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La science commence par les pieds
BigBadBigMacLeBoss a répondu à un(e) sujet de Mak Marceau dans Sciences
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La Montagne de l'Effroi - un roman policier dont vous êtes le lecteur, par BigBadBigMacLeBoss
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Chapitre 10 La silhouette ne bougeait pas. Mickey sentait son cœur battre si fort qu'il avait l'impression qu'il résonnait dans toute la chambre. Il distinguait à peine la forme sombre près de la fenêtre. La porte était derrière elle. Impossible de sortir. Impossible même de savoir si l'inconnu était armé. Le pire était son immobilité. Si l'homme avait crié, menacé, ou simplement avancé, Mickey aurait au moins su à quoi s'attendre. Mais cette silhouette demeurait parfaitement calme. Comme si elle savait qu'elle avait tout son temps. Comme si elle était certaine de contrôler la situation. — Que voulez-vous ? — Vous parler. Vous êtes proche de la vérité. Un frisson parcourut l'échine de Mickey. — Quelle vérité ? — Celle qui a déjà coûté la vie à deux hommes. Le silence revint. Le vent gémissait dehors. Quelque part dans l'hôtel, une poutre craqua. Mickey sursauta malgré lui. — Qui êtes-vous ? — Quelqu'un qui a commis une erreur. — Laquelle ? Long silence. Puis : — Penser qu'un homme pouvait survivre à la vérité. Mickey fronça les sourcils. — De quoi parlez-vous ? Pourquoi ne pas me dire ce que vous savez ? Un rire bref. Fatigué. Presque triste. — Le doigt. Mickey ferma les yeux une seconde. — Tout le monde parle de ce doigt depuis des jours. — Et pourtant personne ne comprend ce qu'il signifie. — Alors dites-le-moi. — La réponse est déjà devant vous. Mickey sentit la colère commencer à prendre le pas sur la peur. — Écoutez-moi bien. Deux hommes sont morts. Et vous entrez dans ma chambre en pleine nuit, pour je ne sais quel motif. Long silence. Puis la silhouette parla à nouveau. — Pourquoi un homme ferait-il prélever un doigt sur un mort ? Mickey resta figé. — Je n'en sais rien. — Réfléchissez. — À quoi ? — À ce qui pousse un homme respectable à faire quelque chose d'aussi ignoble. Mickey sentit soudain quelque chose bouger dans son esprit. Une intuition. Encore vague. Encore informe. Mais réelle. — Vous connaissez l'histoire de ce doigt. Parce que vous êtes impliqué ! tenta-t-il. — Oui. Mickey sentit son cœur accélérer. Il approchait de quelque chose. Quelque chose d'important et de dangereux. Puis un bruit sec retentit. Clac. Une allumette. Pendant une seconde, la flamme éclaira une main. Puis une moustache. Puis le contour d'un visage. Trop brièvement pour être certain. La flamme mourut. L'obscurité revint. Puis une odeur de tabac se répandit lentement dans la pièce. Quelques secondes plus tard apparut un minuscule point rougeoyant. Une braise. Qui s'intensifia. Puis diminua. Avant de renaître encore. Le foyer d'une pipe. Et soudain tout s'assembla. — Colonel Topmoutarde... La braise rougeoya doucement. Puis une voix répondit : — C’est bien moi. Le silence retomba. Plus lourd encore qu'avant. Parce que désormais Mickey savait. Il était seul. En pleine nuit. Avec l'homme qu'il commençait sérieusement à soupçonner d'avoir tué Monsieur Corps. Et Ghislain Malandrin. — Pourquoi êtes-vous venu ? demanda finalement Mickey. Le Colonel tira une bouffée de sa pipe, puis regarda un instant la neige derrière la fenêtre. — Savez-vous ce qu'il y a de pire dans un mensonge ? — D'être découvert ? — Non. — Alors quoi ? — Finir par préférer le mensonge à la vérité. Mickey