corpus


oui2 Membre 54 messages
Forumeur en herbe‚
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bonjour voila j'ai un autre exercice mais donc j'ai trouver les procede mais je n'arrive pas a analyser

Texte A : La Bruyère, Caractères, « De l'homme », XI, n° 128, 1688.

L'on voit certains animaux farouches, des mâles et des femelles répandus par la campagne, noirs, livides et tout brûlés du soleil, attachés à la terre qu'ils fouillent et qu'ils remuent avec une opiniâtreté invincible ; ils ont comme une voix articulée, et quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine, et en effet ils sont des hommes ; ils se retirent la nuit dans des tanières où ils vivent de pain noir, d'eau et de racine : ils épargnent aux autres hommes la peine de semer, de labourer et de recueillir pour vivre, et méritent ainsi de ne pas manquer de ce pain qu'ils ont semé.

TEXTE B - Fénelon, Lettre à Louis XIV, 1693.

Le peuple même (il faut tout dire), qui vous a tant aimé, qui a eu tant de confiance en vous, commence à perdre l'amitié, la confiance, et même le respect. Vos victoires et vos conquêtes ne le réjouissent plus ; il est plein d'aigreur et de désespoir. La sédition1 s'allume peu à peu de toutes parts. Ils croient que vous n'avez aucune pitié de leurs maux, que vous n'aimez que votre autorité et votre gloire. Si le roi, dit-on, avait un c¿ur de père pour son peuple, ne mettrait-il pas plutôt sa gloire à leur donner du pain, et à les faire respirer après tant de maux, qu'à garder quelques places de la frontière, qui causent la guerre ? Quelle réponse à cela, Sire ? Les émotions2 populaires, qui étaient inconnues depuis si longtemps, deviennent fréquentes. Paris même, si près de vous, n'en est pas exempt. Les magistrats sont contraints de tolérer l'insolence des mutins, et de faire couler sous main quelque monnaie pour les apaiser ; ainsi on paye ceux qu'il faudrait punir. Vous êtes réduit à la honteuse et déplorable extrémité, ou de laisser la sédition impunie et de l'accroître par cette impunité, ou de faire massacrer avec inhumanité des peuples que vous mettez au désespoir en leur arrachant, par vos impôts pour cette guerre, le pain qu'ils tâchent de gagner à la sueur de leurs visages.

1 - la sédition : le soulèvement contre l'autorité.

2 - les émotions : les révoltes.

Texte C : Victor Hugo, Discours à l'Assemblée, 30 juin 1850.

Figurez-vous ces caves dont rien de ce que je vous ai dit ne peut donner l'idée ; figurez-vous ces cours qu'ils appellent des courettes, resserrées entre de hautes masures, sombres, humides, glaciales, méphitiques1, pleines de miasmes stagnants1, encombrées d'immondices, les fosses d'aisance à côté des puits !

Hé mon Dieu ! ce n'est pas le moment de chercher des délicatesses de langage !

Figurez-vous ces maisons, ces masures habitées du haut en bas, jusque sous terre, les eaux croupissantes filtrant à travers les pavés dans ces tanières où il y a des créatures humaines. Quelquefois jusqu'à dix familles dans une masure, jusqu'à dix personnes dans une chambre, jusqu'à cinq ou six dans un lit, les âges et les sexes mêlés, les greniers aussi hideux que les caves, des galetas2 où il entre assez de froid pour grelotter et pas assez d'air pour respirer !

Je demandais à une femme de la rue du Bois-Saint-Sauveur : pourquoi n'ouvrez-vous pas les fenêtres ? - elle m'a répondu : - parce que les châssis sont pourris et qu'ils nous resteraient dans les mains. J'ai insisté : - vous ne les ouvrez-donc jamais ? - Jamais, monsieur !

Figurez-vous la population maladive et étiolée3, des spectres au seuil des portes, la virilité retardée, la décrépitude précoce, des adolescents qu'on prend pour des enfants, de jeunes mères qu'on prend pour de vieilles femmes, les scrofules, le rachis, l'ophtalmie, l'idiotisme4, une indigence inouïe, des haillons partout, on m'a montré comme une curiosité une femme qui avait des boucles d'oreilles d'argent !

Et au milieu de tout cela le travail sans relâche, le travail acharné, pas assez d'heures de sommeil, le travail de l'homme, le travail de la femme, le travail de l'âge mûr, le travail de la vieillesse, le travail de l'enfance, le travail de l'infirme, et souvent pas de pain, et souvent pas de feu, et cette femme aveugle, entre ses deux enfants dont l'un est mort et l'autre va mourir, et ce filetier5 phtisique6 agonisant, et cette mère épileptique qui a trois enfants et qui gagne trois sous par jour ! Figurez-vous tout cela et si vous vous récriez, et si vous doutez, et si vous niez...

Ah ! Vous niez ! Eh bien, dérangez-vous quelques heures, venez avec nous, incrédules, et nous vous ferons voir de vos yeux, toucher de vos mains, les plaies, les plaies saignantes de ce Christ7 qu'on appelle le peuple !

1 - méphitiques, pleines de miasmes stagnants : malsaines.

2 - des galetas : pièces insalubres.

3 - étiolée : affaiblie.

4 - les scrofules, le rachis, l'ophtalmie, l'idiotisme : maladies dues à de mauvaises conditions de vie.

