Le musée de Forumfr

Invité Thyia
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Je trouve cela tres beau aussi, on pourrais presque croire que la lumiere vient du Coeur du personnage de gauche, comme innondant cet enfant de cet Amour maternelle, comme une benediction..

Hmmm, très intéressante ton interprétation du personnage de gauche. Très jolie vision, vraiment ! D'ailleurs, nombre de personnes ont dit par le passé que la véritable source de lumière provenait du nourrisson et non de la bougie ! :blush:

C'est pas incompatible avec ton regard mais moi, j'avais vu autre chose car si la mère a une attention particulière envers son nouveau né, j'avais vu dans le personnage de gauche une attention maternelle de De La Tour lui-même envers le spectateur : le fait que la main soit mise devant la bougie pour ne pas agresser les yeux du spectateur et favoriser sa contemplation de la scène...

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Invité Shanthi
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Humm Interessant, comme une sorte d'auto-portrait? Une sorte de guide a diriger l'oeil vers ce nourisson..Le regard contemplatif du personnage de droite, comme si le personnage de gauche etais invisible pour elle.

J'aime bien cette peinture, beaucoup de pudeur, d'innocence, comme si cet enfant etais un cadeau de Dieu.

Modifié par Shanthi

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Invité Thyia
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Allez, on change d'époque et de continent pour évoquer un contemporain d'Andy Warhol dont on a parlé à la page d'avant...

keith-haring.jpg

Keith Haring est né en Pennsylvanie en 1958. Après le secondaire, il entame des études de graphisme commercial avant d'intégrer l'école des Arts Visuels à New York. C'est dans la Grande Pomme que Keith va exposer ses premières œuvres au public... dans la rue, et plus particulièrement sur les murs de l'East Village. Malgré les représailles des policiers, Keith peindra ses formes colorées, aux lignes simples et épurées, rappelant les dessins d'enfants.

Keith-Haring.jpg

Mais malgré leurs apparences simplistes, ce sont de véritables messages que l'artiste fait passer au travers de ses créations.

Figure emblématique du mouvement Pop Art, Haring voulait démocratiser l'Art, le rendre accessible au plus grand nombre et toucher le maximum de spectateurs, le temps d'un instant ou celui un peu plus contemplatif d'une réflexion.

Outre les commandes prestigieuses qu'il honora (on lui doit en autres, la fresque de l'hôpital Necker à Paris), Haring fit volontairement des milliers d'œuvres, allant même jusqu'à ouvrir son propre Pop Shop dans le quartier populaire de SoHo, vendant toute sorte d'objets, des posters aux tableaux en passant par les tee-shirt.

keith-haring-untitled-50106.jpg

Et à l'époque où les artistes en vogue n'exposaient que dans des galeries des quartiers chic-tendance, ce désir de briser l'élitisme et le snobisme fit grand bruit. Mais soutenu par ses amis dont Andy Warhol, Haring continua dans son désir de démocratisation des œuvres d'Art.

25_7224ce79fd.jpg

Et au-delà de son côté facile, sa griffe est issue d'une véritable inspiration. Car si vous regardez attentivement, vous verrez que ses représentations rappellent un peu les dessins des peuples maya et aztèque d'antan et même des hiéroglyphes de l'égypte Ancienne.

Atteint du SIDA, il décèdera à 31 ans, après avoir milité contre ce fléau au travers son art et de ses collaborations avec de multiples artistes en vogue, nous laissant des œuvres où la joie de vivre étincelle de couleurs rayonnantes.

keith-haring-baignoire.jpg

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Invité Shanthi
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La peinture ne s'affiche pas...malheureusement..

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Invité Shanthi
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ahhhh ben dis donc c'est amusant..J'ai a "print" de cet artiste dans ma chambre ..Comme quoi! Merci Thyia..

Je vous mets celle que j'ai:

keithharing.jpg

J'ai un peu plus de mal a apprecier correctement ce type d'art, mais il est vrai que peut-etre les messages sont plus accessibles a un grand nombre de personnes. Dans la "print" que j'ai au mur, je me suis toujours dit que cela symbolisais le fait que pour etre aime, et bien il faut etre deux, et que c'est avec la force de deux que l'on arrive a evoluer, grandir, et renforcer cet Amour..Le coeur grandiras encore et encore..

