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Propaganda (de Edward Bernays)


existence

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existence Membre 5 722 messages
Forumeur alchimiste‚
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Voilà des extraits sur la science des "relations publiques".

Titre du livre : Propaganda

Sous-titre : Comment manipuler l'opinion en démocratie

Date : 1928

Chapitre 1 : Organiser le chaos

La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays.

Nous sommes pour une large part gouvernés par des hommes dont nous ignorons tout, qui modèlent nos esprits, forgent nos goûts, nous soufflent nos idées. C'est là une conséquence logique de l'organisation de notre société démocratique (note: il parle des états-Unis de 1928, mais bien entendu cela s'applique à d'autres pays et à notre époque). Cette forme de coopération du plus grand nombre est une nécessité pour que nous puissions vivre ensemble au sein d'une société au fonctionnement bien huilé.

Le plus souvent, nos chefs invisibles ne connaissent pas l'identité des autres membres du cabinet très fermé auquel ils appartiennent.

Ils nous gouvernent en vertu de leur autorité naturelle, de leur capacité à formuler les idées dont nous avons besoin, de la position qu'ils occupent dans la structure sociale. Peu importe comment nous réagissons individuellement à cette situation puisque dans la vie quotidienne, que l'on pense à la politique ou aux affaires, à notre comportement social ou à nos valeurs morales, de fait nous sommes dominés par ce nombre relativement restreint de gens - une infime fraction des cent vingt millions d'habitants du pays - en mesure de comprendre les processus mentaux et les modèles sociaux des masses. Ce sont eux qui tirent les ficelles : ils contrôlent l'opinion publique, exploitent les vieilles forces sociales existantes, inventent d'autres façons de relier le monde et de le guider.

[...]

Chapitre 3 et 4

[...]

Les hommes prennent rarement conscience des raisons réelles au fondement de leurs actions. M. Tout le Monde croit qu'il a décidé de l'achat de sa voiture en connaissance de cause, après avoir minutieusement comparé les caractéristiques techniques des différents modèles proposés sur le marché. On peut sans grand risque d'erreur affirmer qu'il se leurre. En réalité, un de ses amis dont il respecte le sens des affaires a peut-être acheté la même voiture une semaine auparavant ; ou bien M. Tout le Monde a voulu prouver à ses voisins qu'il avait les moyens de s'offrir une automobile de cette classe ; ou encore il 'la choisie pour ses couleurs, qui se trouvent être celles de son ancienne université...

Les psychologues de l'école de Freud, eux surtout, on montré que nos pensées et nos actions sont des substituts compensatoires de désirs que nous avons dû refouler. Autrement dit, il nous arrive de désirer telle chose, non parce qu'elle est intrinsèquement précieuse ou utile, mais parce que inconsciemment, nous y voyons un symbole d'autre chose dont nous n'osons pas nous avouer que nous le désirons. Un homme qui achète une voiture se dit probablement qu'il en a besoin pour se déplacer, alors qu'au fond de lui il préfèrerait peut-être ne pas s'encombrer de cet objet et sait qu'il vaut mieux marcher pour rester en bonne santé. Son envie tient vraisemblablement au fait que la voiture est aussi un symbole de statut social, une preuve de la réussite en affaires, une façon de complaire à sa femme.

[...]

Les femmes ne sont pas moins soumises que les hommes aux injonctions du gouvernement invisible. Un filateur de soie qui cherchait de nouveaux débouchés suggéra à un gros fabricant de chaussures de recouvrir ses escarpins de soie pour les assortir aux robes des coquettes. Sitôt adoptée,l'idée fit l'objet d'une propagande systématique. On convainquit une actrice connue de porter ces souliers. La mode s'en répandit comme une traînée de poudre. Le fabricant de chaussures était prêt à satisfaire la demande ainsi créée, et le filateur ne demandait qu'à lui fournir toujours plus de coupons de soie pour fabriquer toujours plus d'escarpins.

[...]

Un conseiller en relations publiques est donc quelqu'un qui en s'appuyant sur les moyens de communication modernes et sur les formations collectives constituées au sein de la société, se charge de porter une idée à la conscience du grand public. Il ne se borne pas là, loin s'en faut. Il s'intéresse aux façons d'agir, aux doctrines, aux systèmes, aux opinions et aux manières de leur assurer le soutien populaire. Il se passionne pour des choses aussi concrètes que les produits bruts et manufacturés. Il sait ce qui se passe dans les services publics, dans les grandes corporations et dans des associations représentatives de pans entiers de l'industrie.

