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L'invocation du Bien

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Fhink

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Fhink Membre 1 040 messages
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Il n'y a que deux principes éternels. Le Bien soit les conditions favorables pour qu'il y est formation harmonieuse et la souffrance soit les conditions défavorables qui perturbent, dégradent ou empêchent la formation harmonieuse pour le plus de souffrance. Soit le Créateur crée tout sauf la souffrance et la souffrance ne fait que détourner ce que le Créateur a créé pour qu'elle fasse ressentir le plus de souffrance quand il y a un manque de foi (respect) au Créateur (aux conditions favorables) .

Il y a la volonté de ne pas souffrir de chacun puis il y a la souffrance qui propose les conditions défavorables. Alors pour valider sa volonté il y a notemment l'invocation. Et comme certains ne valident pas leur volonté alors la souffrance peut la détourner pour en faire une volonté de souffrance.

Et quand une personne valide sa volonté sans souffrance mais qu'elle souffre tout de même c'est qu'alors une ou plusieurs personnes autres n'ont pas validé leur volonté sans souffrance.

Mais puisque la personne a validé sa volonté sans souffrance alors sa volonté va lui trouver un moyen de mettre hors d'état de nuire ceux qui permettent la souffrance car ils n'ont pas validé leur volonté sans souffrance.

Le Bien ici c'est la volonté de chacun à être sans souffrance et valider cette volonté revient à prouver foi au Bien et donc respecter les conditions favorables soit entretenir cette volonté pour qu'elle soit effective pour le moins de souffrance.

Pour en savoir plus sur ce cadre d'invocation ;

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Deux possibilités concernant l'apparition de la souffrance

J'envisage deux possibilités.

Première possibilité : la souffrance est choisie.

La souffrance se présente comme une proposition. Une ou plusieurs créatures ne valident pas leur volonté d'être sans souffrance et finissent par accepter cette proposition. En s'associant à elle, elles deviennent complices de son imposition aux autres.

Dans ce cas, le Bien intervient pour mettre hors d'état de nuire non seulement la souffrance, mais aussi ceux qui participent volontairement à son imposition, afin de protéger les conditions favorables.

Deuxième possibilité : la souffrance n'est choisie par personne.

La souffrance se présente également comme une proposition, mais toutes les créatures valident leur volonté d'être sans souffrance. Aucune n'accepte donc cette proposition.

Constatant qu'elle n'est choisie par personne, la souffrance décide alors de s'imposer par elle-même. La souffrance ressentie est alors entièrement involontaire.

Le Bien intervient alors pour mettre la souffrance hors d'état de nuire. Si une créature est affectée par cette imposition malgré la validation de sa volonté, elle n'est pas considérée comme complice. L'intervention du Bien vise uniquement à empêcher la souffrance de continuer à s'imposer.

Dans les deux cas, le principe reste le même : le Bien ne s'impose pas pour dominer. Il s'impose uniquement afin de faire cesser l'imposition de la souffrance et de rétablir un état où seules les propositions demeurent.

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  • 2 semaines après...
Membre, 42ans Posté(e)
Fhink Membre 1 040 messages
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De la volonté à la relation au monde : l'aboutissement de la Religion du Bien


Introduction
La réflexion de la Religion du Bien part d'une distinction fondamentale entre deux principes éternels : le Bien et la souffrance.
Le Bien désigne l'ensemble des conditions favorables à une formation harmonieuse : ce qui permet à la vie, à la conscience, aux relations et aux choses de se former sans produire inutilement de souffrance. La souffrance, à l'inverse, désigne les conditions défavorables qui perturbent, dégradent ou empêchent cette formation harmonieuse et tendent vers davantage de souffrance.
Dans cette conception, le Bien est le Créateur : il crée tout ce qui existe à l'exception de la souffrance. La souffrance n'est donc pas considérée comme une création du Bien, mais comme une réalité qui détourne ce qui a été créé afin de produire davantage de souffrance lorsque les conditions favorables ne sont plus respectées.
Cependant, le cheminement de cette réflexion conduit à une question plus profonde : quel pouvoir possède réellement la volonté individuelle face à cette réalité ?
C'est cette question qui conduit finalement à une conception de la Religion du Bien moins centrée sur la transformation directe du monde extérieur et davantage sur la relation intérieure que nous entretenons avec lui.