Enfin bon voila avec mes mots tres simplistes.. :blush:

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Invité Thyia
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Petit bond dans le temps. Cette fois-ci, j'ai envie de vous parler de Renoir (1841-1919)

Nous sommes à la fin du XIXème siècle, en France. Avec l'avènement du Second Empire (1852-1870), Napoléon III, régent hautement autoritaire, a instauré une politique culturelle basée sur l'encensement de la grandeur de l'Empire. Les peintres académiques de l'époque peignent volontiers des scènes bibliques, mythologiques ou emblématiques avec des procédés conventionnels et établis : les contours sont lisses, nets et précis, les variations des couleurs sont douces et atténuées quand elles ne sont pas exacerbées par l'utilisation du clair-obscur (dont on a parlé juste avant avec Le Caravage et De La Tour).

Pourtant, une poignée d'artistes, issue des classes populaires, va provoquer une rupture artistique en créant un nouvelle façon de peindre qui va fasciner les générations futures : L'impressionnisme.

Le changement sera aussi bien dans l'utilisation de la peinture que dans ce qu'ils vont représenter.

Non seulement ils veulent peindre des scènes du quotidien avec des personnages souvent populaires ou proches des artistes dans leur milieu habituel, mais en plus, ils utilisent une technique qui va donner son nom au mouvement.

Ils vont se servir de la juxtaposition des pâtes teintées pour obtenir les teintes (un vert = une touche de jaune déposée sur une couche de bleu) mais aussi les reliefs et les contours.

L'ensemble de la peinture n'est que l'accumulation de petites touches de pâtes déposées sur la toile, mais qui donnent des petits mouvements vivants jamais obtenus jusque là, comme si les toiles étaient des champs d'herbes colorées balayées par le vent.

Baigné par cette mouvance, en 1881, Renoir va peindre le Déjeuner des Canotiers

Renoir%20Le%20Dejeuner%20des%20Canotiers.jpg

Les couleurs sont vives et chaudes, respirant la nonchalance bienheureuse. Ici, pas de faisceau lumineux qui traverse la toile ; la lumière vient de partout et de nulle part, à la fois.

Les personnages sont calmes, détendus. Les attitudes sont celles d'amis lors de repas décontractés. Aucun ne semble poser.

Dans ce tableau, Renoir peint les amis de son cercle : sa femme et ses amis, dont Caillebotte, un autre peintre de l'époque.

L'artiste rend le moment comme on restitue un souvenir, une photo d'un moment banal mais précieux. Le visage des femmes est typique au style de Renoir, avec la peau claire, les yeux noirs, le geste souple et gracieux, mais toujours cette indéfinissable douceur qui s'en dégage.

Pierre-Auguste%20Renoir%20-%20By%20the%20Seashore.JPG

Au bord de la mer - 1883

Avec le temps et le succès, Renoir aura l'occasion de voyager et de faire évoluer sa technique, se détachant peu à peu de l'Impressionnisme. Constatant des altérations dans le temps de ses premières tableaux, la texture de la peinture qu'il utilisera devient plus sèche, faisant varier l'aspect général de ses toiles. Les contours et les traits de ses personnages se font également plus précis. Pourtant, son éternel regard doux et beau sur le quotidien continuera à enchanter les générations futures qui ont contemplé ses œuvres.

renoir.jpg

Jeunes filles au piano - 1892

Largement influencé par Ingres à la fin de sa vie, la texture dite "sèche" est visible si on compare les deux derniers tableaux : par opposition à Au bord de la mer, les couleurs des Jeunes filles au piano donne une impression plus pastel, comme peinte à la craie ou au crayon. Les couleurs se fondent plus les unes dans les autres, notamment dans le drapé des robes. Vous voyez ? :blush:

Modifié par Thyia

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Invité Thyia
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Posté(e)

Dans mon post précédent, je vous parlais de Caillebotte, Gustave de son p'tit nom, grand ami d'Auguste Renoir, oui, mais pas que ! :coeur:

Voilà un peintre dont j'aime beaucoup la sensibilité ! Mais bon, ça, c'est perso... car en réalité, cet artiste a surtout été capital dans les mouvements artistiques, l'Impressionnisme en France et le Réalisme aux Etats-Unis où il était très apprécié, courant dont Edward Hopper fut l'un des plus célèbres représentants Outre-Atlantique.

En effet, Caillebotte, riche héritier d'une famille d'industriels, fut l'un des mécènes de ses amis Impressionnistes. Il permit aussi de nombreuses expositions indépendantes de celles organisées par l'Académie des Beaux-Arts, appelées les Salons Officiels de Paris et promulguées par la politique culturelle de l'Empire.

