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chirona

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Tout ce qui a été posté par chirona

  1. Moi je peux donner sans problème mon avis sur certains livres proposés mais cela risque peut-être d'orienter le choix des lecteurs et d'amoindrir les chances de certains livres ... A toi de voir MarieJo. Je veux bien avoir l'avis des autres forumeurs.
  2. chirona

    Charles Baudelaire

    Merci Dolph pour ce superbe poème chargé d'une grande sensualité. A une passante La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d'une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ; Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. Un éclair... puis la nuit ! ? Fugitive beauté Dont le regard m'a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ? Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être ! Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais ! Tableaux Parisiens, XCIII
  3. Oh, merci pour le vote de confiance . Moi j'aimerais bien que tu proposes ne serait-ce que quelques titres même si j'ai déjà une idée des livres que tu aimes bien à force de te croiser dans les topics sur la litttérature. Tu as jusqu'à dimanche pour le faire, cela te laisse le temps de réfléchir. Tu ne dois pas tomber dans le travers qui consiste à dire "je ne propose pas de livres car il y en a tellement de bien que je ne sais pas quoi choisir"
  4. chirona

    Arthur Rimbaud

    c'est normal qu'il y ias marquer "s"éteint en 1991? en tout cas merci Je n'avais pas remarqué l'erreur car j'avoue que je n'ai pas lu la biographie, m'intéressant surtout aux poèmes de ce grand génie. Evidemment, il meurt en 1891 (c'était donné au début du texte)
  5. chirona

    Charles Baudelaire

    Et voici "l'horloge", extrait de Spleen et Idéal. J'adore.... L'horloge Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible, Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi ! Les vibrantes Douleurs dans ton c¿ur plein d'effroi Se planteront bientôt comme dans une cible ; Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ; Chaque instant te dévore un morceau du délice A chaque homme accordé pour toute sa saison. Trois mille six cents fois par heure, la Seconde Chuchote : Souviens-toi ! ¿ Rapide, avec sa voix D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois, Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde ! Remember ! Souviens-toi ! prodigue ! Esto memor ! (Mon gosier de métal parle toutes les langues ) Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or ! Souviens-toi que le Temps est un joueur avide Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi. Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi ! Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide. Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard, Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge, Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge !), Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard !" Spleen et Idéal, LXXXV
  6. J'aurais plus classé l'auteur précédent à M. En B, je propose un auteur dont j'ai adoré le roman : Charlotte Brontë avec Jane Eyre. Orpheline, Jane Eyre est recueillie par sa tante, qui la traite durement depuis la mort de son mari, et vit avec ses cousins, qui ne sont pas tendres avec elle. Pour préserver leur tranquillité et pour tenter de corriger les 'vices' de l'enfant, la petite est envoyée dans une pension pour jeunes filles pauvres, Lockwood, où elle va grandir, étudier mais aussi connaître les misères d'un établissement fonctionnant grâce à la charité. Alors qu'elle a dix-huit ans, elle part pour le manoir de Thornfield et devient la gouvernante de la pupille du propriétaire, Edward Rochester. Au fil des jours, cet homme bourru va être séduit par le caractère et le naturel de Jane : c'est le début d'une grande histoire d'amour qui devra surmonter de nombreux obstacles pour être vécue.
  7. chirona

    La citation du jour

    "De la musique avant toute chose, Et pour cela préfère l'Impair, Plus vague et plus soluble dans l'air, Sans rien en lui qui pèse ou qui pose." Verlaine, "art poétique"
  8. chirona

    Charles Baudelaire

    Les Aveugles Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux ! Pareils aux mannequins ; vaguement ridicules ; Terribles, singuliers comme les somnambules ; Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux. Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie, Comme s'ils regardaient au loin, restent levés Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés Pencher rêveusement leur tête appesantie. Ils traversent ainsi le noir illimité, Ce frère du silence éternel. O cité ! Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris et beugles, Eprise du plaisir jusqu'à l'atrocité, Vois ! je me traîne aussi ! mais, plus qu'eux hébété, Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ? Tableaux Parisiens, XCII
  9. chirona

