Louise Bourgeois à Pompidou


chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
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Je voulais faire de la pub pour une expo qui a lieu jusqu'au 2 juin au Centre Pompidou à Paris sur l'artiste Louise Bourgeois. Je n'y suis pas encore allée, je ne connais pas l'artiste mais les reportages que j'ai vus sur elle me donne très envie d'y aller. Et jai surtout été très frappée par l'immense sculpture de l'araignée qui est un hommage à sa mère qui était dans le milieu de la couture.

Quelqu'un a-t-il vu cette expo ?

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Critique

Louise Bourgeois joue avec art de la souffrance

LE MONDE | 10.03.08 | 14h47 ¿ Mis à jour le 10.03.08 | 14h47h_3_ill_1020769_1.jpg

AP/Francois Mori

Après Londres, le Centre Pompidou à Paris présente une rétrospective de l'artiste Louise Bourgeois - ici, une visiteuse le 5 mars 2008.

Après la Tate Modern à Londres (Le Monde du 28 décembre 2007), la rétrospective Louise Bourgeois est au Centre Pompidou. C'est la même : parcours chronologique et choix des oeuvres identiques. Elle est aussi cohérente, dure et convaincante. Pourtant, elle est différente : espaces et aménagements diffèrent - plus resserrés et intimes à Paris - et trois salles se sont ajoutées.

Dans le cabinet d'art graphique, Marie-Laure Bernadac et Jonas Strosve, commissaires français de l'exposition, présentent Tendres compulsions, ensembles de petites sculptures, d'oeuvres sur papier et sur tissu, certaines très récentes, qui ne figuraient pas à Londres. On serait tenté d'inciter le visiteur à commencer par là, à remonter le temps plutôt qu'à le descendre, comme n'a cessé de le faire Louise Bourgeois. Le titre, Tendres compulsions, est à entendre, lui aussi, à rebours : la cruauté est à son paroxysme, cruauté du jugement de l'artiste sur ses semblables, cruauté du regard qu'elle porte sur elle-même.

A 96 ans - elle est née le jour de Noël 1911 -, il serait étrange que Louise Bourgeois ne songe pas à sa mort. Dans Extrême tension, très grandes gravures rehaussées au crayon, à l'encre, à la gouache, elle fait bien plus que la suggérer. Elle en traque les signes dans son corps affaibli. A peine dans la salle, le malaise gagne, tant il est évident que les maux que ses oeuvres promettent sont ceux de tout un chacun. Bourgeois les regarde s'aggraver sans ciller - épreuve sévère.

Et la leçon limpide. Qu'est-ce qui protège l'artiste de la disparition qui la guette comme une araignée ? Le crayon, l'encre, la gouache, le dessin, les mots : tout ce qui peut se réunir sur une feuille de papier. Et la cire, le latex, le bois, le marbre, le bronze, les étoffes, le fer, les objets récupérés et transformés : tout ce qui peut devenir charme, fétiche, autel, abri, relique.

LA JOUISSANCE RENOUVELéE

A Extrême tension répond aussitôt 10 AM is When You Come, suite de quarante peintures sur un motif unique, les mains de l'artiste qui saisissent ou sont saisies par les mains de son assistant. Les doigts semblent modeler, se croiser ou danser, allégories de la création. Ce qui fait vivre Louise Bourgeois, c'est cela : la jouissance renouvelée chaque jour des gestes qui donnent forme aux idées et des formes qui donnent naissance à des idées, si funèbres ou tragiques soient celles-ci.

Des premières peintures des années 1940 aux travaux les plus récents, le paradoxe demeure inchangé et aussi intense. Louise Bourgeois, comme elle l'a affirmé souvent, prend dans son enfance, dans ses traumatismes, ses ressentiments et ses haines, l'essentiel de ses sujets. Pour entrer dans son oeuvre, il faut savoir qu'elle est née dans une famille parisienne plutôt aisée et artiste, a souffert des moeurs libertines de son père, étudié à l'Ecole du Louvre et épousé en 1938 l'historien d'art américain Robert Goldwater.

Depuis soixante-dix ans, elle vit et travaille à New York. Dans les années 1940, elle y a connu les surréalistes en exil et monté une exposition en collaboration avec Marcel Duchamp. Elle n'ignore donc rien ni des arts anciens ni de celui de son siècle.

Les biographes intimes expliquent qu'elle s'acharne sans fin contre son père et tout ce qui relève du viril et du paternel, masculin haïssable voué à l'humiliation. Elle ne traite pas mieux le féminin, souvent réduit à la grossesse et à l'enfantement. Homme et femme sont principalement des organes, sacs de peau et de chair. Dans ces corps, la féroce Louise incise, découpe, greffe. Desséchées ou tuméfiées, les dépouilles pendent ou s'accumulent dans des chambres mortuaires.

On en frémit d'abord vivement. Mais ce grand art de la souffrance est d'abord un art, justement, avec ce que cela suppose de conscience critique, d'intelligence des moyens - et de savoir aussi. S'il est des oeuvres de Louise Bourgeois qui frappent comme des couteaux ou des sortilèges, d'autres opèrent moins brutalement, par le scabreux saugrenu façon Duchamp, par le bizarre sauvage surréaliste ou par le grotesque vénéneux à la Ensor. Ce ne sont pas les moins efficaces.

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
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ça y est, je suis enfin allée à l'expo. C'était intéressant même si certaines sculptures ne m'ont pas trop interpellée parce que trop abstraite.J'ai beaucoup aimé :

- "l'arc de l'hystérie" : sculpture qui représente un homme hystérique. Beau pied de nez à l'origine du mot ! C'est l'oeuvre que j'ai préféré car je la trouve très belle.

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- "étude d'après nature" : c'est une sculpture qui représente un monstre : sorte de sphinx avec 3 paires de seins. C'est ainsi que Louise Bourgeois a représenté son père pour lui exprimer tout le mépris qu'elle avait pour lui.

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- j'ai été scotchée par les deux grandes araignées : il y en a une dans le hall d'entrée de Beaubourg et une autre dans l'expo beaucoup plus grande mais pas forcément plus menaçante.

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- "donne ou prend" : cela représente la sculpture de deux mains accrochées ensemble : l'une des mains a les doigts tendus et l'autre le poing fermé.

- "le doux parfum de l'indigo" : c'est un tableau.

La voici en photo avec une de ses sculptures dans la main intitulée "fillette" et qui ressemble étrangement à un phallus :snif:

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chirona Membre+ 3 432 messages
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Et voici quelques citations de Louise Bourgeois :

"J'ai toujours éprouvé une fascination pour l'aiguille et son pouvoir magique."

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"La sculpture est le corps, mon corps est ma sculpture."

"Tout mon travail des 50 dernières années, tous mes sujets trouvent leur source dans mon enfance. Mon enfance n'a jamais perdu sa magie, elle n'a jamais perdu son mystère, ni son drame."

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