D'ailleurs, un de ses plus célèbres tableaux fut refusé au Salon, jugé alors trop commun et d'un quotidien affligeant !

floor-scrapers.jpg

Les Raboteurs de parquet (1875) - Musée d'Orsay

Regardez comme Caillebotte arrive à restituer la brillance du parquet verni et la matité et la rugosité des lattes décapées... Perso, j'en sens presque l'odeur de la pièce. Pourtant, les visages sont flous, les personnages ne nous regardent pas, comme pour mieux nous permettre de nous approprier sa toile en y mettant les traits que l'on veut... Moi, j'admire ! :blush:

Comme Renoir et les autres Impressionnistes, Caillebotte aimait peindre les instants quotidiens, empreints de douceur, de nonchalance, voir d'indifférence des personnages quant au regard du spectateur. Il traitait ses toiles comme des photo non seulement dans l'instant ainsi figé mais aussi par son travail de couleurs, qui se voulait très proche de la réalité.

Ainsi, sur cette toile, outre la grande tranquillité qui s'en dégage, regardez bien le scintillement de l'eau dans les interstices des pavés, mais aussi sur certaines faces des parapluies ouverts.

caillebotte500.JPG

La Place de l'Europe, Temps de Pluie (1877)

On lui doit aussi ça que perso, j'aime beaucoup pour l'instant figé, pour l'admiration tranquille qui en résulte quand on le regarde :

LEUROPE1.JPG

Le Pont de l'Europe (1876)

Ici, le p'tit truc qui m'interpelle, c'est que dans son univers où tout est beau et doux (comme tous les Impressionnistes, d'ailleurs), là, la structure métallique du pont (carcan représentatif de la Révolution Industrielle ?) est très imposante.

Sa ligne mange presque toute la moitié du tableau, comme pour faire barrage à la rêverie vagabonde et à la liberté de l'émotion de l'observateur.

Pourtant, c'est sur cette même structure rigide qu'est accoudé le seul personnage abandonné à sa rêverie de la scène. Et malgré cela, les couleurs vives et joyeuses employées (il fait beau et doux), l'attitude des promeneurs et même du chien se combinent pourtant admirablement avec l'ensemble pour permettre la contemplation sereine du spectateur, cette sorte de langueur joyeuse que l'on éprouve au redoux du printemps.

Allez, c'est fini pour aujourd'hui... :coeur:

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Invité Shanthi
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Mercii pour cette lecture tres interessante et cultivantes Thyia..Comme toujours on peut compter sur toi ici..

"Le pont de l'Europe" ne s'affiche pas en passant ainsi que "Les rabbotteurs de parquets".

J'aime beaucoup Cabillotte, ses perspectives dans "La place de l'Europe, Temps de pluie" sont fascinantes..

Encore merci de partager ton savoir. :blush:

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Invité Thyia
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Tic-tac, tic-tac... Allez ! On remonte l'horloge pour un autre bond dans le temps... :bo:

Cette fois-ci, l'artiste dont j'ai envie de vous parler vient de la Toscane du XVème siècle, point de départ d'un immense mouvement culturel. Il appartient donc à ce qu'on appelle la première Renaissance ou Quattrocento, période courant de 1420 à 1500. C'est un épisode capital qui signe la fin définitive du Moyen-Age.

En cette période, l'histoire de Fra Filippo (1406 - 1469) est assez particulière, je trouve. :snif:

Orphelin, il est confié dés son plus jeune âge à un couvent de Florence, en Toscane, où il reçoit un enseignement religieux, avec les approches et les connaissances qui vont avec. (A l'époque, les religieux étaient non seulement des lettrés, mais dans les monastères, ils reproduisaient à la main des livres illustrés ou peignaient des fresques religieuses. Ils avaient la possibilité de maitriser les couleurs, les liants et autres techniques de dessin et de calligraphie.)

C'est là que Fra Filippo aura l'occasion d'observer des grands maitres de l'époque comme Masaccio et peindre ses premières toiles.