    Paul Verlaine

    En sourdine Calmes dans le demi-jour Que les branches hautes font, Pénétrons bien notre amour De ce silence profond. Fondons nos âmes, nos c¿urs Et nos sens extasiés, Parmi les vagues langueurs Des pins et des arbousiers. Ferme tes yeux à demi, Croise tes bras sur ton sein, Et de ton coeur endormi Chasse à jamais tout dessein. Laissons-nous persuader Au souffle berceur et doux, Qui vient à tes pieds rider Les ondes de gazon roux. Et quand, solennel, le soir Des chênes noirs tombera, Voix de notre désespoir, Le rossignol chantera. Extrait de Fêtes galantes
  10. Et voici ma sélection. Je tiens quand même à signaler que j'ai déjà repéré des romans très intéressants dans les propositions . - José Carlos Samoza : La caverne des idées Un éphèbe est retrouvé mort dans les rues d'Athènes. Des loups lui auraient dévoré le coeur. Son ancien mentor à l'Académie sollicite les services d'un fin limier : Héraclès Pontor, le Déchiffreur d'Enigmes. Le philosophe platonicien et cet Hercule Poirot à l'antique conduisent l'enquête tambour battant, entre vieilles familles aristocratiques, savantes hétaïres et troublants nubiles. Tous deux s'emploient avec passion à trouver la Vérité et, accessoirement, le coupable. Car la joute philosophique se superpose à l'investigation policière, tandis que les crimes s'enchaînent. ------------------------------------------------------------------------------------ - Sébastion Japrisot : La passion des femmes Sur une plage déserte, à la fin d'un bel après-midi d'été, un jeune homme tombe, blessé d'un coup de fusil en pleine poitrine. Tour à tour, les femmes qui ont compté dans sa vie racontent l'aventure qu'elles ont partagée avec lui, qui les a conduites à l'abattre. Mais qui dit la vérité ? Emma, l'angélique mariée enlevée la nuit de ses noces ? Bélinda, la splendide prostituée de « La Reine de C¿ur » ? Zozo, la pensionnaire du même endroit ? Caroline, la trop jeune veuve prise au piège d'un monstre ? Frou-Frou, la petite manucure parisienne devenue star à Hollywood ? Yoko, la délicieuse et impudique Japonaise ? Toledo, l'infirmière américaine en Birmanie ? Marie-Martine, l'avocate à qui il appartient de sauver la tête de celui qu'elle a toujours aimé ? Les confessions de cette étonnante galerie de femmes sont autant de facettes où se réfléchit un héros multiple et contradictoire, et, pour délirantes qu'elles soient, le puzzle se recomposera. ---------------------------------------------------------------------------------------------- - Gabriel Garcia Marquez : Cent ans de solitude Cent ans de solitude (titre original: Cien años de soledad ) est un roman de langue espagnole, écrit par le romancier, novelliste et journaliste colombien Gabriel García Márquez, prix Nobel de littérature en 1982. L'ouvrage a été rédigé en 1965 au Mexique et publié deux ans plus tard à Buenos Aires, en Argentine, par Editorial Sudamericana à huit mille exemplaires. Il est considéré comme une ¿uvre maîtresse de la littérature hispano-américaine en particulier et de la littérature universelle de manière générale. C'est un des romans les plus lus et les plus traduits actuellement, en espagnol comme dans d'autres langues. Il est souvent cité comme le texte le plus représentatif du réalisme magique, faisant cohabiter plusieurs genres littéraires et juxtaposant un cadre historique avéré et des références culturelles vraisemblables à des éléments surnaturels ou irrationnels. Il narre le parcours de la famille Buendia sur six générations, habitant le village imaginaire de Macondo et acculée à vivre cent ans de solitude par la prophétie du gitan Melquíades. Elle va ainsi traverser les guerres et les conflits propres à l'histoire colombienne . (sources : Wikipédia) ------------------------------------------------------------------------------------ - Marion Zimmer Bradley (un deuxième, ça fait pas de mal ) : La princesse de la nuit Une nouvelle visite de Marion Zimmer Bradley dans les classiques : La flûte enchantée. Tamino, fils de l'Empereur d'Occident, veut sauver Pamina, la fille de la Reine de la Nuit. Celle-ci est prisonnière du Magicien Sarastro. Ces deux êtres semblent être destinés l'un à l'autre mais bien des épreuves les attendent. Accompagnés d'animaux-Halfling (oiseau-halfling, chien-halfling), ces deux héros essaieront de se rejoindre et de se trouver. ------------------------------------------------------------------------------------ - Ray Bradbury : Fahrenheit 451 Dans cette société futuriste où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de traquer les livres et leur détenteurs. Il leur faut brûler tout ce qui ressemble de prêt ou de loin à de la littérature. Soupçons et délations sont alors au programme. Montag, l'un des pompiers pyromanes, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas l'imaginaire. 451 degrés Fahrenheit est la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume.
  11. Je passe directement à Z car je cale lamentablement pour X et Y . Je vous propose Stephan Sweig avec un livre proposé par MarieJo pour la lecture collective n°3. Je crois que j'ai vu une adaptation cinématographique avec Agnès Jaoui mais je suis tout à fait prête à lire le roman qui a l'air très intéressant. Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stephan Zweig "Scandale dans une pension de famille " comme il faut ", sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un des clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée...Seul le narrateur tente de comprendre cette " créature sans moralité ", avec l'aide inattendue d'une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez la fugitive." Ce récit d'une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l'auteur d'Amok et du Joueur d'échecs, est une de ses plus incontestables réussites.
  12. chirona