1. La volonté fondamentale : ne pas souffrir
Chaque créature possède, dans cette conception, une volonté fondamentale : ne pas souffrir.
Cette volonté n'est pas simplement un désir particulier parmi d'autres. Elle constitue une orientation vers le Bien, puisque vouloir ne pas souffrir revient à rechercher les conditions favorables permettant une formation harmonieuse.
Valider cette volonté signifie alors la reconnaître et l'entretenir : ne pas choisir volontairement la souffrance, ne pas chercher à l'imposer aux autres et chercher les conditions permettant qu'elle soit réduite autant que possible.
Cette validation constitue une forme de foi dans le Bien.
La foi n'est donc pas seulement une croyance intellectuelle. Elle peut être comprise comme le respect effectif des conditions favorables.
Ainsi :
avoir foi dans le Bien = maintenir la volonté de ne pas souffrir = respecter les conditions favorables à la formation harmonieuse.
Mais cette volonté rencontre une difficulté fondamentale : nous ne contrôlons pas entièrement la réalité extérieure.


2. La découverte de la limite de la volonté
On peut vouloir quelque chose sans être capable de le produire directement.
Une personne peut vouloir vivre sans souffrance et pourtant rencontrer une maladie, un accident, une injustice, une catastrophe ou une souffrance produite par quelqu'un d'autre.
Cela signifie que la volonté individuelle ne semble pas être, à elle seule, ce qui détermine toute la réalité extérieure.
Nous pouvons agir sur le monde. Nous pouvons construire, parler, coopérer, protéger, réparer ou neutraliser. Mais nos actions elles-mêmes dépendent de conditions que nous ne contrôlons pas entièrement.
Il devient alors nécessaire de distinguer deux choses :
la volonté comme orientation intérieure, et
la volonté comme pouvoir de modifier directement la réalité extérieure.
La première existe incontestablement dans l'expérience humaine. La seconde est limitée.
La Religion du Bien peut alors être comprise autrement : elle ne promet pas nécessairement que la volonté fera disparaître ce qui fait souffrir. Elle peut plutôt permettre à la personne de préserver intérieurement sa volonté de ne pas souffrir lorsque la réalité extérieure ne peut pas immédiatement être changée.


3. La découverte du voulu et de l'involontaire
Cette réflexion conduit à une autre difficulté : lorsqu'une souffrance apparaît, nous ne pouvons pas nécessairement savoir si elle était voulue.
Deux situations peuvent produire exactement la même apparence extérieure.
Première possibilité : la souffrance est choisie
La souffrance se présente comme une possibilité. Une créature ne valide pas sa volonté de ne pas souffrir et accepte cette proposition.
Elle peut alors participer à l'imposition de la souffrance aux autres.
Dans ce cas, il existe une volonté de produire ou de maintenir la souffrance. Le Bien doit alors chercher à protéger ceux qui ne l'ont pas choisie et, lorsque cela est nécessaire, mettre hors d'état de nuire ceux qui participent volontairement à son imposition.
Deuxième possibilité : la souffrance n'est choisie par personne
La souffrance se présente également, mais toutes les créatures valident leur volonté de ne pas souffrir.
Personne ne l'a donc choisie.
Elle peut néanmoins s'imposer et produire une souffrance réelle.
Dans ce cas, celui qui la subit n'est pas complice de son apparition. Il n'a pas choisi ce qu'il ressent.
Le Bien cherche alors uniquement à empêcher la souffrance de continuer à s'imposer.