A l'âge de 15 ans, il prononce ses v¿ux. Au bout de quelques années, il va quitter le monastère pour mener sa propre vie. Il semblerait que celle-ci fut un peu dissolue au point qu'il finit par perdre ses perceptions ecclésiastiques et connu même des démêlées avec la justice, accusé de ne pas avoir honoré un travail par un de ses confrères... *Ambiance* :blush:

A la quarantaine sonnée, il intègre un couvent à Prato, en Toscane. On pourrait croire qu'il s'assagit. Et ben naaaaan ! Au bout de quelques temps, il s'en enfuit avec une nonne, Lucrezia Buti, après avoir appris qu'elle était enceinte de lui. S'il a 47 ans, Lucrezia elle, n'en a même pas 18 au compteur ! Double scandale ! :coeur:

De leur union naitra celui qui sera connu plus tard sous le nom de Filippino Lippi. En attendant, Fra Filippo est condamné à mort pour avoir corrompu la jeune nonne. Il ne devra sa grâce qu'à l'intervention de son illustre ami et mécène, Cosme de Médicis.

Fondateur de la célèbre dynastie des Médicis, Cosme obtiendra du Pape Pie II de le gracier et de relever les parents de leurs v¿ux. Fra Filippo épousera Lucrezia dés qu'il le put. Mais tout d'même, messieurs-dames, pour se "racheter" de son existence taxée de dissolue par les hautes autorités religieuses, Fra Filippo entrera au service des Médicis. :bo: Et c'est ainsi qu'il put se consacrer à son atelier, devenu célèbre.

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Diamante Vierge de la Ceinture

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La Nativité avec saint Georges et saint Vincent Ferrer

En attendant, ce maître peignit très souvent la Vierge, dans différentes scènes. On lui doit des représentations aux décors riches et élaborés et aux couleurs primaires chatoyantes, profondes et intenses, sans parler des silhouettes gracieuses et aux traits délicats et doux.

D'ailleurs, les personnages ont cette carnation particulière, lumineuse et vivante qui moi, me touche. En effet, on est bien loin des personnages peints au Moyen-Age qui me font plus penser à des personnes malades au mieux, quand ce n'est pas à des "cadavres sur pattes"... (mais bon, ça, c'est perso, je l'avoue :bo: )

Et vous savez pourquoi je vous parle de Fra Filippo ? Nan ? Regardez bien cette vierge... Observez avec attention ses traits, la grâce de ses gestes, la forme des yeux des personnages ainsi que l'ovale des visages, doux et détendus... éa ne vous dit rien ??? Vraiment ?!

384px-Fra_Filippo_Lippi_009.jpg

Ben, disons que pour moi, Fra Filippo est un des exemples majeurs du Maitre dépassé par son élève, une sommité dont je vous parlerai la prochaine fois. :coeur:

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juana Membre 1 211 messages
Forumeur alchimiste‚ 108ans
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Et vous savez pourquoi je vous parle de Fra Filippo ? Nan ? Regardez bien cette vierge... Observez avec attention ses traits, la grâce de ses gestes, la forme des yeux des personnages ainsi que l'ovale des visages, doux et détendus... éa ne vous dit rien ??? Vraiment ?!

384px-Fra_Filippo_Lippi_009.jpg

Ben, disons que pour moi, Fra Filippo est un des exemples majeurs du Maitre dépassé par son élève, une sommité dont je vous parlerai la prochaine fois. :blush:

Fastoche !!! :coeur:

Lui qui a si bien peint les femmes , provocantes et pudiques à la fois , contraste de froideur et de séduction, aux regards tristes souvent perdues dans leurs pensées ...

Les liens qui le liaient avec Fra Filippo était bien plus que que ceux de maître à élève mais ceci est une autre histoire ...

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Invité Thyia
Invité Thyia Invités 0 message
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botticelli.jpg

Qui de nos jours n'a jamais entendu prononcer le nom de Botticelli ? Qui n'a jamais vu la Naissance de Vénus, une des plus célèbres Vénus anadyomènes (ou sorties des eaux) de tous les temps ? Faut-il venir d'une autre planète ou n'avoir que quelques mois de vie ! :coeur: Pourtant, ça n'a pas toujours été le cas pour ce Maitre aujourd'hui incontesté !

Sandro Botticelli est né en 1445, à Florence sous le vrai nom d'Alessandro di Mariano di Vanni Filipepi. La théorie concernant son surnom (petit tonneau, en italien) n'étant pas unique à ma connaissance, je ne vous en parlerai pas.

Au contact de son frère Antonio, orfèvre de son métier, on dit que Botticelli acquiert la rigueur et la minutie de son art. Issu d'une famille modeste, il intègre à l'âge de 15 ans l'atelier de Fra Filippo Lippi auprès de qui il fit l'acquisition de ses premières techniques, jusqu'à ce que Fra Filippo quitte Florence en 1467.