    Charles Baudelaire

    Merci beaucoup Dolph : entre Baudelaire, Rimbaud et Verlaine tu as donné les trois personnes qui représentent pour moi le panthéon des poètes. Je voulais, pour commencer -car je ne manquerai pas d'abreuver ce topic des poèmes que j'affectionne car ils sont nombreux - vous donner à lire la dédicace faite au lecteur en introduction des Fleurs du mal. J'aime tout particulièrement les trois dernières strophes. La sottise, l'erreur, le péché, la lésine, Occupent nos esprits et travaillent nos corps, Et nous alimentons nos aimables remords, Comme les mendiants nourrissent leur vermine. Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ; Nous nous faisons payer grassement nos aveux, Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux, Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches. Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste Qui berce longuement notre esprit enchanté, Et le riche métal de notre volonté Est tout vaporisé par ce savant chimiste. C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent ! Aux objets répugnants nous trouvons des appas ; Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas, Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent. Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange Le sein martyrisé d'une antique catin, Nous volons au passage un plaisir clandestin Que nous pressons bien fort comme une vieille orange. Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes, Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons, Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes. Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie, N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins Le canevas banal de nos piteux destins, C'est que notre âme, hélas ! n'est pas assez hardie. Mais parmi les chacals, les panthères, les lices, Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents, Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants, Dans la ménagerie infâme de nos vices, II en est un plus laid, plus méchant, plus immonde ! Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris, Il ferait volontiers de la terre un débris Et dans un bâillement avalerait le monde ; C'est l'Ennui ! L'¿il chargé d'un pleur involontaire, II rêve d'échafauds en fumant son houka. Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat, - Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !
  13. chirona

