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Halal : abattage rituel, électronarcose, assommage, qu'en est-il ?


Grenouille Verte

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Les dessous du halal : abattage rituel, électronarcose, assommage, qu'en est-il ?



Vendredi 9 Avril 2010


Le halal, qu'est-ce que c'est finalement ? Même les associations qui certifient les viandes halal ne sont pas d'accord pour une définition unanime. Entre les pro-étourdissement et les contre, le consommateur « muslim » ne sait plus où donner de la tête. L'association AVS (é Votre Service), label de certification halal, membre du Dialrel (groupe de Dialogue sur les abattages religieux), nous clarifie ses positions. Entretien avec Fethallah Otmani, son directeur administratif.




Saphirnews : D'abord, expliquez-nous à quoi sert le Dialrel, cette organisation dont vous êtes membre.
Fethallah Otmani : Le Dialrel est une plateforme de travail mise en place il y a environ quatre ans, composée de scientifiques, de vétérinaires, de chercheurs et d'acteurs de terrain, d'associations et de personnalités qui sont, pour certains, membres des communautés religieuses musulmane et juive et d'autres non.
L'objectif est d'essayer de proposer des conclusions à présenter à la Commission européenne concernant le débat entre bien-être animal et libertés religieuses. Le groupe de travail a commencé à travailler en 2006. Nous l'avons intégré en 2008, et les choses ont avancé de manière assez calme et assez lente. On pensait le projet être définitivement mort l'an dernier, mais il a été relancé fin 2009, nous ne l'avons malheureusement appris qu'en mars dernier. Une prochaine réunion est programmée en juin.

Pourquoi avoir refusé de participer à la cession de clôture, à Istanbul, en mars 2010 ?
F. O : Non seulement nous avons été avertis tardivement mais c'est surtout parce que, à la lecture des rapports qui nous ont été transmis, nous nous sommes aperçus que les considérations des scientifiques et des chercheurs ne prenaient pas suffisamment − pour ne pas dire plus − les avis qui remettaient en cause le bien-fondé de l'assommage.
Nous avions donc décidé de ne pas y participer, car nous ne voulions pas jouer les faire-valoir, et il était impossible en trois jours de changer véritablement les choses. Tenant compte de nos constatations et de celles d'autres organisations ayant participé, les coordonnateurs du
Dialrel ont donc décidé d'une prochaine réunion, en juin, qui, je l'espère, portera ses fruits.

é propos, comment se positionne AVS concernant l'électronarcose ?
F. O : C'est une question assez complexe. Tout d'abord, l'électronarcose n'est qu'un procédé d'assommage, parmi d'autres, comme le gaz ou le pistolet perforant la boîte crânienne. Ce dernier procédé, par exemple, tue l'animal et le débat ne se pose donc pas. En revanche, indépendamment des considérations religieuses, l'étourdissement en lui-même pose beaucoup de problèmes.
Beaucoup contestent le fait que ce procédé annihile les douleurs de l'animal et il est constaté en pratique, c'est à dire sur le terrain, que ce sont des procédés qui sont très difficiles à mettre en application et qui causent énormément de douleurs. é partir de là, on ne voit pas l'intérêt d'ajouter une souffrance supplémentaire.
De plus, en partant du principe qu'il y a des scientifiques qui attestent que l'assommage fait moins souffrir l'animal, nous sommes confrontés à un principe en islam, qui préconise que la bête doit être vivante au moment du sacrifice. Or beaucoup d'études prouvent la non-réversibilité du procédé. L'électronarcose ne fonctionne pas toujours, et on ne sait toujours pas quelles peuvent en être les conséquences. Notre position est claire : nous refusons l'utilisation de tout procédé d'assommage avant la saignée, car il existe beaucoup de doute sur le fait que ce soit préférable pour l'animal.

Mais c'est tout de même un pratique courante...
F. O : Si nous parlons exclusivement de l'abattage rituel, cela dépend : oui pour la volaille et non pour le reste ! Mine de rien, beaucoup d'abattoirs aujourd'hui ne pratiquent pas l'électronarcose. Alors on remet ça sur le dos de l'abattage rituel, mais c'est faux, c'est simplement pour des raisons économiques qu'on évite son utilisation, car elle provoque, par exemple, dans le cas de l'espèce ovine, des cadences au ralenti, surtout du fait du mauvais équipement des abattoirs en France, et cela n'intéresse évidemment pas les abattoirs !

Et c'est halal ?
F. O : Selon une étude que nous avons réalisée en 2008, on estime qu'en France 70 % des bêtes abattues rituellement sont des volailles ; et sur ces 70 %, 90 % sont électrocutées avant la saignée.
On est donc là face à un problème de libertés religieuses qui ne sont pas respectées, car autant pour ce qui concerne les ovins ¿ qui sont d'ailleurs pour la très grande majorité importés ¿ l'électronarcose connaît quelques réussites, autant dans le cas des volailles on est sûr aujourd'hui que cela ne peut pas fonctionner. Car soit l'animal meurt à la suite du choc électrique, soit, si l'on respecte certains réglages, la bête, a priori, ne meurt pas mais n'est pas inconsciente suffisamment longtemps. Le procédé ne sert donc à rien, car il provoque une double douleur inutile.
Mais ce qu'il est important de signaler, c'est qu'à l'inverse de ce qui se passe pour les ovins les abattoirs français sont très bien équipés pour les volailles et que l'électronarcose permet de multiplier les cadences par trois en moyenne.


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Source: SaphirNews
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  • 7 mois après...
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Membre, Tu n'auras d'autre batracien devant ma face, 106ans Posté(e)
Grenouille Verte Membre 32 822 messages
106ans‚ Tu n'auras d'autre batracien devant ma face,
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Cet article rappelle certains des éléments essentiels pour comprendre la situation du halal en France :

  • Il n'y a pas d'unanimité sur la définition du halal
  • Il n'y a pas de label unique, ni d'organisme qui peut dire ce qui est halal ou non, n'importe quelle société ou association peut "certifier halal" n'importe quoi.
  • Le halal actuel ne signifie pas forcément "abattage rituel". Pour les petits animaux, comme le poulet (qui représente 90% x 70% = 63% de la viande halal en France), l'animal a été étourdi auparavant.

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