l'affaire campion..........bientot un bain de sang?


Invité j.descam
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Dossier du 19/02/2008 à 14:38

Lachapelle-aux-Pots : Le couple Campion raconte sa terrible nuit.

322-photo1-snap.JPG «On se demande simplement quand cela va s'arrêter», confie André Campion qui a tenu à ne pas être pris en photo le visage défiguré par le déchaînement de violence dont il a fait l'objet.Pendant plus d'une heure, dimanche 24 février au soir, André Campion et sa concubine ont été séquestrés par quatre hommes cagoulés.

Mercredi 27 février 17 heures. André Campion, père de Gilles, le patron du Parc Saint Paul, arrive accompagnée de sa concubine Corinne à la mairie de Saint-Paul où tous deux ont accepté de témoigner sur l'odieuse agression dont ils ont été les victimes dimanche 24 février au soir dans leur maison d'Armentières, petit hameau de Lachapelle-aux-Pots.

André, 70 ans, le visage encore tuméfié, et Corinne, 48 ans, l'oeil au beurre noir, sont sortis de l'hôpital lundi après-midi avec respectivement quinze jours et dix jours d'interruption temporaire de travail. «Nous revenons de notre maison de Lachapelle où nous avons répondu aux questions des enquêteurs et où nous avons remis un peu d'ordre, explique André, marqué mais combatif. Tout est sens dessus dessous. Nous avons dormi lundi et mardi chez mon fils mais dès ce soir (mercredi, Ndlr), nous retournons chez nous avec notre berger allemand Pitt que nous avons récupéré chez le vétérinaire».

Une belle preuve de courage pour ce couple qui a vécu l'enfer à domicile dans la nuit de dimanche à lundi.

«Une pluie de coups au visage»

Tout a commencé dimanche soir vers 23h30. Confortablement installé dans son fauteuil, André Campion regarde la série Les Experts à la télévision. Corinne, sa concubine, dort déjà dans la chambre à l'étage. Soudain, deux têtes cagoulées apparaissent au dessus d'André. «D'un seul coup, on m'a tiré la tête et les épaules en arrière et j'ai reçu une pluie de coups au visage», raconte-t-il.

Rapidement, les revendications sont énoncées par les malfaiteurs, au nombre de quatre : «L'argent ! Où est le coffre ? Donne-nous ton fric ! On va te tuer !»

Réveillé par le vacarme, Pitt, le berger allemand, accourt du premier étage et saute sur l'un des agresseurs. Celui-ci fait un bond en arrière, se saisit d'une chaise et la fracasse sur l'animal. Un autre attrape un fusil de chasse, posé dans un coin, le charge et met le berger allemand en joue. André Campion s'interpose : «Ne tuez pas mon chien, ne tuez pas mon chien !» Pour le sauver, il lui passe une laisse et va l'enfermer dans les toilettes. «Il pissait le sang», détaille André Campion.

Sitôt la porte fermée, les coups pleuvent à nouveau sur le septuagénaire. «Ils m'ont attrapé par les cheveux et traîné sur le sol. J'étais groggy, dans un état second», poursuit le retraité. André Campion est ligoté avec du fil électrique et une cravate trouvée sur place.

Dans le même temps, Corinne, réveillée par les hurlements du chien, descend les escaliers quatre à quatre. Elle se jette courageusement sur l'un des agresseurs. «J'ai reçu un coup de bâton sur la tête, raconte-t-elle. Ils m'ont ordonné de remonter en me demandant où était le coffre. Je ne cessais de dire qu'il n'y en avait pas». Le calvaire commence pour elle aussi.

Déshabillée, ligotée et menacée de viol

Elle est tour à tour déshabillée, les pieds et les mains attachés avec un câble télé et une ceinture de peignoir, jetée dans un cabinet de toilettes et menacée de viol. Malgré tout, la pauvre femme continue de se préoccuper du sort d'André : «Arrêtez de le frapper, il est malade du coeur ! Il a 70 ans ! Vous allez le tuer», crie-t-elle.