[...]

Le propagandiste d'autrefois travaillait en fonction de la réponse psychologique "mécaniste" [...] Imaginons le responsable des ventes d'un grossiste en viande, chargé par ce dernier d'augmenter la demande de bacon. Selon la stratégie alors préconisée, il aurait répété à l'envi ces consignes dans des publicités pleine page : "Manger du bacon, mangez du bacon : bon marché et bon pour la santé, le bacon vous donnera des réserves d'énergie."

Aujourd'hui, parce qu'il comprend la structure de la société et les principes de la psychologie collective, le responsable des ventes se demandera d'abord : "Quels sont ceux qui, de par leur position, influencent nos habitudes alimentaires ?" La réponse coule de source : "Les médecins" Ce vendeur d'un nouveau type suggérera alors au corps médical de se prononcer publiquement sur les effets salutaires de la consommation du bacon. Il sait avec une certitude mathématique, parce qu'il connait la dépendance psychologique des patients vis-à-vis de leurs médecins, que la plupart des gens se rangent aux avis de la Faculté.

Chapitre 5 : L'entreprise et le grand public

[...]

Prenons, par exemple le cas du dentifrice. Voilà un secteur éminemment compétitif, où l'adhésion publique à un produit plutôt qu'un autre est assez légitimement fondée sur les valeurs intrinsèques du produit. Or à quoi a-t-on assisté dans ce domaine ?

Un ou deux grands fabricants se sont réclamés haut et fort d'avantages qu'aucun dentifrice mis au point à ce jour ne saurait offrir. Faudrait-il que leurs concurrents surenchérissent dans l'outrance, au risque de perdre le marché ? Mieux vaut opter pour l'arme de la propagande, qui mobilise des relais divers (les dispensaires dentaires, les écoles, les clubs féminins, les facultés de médecine, la presses spécialisée à l'usage des dentistes et jusqu'à la presse quotidienne) pour divulguer au public la vérité sur les qualités d'un dentifrice.

Chapitre 6 : La propagande et l'autorité politique

[...]

Les campagnes politiques se résument à un enchaînement de performances mineures et d'hommages grandiloquents, éclatants et bavards. Elles ne font quasiment pas place à cette fonction pourtant essentielle qu'est l'étude scientifique du public, ni à la nécessité de lui présenter un parti, un candidat, un programme, des résultats, et de lui vendre ces idées et ces produits.

[...]

Il en effet incompréhensible que les hommes politiques ignorent les procédés commerciaux mis au point par l'industrie. Ils sont peut-être imbattables en stratégie politique, capables de développer des thèmes de campagne, de concevoir les points forts de leurs programmes, d'envisager des grandes réformes, mais cela ne signifie pas pour autant qu'ils sont qualifiés pour vendre des idées à une population aussi vaste que celles des états-Unis.

[...]

On peut amener une collectivité à accepter un bon gouvernement comme on la persuade d'accepter n'importe quel produit. C'est tellement vrai que je me demande souvent si les dirigeants politiques de dmain, qui auront la responsabilité de perpétuer le prestige et l'efficacité de leurs partis, ne vont pas entreprendre de former des politiciens qui seraient aussi des propagandistes.

Il me semble que la vision de Bernays s'est réalisée. Qu'en pensez-vous ?

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Invité château_musée
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Invité château_musée
Invité château_musée Invités 0 message
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propagande ou pas, manipulation ou non, de toute façon mes choix matériels sont en grande partie guidés par mon pouvoir d'achat.... à partir de là, je ne saute pas au plafond quand je parviens à acquérir un truc, mais je ne crache pas dessus non plus...

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  • 3 mois après...
Invité Ysaline
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Invité Ysaline
Invité Ysaline Invités 0 message
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J'ai appris l'existence de ce charmant monsieur grâce à Là bas si j'y suis, dans une émission que Daniel Mermet lui avait consacrée... Et ça m'a sidérée. Son ouvrage Propaganda est disponible en français sur ce site et par ailleurs on peut lire une biographie très intéressante sur cet autre site .

Assurément, ça fonctionne, ça fonctionne toujours. Le principe est bête comme chou, il suffit d'associer un produit à un désir, soit de passer directement par le ça. En d'autres termes, le principe est de s'adresser à une meute, dans la mesure où c'est le désir qui va être mis en avant dans la prise de décision.