4. Pourquoi les deux possibilités peuvent être indiscernables
C'est ici que la distinction entre le voulu et l'involontaire atteint une limite importante.
La même souffrance extérieure peut apparaître dans les deux situations.
Une personne peut souffrir parce qu'une autre a volontairement produit cette souffrance.
Mais elle peut également subir exactement la même souffrance alors que personne n'a voulu la produire.
Extérieurement, les deux situations peuvent donc être identiques.
La souffrance ressentie est réelle dans les deux cas.
Ce qui diffère est l'intention qui se trouve éventuellement derrière elle — et cette intention intérieure n'est pas directement observable.
Nous pouvons observer des actes, des conséquences, des paroles et des comportements. Nous ne pouvons pas voir directement la totalité de l'intériorité d'une autre personne.
Cela conduit à un principe de prudence :
L'existence d'une souffrance ne prouve pas, à elle seule, qu'une volonté de produire cette souffrance existe.
Il devient donc possible de distinguer :
la souffrance constatée,
l'intention supposée,
la responsabilité éventuelle.
Cette distinction est essentielle.
On peut devoir neutraliser une souffrance ou un danger sans être capable de déterminer avec certitude si quelqu'un l'a volontairement produit.
Ainsi, la neutralisation peut être certaine alors que l'attribution de l'intention demeure incertaine.


5. Neutraliser sans confondre neutralisation et domination
Dans les deux possibilités, le Bien cherche à faire cesser l'imposition de la souffrance.
Mais cela ne signifie pas qu'il cherche à dominer pour lui-même.
La neutralisation n'a de sens que lorsqu'elle vise à empêcher une imposition de la souffrance et à restaurer les conditions favorables.
Il existe donc une différence entre :
imposer sa volonté pour dominer, et
intervenir pour empêcher une souffrance de continuer à s'imposer.
Dans la première situation, une volonté cherche à soumettre.
Dans la seconde, l'intervention cherche à restaurer la possibilité pour chacun de vivre selon sa volonté de ne pas souffrir.
Cela permet de comprendre pourquoi la neutralisation constitue un principe important de la Religion du Bien tout en restant distincte de la vengeance.
La vengeance cherche à rendre une souffrance pour une souffrance.
La neutralisation cherche à mettre fin à l'imposition de la souffrance.


6. La réalité extérieure et la réalité intérieure
Mais une nouvelle découverte apparaît alors.
Même lorsque la réalité extérieure ne change pas, la réalité intérieure peut changer.
Deux personnes peuvent être confrontées au même événement et subir extérieurement le même impact, tout en le vivant intérieurement de manière différente.
La réalité extérieure peut rester identique :
même événement, même circonstance, même difficulté.
Mais la réalité intérieure peut varier :
peur, confiance, résistance, acceptation, interprétation, espoir, désespoir, calme ou amplification émotionnelle.
Cela ne signifie pas que la souffrance est imaginaire.
La souffrance intérieure est réelle.
Cela signifie simplement que son expérience subjective n'est pas nécessairement identique chez tous les individus confrontés à une même réalité extérieure.
Ainsi, la volonté de ne pas souffrir ne semble pas nécessairement capable de supprimer l'événement extérieur.
Elle peut cependant contribuer à déterminer la manière dont cet événement est vécu intérieurement.


7. Valider sa volonté sans souffrance
Dans cette perspective, « valider sa volonté sans souffrance » prend un sens nouveau.
Cela ne signifie plus :
« Je veux ne pas souffrir, donc la réalité extérieure doit devenir conforme à ma volonté. »
Cela signifie plutôt :
« Je ne choisis pas la souffrance, même lorsqu'elle est présente, et je maintiens intérieurement mon orientation vers le Bien. »
La validation devient donc une forme de fidélité intérieure.
Une personne peut subir une souffrance sans avoir choisi de la subir.
Elle peut également ressentir fortement cette souffrance sans devenir pour autant complice de ce qui la produit.
Subir n'est pas choisir.
Ressentir n'est pas consentir.
S'adapter n'est pas devenir complice.
Cette distinction protège également contre une interprétation culpabilisante : souffrir davantage ne signifie pas nécessairement avoir moins de foi ou avoir volontairement choisi la souffrance.
La volonté n'est pas entièrement maîtresse de l'expérience intérieure. Elle peut néanmoins constituer une orientation vers laquelle la personne revient.