Les quatre malfaiteurs, dont les cagoules ne laissent apparaître que leurs yeux, semblent se préoccuper de l'état de santé de leur victime. Une scène surréaliste survient. «Ils m'ont jeté de l'eau froide sur la tête, fait avaler de force un Di-Antalvic mais, à peine mes esprits retrouvés, ils m'ont remis une prune en plein visage», souligne André, encore glacé par «le professionnalisme» de ses bourreaux. «Il s'agissait de gens plutôt jeunes, habillés en blousons - jeans - baskets, détaille-t-il. Pas des armoires à glace mais en excellente condition physique. Ils étaient équipés de gants de frappe, renforcés au niveau des phalanges. Malgré le nombre de coups, j'ai compris qu'ils prenaient soin de ne pas aller trop loin. Un vol avec violence et séquestration, ce n'est pas pareil qu'un meurtre».

«Ils visaient le patron du Parc Saint Paul»

Les rôles sont bien distribués. Tandis que les uns frappent et terrorisent, les autres cherchent et fouillent dans les moindres recoins. Toute la maison y passe : cadres, miroirs, objets jetés au sol, armoires vidées et renversés, lampes cassées, portes de placards arrachées� Curieusement, de la grenadine, du lait et du chocolat sont répandus partout sur le sol. Une heure passe. Toujours pas de trace de coffre�

«Mais vous êtes bien le Parc Saint Paul ? s'impatiente l'un des malfaiteurs - Je suis retraité, répond André Campion qui a bien créé le parc mais n'en est plus le propriétaire ni même le gérant - Le parc, c'est votre fils alors ? Où il est ? - Il est en vacances». André comprend que les malfaiteurs «se sont trompés de taulier». «Je pense qu'ils visaient mon fils, explique-t-il. Ils croyaient que j'étais le patron du parc».

Au premier étage, Corinne qui a jusque-là réussi à conserver un semblant de sang-froid, est maintenant terrorisée. «J'ai vraiment paniqué lorsque l'un d'eux m'a dit qu'il allait chercher une hache à la cave pour me couper les doigts de pied», confie-t-elle.

Tandis qu'elle se retrouve à nouveau seule au premier, mue par l'énergie du désespoir, elle parvient à se libérer de ses liens. «J'ai ouvert la fenêtre de la chambre et j'ai sauté», poursuit-elle. La chute de trois mètres est amortie par la pelouse grasse et humide. «J'ai couru à travers le jardin jusqu'à la fenêtre des voisins sur laquelle j'ai tambouriné jusqu'à ce qu'ils m'ouvrent». De là, elle parvient à joindre Gilles Campion et les gendarmes.

Le butin :

7000 euros en liquide et des bijoux

Les quatre agresseurs ne tardent pas à s'apercevoir de l'évasion. Ils prennent la fuite avec plusieurs bijoux et les 7000 euros en liquide qu'André Campion avait retiré le jour même à la banque «pour ses deux petites filles qui se mettent en ménage».

«Je les ai entendus dévaler l'escalier puis plus rien, décrit André. Corinne ne répondait pas. J'ai eu très peur pour elle. Je me suis détaché et je suis monté au premier. Elle n'y était pas». Aussi, le retraité imagine le pire : la prise d'otage de Corinne par les malfaiteurs en vue de se rendre chez son fils Gilles, le véritable propriétaire du parc.

André Campion tente d'appeler Gilles mais le fil du téléphone a été arraché et son portable détruit. Il fonce alors à sa voiture et prend la route, le visage tuméfié, les dents cassées, un oeil fermé, en direction du parc d'attractions. Dans le même temps, Gilles Campion, fait le chemin inverse. Ils se croisent sans se voir.

Tous se retrouveront un peu plus tard à la maison d'Armentières, où les deux victimes seront prises en charge par les secours.

Aujourd'hui, André Campion rend hommage à Corinne : «C'est grâce à elle que ce cauchemar a pris fin. Sans ça, cela aurait pu durer toute la nuit. Ils n'en étaient pas à une heure près. Ils étaient chez eux».

Article rédigé par :

Pierre Chemel

1ère partie aujourd'hui.............la suite demain :snif:

La liste ne cesse de s'allonger

323-photo1-snap.jpgL'agression des Campion porte à 16 le nombre d'attaques de ce type commises dans le Beauvaisis depuis 2004.