La force de cette théorie, c'est évidemment qu'elle fonctionne et que la seule manière d'y échapper, c'est de revenir à une vision dépassionnée du monde particulièrement dans le processus de prise de décisions, en faisant un effort de rationalisation important. Or, pour faire cet effort, il faut d'abord éduquer ses pulsions, ce que la plupart des gens n'ont pas l'envie / le temps / l'idée de faire. Donc on aura beau parler de Bernays, tant qu'un effort individuel de distanciation n'est pas fait, et surtout compte tenu du succès de ses théories, du siècle de développement de celles-ci qui nous sépare de lui, du siècle de propagation des techniques qu'il a largement contribué à inventer, il sera de plus en plus difficile de lutter contre cette animalisation du consommateur...

Enfin, dans une société régie par l'appétance plus que par la raison, le seul moyen de créer une prise de conscience collective est d'utiliser les mêmes méthodes... C'est le serpent qui se mord la queue et (tap tap tap) c'est ma tête qui se cogne contre le mur. J'en veux pour preuve ce documentaire sur Noam Chomsky, qui se veut une main tendue vers le salut propagandaire et qui procède par une héroïsation de l'intellectuel ; les origines sociales, sa croissance, sa précocité, l'évocation des actions courageuses dès l'âge de 7 ans, bref on nous taille un costard de Messie du bonhomme, le pur, "Celui qui dit la vérité" (appréciez la combinaison de la formule biblique "Celui-qui-est" et de la parole de l'Ecclésiaste : "En vérité, en vérité je vous le dis"...). Bref, comment faire du documentaire sans faire du cinéma américain ; comment faire de la pensée sans faire de l'affect ?

Le salut sera individuel ou ne sera pas. Me semble-t-il. Je ne vois aucunement la possibilité d'un changement collectif en tant que tel.

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existence Membre 5 722 messages
Forumeur alchimiste‚
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Je te rejoins sur l'idée qu'il y a une culture simiesque. Ce que les humains ont en plus, c'est notamment la capacité à coopérer et à le faire spontanément déjà en étant enfant. Alors si notre culture nous incite à le compétition, elle nous prive finalement d'un fondement de l'humanité pour nous replonger dans nos fondements primates en les amplifiant et en leur donnant la primauté.

Je partage également ton avis à propos de Chomsky, qu'on érige en messie, perdant alors tout esprit critique vis-à-vis de ses positions. Personnellement, je trouve que l'intérêt de Chomsky est avant tout documentaire. Au-delà, bof. Noam Chomsky et Michael Moore, malgré leur critique souvent pertinente du système, tombent béatement dans le piège de la propagande sur le réchauffement climatique, tellement obnubilé qu'ils sont d'avoir bonne conscience. Michael Moore nage dans une culpabilité lié à ses parents qui fabriquaient des voitures et qui horreur entrainerait le réchauffement climatique ce qui entrainerait un déluge (je crois que ce passage est dans The Corporation, un très bon documentaire d'autre part). Bref on est pas loin de la culpabilité chrétienne.

Personnellement, je suis frustré par cette sempiternelle opposition entre la société et une sorte de pseudo-humilité à tendance religieuse. Il me semble que peu de gens arrivent à discerner la non-humilité, le fait de ne pas s'écraser et se morfondre dans le culpabilité et la honte, tout en allant pas dans les excès à tendance primate dont nous avons parlé plus haut. D'ailleurs, cela fait partie de la rhétorique chrétienne d'exagérer l'affirmation des autres pour démontrer que le fait qu'ils s'assument veuille dire qu'ils se prennent pour Dieu, pour justifier de les mettre à genou.

Un changement collectif est possible, mais avec de la pédagogie et de la patience. Comme tu le fais remarquer, un tel changement passe par un changement de la majorité des personnes mené de manière plus ou moins individuelle.

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Invité Ysaline
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Invité Ysaline
Invité Ysaline Invités 0 message
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Il m'est arrivé un truc assez rigolo, récemment. J'ai eu la curiosité de participer à un café repère, je ne sais pas si tu vois ce dont il s'agit, c'est lié à l'émission de Daniel Mermet sur France Inter. J'ai ainsi eu la surprise de me retrouver dans un repère... de moutons qui se pensaient différents, et j'ai eu le sentiment que ça leur permettait de s'identifier. Accablement quand l'un d'eux s'est écrié, repris par tous : "Mais qu'est-ce qu'on va faire quand Mermet va partir à la retraite ?". Et là, ma consternation était au paroxysme, à peu près...