A peine quelques années plus tard, à l'âge de 25 ans, il ouvre son propre atelier et reçoit sa première commande publique : le Tribunal de Commerce de Florence lui demande une allégorie de la Force qu'il exécute avec brio, lui ouvrant les portes de la renommée.

img32.jpg

Proche de la famille des Médicis comme le fut son maitre, il profite de leur protection mais aussi de nombreuses commandes. Botticelli peint des scènes religieuses ou inspirées de la mythologique hellénique, s'adressant à un public érudit. Or, il choisit de donner à ces personnages les visages des membres des familles influentes qu'il fréquente. (Imaginez un peintre reconnu de nos jours qui représenterait des hommes politiques ou des PDG de grandes entreprises et leurs familles non pas dans des portraits classiques, mais dans des scènes de la mythologie ou ayant un rapport avec la religion ! :blush: )

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C'est ainsi que pour cette Madone aux cinq anges, la plupart des anges auront les traits des enfants Médicis (Laurent le Magnifique, son frère Julien ainsi que Marie, Blanche, Nannina, et l'enfant, Lucrèce).

Une dame souvent peinte par Botticelli ne fut autre que Simonetta de Vespucci, la maitresse de Julien de Médicis, jeune frère de Laurent le Magnifique. Cette dame à la beauté sans égale, décédée de la tuberculose à 23 ans, inspira beaucoup d'artistes de l'époque dont Botticelli, qui la représenta dans de nombreuses toiles, même après sa mort. C'est celle qui donna ses traits à la célèbre Vénus de Botticelli que l'on retrouve ici :

portrait-d-une-jeune-femme--boticelli.jpg

Au cours de ces années, Botticelli honora de nombreuses commandes pour les grandes familles de Florence. C'est à l'occasion d'une commande pour un mariage qu'il peignit le Printemps, un de mes tableaux préférés, avec l'amour qui nait à chaque extrémité et en son centre, ces femmes si gracieuses et si féériques. Détail surprenant, toutes les femmes dont on voit le ventre, les portent ronds suggérant les courbes de la grossesse, de la gestation.

Et ce personnage central féminin, surélevée par rapport aux autres terrestres, sur la même ligne, qui attire d'emblée tous les regards. Elle est d'une beauté sublime, hors normes ; beauté dont le côté peu ordinaire est d'autant plus amplifié par le fait qu'elle soit surmontée de Cupidon lui-même. D'ailleurs, son aura est composée de la verdure alentour, mis en valeur par l'auréole lumineuse du ciel qu'on aperçoit à travers les trouées du feuillage, disposé d'une façon particulière, tout autour du haut de son corps :

le-printemps-botticelli.jpg

Au cours des années, Botticelli affina son style, surpassant chaque maestro rencontré et cherchant toujours à atteindre la beauté idéale. Ses traits sont fins, les visages sont graciles, les gestes empreints de grâce et de délicatesse. Botticelli veut atteindre la perfection faite peinture. Peu lui importent vraiment les perspectives, contrairement à Léonard de Vinci, de 7 ans son cadet, Botticelli sublime les femmes, tout en leur conférant ces regards mélancoliques et vagues, ses visages sans aucun sourire. Son ¿uvre, qu'elle soit sur des fresques ou des supports transportables, fut colossale.

Mais vers 1497, un sombre personnage, Savonarole, Prieur attitré des Médicis, va secouer Florence et ébranler sa foi, ses convictions et sa peinture. Selon les historiens, de là, Botticelli ne peignit plus jamais de nus féminins, jetant même quelques unes de ses ¿uvres au Bûcher des Vanités (sous l'impulsion de Savonarole, feu de joie organisé en 1497, la nuit de Mardi Gras, pour y détruire tout ce qui avait attrait à la vanité dans la société Florentine de l'époque).

Botticelli, tout grand maestro qu'il était, lui si avide de reconnaissance et de renommée, lui qui est même allé à représenter des personnages mythiques sous les traits des Puissants pour qui il peind, il se reconnait dans ce que dénonce Savonarole.

Dés lors, Botticelli préféra se consacrer aux scènes plus pieuses, aux traits demeurant résolument typiques au Maestro.

Son plus célèbre élève sera Filippino Lippi, le fils de son propre maitre.