5 - filetier : artisan qui confectionne des filets de pêche.

6 - la phtisie est une maladie mortelle qui s'attaque aux poumons et qui a fait des ravages au XIXe siècle et au début du XXe.

7 - les plaies saignantes de ce Christ : expression métaphorique.

Texte D : Arthur Rimbaud, Poésies, « Les Effarés », édition posthume de 1895 (texte composé en 1870).

Les Effarés
1

Noirs dans la neige et dans la brume,

Au grand soupirail qui s'allume,

Leurs culs en rond

A genoux, cinq petits - misère ! -

Regardent le boulanger faire

Le lourd pain blond...

Ils voient le fort bras blanc qui tourne

La pâte grise, et qui l'enfourne

Dans un trou clair

Ils écoutent le bon pain cuire.

Le boulanger au gras sourire

Grogne un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge,

Au souffle du soupirail rouge,

Chaud comme un sein.

Quand, pour quelque médianoche
2
,

Façonné comme une brioche

On sort le pain,

Quand, sous les poutres enfumées,

Chantent les croûtes parfumées,

Et les grillons,

Que ce trou chaud souffle la vie,

Ils ont leur âme si ravie

Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,

Les pauvres Jésus
3
pleins de givre !

- Qu'ils sont là, tous,

Collant leurs petits museaux roses

Au treillage, grognant des choses

Entre les trous,

Tout bêtes, faisant leurs prières

Et repliés vers ces lumières

Du ciel rouvert,

Si fort, qu'ils crèvent leur culotte,

Et que leur chemise tremblote

Au vent d'hiver...

1- Effaré : signifie à la fois étonné, inquiet et « sauvage » au sens de timide, qui s'enfuit dès qu'on le remarque (du latin fera, bête sauvage).

2 - médianoche : repas copieux que l'on prend au milieu de la nuit.

3 - Les pauvres Jésus : expression imagée pour désigner les enfants innocents et fragiles.

Texte E : Emile Zola, L'Assommoir, 1877.

Au milieu de cette existence enragée par la misère, Gervaise souffrait encore des faims qu'elle entendait râler autour d'elle. Ce coin de la maison était le coin des pouilleux, où trois ou quatre ménages semblaient s'être donné le mot pour ne pas avoir du pain tous les jours. Les portes avaient beau s'ouvrir, elles ne lâchaient guère souvent des odeurs de cuisine. Le long du corridor, il y avait un silence de crevaison, et les murs sonnaient creux, comme des ventres vides. Par moments, des danses s'élevaient1, des larmes de femmes, des plaintes de mioches affamés, des familles qui se mangeaient pour tromper leur estomac. On était là dans une crampe au gosier générale, bâillant par toutes ces bouches tendues ; et les poitrines se creusaient, rien qu'à respirer cet air, où les moucherons eux-mêmes n'auraient pas pu vivre, faute de nourriture. Mais la grande pitié de Gervaise était surtout le père Bru, dans son trou, sous le petit escalier. Il s'y retirait comme une marmotte, s'y mettait en boule, pour avoir moins froid ; il restait des journées sans bouger, sur un tas de paille. La faim ne le faisait même plus sortir, car c'était bien inutile d'aller gagner dehors de l'appétit, lorsque personne ne l'avait invité en ville. Quand il ne reparaissait pas de trois ou quatre jours, les voisins poussaient sa porte, regardaient s'il n'était pas fini. Non, il vivait quand même, pas beaucoup, mais un peu, d'un ¿il seulement ; jusqu'à la mort qui l'oubliait ! Gervaise, dès qu'elle avait du pain, lui jetait des croûtes. Si elle devenait mauvaise et détestait les hommes, à cause de son mari, elle plaignait toujours bien sincèrement les animaux ; et le père Bru, ce pauvre vieux, qu'on laissait crever, parce qu'il ne pouvait plus tenir un outil, était comme un chien pour elle, une bête hors de service, dont les équarrisseurs2 ne voulaient même pas acheter la peau ni la graisse. Elle en gardait un poids sur le c¿ur, de le savoir continuellement là, de l'autre côté du corridor, abandonné de Dieu et des hommes, se nourrissant uniquement de lui-même, retournant à la taille d'un enfant, ratatiné et desséché à la manière des oranges qui se racornissent sur les cheminées.

1 - des danses s'élevaient : des coups étaient donnés (expression familière).

2 - équarrisseurs : personnes qui traitent les cadavres d'animaux non utilisés en boucherie.

I- Après avoir pris connaissance de l'ensemble des textes, vous répondrez d'abord â la question suivante (4 points) :

Identifiez dans l'ensemble du corpus quatre procédés argumentatifs et dites en quoi ils sont efficaces pour dénoncer la misère du peuple

alors comme procédés j'ai trouver : le registre pathétique, l'énonciation, le champs lexical de la misère, la syntaxe mais mon probleme c'est que je n'arrive pas a les mettre dans la question a bien rediger

merci d'avance

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mu39 Membre 558 messages
Forumeur forcené‚ 37ans
Posté(e)

Alors tu vas être un peu plus précis sur tes procédés argumentatifs trouver!

éa sent bon le "faites moi mon devoir svp"!

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silas59 Membre 33 575 messages
Psychopathe de ForumFr ‚ 26ans
Posté(e)

Précise pour chaque texte, quel genre argumentatif utilise l'auteur.

Bon courage :smile2:

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