ne répondit pas. — Réfléchissez au doigt. — Toujours ce doigt... — Il est la clé. Il appartenait à mon grand-oncle Armand. — Qui était-il ? Pourquoi lui ? — Parce qu'il était le dernier représentant incontestable de cette branche de ma famille. Le dernier dont j’étais certain de la filiation. Si quelqu'un pouvait confirmer ou infirmer mes origines, c'était lui. — Un test ADN… Et après le test ? — J'ai fait détruire tous les documents. Enfin, j'ai cru les avoir fait détruire. Monsieur Corps a remonté la piste. Les traces. Les factures. Les témoignages. — Colonel ! Avez-vous tué Monsieur Corps ? Et Ghislain ? Long silence. — Si vous avez réellement compris le doigt, vous connaissez déjà la réponse. Ne vous inquiétez pas. Je regrette ce qui s’est passé. J’ai déjà accepté ce qui m’attend. Puis il quitta calmement la chambre. Mickey ne dormit presque pas. Toute la nuit, il repensa au doigt. À Monsieur Corps. À Ghislain Malandrin. À Matthieu 23:17. Au temple. À l'or. Et lorsque l'aube se leva enfin sur les montagnes enneigées, il comprit. Ce matin-là, le salon était plein. Pat était déjà à son quatrième whisky. — C'est de l’irish coffee ? demanda Mickey. — Non. — Alors pourquoi est-il dans une tasse à café ? — Et moi, je t'en pose, des questions ? Super Horace éclata de rire. — HIII-HIII-HIII ! Tom Pouce leva les yeux au ciel. — Je suppose que nous sommes réunis parce que quelqu'un pense avoir résolu l'affaire. Mickey se leva. — Le Colonel a tué Monsieur Corps. Et Ghislain Malandrin. Le silence tomba. — Il y a un certain temps, le Colonel a commencé à douter de ses origines. Il a voulu savoir s'il appartenait réellement à la famille dont il portait le nom. Colonel, lorsque votre grand-oncle Armand est mort, vous avez soudoyé un employé des pompes funèbres. Pour récupérer un doigt. Et faire réaliser un test ADN. Le test a montré que vous n'étiez pas apparenté à la famille que vous croyiez être la vôtre. — Exact. J'avais été échangé à la naissance, poursuivit le Colonel tristement, mais calmement. Toute ma vie, j'avais cru appartenir à une vieille famille respectable. — Et ce n'était pas le cas. — Non. J’ai découvert qui étaient mes vrais parents. Une famille ouvrière. Sans fortune. Sans prestige. Pat leva sa tasse et en bu une gorgée. — Donc, si je résume... Vous avez tué deux personnes parce que vous étiez vexé d'être plus pauvre que prévu ? Le Colonel se leva brusquement. — Vous ne comprenez rien ! Le salon se figea. — Toute ma vie reposait sur cette identité ! Toute ma vie ! Mon nom ! Ma carrière ! Mon honneur ! Tout ! Je suis Colonel, ce n'est pas rien ! Mickey le regarda calmement. — Alors ce n'était que de l'or. — Pardon ? demanda Tom. — Matthieu 23:17. Mickey regardait le Colonel. — Monsieur Corps avait compris avant nous. Le nom. Le prestige. Le rang. Tout cela, c'était l'or. Le silence était total. — Et le temple ? murmura Super Horace. — La vérité. — Monsieur Corps voulait révéler cette vérité, Colonel. Pas pour vous humilier. Pas pour vous faire chanter. Les lettres n'étaient qu'un prétexte pour nous faire venir tous ici. Mickey hésita un instant. Puis demanda : — Mais il reste une chose que je ne comprends pas. Le Colonel leva les yeux. — Le dossier, n’est-ce pas ? Pat posa son verre. — Ah ! Enfin ! — Vous aussi, vous vous demandiez où il était ? demanda Mickey. Qui l'a volé ? Le Colonel ne répondit pas tout de suite. Puis il souffla lentement : — Ghislain. — Pourquoi aurait-il fait ça ? — Parce qu'il croyait que toute la vérité s'y trouvait. Mickey réfléchissait déjà. — Monsieur Corps lui