Il s'éteignit en 1510, à l'âge de 65 ans, malade et décrépi, dit-on, devenu incapable de tenir debout seul ou le moindre pinceau.

Et s'il a été fort réputé de son vivant, son nom retomba rapidement dans l'oubli après sa mort, et ce, pendant deux siècles. Il faut attendre l'apparition des Romantiques (1770 - 1870) pour que son nom ressurgisse de nouveau et que le monde redécouvre son art.

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
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C'est du photographe Izis, en expo à Paris en ce moment. Cela vaut le coup d'oeil et en plus c'est gratuit !

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Invité Thyia
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Allez, vous venez ? :coeur: Décollage immédiat pour l'Angleterre de la fin du XVIIIème et le début du XIXème siècle. Car c'est en cette période que va sévir un Maitre parmi les plus grands :

J. M. William Turner (1775 - 1851)

Tout jeunot, le petit Turner va développer un penchant pour la peinture. Il commencera par peindre des ciels nuageux qu'il se plait à observer, allongé dans l'herbe, quand ce n'est pas sa chère Tamise, qui l'accompagnera tout au long de sa vie. Son père, barbier à Covent Garden, exposera ses premières ¿uvres dans sa vitrine, quand le petit Turner ne les vend pas lui-même aux exposants du marché. Beaucoup ne s'y trompent pas et ses premières ¿uvres partent comme des p'tits pains. Le style est simple mais le talent est là, indéniable.

Alors que le Romantisme étend son influence sur la peinture en Angleterre, puis l'Europe, c'est à 14 ans que le jeune Turner entre à la Royal Academy of Arts de Londres, avant d'intégrer un an plus tard la Royal Academy (tout court). Fasciné par les perspectives, il travaillera pour un architecte pour se doter des meilleures techniques. Plus tard, il enseignera lui-même à la Royal Academy, spécialisé en perspectives. Mais, insigne honneur à son talent, c'est en 1796 qu'il exposera son Pêcheurs en mer, pour la première fois d'une longue série à la Royal Academy, huile dans laquelle apparait déjà ses jeux de lumière si caractéristiques :

turner.jpg

En apprentissage, Turner aura l'occasion d'observer les tableaux de grands Maitres du passé. C'est alors que va naitre la particularité singulière de ce paysagiste de renom. Fasciné par le travail effectué, Turner n'aura de cesse de reprendre les toiles qui l'ont le plus marqué en y laissant sa propre marque...

C'est ainsi qu'en 1802, touché par le Déluge de Nicolas Poussin (1594 - 1665)...

poussin.jpg

...Turner peindra sa propre version d'une intensité bien supérieure, faisant passer l'¿uvre originale pour lisse, plate et terne :

Turner-Deluge-ID_022.jpg_432.jpg

Quand il ne transcende pas les ¿uvres des Maitres, Turner sillonne le Royaume Uni par tous les moyens pour aller à la rencontre de divers paysages. Armé de sa boite de peinture et de ses carnets, en carrosse, à cheval ou à pied, il tentera par tous les moyens de capturer le flou donné par la brume typique de la Grande Bretagne. Sa maitrise de l'aquarelle lui donnera le rendu voulu, donnant ainsi une utilisation révolutionnaire de cette matière.

Avec la notoriété, Turner aura les moyens de voyager en Europe, en France notamment où il fera LA rencontre de sa vie avec des Toiles qui le marqueront à jamais. Devant une ¿uvre de Claude Gellée, dit "Le Lorrain" (1600 - 1682), Turner en est tellement remué qu'il en pleure. Le Lorrain, c'est celui qu'on dit être l'inventeur du soleil en peinture. Une lumière diffuse, éclatante en son centre qui se propage sur la Toile et qui donne envie de plisser les yeux comme pour s'en protéger... Turner en est retourné.

Au Port de mer au soleil couchant de Le Lorrain :

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Turner peindra Le Déclin de l'empire carthaginois, en 1828 où il surpasse encore une fois le Maitre :

tur2.jpg

Turner ne se contente pas de reprendre un style, il le sublime, le transcende. Apprécié pour sa particularité, à la demande de ces amis et mécènes, Turner peindra beaucoup de "pendants", ¿uvres quasiment similaires à un tableau original, destinées à être exposée côte à côte. Par ces commandes, il instaure ainsi sa notoriété.

Il continue néanmoins d'exposer quasiment chaque année à Londres. D'ailleurs, une rivalité emblématique fera rage entre son contemporain John Constable et lui-même et donnera une anecdote célèbre dans le monde de l'Art.

