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La Belle et la Bête de Béré


CmoiC

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Membre+, Pitbull le matin, ourse le soir, 48ans Posté(e)
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La Belle et la Bête de Béré, à Châteaubriant

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Une légende qui s'est perpétuée de génération en génération, depuis le xve siècle, à Châteaubriant, a eu pour origine la disparition d'une jeune fille d'une rare beauté, qui fut, dit-on, enfermée dans le couvent des moines de Saint-Sauveur de Béré. Là, après avoir subi le dernier des outrages, elle aurait été assassinée et enterrée dans l'église du couvent.

Cette demoiselle du château du Val, dans la commune d'Auvernay, était fiancée à un gentilhomme sans fortune qui cherchait à se créer une position.

L'abbé de Saint-Sauveur, Eybert de Saint-Herblain, cadet de famille, aussi libertin que mauvais prêtre, avait remarqué la merveilleuse beauté de l'héritière du château du Val et en avait fait part à son ami le seigneur de Retz qui, bien que maréchal de France et ayant combattu à côté de Jeanne d'Arc, commettait dans le pays des crimes tellement atroces que, plus tard, il fut condamné à mourir sur un bûcher.

Afin d'éloigner le fiancé de la jeune fille qu'ils convoitaient, de Saint-Herblain et le seigneur de Retz firent appeler ce gentilhomme à Paris, où il fut chargé d'une affaire assez bien rétribuée, mais qui nécessitait pour un temps assez long sa présence dans la capitale.

Profitant de son absence, ils firent surveiller celle qu'il devait épouser, et un jour qu'elle se promenait sur le bord de la rivière de Chère, songeant sans doute au bien-aimé, elle fut enlevée de force et transportée dans le couvent des moines de Saint-Sauveur, d'où elle n'est jamais sortie.

On assure que son âme, parée des vêtements blancs que portait la jeune fille le jour de sa première communion, et qui rappellent la gracieuse enfant aux longs cheveux blonds, vient le soir prier auprès d'une croix située à Bout-de-Pavé, tandis que l'âme des meurtriers apparaît aux habitants de Béré sous la forme d'un animal étrange, inconnu, glaçant d'effroi ceux qui le rencontrent et qu'on désigne à Châteaubriant sous le nom de Bête de Béré.

De nombreuses personnes dignes de foi, un prêtre, un professeur, des commerçants, des ouvriers, des femmes, des enfants, ont vu le blanc fantôme en prière ou le monstre errant, comme une âme en peine, dans les carrois (carrefours).

Deux vigoureux gaillards, Yvon Gérard et Noël Biton, qui voulurent aller la nuit, lutter contre l'animal fantastique, rentrèrent chez eux ruisselant de sueur, les membres endoloris, la figure méconnaissable, et tous les deux sont morts peu temps après leur rencontre avec la Bête de Béré.

C'est à l'époque des mois noirs de novembre et de décembre que le monstre se fait voir : Lorsqu'aux rez-de-chaussée des maisons la famille est réunie devant l'âtre et qu'on a oublié de fermer les volets de la fenêtre, tout à coup deux yeux brillants comme des charbons apparaissent derrière les vitres, faisant trembler de peur les femmes et les enfants qui s'écrient : « é ciel ! la Bête de Béré ! »

Si l'on ouvre aussitôt la porte, on aperçoit, s'en allant tranquillement dans la rue, un animal inconnu, ressemblant tantôt à un chien, tantôt à un mouton, et même parfois à une chèvre.

M. l'abbé Goudé, qui a publié en 1889, les Histoires et Légendes du pays de Châteaubriant dit à propos de la légende de Béré :

« Si vous demandez à la vieille Marie Gledel ce que c'est que cette bête, elle vous répondra qu'au temps où les moines habitaient le couvent de Saint-Sauveur, une jeune fille entrée chez eux ne reparut plus... Le bruit courut que, pendant une nuit, elle avait été enterrée sous le clocher de l'église... Les ennemis des moines firent circuler dans tout le pays cette incroyable et mystérieuse histoire ; les pères l'apprirent à leurs enfants et voilà comment elle est arrivée jusqu'à nous. »

Mais plus loin, dans ce même ouvrage, le savant et l'archéologue ne pouvant passer sous silence ses découvertes, raconte qu'au mois d'avril 1872, au lieu dit le Chêne-Chollet, près le couvent de Saint-Sauveur, des maçons creusant un puits, éventrèrent un souterrain dans lequel il découvrit lui-même, le bon abbé Goudé, des dents d'enfants.

Or, dans ses mandements du 30 juillet et du 13 septembre 1440, l'évêque de Nantes accusa Gilles de Laval des plus abominables excès, de débauches contre nature, d'enlèvement et d'égorgement d'enfants des deux sexes.

On n'ignore pas, d'ailleurs, que les crimes de ce terrible seigneur de Retz inspirèrent à Charles Perrault son conte de Barbe-Bleue.

Le couvent de Saint-Sauveur, après le crime commis sur l'infortunée jeune fille du château du Val, fut abandonné par les moines et, plus tard, des religieuses en prirent possession. Il fut encore, quelque temps avant la Révolution de 1789, le théâtre de scènes scandaleuses dont furent saisis les tribunaux de Rennes.

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