L'évènement du dimanche 24 février au soir porte à 16 le nombre d'agressions à domicile connues des médias et commises dans le Beauvaisis ces quatre dernières années, avec cette particularité que les faits sont de plus en plus rapprochés dans le temps. Quand cela va-t-il s'arrêter ?

Une cellule d'enquête spécifique regroupant une dizaine de militaires a pris ses quartiers à la gendarmerie de Beauvais il y a quelques semaines avec pour mission de mettre un terme à cette inquiétante série. Pour l'heure, rien ne filtre sur l'avancement des investigations menées par ces gendarmes issus de la section recherche (SR) d'Amiens, de la brigade de recherche de Beauvais et de diverses brigades territorialement concernées.

Qui sont ces hommes cagoulés ? Sont-ils domiciliés dans le Beauvaisis ? Quels liens les unissent ? Comment choisissent-ils leurs victimes ? Ont-ils des informateurs locaux ? Y-a-t-il une ou plusieurs équipes ? Autant de questions sur lesquelles travaillent les enquêteurs.

Commerçants et entrepreneurs en vue

Une chose est sûre, il ressort de cette quinzaine de saucissonnages qu'ils ont tous visé des commerçants ou des entrepreneurs, en activité ou à la retraite, implantés de longue date sur le secteur, plus précisément dans le carré nord- ouest du département (Beauvais compris). Et même au delà� Selon nos informations, les enquêteurs effectueraient des recoupements avec d'autres séquestrations commises dans le Compiégnois, à la frontière de la Somme et de la Seine-Maritime.

Les victimes ont en commun d'être des commerçants et entrepreneurs en vue, le plus souvent propriétaires de belles voitures et de belles maisons. Ils sont supposés, de par leur métier, brasser des quantités importantes d'argent liquide ou à tout le moins, de disposer d'un confortable pécule ainsi que d'objets de valeur. Le mobile crapuleux des attaques ne fait aucun doute. Lors de chacune d'elles, les malfaiteurs ont demandé avec insistance : «Où est le coffre-fort ?» Toutefois, le butin a souvent été sans commune mesure avec le traumatisme subi par les victimes.

Retour sur onze de ces agressions aux modes opératoires étrangement similaires.

Dimanche 11 janvier 2004 au soir, Troissereux. Cinq hommes cagoulés, gantés et armés de matraques s'introduisent au domicile des époux Planche, rue du Puits à Troissereux. Le couple d'horticulteurs est ligoté et physiquement agressé. Leur chien, menacé d'être exécuté, aura la vie sauve. Les cinq hommes repartent avec la recette du week-end et un ordinateur portable.

Lundi 30 mai 2005, 16 heures, Troissereux. Vers 16 heures, trois hommes cagoulés et gantés forcent la porte de la cuisine de la maison des époux Chouvet, propriétaires des carrières du même nom. Anne-Marie Chouvet, 65 ans, qui se trouve seule dans l'habitation, est frappée au visage. Les agresseurs menacent de lui couper les doigts si elle ne leur donne pas de l'argent liquide. La sexagénaire s'exécute et leur remet 900 euros. Elle est ensuite ligotée et enfermée les yeux bandés dans les toilettes tandis que les trois hommes fouillent la maison de fond en comble. Ils quittent les lieux une vingtaine de minutes plus tard. Anne-Marie Chouvet parviendra à se libérer de ses liens et ira trouver refuge chez une voisine.

Samedi 22 octobre 2005 au soir, Milly-sur-Thérain.

Eric Maeyaert, patron de la cidrerie du même nom, s'apprête à passer une soirée tranquille à son domicile, dans le quartier des étangs, en compagnie de sa compagne et de sa fille de 8 ans. Vers 20 heures, cinq hommes, tout de noir vêtus, cagoulés, gantés et armés font irruption dans l'habitation. La fillette est conduite à l'écart. Eric Maeyaert est roué de coups, notamment à l'aide d'une batte de base-ball. Les agresseurs veulent savoir où il cache son argent. L'homme a réussi dans la vie, ils le savent. Aussi, ils le soupçonnent de disposer d'une forte somme d'argent en liquide à son domicile. Au terme de leur ignoble passage à tabac, ils mettent la main sur 3000 euros environ. Avant de prendre la fuite, au bout d'une vingtaine de minutes, ils prennent soin d'arracher les fils du téléphone, d'emmener les téléphones portables ainsi que l'Audi A3 de la compagne d'Eric Maeyaert. Le véhicule sera retrouvé à 500 mètres de la maison.