En 1832, au salon de la Royal Academy, Constable accroche L'inauguration du pont de Waterloo.

ID_083-Turner-432.jpg

La toile est faste : galères d'apparat, soldats en uniformes rutilants des grandes occasions, ciel grandement ouvragé. L'auteur pense tenir là l'¿uvre de sa vie. Turner, à côté, présente une marine sobre et épurée, dans le pur style des écoles hollandaises.

Le contraste est saisissant, Turner est pensif, voire inquiet, Constable jubile. C'est juste avant l'ouverture des portes que Turner ira chercher sa palette et rajoutera une tâche rouge, petite, au premier plan. Il lui donnera la forme d'un tonneau. Ce petit détail lui vient d'une aquarelle où un petit point blanc, en forme de maison, éclaire et bouleverse la perspective de la Toile...

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Le tout p'tit tonneau rouge vif se révèle être un véritable boulet de canon à l'encontre de Constable, dont l'oeuvre apparait alors comme surchargée et prétentieuse. Constable ne s'en remettra pas, Turner finit de marquer les foules... :snif:

Au fil des années, son style et sa technique évoluent, ils se précisent en se diluant. A cette époque, la notion du "sublime" apparait et Turner en sera largement empreint. Au-delà de la retranscription de la beauté donnée par Dame Nature, il est des instants où la beauté est telle qu'elle provoque un vertige et nous met au bord de l'évanouissement, de la perte de contrôle. Voilà ce qui va motiver Turner. Dés lors, dans ses toiles, il cherchera à provoquer ce tournis indescriptible chez ses spectateurs. Mais à l'époque où les traits sont précis, les personnages et les objets sont bien définis, ses formes qui se font plus floues et se fondent, cette lumière qui se diffuse et se propage dans toute la Toile, ses contours qui s'estompent, son impression qui est de plus en plus suggérée , le tout inquiète, interpelle et dérange. Turner fascine, fait crier au fou mais indéniablement, il révolutionne !

turner4.jpg

turner-grand-palais.jpg

tur%20ner.jpg

étant l'un des peintres les plus prolifiques, je ne pourrais pas tout mettre ici. Mais j'aime particulièrement ce peintre pour son travail sur la lumière, les couchants, les levants, les formes vaporeuses très suggestives mais tellement chargées en émotions et en voyage !

"Après lui, le déluge", pourrait-on dire ! Il ouvrit la porte à de nouvelles perspectives, à d'autres façon de peindre. Certains diront même qu'il sera à l'origine des Impressionnistes, des Expressionnistes, voire de l'Art Contemporain... Pour moi, c'est juste Turner, le Sublime ! La Révolution Industrielle est en marche, le virage initié par Turner l'est tout autant.

D'ailleurs, symbole de cette cassure, j'ai eu l'occasion d'admirer à Londres ma toile préférée de ce Maestro, Pluie de vapeur, de vitesse :

turner-rss.jpg

Le décor en lui-même suggère des éléments classiques de l'époque : sur la partie de gauche, une barque évolue, paisible sur l'eau, tandis que sur la rive, des formes vaporeuses, des jeunes filles dansent, se tenant la main, comme sur les tableaux d'antan. Mais tout à coup, sur la droite, surgit une forme sombre et imposante : un train à vapeur. L'intensité est telle qu'on a l'impression d'entendre son avancée hurlante, le sifflement puissant de la vapeur dans son conduit. La machine rompt avec la quiétude de l'instant. C'est l'arrivée d'une autre époque, la percée du progrès. Une page se tourne. L'¿uvre est... sublime !

Vous l'aurez compris, je ne peux pas être objective concernant cet artiste, car c'est l'un de mes peintres préférés... :blush:

Je ne saurais que trop vous inviter à une magnifique expo qui se tient en ce moment même et ce, jusqu'au 20 mai, au Grand Palais à Paris. C'est une rétrospective à ne pas rater, intitulée Turner et ses peintres. Allez-y, ça serait dommage de rater une si belle occasion ! :coeur:

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Imparfaite Membre 872 messages
Forumeur accro‚ 29ans
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Les parisiens, toujours aussi chanceux! :blush:

Suite à l'exposition du Grand Palais de nombreux magazines sont consacrés à Turner, j'en ai profité cette semaine pour acheter le "Dossier de l'Art", par manque de temps je n'ai fait que le feuilleter mais voilà qui me donne envie de le dévorer.