avait montré le dossier pendant leur entretien ? — Qui sait ? Mais il lui en avait en tout cas sûrement parlé. — Suffisamment pour éveiller sa curiosité. — Oui. — Alors, après avoir quitté la chambre, Ghislain est revenu discrètement le chercher ? Le Colonel acquiesça. — Il l'a pris sans que personne ne le remarque. Et il l’a caché précieusement. —Monsieur Corps voulait réunir la famille. Une famille que rien ne semblait lier, mais unie par le sang, expliqua Mickey. Le Colonel acquiesça à nouveau. — Mais pourquoi gardait-il le doigt ? demande Pat. Le Colonel eut un sourire amer. — Parce qu'il l'avait retrouvé. Je l’avais rendu, mais l'employé des pompes funèbres ne s'en était jamais débarrassé. Comme une assurance. Quand Monsieur Corps l'a interrogé, il a tout raconté. Et lui a remis le doigt. Pat secoua la tête. Mickey continua ses explications : — Les lettres n'étaient qu'un prétexte pour vous faire tous venir. Et Ghislain avait sûrement compris. Monsieur Corps lui avait parlé ce soir-là. D'où le thé. D'où le déguisement. D'où le message 23:17. Le Colonel acquiesça. — Ghislain était plus malin qu'il ne le paraissait. Je pensais que c'était un con, mais je me suis détrompé. Mickey réfléchit un instant. — Et sa sortie dans la neige ? Cette silhouette que nous avons aperçue, c’était lui, n’est-ce pas ? Le Colonel releva lentement les yeux. — Monsieur Corps lui avait parlé du verset. Matthieu 23:17. Ghislain a d'abord cru qu'il s'agissait d'un lieu. D'un véritable temple. Pat fronça les sourcils. — Il est sorti chercher une église ? — Une vieille chapelle de montagne, répondit le Colonel. À quelques centaines de mètres de l'hôtel. — Celle qu'on aperçoit depuis le chemin forestier ? — Oui. Monsieur Corps lui avait laissé entendre qu'elle pourrait l'aider à comprendre. — Et elle l'a aidé ? — Non. Mais elle lui a permis de comprendre qu'il cherchait au mauvais endroit. — Le temple n'était pas un bâtiment. — Exactement. C'était la vérité elle-même. Et c'est après être revenu qu'il a écrit 23:17. Parce qu'il avait enfin compris ce que Monsieur Corps essayait de lui dire. — Puis vous l'avez tué avant qu'il ne puisse nous l'expliquer. Cette fois, le Colonel détourna le regard. — Oui. Du cyanure, ça se verse facilement dans un verre ou une tasse, et c’est efficace. — Et Monsieur Corps ? demanda Mickey. — J'ai remplacé son traitement. Il prenait des gélules tous les jours, pour lutter contre des flatulences excessives. J’ai mis à la place des gélules contenant un poison lent. — Avant même qu'il ne rencontre Ghislain ? — Oui. — Donc la chambre fermée de l'intérieur n'avait aucune importance. — Aucune. Il s'est condamné lui-même en prenant son médicament et en fermant la porte. Pat secoua la tête. — C'est presque élégant. — Pat ! — Je parle du mécanisme. Tom se leva brusquement. — Foi de Tom Pouce le Crack, j'étais sur cette piste. J’avais déjà compris tout ce qui vient d’être dit, j’attendais simplement d’être sûr. Un silence. Puis Pat éclata de rire. — Non. — Si. — Tom. — Quoi ? — Vous êtes un imbécile. Cette fois, Horace s'effondra de rire. — HIII-HIII-HIII-HIII-HIII ! Même Mickey dut se retourner pour cacher un sourire. Le Colonel se leva soudain. Et malgré son âge, il restait impressionnant. Tom recula immédiatement. Puis encore. Jusqu'à se retrouver derrière la belle carrure de Super Horace. — Tom ? fit Horace. — Oui ? — Vous êtes caché derrière moi. Vous avez peur ? — Je me positionne tactiquement. — Vous tremblez. — Je ne tremble pas. Je réfléchis. Pat faillit tomber de son fauteuil à force de rire. Le Colonel