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La réforme sans pognon


Black Survitual

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Modèle social français

La réforme sans pognon

Faut-il laisser filer le déficit pour soutenir l'activité, alors que les Français s'impatientent pour leur pouvoir d'achat ? Ou au contraire éviter un nouveau dérapage des comptes de l'Etat, malgré un programme de réformes à haut risque : retraites, contrat de travail... Belle empoignade en vue dans la majorité

Mission impossible à Bercy. La crise financière est en train d'affoler tous les indicateurs de l'économie française. Christine Lagarde l'a enfin reconnu : la croissance française sera plus faible que prévu. Et non seulement le gouvernement n'a pas d'argent pour financer ses réformes, mais en plus il peut redouter que sa majorité ne lui demande de soutenir une activité défaillante. Alors rigueur ou pas rigueur ? En réalité, le gouvernement pilote à vue. Toutes ses hypothèses ont volé en éclats. Son projet de budget pour cette année reposait sur quelques paramètres simples : 1 euro à 1,37 dollar, un baril de pétrole à 73 dollars, une inflation maîtrisée à 1,6% et donc une croissance comprise entre 2 et 2,5%. Que reste-t-il de ce scénario ? Rien. L'euro flambe, le baril s'échange à 110 dollars, les prix dérapent : l'Insee prévoit 3% d'inflation au moins jusqu'à cet été. Et l'activité sera morose. Le gouvernement espère atteindre un chiffre proche de 2%. Mais les économistes les plus pessimistes comme ceux de BNP-Paribas se situent plutôt à 1,2%. «Nous ne croyons pas à la théorie du découpage entre les Etats-Unis qui seraient touchés et le reste du monde qui serait épargné. La hausse de l'euro pénalise les exportations, et l'inflation des matières premières et du pétrole est mauvaise pour la consommation des ménages», estime Mathieu Kaiser, de BNP-Paribas. Difficile d'éviter un dérapage des comptes publics. Car «Bercy avait basé ses prévisions de recettes fiscales sur une croissance de 2,5% de l'activité. On en sera très loin, juge un conseiller du député Didier Migaud, le président socialiste de la commission des Finances. La perte de recettes fiscales pourrait atteindre 4,6 milliards d'euros, sans compter que 5 milliards de recettes de privatisations ont été prévus. Ce ne sera pas évident si les marchés financiers ne se stabilisent pas.» La promesse de réduire le déficit de 2,4 à 2,3% du PIB cette année sera donc difficile. Or la France est surveillée de près par ses partenaires. Elle fait déjà partie, avec l'Italie, des mauvais élèves de la zone euro (voir graphique). La plupart de nos voisins vont ramener leur solde à zéro, comme l'Allemagne, ou seront même en excédent, comme l'Espagne ou les Pays-Bas. Bercy n'a cessé de repousser l'assainissement de ses comptes. Promis pour 2004 puis 2010, maintenant il serait pour 2012. La France, qui prend la présidence de l'Union européenne le 1er juillet, ne pourra pas se permettre de ne pas respecter sa parole et de laisser filer les déficits.

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