En tout cas merci Thyia, te lire est un régal.

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Invité Thyia
Invité Thyia Invités 0 message
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:blush: miciii toi... j'avoue ne pas avoir été très objective sur ce coup-là mais ton p'tit mot, y m'touche.

Modifié par Thyia

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Imparfaite Membre 872 messages
Forumeur accro‚ 29ans
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J'avais envie de placer ici le Sommeil d'Endymion de Girodet-Trioson :

girodet-effet-de-lune-endymion-1793.jpg

Suis-je la seule à avoir cette impression tridimensionnelle ? Ces personnages semblent tellement vivants!

Comme si nous pouvions les saisir, les toucher et qu'ils ne seraient pas froid comme du marbre.

Je crois que c'est ce petit filet de lumière qui change tout, qui FAIT tout, c'est cet effet de lune qui anime et donne vie à ces corps... Oui oui, du sang chaud coule là-dedans ou ce peintre est un géant!

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Invité Thyia
Invité Thyia Invités 0 message
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J'avais envie de placer ici le Sommeil d'Endymion de Girodet-Trioson :

girodet-effet-de-lune-endymion-1793.jpg

Suis-je la seule à avoir cette impression tridimensionnelle ? Ces personnages semblent tellement vivants!

Comme si nous pouvions les saisir, les toucher et qu'ils ne seraient pas froid comme du marbre.

Je crois que c'est ce petit filet de lumière qui change tout, qui FAIT tout, c'est cet effet de lune qui anime et donne vie à ces corps... Oui oui, du sang chaud coule là-dedans ou ce peintre est un géant!

Coucou mam'zelle !

Tu as bien raison de montrer cette toile qui a marqué son époque.

En effet, ce tableau est reconnu comme étant à la jonction de deux courants très importants en peinture. Nous sommes en 1791, et l'¿uvre marque la fin du Classicisme et ouvre la voie au Romantisme.

Elle est d'ailleurs visible au Louvre, mais perso, je trouve qu'en vrai, les couleurs ne sont pas des plus chatoyantes.

En revanche, le rayon de lune est capital, puisqu'il représente Séléné (ou Artémis, la Chasseresse) qui effleure la bouche de ce jeune berger, Endymion, dont elle est tombée amoureuse et dont la beauté est conservée dans un sommeil sans fin.

Détail très frappant pour l'époque, le corps du jeune homme est assez androgyne. Car, à bien y regarder (le ventre, les cuisses, les bras), hormis le sexe, le reste de l'anatomie est plutôt en courbes et ne porte pas les marques de la musculature typiquement masculine.

C'est un style particulier mais le voyage et la rêverie sont indéniables quand on regarde la scène, en effet ! :blush:

Du même peintre, il y a aussi un tableau que j'aime particulièrement :

atala.jpg

Atala au tombeau - 1808, Musée du Louvre

Modifié par Thyia

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Imparfaite Membre 872 messages
Forumeur accro‚ 29ans
Posté(e)
En revanche, le rayon de lune est capital, puisqu'il représente Séléné (ou Artémis, la Chasseresse) qui effleure la bouche de ce jeune berger, Endymion, dont elle est tombée amoureuse et dont la beauté est conservée dans un sommeil sans fin.

Je l'ignorais complètement, merci. :blush:

Détail très frappant pour l'époque, le corps du jeune homme est assez androgyne. Car, à bien y regarder (le ventre, les cuisses, les bras), hormis le sexe, le reste de l'anatomie est plutôt en courbes et ne porte pas les marques de la musculature typiquement masculine.

C'est vrai, ce détail m'avait complètement échappé, tu as raison de le souligner.

Ce qui m'impressionne moi, dans cette toile, c'est la façon dont Girodet a traité les corps, on perçoit très nettement les volumes, la profondeur, les sujets ne sont pas plats. On pourrait très bien enlacer ces corps si on le pouvait. Il ne me semble pas avoir eu une sensation de troisième dimension aussi nette jusqu'alors, cela ne doit pas être évident à réaliser.

Modifié par Imparfaite

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
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100419095747798477.jpg

Delacroix, Etude pour La mort de Sardanapale (1816)

Et voici le tableau en question :

100419100014140800.jpg

Modifié par chirona

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

Je poste cette oeuvre d'Arcimboldo non pour sa beauté mais pour son originalité.

100427113916892753.jpg

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