Un petit texte en passant...


ThierryMontlu Membre 7 messages
Baby Forumeur‚ 47ans
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Sortie de l'usine

A la sortie de l'usine, il y a celles qui s'attendent; font le pied de grue bien rangées su le côté; encore imprégnées de leur condition de travail.

Et puis vient l'heureuse élue, celle qui les mets en marche, qui déclenche des éclats de voix et déride les visage; fait libérer la chevelure de ce chignon castrateur, mettre la main au paquet pour s'allumer cette cigarette tant désirée.

Tout cela quelques minutes avant de s'isoler à nouveau dans son véhicule, sa vie privée, chez soi !

Pour clore le tableau, il y celle qui attend seule, mais dont le regard ne vas nulle part et qui finît par disparaître, les trais tirés tel le fantôme d'une ouvrière que l'on aurait assasinée.

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Invité Kaba Tsigat
Invité Kaba Tsigat Invités 0 message
Posté(e)

J'aime bien le thème, les idées, les choses suggérées. C'est très délicat, à fleur de peau, en peu de mots.

Certaines petites choses pourraient être améliorées, je pense par exemple à : «encore imprégnées de leur condition de travail». Ce petit morceau me dérange, c'est trop technique et ça casse la tonalité globale. Pourquoi ne pas aller plus loin dans la suggestion ? Cette condition, concrètement, c'est quoi ? Quel geste ? Une petite métonymie mettrait ici en valeur la strophe.

Dans la deuxième strophe, vous utilisez une allégorie fort sympathique. J'aime bien le symbole des cheuveux lâchés, de la cigarette. éa passe.

Dernière strophe, très touchante je trouve. Le seul reproche que j'y ferais, c'est le "Pour clôre le tableau" ; vous ^etes en train de le faire, alors pourquoi le dire ?

Bref, j'aime beaucoup votre sensibilité, ça passe (entre les mots et moi en tout cas). Par contre, on dirait que vous avez peur d'employer la métaphore, d'aller vers du symbolique. Je trouve ça dommage parce que ça donnerait davantage de pudeur à votre texte, ce qui collerait bien avec la personnalité qu'il dégage globalement.

Sinon... MERCI d'écrire de la poésie à portée sociale ! En général sur internet, on trouve beaucoup de poètes qui "s'expriment" mais qui se sont peu imprégnés des autres au préalable... Vous parlez de quelque chose, vous en parlez avec douceur, ça fait du bien.

Modifié par Kaba Tsigat

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ThierryMontlu Membre 7 messages
Baby Forumeur‚ 47ans
Posté(e)

Je n'ai pas pu me connecter plus tôt, mais je tenais à vous remercier de votre avis tout à fait constructif sur mon petit texte.

En fait je ne cherchais pas vraiment à m'essayer a une quelconque poésie mais c'est seulement l'exemple de notes prises lorsque j'étais veilleur de nuit!

Il me venait assez naturellement l'envie de prendre des notes au grès de mes pensées nocturnes et de mon état physique voir mental !!! (Sur la fin je dormais pas plus de 3h par jour et comme cela a duré près de 10 ans !!!)

Comme l'a écrit Cioran : « Bien plus que le temps, c'est le sommeil qui est l'antidote du chagrin. L'insomnie, en revanche, qui grossit la moindre contrariété et la convertit en coup du sort, veille sur nos blessures et les empêche de dépérir. »

La plupart du temps après mes vacations et quelques heures de sommeil, je les trouvais plutôt ridicules et sans véritables sens et finissaient par alimenter la cheminée...

Sauf quelques unes notés sur un carnet distinct dont celle ci-dessus qui est une des rares en fait à ressembler à un poème car la plupart du temps cela restait des impréssions sur le vif, en quelques mots et sans aucunes prétentions.

Ce qui me touche dans vos remarques c'est que vous écrivez : "...vous en parlez avec douceur...", alors que les rares personnes qui me connaissent ont tendances à me trouver plutôt cynique et souvent pessimiste !!!

