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Et si les "fixeurs" des banlieues se rebellaient ?


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On vous manipule!!

Traditionnellement, ils aident les journalistes dans les pays dangereux. Mais ils les guident aussi régulièrement dans les banlieues françaises. Aujourd'hui, certains "fixeurs" disent tout haut ce qu'ils pensent de certaines manip' médiatiques.

Et si les "fixeurs" des banlieues se rebellaient ? En quelques jours, deux de ces collaborateurs, rémunérés par des journalistes pour s'introduire en banlieue se sont élevés, chacun à sa manière, contre deux médias. Qu'est-ce qu'un fixeur, exactement ? En quoi son travail se différencie-t-il de celui d'un journaliste ? Et pourquoi voudrait-il combattre ceux qui l'emploient ?

Pour discuter de ces questions, nous avons invité pour la deuxième semaine consécutive Abdel El Otmani, ce jeune homme qui nous a révélé la semaine dernière comment il a piégé Le Point en se faisant passer pour une femme de polygame, et Ali Soumaré, conseiller régional socialiste d'éle-de-France, qui a aidé Harry Roselmack à réaliser un long reportage en banlieue et a été le porte-parole des familles des deux adolescents qui se sont tués en moto à Villiers-le-Bel fin novembre 2007, et dont la mort avait déclenché des émeutes. Nous avions dressé son portrait médiatique à l'occasion de la polémique qui tournait autour de ses antécédents judiciaires durant la campagne des régionales.

Nous avions également convié Nabila Laïb, la fixeuse qui a collaboré à la réalisation de la Cité du mâle, diffusé le 29 septembre sur Arte, dont elle avait dénoncé les conditions de tournage. Elle avait accepté notre invitation¿ mais n'a plus donné aucune nouvelle depuis, malgré nos nombreuses relances. (mise à jour : Nabila Laïb se trouvait en garde à vue pendant nos appels).

L'émission est animée par Daniel Schneidermann, réalisée par François Rose et préparée par Dan Israel.

Chroniqueurs : Didier Porte et Anne-Sophie Jacques.

La vidéo dure 68 minutes.

Si la lecture des vidéos est saccadée, reportez-vous à nos conseils.

Ecoutez d'abord Didier Porte visionnant Voisins, la nouvelle émission de téléréalité de TF1, où Henri Leconte s'interpose en pleine guerre de voisinage. (acte 1)

A ses côtés, Abdel savoure. La présence du jeune homme sur notre plateau la semaine dernière a donné le coup d'envoi à une folle semaine pour lui. Il est passé dans plusieurs émissions télé, et a rencontré Jean-Michel Décugis, le journaliste du Point qu'il a piégé, au Grand journal de Canal+. Le Point l'a même convié pour avoir une explication avec lui. Il raconte comment le magazine a essayé de dénicher ses secrets honteux. Mais "tous les jeunes de banlieue n'ont pas un casier judiciaire", ironise-t-il¿ Et pour entrer dans le vif de notre sujet de la semaine, Anne-Sophie se livre à une précise, et précieuse, analyse de texte : mais d'où diable vient ce mot, "fixeur" ? (acte 2)

Ali Soumaré a été une des pierres angulaires du documentaire de TF1 sur la banlieue, diffusé en novembre dernier. Il est non seulement apparu plusieurs fois dans les images en tant que guide d'Harry Roselmack à Villiers-le-Bel, sa ville, mais il a aussi donné son avis éclairé sur les participants potentiels, pendant la préparation du tournage. Mais il tient à se dissocier du mot fixeur. "Je n'ai pas été le seul à préparer ce film, et je n'ai pas été payé", pose-t-il. Mais malgré une préparation minutieuse, le tournage a rapidement capoté : Roselmack devait rester un mois dans un appartement loué au c¿ur d'une des cités de la ville, et il a tenu¿ trois jours avant que les habitants lui demandent de partir. La raison ? "Un malentendu", détaille Soumaré, qui explique qu'en payant en avance la location de l'appartement, la star de TF1 a déclenché une rumeur autour des sommes que distribuerait à ses témoins l'équipe de la chaîne.

Et c'est précisément pour dénouer une autre tension liée à l'argent que notre invité était entré en contact avec Roselmack la première fois. Porte-parole des familles des deux ados morts en moto en 2007, il avait récupéré une vidéo montrant la voiture de police qui avait percuté la moto, juste après l'accident. Elle démontrait que les sérieuses dégradations du capot n'étaient pas dues à des actes de malveillance survenus après l'accident, comme l'affirmait la police. La voiture roulait donc vite¿ "J'ai vu des journalistes, notamment étrangers, arriver avec de l'argent pour acheter cette vidéo, raconte Soumaré. Et j'ai remis, au nom des familles, pour zéro euro, la vidéo à Harry Roselmack." (acte 3)

Bien qu'il reconnaisse sans problème travailler pour des journalistes sur le terrain en Seine-Saint-Denis, Abdel El Otmani lui aussi a des problèmes avec le terme de fixeur. Il ne veut pas qu'on l'emploie comme si ce département était "une zone de guerre". Il détaille ensuite certaines des raisons qui l'ont poussé à se payer le Point, et notamment certaines manipulations de journalistes auxquelles il a assisté : "On vient pour parler de l'éducation, on finit sur la violence. On vient pour parler du mariage, on finit avec les viols", énumère-t-il. "Des journalistes qui présentent leur sujet sous un angle neutre ou valorisant pour gagner la confiance de leurs interlocuteurs, c'est fréquent", assène Daniel à son interlocuteur.

Abdel raconte ensuite comment il a commencé avec des journalistes. Gratuitement d'abord, pour leur faire découvrir le vrai visage de la banlieue, puis contre rémunération, après avoir été payé "de façon automatique" par des équipes étrangères. Des équipes étrangères qu' Arrêt sur images, version télé, avait filmées lors des émeutes de 2005. L'occasion de s'offrir un petite séquence nostalgie... Pour Abdel, les journalistes pourraient très bien se passer d'intermédiaires, et faire leur travail tout seuls. Ali Soumaré n'est pas tout à fait d'accord. Il reconnaît volontiers que lorsque des journalistes débarquent dans des quartiers difficiles, il n'est pas simple pour eux d'établir un contact de qualité avec les habitants. (acte 4)

Pour Soumaré, il ne sert à rien de stigmatiser les médias : "Lorsqu'ils viennent en banlieue, les journalistes filment ce qu'ils voient", répète-t-il à plusieurs reprises. La troisième fois, Daniel intervient, rappelant qu'une caméra peut choisir de filmer un aspect d'un événement ou un autre, et que l'image aura quasiment force de preuve¿ Mais pour ne pas finir l'émission sur une note négative, nous nous arrêtons un instant sur ce que nos deux invités qualifient de très bon documentaire, 9/3, mémoire d'un territoire, réalisé par Yamina Benguigui et diffusé en 2008 sur Canal+. Abdel y apparaissait, pour un témoignage dans la longueur qui pointait l'enclavement géographique de Clichy-sous-Bois. Un discours simple, mais qu'il est finalement assez rare d'entendre de la bouche d'un "jeune des cités" interviewé par un grand média. Et c'est justement pour tenter de corriger cette relation qu'Abdel a demandé, et obtenu, que Le Point parraine un futur colloque sur le journalisme en banlieue. Il est tout fier de l'annoncer en plateau, face à un Daniel plutôt sceptique¿ (acte 5)

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3437

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Invité Toto75019
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:yahoo:

il aurait pu faire comique le type

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