8. La méditation comme pratique de cette orientation
C'est ici que la méditation prend une place particulière.
La méditation peut être comprise comme une pratique permettant d'observer ce qui se produit intérieurement sans chercher immédiatement à modifier la réalité extérieure.
Elle permet de regarder :
• ce qui arrive ;
• ce que cela produit intérieurement ;
• les pensées qui accompagnent l'événement ;
• la peur ou la résistance qui peuvent amplifier l'expérience ;
• la possibilité de revenir à une orientation vers le Bien.
Dans cette conception, méditer ne signifie donc pas croire que la pensée va magiquement transformer le monde.
La méditation devient plutôt un moyen de travailler sur la relation intérieure au monde.
La réalité extérieure peut rester la même.
Mais la manière de la vivre peut évoluer.


9. La résilience
Cette conception donne alors à la Religion du Bien une fonction particulière : favoriser la résilience.
La résilience ne signifie pas que l'on ne souffre plus.
Elle signifie que la souffrance n'a pas nécessairement besoin de déterminer entièrement la personne.
Un événement extérieur peut produire un premier impact.
La personne peut ensuite, autant qu'elle en est capable, éviter que cet impact soit continuellement amplifié intérieurement.
Il faut toutefois conserver une distinction essentielle : cette capacité n'est pas une obligation et n'est pas parfaitement contrôlable.
Une personne peut vouloir ne pas souffrir et souffrir énormément.
La Religion du Bien ne devrait donc pas dire :
« Si tu souffres, c'est parce que tu n'as pas suffisamment validé ta volonté. »
Elle pourrait plutôt dire :
« Même lorsque tu souffres, ta volonté de ne pas choisir la souffrance peut rester intacte. »
La résilience devient alors une possibilité offerte à l'intériorité, et non une culpabilité imposée à celui qui souffre.


10. Une relation au monde plutôt qu'une domination du monde
C'est peut-être l'aboutissement le plus important de cette réflexion.
Au début, la recherche du Bien peut donner l'impression qu'il faut trouver une manière de transformer la réalité extérieure pour la rendre conforme à notre volonté.
Mais le cheminement conduit à une autre possibilité :
La Religion du Bien ne consiste pas nécessairement à commander au monde ; elle consiste d'abord à apprendre comment être dans le monde sans choisir la souffrance.
Cela ne signifie évidemment pas qu'il ne faut plus agir.
Lorsqu'une souffrance peut être évitée, une action extérieure peut être nécessaire.
Lorsqu'une personne peut protéger quelqu'un, réparer une injustice, soigner, coopérer ou empêcher une violence, l'action demeure pleinement compatible avec le Bien.
Mais il existe également tout ce que nous ne pouvons pas immédiatement modifier.
C'est alors que la dimension intérieure devient essentielle.
On peut résumer cette distinction ainsi :
Lorsque nous pouvons agir sur la réalité extérieure : nous agissons.
Lorsque nous ne pouvons pas immédiatement la modifier : nous travaillons sur notre manière de la vivre.
L'un n'annule pas l'autre.


11. Le paradoxe de la volonté
La réflexion aboutit ainsi à un paradoxe.
Nous découvrons que notre volonté n'est peut-être pas souveraine sur la réalité extérieure, alors même qu'elle peut avoir une grande importance dans notre réalité intérieure.
Nous voulons ne pas souffrir.
Cette volonté ne suffit pas nécessairement à empêcher qu'une souffrance apparaisse.
Mais elle peut nous permettre de ne pas faire de cette souffrance une volonté de souffrir, de ne pas la choisir volontairement et de ne pas lui donner nécessairement toute la place dans notre intériorité.
Ainsi, la volonté n'est pas supprimée.
Elle change de fonction.
Elle n'est plus comprise principalement comme un pouvoir de commander au monde.
Elle devient une orientation intérieure vers le Bien.