tenta de profiter de ce moment de distraction, et bondit alors vers la porte. Pat fut le premier à réagir. — Ah non ! Il se jeta sur lui. Horace suivit immédiatement. — HIII ! Mickey attrapa un bras. À trois contre un, ils finirent par le maîtriser. Tom n'intervint qu'une fois le combat terminé. — J'allais aider. — Bien sûr. Nous te croyons tous, répondit Pat avec ironie. Quelques heures plus tard, le Colonel était ligoté dans un fauteuil. Devant lui était déployé le grand arbre généalogique de Monsieur Corps. Tous le regardaient en silence. Puis Horace parla. — Alors nous étions déjà une famille. — Oui, répondit Mickey. — Avant même de nous rencontrer. Nous étions tous liés par le sang. Horace suivait les branches du doigt. — Ghislain est là. — Oui. — Monsieur Corps aussi. — Oui. Pat contemplait lui aussi l'arbre. — Je déteste toujours Tom. Même s'il est de ma famille, c'est un grand con. Le Colonel regardait les noms. Tous ces noms. Sa voix était devenue très basse. — Toute ma vie, j'ai refusé cette famille. Et maintenant... Maintenant, c'est la seule qui me reste. Un silence pesant s'installa. Puis Pat se leva. — Bon. — Quoi ? demanda Mickey. — Nous avons eu deux meurtres. — Oui. — Un doigt coupé. — Oui. — Un déguisement très particulier. — Oui. — Un détective qui se cache derrière Horace. — Objection ! cria Tom. — Objection rejetée. Pat fouilla dans le meuble du gramophone, et brandit un disque. — Le moment est venu de se détendre. Quelques secondes plus tard, les premières notes de « Scandale dans la famille » (la version de Bernard Menez) envahirent le salon. Mickey éclata de rire. — Très approprié. Monte le son, cher beau-frère. Pat monta le son. Super Horace se mit à danser immédiatement. Mickey le rejoignit. Pat, le whisky aidant, ne se fit pas prier non plus. Même Tom finit par céder. Le Colonel, toujours ligoté dans son fauteuil, regardait la scène, en tapant vaguement du pied. Puis, malgré lui, sourit. Dehors, la neige cessait enfin de tomber. Et lorsque la police arriva quelques heures plus tard, elle découvrit : Un meurtrier attaché à une chaise. Une famille nouvellement réunie, et qui dansait. Et Bernard Menez chantant à tue-tête dans le salon. FIN -
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Chapitre 9 Au matin, la neige tombait toujours. L'hôtel semblait très silencieux depuis la mort de Ghislain. Même les craquements du vieux bâtiment paraissaient plus lourds. Le petit déjeuner fut servi dans une atmosphère morose. Tom Pouce avait à peine touché à ses œufs brouillés, et il avait déjà étalé ses papiers sur trois tables. Le Colonel fumait sa pipe, une saucisse à moitié entamée refroidissant dans son assiette. Super Horace attaquait sans enthousiasme une tartine à la confiture. Pat Hibulaire, quant à lui, se versa un whisky. Mickey leva les yeux. — Il est neuf heures du matin. — Je sais lire une montre, rétorqua Pat. — Vous buvez du whisky au petit déjeuner. — Nous sommes coincés dans un hôtel enneigé avec deux cadavres. Et il fait soif. Je boirai du whisky si je veux. — HIII-HIII-HIII ! Le rire de Super Horace résonna dans la salle. Tom leva les yeux de ses notes. — Pendant que vous vous adonnez à l'alcoolisme et aux inepties, certains travaillent. — Avez-vous trouvé quelque chose ? demanda Mickey. — Pas encore. — Alors il n’y a pas de quoi se vanter, mon vieux… Encore une fois, ce n’est que de la gueule ! vociféra Pat. La matinée fut consacrée aux documents laissés par Monsieur Corps. Registres. Arbres généalogiques. Photocopies d'actes de naissance. Notes manuscrites. Tout