Pour en revenir au propos, le problème à mon sens est immense ; ce dont on rêve en décriant la propagande ou les "relations publiques", c en'ezst pas d'une société dénuée de rapports de force mais d'un Homme qui prendrait de la distance vis-à-vis des archétypes qui fondent sa propre pensée. Ces archétypes sont indénombrables, mais ici, on parle notamment de ceux-ci : la peur du Cataclysme - la venue du Messie - la Rédemption universelle - le camp des Bons et celui des Méchants - le Diable manipulateur.

En fait, ce contre quoi on lutte, c'est contre la pensée magique qui autorise la pensée que tout va bien et tout ira bien quoi qu'il arrive, puisque la main qui trace les lignes dans le Livre de l'Histoire, c'est une main invisible - pas forcément celle d'Adam Smith - et que de toute façon, les actes sont dérisoires s'ils ne sont guidés par cette volonté supérieure. La manipulation des masses est une crainte aussi forte que celle du Démon à l'époque des chasses aux sorcières, aussi irrationnelle, puisque de toute façon, c'est la crainte d'un mal qui laisse le choix et qui ne prend que si on lui laisse prise. Le surinvestissement de cette peur est un repli déresponsabilisant qui consiste à dire : "le Diable est plus fort que moi, je n'y peux rien" et donc de continuer de faire l'autruche, au lieu de se retrousser les manches et de commencer par faire l'inquiétant, le désespérant état des lieux, qui va de paire avec l'idée que TOUT peut arriver et que nous sommes, individuellement comme collectivement, libres.

Bref, le noeud du problème, à mon sens, c'est qu'on peut inciter les gens à prendre conscience de certaines choses, mais qu'on ne peut jamais les forcer à ouvrir les yeux sur le Chaos. Et la plupart du temps, quand on leur donne des éléments de réflexion, ils font preuve d'une créativité déroutante pour créer une fable douce dans laquelle quelqu'un d'autre, de toute façon, arrangera les choses qui devront nécessairement s'arranger.

Autrement dit, je crois que l'art est la meilleure façon de créer cette prise de conscience, mais je dis ça parce que c'est lié à l'orientation de ma vie et donc de mes préoccupations... D'où ma question : à TON avis, comment on fait pour indiquer une sortie de cette chaleureuse demeure de la pensée magique ?

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existence Membre 5 722 messages
Forumeur alchimiste‚
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Je vais répondre dans le même ordre.

Tout d'abord merci de ton témoignage au sujet de la Mermetitude. Il est vrai que les gens recherchent des figures charismatiques, cela dit je ne pense pas que ce soit le problème. Je dirais que le plus gros problème ici est l'endoctrinement scolaire, qui consiste à avoir des maitres-qui-disent-ce-qui-est-vrai, et qui sous-entend une soumission davantage qu'une créativité intellectuelle et une motivation autonome. Alors quand le maitre s'en va, cela laisse place à l'angoisse.

Ensuite, tu parles de la manipulation des masses comme une crainte semblable à la crainte du Démon. J'ai un point de vue différent là-dessus. La crainte du Démon est justement le résultat d'une manipulation des masses par l'église. En fait, la propagande n'est pas nouvelle, mais elle a pris un tournant avec les média de masses et la psychologie sociale. Je dirais que la compréhension de la manipulation des masses peut laisser perplexe, mais ce n'est pas une raison pour sombrer dans le pessimisme. Ce dernier est une sorte d'arme psychologique de destruction massive qui est régulièrement utilisé, et dont les gens ne se rendent pas toujours compte quand ils sont sous son emprise.

La compréhension de la propagande actuelle me pousserait plutôt à faire un peu la même chose, mais en étant sincère, c'est-à-dire une propagande dont le but n'est pas de faire penser ceci ou cela à l'opinion publique, mais dont le but est de favoriser la compréhension et de mener vers le libre arbitre. Le côté artistique me semble intéressant dans la mesure où il stimule la créativité qui est une approche différente de la soumission à ceux-qui-savent. Les limites me semblent être celles de partir trop loin dans une direction complètement imaginaire, dénuée de réalisme politique. J'entends par là une compréhension concrète de l'organisation du pouvoir, nécessaire à mon avis pour proposer des solutions réalisables.

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Invité caupine
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Invité caupine
Invité caupine Invités 0 message
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La compréhension de la propagande actuelle me pousserait plutôt à faire un peu la même chose, mais en étant sincère, c'est-à-dire une propagande dont le but n'est pas de faire penser ceci ou cela à l'opinion publique, mais dont le but est de favoriser la compréhension et de mener vers le libre arbitre. Le côté artistique me semble intéressant dans la mesure où il stimule la créativité qui est une approche différente de la soumission à ceux-qui-savent. Les limites me semblent être celles de partir trop loin dans une direction complètement imaginaire, dénuée de réalisme politique. J'entends par là une compréhension concrète de l'organisation du pouvoir, nécessaire à mon avis pour proposer des solutions réalisables.

ton topic est vraiment très intéressant, mais cette phrase là ne passe pas, ou bien je ne la comprends pas, ou bien je la trouve complètement contradictoire avec ton discours.

En effet, si le but d'une propagande est de favoriser la compréhension, c'est que tu n'as dès lors, déjà plus le libre arbitre. Le libre arbitre, c'est prendre connaissance d'une propagande et être en mesure de faire la part des choses.

Le libre arbitre ne se propage pas, il s'impose de lui même.

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existence Membre 5 722 messages
Forumeur alchimiste‚
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Dans l'absolu je trouve que tu as raison, mais il faut prendre en compte l'accès à l'information. On peut trouver des informations si on cherche personnellement, mais beaucoup de personnes n'ont pas le temps ou la motivation de faire ces recherches, ou alors font confiance justement à certains pour propager justement ce genre d'informations. On tourne en rond, c'est comme le raisonnement de se dire que si certaines choses étaient vraies, on en entendrait parler. Le terme propagande a une connotation négative, mais si on la comprends comme le simple fait de mettre en ¿uvre des moyens pour propager des informations et pour donner une importance à certaines idées parmi la population, le fait d'apporter aux gens des informations pertinentes est une forme de propagande, et qui me semble positive. Moi je suis tombé sur certaines informations, mais c'est aussi par hasard. Je vois bien quand je distribue des tracts à des gens, certaines personnes sont tout à fait prêtes à recevoir des informations nouvelles par rapport à ce que racontent les média.

En fait, la contradiction que tu vois n'est qu'apparente. Tu considères le libre arbitre comme si chacun devait se débrouiller par soi-même pour trouver des informations intéressantes, mais justement le libre arbitre est un idéal dont on peut plus ou moins se rapprocher. La connaissance est un facteur essentiel au libre arbitre. Si tu considères une personne qui n'est pas au courant de certaines choses qui ont pourtant un intérêt stratégique pour cette personne, alors la personne n'a pas vraiment sont libre arbitre, puisque pour pouvoir choisir il faut pouvoir évaluer les possibilités.

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  • 2 semaines après...
Invité caupine
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Invité caupine
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En fait, la contradiction que tu vois n'est qu'apparente. Tu considères le libre arbitre comme si chacun devait se débrouiller par soi-même pour trouver des informations intéressantes, mais justement le libre arbitre est un idéal dont on peut plus ou moins se rapprocher. La connaissance est un facteur essentiel au libre arbitre. Si tu considères une personne qui n'est pas au courant de certaines choses qui ont pourtant un intérêt stratégique pour cette personne, alors la personne n'a pas vraiment sont libre arbitre, puisque pour pouvoir choisir il faut pouvoir évaluer les possibilités.

En effet j'ai l'impression que c'est à nous à aller chercher l'information plutôt que ce soit à elle d'arriver...auquel cas, je vérifie, je ne prends pas forcement l'info pour argent comptent. A partir de là plusieurs choix s'offre à moi, et c'est là que le libre arbitre intervient.

Le paradoxe est donc lorsqu'il n'y a qu'une seule et unique info et qu'alors le choix n'est plus possible. Et nous ne pourrions plus faire la thèse, l'anti-thése et dont la synthèse serait le choix.

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Forumeur alchimiste‚
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En effet j'ai l'impression que c'est à nous à aller chercher l'information plutôt que ce soit à elle d'arriver...auquel cas, je vérifie, je ne prends pas forcement l'info pour argent comptent. A partir de là plusieurs choix s'offre à moi, et c'est là que le libre arbitre intervient.

Je pense qu'avec une telle attitude tu te donnes effectivement les chances de comprendre quelque chose et d'obtenir les informations pertinentes, en tout cas par rapport à tes questionnements.

Le paradoxe est donc lorsqu'il n'y a qu'une seule et unique info et qu'alors le choix n'est plus possible. Et nous ne pourrions plus faire la thèse, l'anti-thése et dont la synthèse serait le choix.