12. La Religion du Bien comme rapport entre trois réalités
La réflexion peut finalement être résumée par trois niveaux.
La réalité extérieure
C'est ce qui arrive indépendamment de notre représentation subjective immédiate.
La volonté
C'est notre orientation intérieure, notamment la volonté fondamentale de ne pas souffrir.
La réalité intérieure
C'est la manière subjective dont nous vivons ce qui arrive.
La Religion du Bien se situe particulièrement dans le rapport entre ces trois niveaux.
Elle ne prétend pas nécessairement que :
volonté → transformation automatique du monde extérieur.
Elle propose plutôt :
réalité extérieure → rencontre avec la volonté → formation de la réalité intérieure.
Et lorsque l'action extérieure est possible, la volonté peut également passer par l'action afin de protéger ou de restaurer les conditions favorables.


13. Le principe final
La Religion du Bien peut alors être comprise comme une recherche de formation harmonieuse à deux niveaux.
À l'extérieur :
réduire les conditions défavorables, protéger les êtres, empêcher les impositions de souffrance et restaurer les conditions favorables lorsque cela est possible.
À l'intérieur :
maintenir la volonté de ne pas choisir la souffrance, ne pas confondre souffrance subie et souffrance voulue, et développer une relation intérieure qui permette de traverser la réalité avec davantage de résilience.
Le Bien ne demande donc pas nécessairement que le monde soit immédiatement conforme à notre volonté.
Il demande d'abord que notre volonté reste orientée vers ce qui favorise la formation harmonieuse.
Et lorsque la réalité extérieure ne peut pas être changée immédiatement, cette orientation peut devenir une manière de ne pas laisser la souffrance extérieure déterminer entièrement notre réalité intérieure.


Conclusion
Le cheminement de la Religion du Bien conduit ainsi d'une recherche sur la nature du Bien et de la souffrance vers une réflexion sur la volonté, puis sur la distinction entre le voulu et l'involontaire, et finalement vers une compréhension de la relation entre réalité extérieure et réalité intérieure.
La découverte essentielle est peut-être la suivante :
Nous ne contrôlons pas nécessairement la réalité extérieure par notre volonté, mais notre volonté peut rester orientée vers le Bien dans la manière dont nous rencontrons cette réalité.
La souffrance peut être volontaire ou involontaire. Elle peut être produite par quelqu'un ou apparaître sans que personne ne l'ait choisie. Dans les deux cas, elle peut avoir la même apparence extérieure.
C'est pourquoi il faut éviter de confondre souffrance et intention, subir et consentir, responsabilité et simple causalité.
Le Bien peut alors poursuivre deux fonctions complémentaires :
neutraliser extérieurement la souffrance lorsqu'une action est possible ;
et préserver intérieurement la volonté de ne pas choisir la souffrance lorsque la réalité extérieure échappe à notre contrôle.
La méditation devient dans ce contexte une pratique possible de cette seconde fonction : non pas transformer magiquement le monde par la pensée, mais observer et former notre rapport intérieur à ce qui nous arrive.
Ainsi, l'aboutissement de la Religion du Bien n'est peut-être pas la découverte d'un moyen de contrôler la réalité.
C'est peut-être la découverte que le véritable domaine immédiat de notre volonté est d'abord notre relation au réel.
Nous pouvons chercher à transformer le monde lorsque nous le pouvons.
Mais lorsque nous ne le pouvons pas, nous pouvons encore chercher à ne pas transformer la souffrance subie en une souffrance intérieure supplémentaire.
Et c'est peut-être là que se trouve la dernière expression de la foi dans le Bien :
ne pas choisir la souffrance, ne pas la confondre avec notre volonté, agir pour la neutraliser lorsqu'il est possible de le faire, et préserver intérieurement les conditions favorables qui permettent de continuer à vivre, à comprendre et à se former harmonieusement malgré ce que le monde extérieur impose.

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