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Invité Kaba Tsigat
Invité Kaba Tsigat Invités 0 message
Posté(e)

:yahoo:

Vous ne vous essayez pas à la poésie... Permettez-moi de sourire et de vous rétorquer : c'est mieux, vous la faites ! Et qui plus est vous avez trouvé la bonne rubrique sur ce forum. ^^ Alors bien sûr, on voit bien en vous lisant que l'objet de votre texte n'est pas un travail sur la langue, mais un témoignage sensible de ce que vous voyez / vivez. D'aucuns seront alors tentés de parler de littérature naïve (ls plus pédants, ceux qui se sentent instruits - et le participe passé en dit long...), pour ma part j'appelle clairement "ça" de ma poésie. Bon, au fond, on s'en fout un peu...

L'essentiel est que "ça" est, que "ça" existe. D'ailleurs à ce propos, si les tentations d'autodafé vous reprenaient, arrêtez tout ! Enfin, je n'ai pas à vous dire ce que vous devez faire. Simplement, les mots sont-ils plus intéressants quand ils vont de l'âtre au papier ou des feuilles à la cheminée ?

Je trouve juste que dans une France où Houellebecq reçoit le Goncourt, la parole est monopolisée par des bourgeois gavés, l'institution prend le relai en mettant à l'honneur leur jérémiades névrotiques et au final, la littérature commence à devenir une galerie d'égoïsmes où chacun fait sa psychanalyse avec un peu de style, n'ayant du c¿ur que pour soi-même et attendant en plus des lecteurs qu'ils achètent leurs déchets. Personnellement, je n'en peux plus de la douance mal vécue des uns et de l'enfance japonaise de l'autre, de leurs histoires de cul plus ou moins réalistes... Et ça me fait plaisir de lire un texte qui parle d'autrui, qui plus est d'ouvrières. (je referme le coup de gueule...)

Pour en revenir à votre texte, je maintiens mon commentaire initial. L'insomnie fait voir les choses autrement, bizarrement. Pour l'avoir connue, je ne peux que partager votre avis et celui de Cioran, en ajoutant toutefois que dans les délires du malheur et de l'épuisement, ce qu'on entrevoit est peut-être plus vrai... ou juste différent, mais surtout pas faux. Un voile s'y déchire, une illusion. En somme... faites-vous confiance. étes-vous davantage vous-même quand vous délirez ou quand vous soumettez vos pensées aux bonnes règles du bon usage que vous ont bien appris les bonnes institutrices ? Il n'y a pas d'erreur à se savoir haut perché sur un fil.

Enfin, pour le cynisme... Quand on se sent tout nu, on s'habille avec ce qu'on trouve. Au moins cela permet de dire "je", d'inventer la frontière entre soi et les autres. Peut-être dans l'insomnie n'aviez-vous plus, tout simplement, la force de barrer la route aux émotions des autres - ou du moins de le laisser croire. Le résultat est là ; ce texte est émouvant, et j'aimerais beaucoup en lire d'autres.

Plus que jamais, de nos jours l'empathie est précieuse, rares sont ceux qui savent penser "nous". Alors, s'il vous plaît, plus de cheminée ; poésie ou pas qu'importe ; ce que vous écrivez est intéressant.

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ThierryMontlu Membre 7 messages
Baby Forumeur‚ 47ans
Posté(e)

Bonjour ! Exclamation sur plusieurs tons ; il y a ceux qui le disent, le pensent ou aucun des deux. Le regard en votre direction ou oblique ; franc, moqueur ou ne sais-je encore !

Il y a moi, seul face à cette multitude. Je garde mon coin et je me surprends parfois à m'entendre changer de ton , le hochement de tête accompagnant ma réponse simultanée.

Je les réceptionne ces deux syllabes ; les classent, les trient comme les premiers mots de lettres d'amour et de haine.

Que dirait-on si ce mot n'existait pas ?

l fait froid, je t'emmerde, quelle tête de con ! ¿

Bonjour, c'est l'excuse suprême !!!

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