Dans le courant du mois d'août 2005, Quincampoix-Fleuzy (canton de Formerie) : Trois ou quatre hommes cagoulés, déterminés et armés font irruption au domicile d'Alain Florentin, le patron de la discothèque Le Tropico, à Quincampoix-Fleuzy. L'homme est frappé, son épouse neutralisée, tous deux sont ligotés. Les malfaiteurs repartent avec une somme d'argent liquide.

Vendredi 23 mars 2007 au soir, Plouy-Saint-Lucien.

Il est 21 heures environ lorsque quatre hommes cagoulés, gantés et armés pénètrent au domicile des époux Covelli, au hameau de Plouy-Saint-Lucien, à Beauvais. Nicolas Covelli, boulanger qui possède cinq magasins dans la ville préfecture n'est pas encore rentré du travail. Seule son épouse Denise est présente. Celle-ci est molestée et ligotée. Ses agresseurs l'obligent à boire de l'alcool pour la contraindre à leur révéler l'emplacement d'un éventuel coffre-fort. La maison est entièrement retournée et fouillée. Aucun coffre n'est trouvé. En revanche, plusieurs bijoux sont dérobés. Peu après 21h30, les quatre hommes quittent les lieux. La BMW X3 du couple est volée et retrouvée incendié une demi-heure plus tard au hameau de Rieux à Tillé.

Jeudi 29 novembre 2007, 17 heures, Allonne. Quatre hommes cagoulés et gantés s'introduisent au domicile des époux Leroux, dont le mari directeur de l'enseigne d'ameublement But à Beauvais. La maison située à l'abri des regards est située en bout d'impasse. A l'intérieur, ils tombent nez à nez avec sa fille âgée de 22 ans. Maîtrisée, celle-ci est ligotée et se retrouve attachée les yeux bandés sur un fauteuil. Son calvaire va durer trois quarts d'heure, le temps qu'elle parvienne à se libérer de ses liens pour alerter sa mère par téléphone. Entre-temps, les quatre malfaiteurs ont fouillé la maison et ont fait main basse sur environ 30 000 euros en bijoux.

Dimanche 2 décembre 2007, 6 heures, Auchy-la-Montagne (canton de Crèvecoeur). Trois aux quatre hommes cagoulés et gantés pénètrent au domicile des époux Lambrecht, dont l'entreprise, qui fait face, est spécialisée dans la volaille. Walter Lambrecht est parti travailler. Seule son épouse Pierrette est présente. La malheureuse est ligotée. Elle parviendra à se libérer et à chercher du secours après le départ des malfaiteurs. Ceux-ci sont repartis 10 000 euros en liquide pris dans le coffre de l'entreprise.

Mercredi 5 décembre 2007, Crèvecoeur-le-Grand. Quatre à cinq hommes cagoulés s'en prennent à un ancien boulanger de Crèvecoeur alors que celui-ci regagne son domicile accompagné de sa femme et de son enfant. Ces deux derniers ont été enfermés dans la lingerie tandis que le père de famille, ligoté, les yeux bandés était emmené de force dans la cuisine pour y être battu à coups de batte de base-ball. C'est un parent de la famille qui a mis en fuite les malfaiteurs en venant taper à un volet.

Nuit du samedi 12 janvier au dimanche 13 janvier 2008, Blicourt (canton de Marseille-en-Beauvaisis). Plusieurs individus armés, gantés et cagoulés dont irruption au domicile d'Alain Heu, patron de la discothèque beauvaisienne Le Bugatti. L'homme est frappé et ligoté. Son épouse et ses deux enfants solidement attachés. Environ 2000 euros sont volés sur place. Mais les malfaiteurs ne s'en contentent pas. A bord des deux véhicules de leurs victimes, Alain Heu en otage, ils prennent la direction du Bugatti, zone commerciale sud, à Beauvais. Là, ils contraignent le patron de l'établissement à ouvrir le coffre et à leur remettre le contenu, avant de prendre la fuite. Les deux véhicules utilisés seront retrouvés calcinés. L'un d'eux à Froissy.