Oui, c'est même pire que cela, puisqu'on nous proposes plusieurs choix, mais dans un cadre prédéfini, alors on fait une sorte de synthèse et on croit avoir vraiment réfléchit alors que la réflexion est restée dans un enclos. C'est le cas de l'opposition à deux partis (gauche et droite), qui donnent l'apparence d'un débat, mais en fait seulement dans les limites acceptées par les élites, c'est-à-dire sans remise en question du capital sans limite et de la hiérarchie du capital.

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Invité caupine
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Invité caupine
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Oui, c'est même pire que cela, puisqu'on nous proposes plusieurs choix, mais dans un cadre prédéfini, alors on fait une sorte de synthèse et on croit avoir vraiment réfléchit alors que la réflexion est restée dans un enclos. C'est le cas de l'opposition à deux partis (gauche et droite), qui donnent l'apparence d'un débat, mais en fait seulement dans les limites acceptées par les élites, c'est-à-dire sans remise en question du capital sans limite et de la hiérarchie du capital.

Quand tu dis que la réflexion reste dans un enclos, est ce que tu veux dire que la réponse (ou la réflexion) reste ainsi car non interprété ? Car lorsque je parle de synthèse, pour ma part, c'est de l'ordre de l'interprétation, donc cela devient subjectif (car propre à ma personne et mes convictions), mais cela me suffit, c'est ça ma synthèse.

Peut-être que dans un débat on situe les limites, mais le capital hiérarchique demeure sans remise en question. Sachant que les parties de gauches et de droite sont les parties extrêmes, et qu'au milieu c'est du domaine de l'interprétation voir la remise en question.

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existence Membre 5 722 messages
Forumeur alchimiste‚
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C'est un peu ce que je veux dire. Tu as beau faire une synthèse et interpréter, si tu restes dans le domaine du compromis entre les choses qui sont proposées dans un cadre, tu obtiens des choses qui restent dans le cadre. Géométriquement, on peut faire une analogie avec une forme convexe, comme un triangle ou un rectangle. Si tu prends deux points au hasard dans la forme et que tu relies les points, tous les points intermédiaires sont encore dans la forme.

Dans le cas de la gauche et de la droite, en gros la gauche propose une concentration de pouvoir dans un gouvernement dans les mains de gens ayant l'idéologie communiste, avec un hiérarchie, pas forcément une dictature au nom des pauvres, mais en tout cas une domination par le gouvernement. D'autre part, la gauche refuse de limiter le capital, parce qu'elle trouve que c'est faire un compromis avec le capitalisme plutôt que de le détruire. Les gens qui font ce genre de propositions sont pointées du doigt comme des traitres.

Quant à la droite, elle propose une limitation de l'influence du gouvernement et de laisser les entreprises contrôler la société, sans limiter le capital non plus. La synthèse de la gauche et de la droite est donc un compromis entre le contrôle par les entreprises, le capital individuel n'étant pas limité, et les gouvernements.

Géométriquement, on peut représenter cette situation comme un triangle avec pour sommets :

- la "gauche"

- la "droite"

- l'anarchisme

Trouver un compromis entre la gauche et la droite revient à rester sur un seul bord. Sur ce bord, il y a toujours une concentration du pouvoir dans les mains d'une minorité, cette minorité étant les dirigeants des grandes entreprises ou bien les dirigeants de l'état. Il suffit alors d'avoir des pions autant dans les entreprises que dans le gouvernement. Graphiquement je le représente comme cela :

triangle_pouvoir.PNG

L'anarchisme est aussi un extrême, assez instable. Il consiste à remettre en cause la propriété ET l'état. Seulement, comme il ne reste alors aucune structure sociale hiérarchique, c'est en gros la loi de ceux qui crient le plus fort, ceux qui ont le plus de charisme. On ne parle pas non plus de limiter le capital individuel puisque ce qu'on possède est alors censé se réduire à quelques objets. Les anarchismes refusent tout compromis avec l'état également.

Il reste donc une zone intermédiaire qui est neutralisée, masquée par l'opposition entre ces trois pôles.

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Invité caupine
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Invité caupine
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Quelle belle démonstration du politiquemement correct. :o°

Tu expliques bien, j'aime beaucoup l'analyse du côté anarchique qui rejoint un peu mon idée de remise en question, c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est question d'anarchie. Le seul hic, c'est qu'il refuse tout compromis avec l'état. C'est là ou le bât blesse.

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existence Membre 5 722 messages
Forumeur alchimiste‚
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Merci.  :o°

Tout à fait. Le "refus du compromis" bloque la situation.  :D

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