    Arthur Rimbaud

    Merci beaucoup Dolph, j'apprécie la dédicace à sa juste valeur . Etant une grande fan de Rimbaud, je vais de ce pas -et malgré l'heure tardive - vous rechercher un poème que j'ai posté dans le topic sur l'alphabet des écrivains et de leurs oeuvres à savoir "Ophélie" : je trouve ce poème magnifique. J'apprécie également "ma bohème" et "le dormeur du val". Je reviendrai avec plaisir poster d'autres extraits de l'oeuvre de ce grand poète. Ophélie Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... -- On entend dans les bois lointains des hallalis. Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir; Voici plus de mille ans que sa douce folie Murmure sa romance à la brise du soir. Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux; Les saules frissonnants pleurent sur son épaule, Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux. Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle; Elle éveille parfois, dans un aune qui dort, Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile: -- Un chant mystérieux tombe des astres d'or. ô pale Ophélia! belle comme la neige! Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté! -- C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté; C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure, A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits; Que ton coeur écoutait le chant de la nature Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits; C'est que la voix des mers folles, immense râle, Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux; C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle, Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux! Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre folle! Tu te fondais à lui comme une neige au feu: Tes grandes visions étranglaient ta parole -- Et l'infini terrible effara ton oeil bleu ! -- Et le poète dit qu'aux rayons des étoiles Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis, Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles, La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
  14. V : Boris Vian avec J'irai cracher sur vos tombes. Je l'ai lu il y a très longtemps et j'avais été très frappée par la violence du récit. A connaître. J'irai cracher sur vos tombes est un roman de Boris Vian, publié sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, paru pour la première fois en 1946 aux éditions Scorpion. Ce livre, comme plusieurs autres, a été d'abord édité sous le nom d'un certain Vernon Sullivan dont Vian se présentait comme le traducteur. L'histoire, comme les autres histoires de Vian sous le pseudonyme de Sullivan, se déroule dans le sud des états-Unis d'Amérique et met en scène les difficultés des Noirs Américains dans leur vie quotidienne face aux Blancs. Dans ce roman, Lee Anderson, un homme noir mais à la peau blanche, quitte sa ville natale après la mort de son frère qui a été lynché et pendu parce qu'il était amoureux d'une blanche. Arrivé dans cette autre ville, Lee devient libraire et entre dans la petite bande locale de jeunes en manque d'alcool et de sexe. Son but est de venger la mort de son frère. Loin du style des autres romans de Vian, ce récit est le plus violent, le plus cru et le plus représentatif de la série "Sullivan" où Vian dénonce le racisme ambiant et la condition précaire des Noirs dans le sud des états-Unis. Peu après sa parution, étant considéré comme pornographique et immoral, ce livre fut interdit (en 1949) et son auteur condamné pour outrage aux bonnes m¿urs. Une édition illustrée par Jean Boullet a été publiée en 1947. Il en existe une version édulcorée. (sources : Wikipédia)
  15. chirona

    Paul Verlaine

    Me revoici déjà. Je vous propose un poème peu connu que j'aime bien. Il n'est pas franchement optimiste. Colloque sentimental Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux formes ont tout à l'heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l'on entend à peine leurs paroles. Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux spectres ont évoqué le passé. -Te souvient-il de notre extase ancienne? -Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne? -Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom? Toujours vois tu mon âme en rêve? -Non. -Ah! les beaux jours de bonheur indicible Où nous joignions nos bouches! -C'est possible. Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir! -L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir. Tels ils marchaient dans les avoines folles, Et la nuit seule entendit leurs paroles. Paul Verlaine Je reconnais que "mon rêve familier" ainsi que "il pleure dans mon coeur" font partie de mes poèmes préférés.
  16. chirona