Vendredi 8 février 2008, 22h30, Goincourt. Deux hommes cagoulés, gantés et vêtus de noir pénètrent au domicile de Janine Boulanger, ancienne patronne du bar la Croix d'Or, place Jeanne Hachette. Au rez-de-chaussée, Ils surprennent Michel Leblond, son ami, par ailleurs président des Jardins familiaux de l'Oise, en train de regarder la télé. L'homme est conduit dans la chambre de sa concubine. Tous deux sont ligotés sur leur lit. Là encore, les malfaiteurs recherchent un coffre-fort� Malgré leurs menaces, revolver à la main, ils n'obtiennent aucune information. Et pour cause : il n'y a pas de coffre. Tandis que les deux hommes fouillent la demeure, Michel Leblond, qui a simulé un malaise, réussit à prendre la fuite pour donner l'alerte. Les deux malfaiteurs quittent précipitamment les lieux avec environ 3000 euros en liquide et quelques bijoux.

Article rédigé par :

Pierre Chemel

Suite à l'agression à domicile de son frère André Marcel Campion promet une prime de 50 000 euros

324-photo1-snap.JPG Pour se justifier, Marcel Campion cite en exemple les primes offertes par l'Etat à Villiers-le-Bel (Val d'Oise) pour retrouver les auteurs de violences contre les policiers.Les victimes de la récente vague d'attaques à domicile se sont constituées en collectif et offrent une importante récompense à quiconque leur permettra de retrouver leurs agresseurs.

Pour un peu, on se croirait revenu au temps de la conquête de l'Ouest et des chasseurs de primes. Marcel Campion, le patron des forains de France, a promis une prime de 50 000 euros à quiconque donnera des informations permettant d'arrêter la bande qui a séquestré et battu son frère André et sa belle-soeur Corinne, dimanche 24 février au soir, dans leur maison de Lachapelle-aux-Pots (lire par ailleurs).

L'annonce, totalement inédite dans le Beauvaisis, a été faite vendredi 29 février au Café de la Paix, en présence d'autres victimes d'agressions similaires : Michel Leblond et Janine Boulanger (Goincourt), M. Planche (Troissereux), Pierrette Lambrecht (Auchy-la-Montagne), Alain Heu (Blicourt, Beauvais) et Eric Maeyaert (Milly-sur-Thérain).

Milice armée

«Il faut que la peur change de camp, a expliqué Marcel Campion. Si dans quinze jours, nous n'avons pas avancé, alors nous constituerons un comité de vigilance armé. Et c'est nous qui traquerons ces bêtes sauvages !»

Cette initiative radicale traduit le désarroi des victimes devant ce qu'ils considèrent comme «les lenteurs de l'enquête judiciaire», le «manque de moyens des enquêteurs».

«J'ai été entendue par les gendarmes dans les jours qui ont suivi mon agression, témoigne Pierrette Lambrecht, séquestrée en décembre 2007 à Auchy-la-Montagne. Mais depuis, plus rien. On ne sait pas comment avance l'enquête. On ne sait rien du tout». Même sentiment d'abandon chez les autres victimes. «Je suis complètement déstabilisé, confie Alain Heu, patron de la discothèque beauvaisienne Le Bugatti, agressé à son domicile en janvier. Nous ne savons plus où dormir. Le week-end, nous allons chez des amis. De temps en temps à l'hôtel. Les enquêteurs ne nous informent pas. Je n'arrête pas de dire à mes enfants que ce genre de chose ne se produit qu'une fois. Mais une semaine après l'agression, nous avons à nouveau été cambriolés !» Du coup, le commerçant en vient à se demander s'il ne va pas «créer une résidence privée et sécurisé avec gardiennage et alarme comme ce qui existe aux Etats-Unis».

Michèle Alliot-Marie

De leur côté, les élus Gérard Hédin, maire de Saint-Paul et André Coet, maire de Crèvecoeur, ont respectivement dénoncé le «manque de synchronisation entre les services de la gendarmerie» et la «migration de la grande délinquance vers les zones rurales».

Prenant au mot une lettre adressée jeudi 28 février à son frère André par Michèle Alliot-Marie, dans laquelle la ministre assure que «tout sera mis en oeuvre afin que les auteurs de ces actes de violence et de barbarie soient poursuivis et traduits devant la Justice», Marcel Campion demande «des moyens et des résultats». Ceci, avant qu'une nouvelle agression ne survienne ou ne fasse «un mort». «Regardez ce qui a été entrepris à Villiers-le-Bel, met-il en avant. Il y a eu des récompenses pour inciter les témoignages sous X et plus de mille policiers ont été mobilisés parce qu'un commissaire a été blessé. Les auteurs ont été arrêtés. ça a marché là-bas, pourquoi cela ne fonctionnerait-il pas ici ?» Le célèbre forain a profité mercredi 5 mars d'un rendez-vous avec la ministre de l'Intérieur sur le thème de la sécurité des usagers des attractions foraines pour évoquer le sujet lui montrer des photos de son frère André, le visage tuméfié.

Appel à témoins rémunéré

Alors, en attendant que les pouvoirs publics aient aussi recours à des appels à témoins rémunérés dans le Beauvaisis, un détective privé amiénois a été embauché pour collecter les témoignages susceptibles de faire avancer l'enquête. «S'ils sont exploitables, ces indices seront aussitôt transmis aux gendarmes chargés de l'enquête», a assuré le privé qui est joignable au 0 810 00 70 77.

En début de semaine, des affichettes comportant ce numéro de téléphone ont été scotchées sur de nombreuses vitrines de commerces, abris bus et cabines téléphoniques du Beauvaisis.

Article rédigé par :

Pierre Chemel

Le patron des gendarmes affirme "mettre le paquet"

325-photo1-snap.JPG Le colonel Pidoux assure que les gendarmes «mettent le paquet» sur cette affaire.Cellule d'enquête spécifique, participation de l'OCLDI, contrôles ciblés le long des routes, l'enquête menée par les gendarmes ne passe plus inaperçue.

La gendarmerie n'a pas attendu l'agression d'André Campion, le 24 février, pour mettre en place une cellule spécialisée de dix hommes qui travaillent exclusivement sur cette série d'agressions à domicile. Toutefois, hasard ou pas, après l'annonce très médiatique de Marcel Campion, vendredi 29 février dernier, les forces de l'ordre se montrent désormais en nombre sur la D 1001 et la N 31 où ils procèdent à des contrôles ciblés dans le cadre de cette affaire. Des opérations coup-de-poing qui sont la partie visible d'un travail de fourmis mené à l'abri des regards.

L'Observateur de Beauvais : Que répondez-vous à ceux qui vous disent que l'enquête est trop lente ?

Colonel Pidoux : Je comprends l'émotion des victimes et elle est légitime. Mais la résolution d'une telle affaire demande du temps. On n'est pas dans une série télévisée où au bout de 55 minutes on a le nom du coupable grâce à l'analyse d'un cheveu. Dans la vie, ce n'est pas si simple.

Pour réunir des preuves susceptibles de traduire des suspects devant un tribunal, il faut mener des investigations et recouper des faits pour rassembler des preuves. C'est un travail de longue haleine qui ne se fait pas en claquant des doigts, même avec la meilleure volonté du monde et des moyens importants. Le succès d'une affaire judiciaire vient d'un travail rigoureux mené dans l'ombre et avec sérénité.

Comment accueillez-vous l'initiative de Marcel Campion d'appel à témoins rémunéré ?

Ce ne sont pas des pratiques habituelles pour nous. Néanmoins, je ne porte pas de critique là-dessus. La promesse d'une récompense peut produire ses effets. En revanche, je ne saurais encourager la mise en place de milices. S'il arrive un malheur, il ne faudra pas s'en étonner. Les armes, c'est un métier. Au sujet de l'appel à témoins, je tiens aussi à préciser qu'en composant le 17 à toute heure du jour et de la nuit, les personnes désireuses de communiquer des informations peuvent être mises en relation avec un gendarme travaillant sur cette affaire.