indiquait que la victime enquêtait depuis longtemps. Tom examinait les feuilles avec une intensité presque agressive. Dans l'après-midi, Tom entreprit de reconstituer une partie de l'arbre généalogique. Le résultat fut un désastre sans queue ni tête. Le soir arriva. La neige continuait de tomber. Le vent frappait les vitres. Vers onze heures, chacun commença à regagner sa chambre. Super Horace bâilla. — Hiii... je vais dormir. — Excellente idée, répondit Pat. — Vous aussi ? — Oui. Avec ceci. — Avec une bouteille de whisky ? — Ça m’aide à dormir. Le Colonel secoua la tête. Tom rassembla ses papiers. — Quant à moi, je vais poursuivre mes recherches. — Bien sûr, j'espère que ce sera aussi concluant que vos recherches du reste de la journée ! dit Pat. Tom renifla avec mépris. Puis il disparut à son tour. Peu à peu, le salon se vida. Finalement, seuls restèrent Mickey et le Colonel. Le feu crépitait doucement dans la cheminée. Le vieil officier fumait sa pipe en silence. — Vous avez compris quelque chose, dit Mickey. Le Colonel ne répondit pas immédiatement. — Peut-être. — À propos de l'arbre généalogique ? — Oui. Cette histoire est peut-être plus grave que nous l'imaginons. Le silence revint. Puis le Colonel se leva. Lentement. Il était grand. Impressionnant. Son ombre dansait sur les murs. — Faites attention, Mickey. — À quoi, cher Colonel ? — À force de chercher la vérité, on finit par la trouver... et on peut ne pas l’aimer. Mickey ne répondit pas. Le Colonel s'approcha de la porte. Puis s'arrêta. — Ghislain avait compris cela. — Que voulez-vous dire ? Le Colonel esquissa un sourire difficile à interpréter. — Bonne nuit, Mickey. Puis il quitta le salon. Mickey resta seul quelques minutes devant le feu. Il repensait à la conversation. Au ton du Colonel. À sa façon d'éviter certaines questions. À cette étrange mise en garde. Finalement, il décida d'aller se coucher. Le couloir était désert. Le vent gémissait derrière les fenêtres. Il entra dans sa chambre. Puis se glissa sous les couvertures. Longtemps, il resta éveillé. Écoutant les craquements du bâtiment. Tentant de se convaincre que le Colonel n'était qu'un vieil homme troublé par une découverte quelconque qui s’avérerait sans doute inoffensive. Peu à peu, le sommeil commença à l'emporter. La chambre était plongée dans l'obscurité. Puis soudain... Un bruit. Très léger. Le déclic d'une poignée. Mickey ouvrit les yeux. Son cœur s'arrêta presque. La porte venait de s'ouvrir. Puis de se refermer. Quelqu'un était entré. Il distingua vaguement une silhouette noire près de la fenêtre. Immobile. Silencieuse. Il sentit sa gorge se nouer. — Q-qui est là ? Sa voix n'était guère plus qu'un murmure. Un silence. Puis une voix calme répondit dans l'obscurité : — Personne... Un autre silence. — ...à part toi et moi. -
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Chapitre 8 Le lendemain matin, vers onze heures, le directeur entra dans le salon avec une vieille caisse. — J'ai trouvé ceci dans les réserves. Pourriez-vous m’expliquer ? Il posa son contenu sur une table. Une perruque blonde. Un tube de rouge à lèvres. Une paire de collants. Et des escarpins noirs à hauts talons. Le silence fut immédiat. Pat fut le premier à parler. — Voilà qui devient franchement étrange. — Hiii-hiii... très étrange, approuva Super Horace. Tom Pouce examinait les objets. Puis, contre toute attente, un sourire apparut sur son visage. — Une expérience. — Oh non, dit Pat. — Oh si. Tom se tourna vers le Colonel. — Colonel Topmoutarde. — Oui ? — Souhaiteriez-vous porter ces collants ? