

Peux-tu entendre dis ce chant en moi

Qui monte comme montent les hourras ?

L'ivresse même n'ennuie, si elle n'est de ta voix

Je suis né seulement pour être ton émoi

magnifique ;)

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tolosa Membre 2 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

merci. J'en ai beaucoup d'autres en magasin.....

Pour changer un texte, publié sur un autre forum....Tu ne dors pas. Dans la nuit tu écoutes les doux bruits de ta maison, les chuchotements du vent dans le jasmin qui agrémente de son parfum les abords de ta chambre, les furtifs craquements des vieux planchers qui murmurent toujours les mêmes histoires. Ils parlent de toi peut-être, ou de ceux qui t’ont précédé ici et dont tu ne sais rien. Tout est paisible dehors. Ta femme est assoupie à tes cotés, abandonnée contre ton flanc. Mais tu ne dors pas. Tu regardes, couché sur le dos, les mouvements précautionneux d’un insecte qui inspecte ton plafond comme livingston partait à la découverte du Zambèze. La lune, qui a sorti ses quartiers, éclaire la scène et nimbe le fragile coléoptère de couleurs étranges qui le font paraître mystérieux. Tu le regardes, obstiné, arpenter pour la centième fois le même chemin sans jamais le reconnaître.

Tu sais qu’il faudrait que tu t’endormes : Il y a tellement de travaux qui demain attendent leur proie. Mais tu songes à elle. A cette femme que tu as aimée avant, dans une autre vie, aussi distante aujourd’hui de toi que l’est cet avion qui injurie soudain le ciel en le souillant de traînées pestilentielles, et qui trouble grossièrement le silence.

Tu te souviens des lettres que tu lui a écrites, lorsque épuisée par tes frasques, elle s’est éloignée de toi, .

Petite étoile,

Combien de fois te dirais- je que j'aime t'écrire, mon petit ange irrésolu ? Alors voici encore quelques pauvres mots jetés au vent de ma bataille amoureuse, s'exerçant à la grâce dernière du vol d'un samare. Mais que peuvent-ils vraiment faire, sinon mourir de ne pas être toujours entendus, comme transfigurés par la mission dont ils s'imaginent investis? Oh bien sûr ma toute belle, je sais qu'ils ne peuvent suffire à jeter un pont entre toi et moi ; tu ne peux être persuadée de m'aimer encore. Mais les mots sont mes serviteurs dociles ; obéissants, ils exécutent aveuglement la prière que leur adresse leur général au cœur battant. En s'alignant sur cette feuille, ils savent que leur combat est vain, perdu par avance, tant l'adversaire est redoutable mais même si, n'en déplaise à Rostand, ce n'est pas plus beau lorsque c'est inutile, ils sont fiers d'être là, témoignant, dans leur défaite même, du drapeau qu'ils défendent.

Ces petits soldats, ces Marie-Louise de mon amour, sauront-ils un jour te dire l'essentiel, soit que ma passion, comme tout sentiment, échappe aux lois humaines ? Si elle est la force d'un ouragan, elle a pourtant la douceur d'une brise marine. Elle ne pèse rien, c'est de n'en plus vouloir qui lui donne certains jours sa pesanteur.

Voilà petit ange, cette lettre se termine, mais comment l'achever vraiment sans te dire que j'aimerais évidemment te retrouver, pour bénéficier d'un double souffle d'air pur, celui qui émane de toi, et celui qu'Eole consent à donner au vent de la mer.

C'est si peu dire que je t'embrasse.

Ces mots tu les connais par cœur. Il te semble que tu les as écris hier et pourtant il te suffirait de tourner légèrement la tête pour prendre la véritable mesure du temps passé. Mais tu ne peux pas, tu a trop entendu le fracas épouvantable des jours ordinaires pour en avoir le courage.

Un bruit soudain, dans la pièce à côté. C’est ton aîné qui se lève. Tu le reconnais à son pas traînant. Tu l’imagines le baladeur déjà vissé sur son crâne, comme s’il lui fallait se protéger d’un monde qu’il n’a pas encore affronté. Tu prends soudainement conscience que cet enfant que tu crois chérir est devenu un étranger. Il est ton engeance et tu n’as rien à lui dire. Que tu pourrais comprendre de lui ? Que pourrais-tu donc lui confier, que tu donnerai dix ans de ta vie pour écrire une nouvelle lettre ?

P. S. - J'ai écris cette lettre un soir pour toi, pour rien, et en la relisant je ne peux m'empêcher d'y ajouter un pré-scriptum. J'ai hésité chaque jour à l’écrire tant je crains qu'en reconnaissant mon écriture, tu fronces les sourcils ennuyée sans doute par mon inutile insistance. Mais ce mouvement même de ton visage est si adorable quand il vient froisser délicatement ton petit nez qu'il me fait monter au cœur, par imagination, un peu de marée haute et de vent du large. Alors je dépasse la crainte de ton irritation ; mes mots ne sont au fond que des roses en papier, sans épines, mais qui, je l'espère, auront l'élégance de te plaire. Elles te sont données par amour, c'est-à-dire pour rien, sans espérance particulière, pour le simple bonheur de te faire plaisir.

Ma belle XX..

Ma plume est une vieille dame élégante qui n'aime pas renoncer à ses anciennes habitudes. Elle se plaint du silence en laquelle mon éloignement de toi l'a rejetée. Elle me dit les chansons qu'elle porte encore et j'en entend certains soirs la douce rumeur. Je n'ai pas le cœur à l'ignorer, car la mère nature a parfois pour elle certaines bontés qui me sont utiles. Mais étant fidèle à ma promesse, je ne peux plus t'écrire. Alors, je ne te dirais pas comme j'aimerais le soir à la veillée baiser ton front, si merveilleusement bombé qu'il annonce, comme la soie des dunes, la mer de ton regard. Je ne te dirais pas le frémissement qui me parcourt l'échine lorsque que je saisis dans l'air, comme une promesse de printemps, les fragrances de ton ancien parfum. Je ne te dirais pas non plus que mes mots renoncent à chanter ton sourire, car sa beauté est sans comparaison, il est une ondée lumineuse, qui bouleverse et rassure à la fois. Je devrais, je le sais, rappeler à l'ordre mes mots, leur enseigner la sagesse, mais ils sont, emportés par la bourrasque des sentiments, comme ces épaves livrées aux éléments qui meurent sur le rivage pour, peut-être, en troubler la sérénité. Tu vois, je suis comme ces vieilles demeures qui, longtemps après avoir été désertées, se nourrissent encore des légendes de leur maître.

A regret, la sonnerie du réveil congédie ta rêverie dans le monde nocturne. Tu te tournes délicatement vers ton épouse. Son visage sur l’oreille à la douceur des certitudes. Un étrange sentiment t’envahit, fait de paresse et d’amour et d’abandon. Une brusque envie de caresser son corps te saisit soudain. Tu te rapproches de son visage, pour l’embrasser tendrement et tu recueilles sur ses lèvres comme une fleur empoisonnée, dans un souffle murmurée, un prénom qui n’est pas le tien.

Modifié par tolosa

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Invité Flora
Invité Flora Invités 0 message
Posté(e)

Ah ! Aragon ! Mon dieu ! Personne n'écrit mieux... ;) :)

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