Quels moyens avez-vous mis en �uvre dans le cadre de cette affaire ?

On a mis le paquet. Sur le plan de l'enquête judiciaire, une cellule de dix gendarmes a été créée et travaille exclusivement sur cette affaire. Elle est composée de gendarmes du groupement de gendarmerie de l'Oise, de la Section de recherches d'Amiens et collabore avec l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante (*) Les recherches menées dépassent les frontières de l'Oise. Nous avons eu en début de semaine une réunion de coordination avec ce service et les commandants des Sections de recherches de Paris et de Lille. Il faut bien comprendre que l'on ne travaille pas sur une seule affaire ni sur une équipe unique.

Ensuite, sur le plan opérationnel, les gendarmes des compagnies de Beauvais, de Méru, de l'Escadron départemental de sécurité routière (EDSR), épaulés par les gendarmes mobiles, mènent depuis le début de la semaine des contrôles ciblés sur certains véhicules et individus en fonction des indices recueillis auprès des victimes. Ce travail de terrain va s'inscrire dans la durée et sera mené de jour comme de nuit. Il est destiné à stopper le phénomène.

(*) L'OCLDI est rattaché à la sous direction de la police judiciaire de la direction générale de la gendarmerie nationale. Il est spécialisé dans le démantèlement des réseaux structurés de criminels et délinquants itinérants.

Article rédigé par :

Pierre Chemel

Marcel Campion : «J'ai déjà les noms de trois suspects

342-photo1-snap.JPG «Si l'affaire est classée sans suite alors nous irons nous-même pister ces barbares», prévient le patron des forains de France.La prime de 50 000 euros promise par Marcel Campion pour retrouver les agresseurs de son frère André porterait ses fruits.

Trois semaines après l'agression de son frère André à son domicile de Lachapelle-aux-Pots, la motivation de Marcel Campion, patron des forains de France, ne s'est en rien émoussée. Il est bien décidé à faire tomber la ou les équipes à l'origine de la série d'agressions qu'a connu l'Oise et plus particulièrement le Beauvaisis ces derniers mois. Le 29 février, il annonçait la création d'un Collectif des personnes agressées, le versement d'une prime de 50 000 euros à quiconque permettrait d'identifier les malfaiteurs et l'ouverture d'une ligne spéciale pour recueillir des témoignages (le 08 10 00 70 77). Jeudi 13 mars, le forain, toujours aussi efficace pour la communication, a rappelé, lors d'une conférence de presse dans un Café de la Paix bondé, où s'agglutinaient journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télé, «le droit pour tout citoyen de posséder une arme de 8e catégorie». Il a promis qu'il irait lui-même chercher «ces barbares» si l'enquête de gendarmerie n'aboutissait pas.

L'Observateur de Beauvais : Votre appel à témoin rémunéré a-t-il porté ses fruits ?

Marcel Campion : La première conséquence a été un afflux de coups de fils de victimes. Une bonne douzaine d'entre elles s'est fait connaître depuis deux semaines. Cela porte le total des personnes agressées à domicile selon ce mode opératoire à 28 sur le département de l'Oise ces deux dernières années.

D'autres personnes, qui s'estiment être des victimes potentielles et qui ont peur, nous ont également contactés pour intégrer notre collectif.

Avez-vous recueilli des informations intéressantes ?

Nous avons quelques informations précises qui nous sont parvenues soit directement soit par l'intermédiaire du détective privé que nous avons embauché. Ces informations, que nous avons transmises aux enquêteurs de la gendarmerie, font état de personnes spécialisées dans les séquestrations à domicile, dont c'est en quelque sorte le métier. Certaines habitent dans l'Oise, d'autres hors du département. Je ne peux, pour l'instant, pas en dire plus. L'enquête est en cours...

A propos, quelles sont vos relations avec les gendarmes ?