    Paul Verlaine

    Merci beaucoup Dolph. J'adore Verlaine. A l'occasion, je posterai des poèmes que j'adore. A quand le topic sur Rimbaud ?
  17. En R, je vous propose un poète grandissime que j'adore : Arthur Rimbaud. Je vous offre ce merveilleux poème extrait d' Une saison en enfer. Ophélie Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... -- On entend dans les bois lointains des hallalis. Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir; Voici plus de mille ans que sa douce folie Murmure sa romance à la brise du soir. Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux; Les saules frissonnants pleurent sur son épaule, Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux. Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle; Elle éveille parfois, dans un aune qui dort, Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile: -- Un chant mystérieux tombe des astres d'or. ô pale Ophélia! belle comme la neige! Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté! -- C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté; C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure, A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits; Que ton coeur écoutait le chant de la nature Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits; C'est que la voix des mers folles, immense râle, Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux; C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle, Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux! Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre folle! Tu te fondais à lui comme une neige au feu: Tes grandes visions étranglaient ta parole -- Et l'infini terrible effara ton oeil bleu ! -- Et le poète dit qu'aux rayons des étoiles Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis, Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles, La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
  18. Merci Kinwena . Bon, je continue donc avec la lettre P et Georges Perec avec son roman oulipien La disparition qui est un roman en lipogramme (disparition de la lettre e) (1969). Membre de l'Oulipo, Georges Perec considérait que les contraintes formelles sont un puissant stimulant pour l'imagination. Il a donc choisi dans ce roman l'utilisation du lipogramme pour écrire une ¿uvre originale, dans laquelle la forme est fortement liée au fond. En effet, la disparition de cette lettre e est au c¿ur du roman, dans son intrigue même ainsi que dans son interrogation métaphysique, à travers la disparition du personnage principal, au nom lui-même évocateur : Anton Voyl. Le lecteur suit les péripéties des amis d'Anton qui sont à sa recherche, dans une trame proche de celle du roman policier. Absence, vide, manque, virginité, silence, énigme, tels sont les thèmes principaux de ce livre fondé sur le jeu et le défi technique, au service d'une écriture extrêmement souple et littéraire. (sources : Wikipédia) Voici un extrait : "Anton Voyl n'arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa un profond soupir, s'assit dans son lit, s'appuyant sur son polochon. Il prit un roman, il l'ouvrit, il lut; mais il n'y saisissait qu'un imbroglio confus, il butait à tout instant sur un mot dont il ignorait la signification. Il abandonna son roman sur son lit. Il alla à son lavabo; il mouilla un gant qu'il passa sur son front, sur son cou. Son pouls battait trop fort. Il avait chaud. Il ouvrit son vasistas, scruta la nuit. Il faisait doux. Un bruit indistinct montait du faubourg. Un carillon, plus lourd qu'un glas, plus sourd qu'un tocsin, plus profond qu'un bourdon, non loin, sonna trois coups. Du canal Saint-Martin, un clapotis plaintif signalait un chaland qui passait. Sur l'abattant du vasistas, un animal au thorax indigo, à l'aiguillon safran, ni un cafard, ni un charançon, mais plutôt un artison, s'avançait, traînant un brin d'alfa. Il s'approcha, voulant l'aplatir d'un coup vif, mais l'animal prit son vol, disparaissant dans la nuit avant qu'il ait pu l'assaillir."
  19. Un petit coucou en passant. J'espère que tu vas bien. Bon week-end. Bisou.

  20. Bon ! Je sens une petite stagnation et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir relancé . Si après le week-end, personne n'a continué, je me dévouerai sans problème.
  21. Voici un pléonasme que l'on entend souvent et surtout dans la bouche des journalistes : "voire même" Je ne savais pas que "chrysanthème" était du genre masculin. On pense fleur, on pense féminin...
  22. Tu as raison Kinwena, Mercure est un très beau roman de Nothomb. J'en ai beaucoup apprécié la lecture et l'idée de proposer deux fins possibles était très originale. En O, je propose un auteur que je ne connais pas du tout mais ce topic peut aussi permettre de parler des écrivains contemporains. Merci Google C'est Zoé Oldenbourg, écrivain russe (1916-2002). De Zoé Oldenbourg Année : 1977 Genre : Autobiographie Editeur : Gallimard Visages d'un autoportrait : Résumé Les différents visages de Zoé Oldenbourg se découpent sur cette « histoire vraie » : l'enfant qui lit, regarde ; l'adolescente qui se cherche ; la jeune femme vulnérable ; enfin, à toutes les périodes, l'écrivain qui naît, vit ses premières expériences de dédoublement, publie. Il ne s'agit pas de souvenirs d'enfance, car de ce qu'il a vu l'auteur ne rapporte ici que le centième, et s'efforce surtout de traduire ce qu'a pu être la formation, dès l'enfance, d'un futur romancier. Parmi les faces de ce complexe « autoportrait » apparaissent les visages des deux parents, figures initiales. é cela près, les autres protagonistes sont volontairement laissés dans l'ombre. Le thème du livre est l'éveil progressif d'un long élan créateur.
  23. chirona

    Art

    Voici "composition avec une orange"(1991) d'Oscar Rabine. Je voudrais du Picasso.
  24. Bravo Nina Gayané, c'est bien ça. De ce fait, "toucher le pactole" signifie "gagner beaucoup d'argent". A toi de relancer !
  25. Janus est un dieu romain qui présente 2 visages: l'un regardant devant et l'autre derrière. C'est le dieu des passages, des commencements, le gardien des portes. La légende raconte que les portes de son temple étaient fermées quand Rome était en paix. D'où vient l'expression "toucher le pactole" ?
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