Je les ai sur le dos ! L'autre jour, un gendarme m'a appelé et m'a dit qu'ils réfléchissaient à comment pouvoir m'accrocher pour l'histoire de la prime. Il m'a aussi demandé d'arrêter de faire mon cinéma. Je ne suis pas d'accord ! Quand quelqu'un perd son chien, on offre une récompense pour le retrouver. Pourquoi n'aurais-je pas le droit d'offrir une récompense pour retrouver quelqu'un qui a failli tuer mon frère ?

Les gendarmes essaient de me dissuader de faire de la publicité autour de cette affaire. A la limite, il ne faudrait pas que cela se sache ! Mais moi, je suis partisan de dire les choses. Et avec les bons mots : «battre, torturer, violer, voler»... Sur ce point, les médias aussi ont leur part de responsabilité. Quand on voit que des journaux nationaux ne consacrent que trois lignes édulcorées à ce genre d'agression alors que dans le même temps, le genou tordu de Nagui fait trois pages, il y a un vrai problème de hiérarchisation de l'information.

Pourquoi cette nouvelle réunion aujourd'hui (jeudi 13 mars, Ndlr) ?

Pour échanger et pour informer. A la suite de notre première réunion, le 29 février, on a dénoncé mon projet de «milice» et on m'a reproché de vouloir armer les gens en toute illégalité. Alors je me suis renseigné. Il faut savoir que tout citoyen peut posséder à son domicile des armes de catégorie 8 dites «historiques ou de collection». Et ceci, sans port d'arme et sans avoir besoin de les déclarer. Le but n'est pas de s'en servir mais de dissuader. Jusqu'à présent, les agresseurs, qui eux sont armés, ont agi tout en sachant leurs victimes démunies de moyens de défense. Il est temps d'inverser le camp de la peur !

Mais ne craignez-vous pas des accidents à inciter les victimes réelles ou potentielles à s'armer ?

Les gens qui vendent des armes de collection sont des spécialistes et ne laissent pas circuler des vieilles pétoires. J'ai acheté deux armes de cette catégorie pas plus tard que mardi et elles sont en parfait état. L'une d'elles est un colt 11 mm, elle se manie très bien et tire aussi bien qu'une arme moderne.

Sérieusement, comment comptez-vous organiser des patrouilles privées dans un département aussi vaste que l'Oise ?

Tout simplement sur la base des renseignements qui nous sont parvenus. Si nous constatons que l'enquête s'endort et que les affaires en cours sont classées sans suite comme cela s'est produit pour plusieurs victimes, alors nous irons pister nous-mêmes ces suspects. J'ai déjà trois noms de personnes avec leur localisation en Picardie. Il s'agit de gens qui, le soir venu, mettraient cagoules et matraques dans le coffre de leur voiture et partiraient faire leur sinistre besogne comme d'autres partent au travail. Je les appelle des barbares.

Mais il est interdit de transporter des armes, même de collection !

Pas les fusils de chasse ! Moi et mes amis sommes tous des chasseurs.

Que signifie cette chaise électrique avec ce mannequin que vous avez installé place Jeanne Hachette ?

Il s'agit d'une attraction sortie d'un musée des horreurs américain qu'un ami m'a prêté. Le mannequin qui fume et qui crie, c'est un message à destination de ces gens-là une fois que nous les aurons attrapés...

Vous dites cela sérieusement ?

Nous sommes dans une société où, pour faire avancer les choses, il faut choquer.

Est-ce à dire que vous êtes favorable à la peine de mort ?

Pour des mecs comme ça, oui, c'est sûr ! Quand vous savez qu'ils s'attaquent et font saigner des vieux esseulés ou des couples, en présence, pour certains, de leurs enfants, c'est ignoble. Nous avons recueilli des témoignages de proches de victimes qui ne sont pas mortes le jour de leur agression mais plusieurs mois après. Ces gens-là ont été traumatisés. Leur agression a été le facteur déclenchant de leur mort. Il faut mettre un terme à ces pratiques au plus vite.

Article rédigé par :

Pierre Chemel

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WEAPON Membre 6 171 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

de toute façon il sait bien pourquoi on s'est attaqué à sa famille le grand Marcel Campion, il y a du avoir du riffi dans le milieu

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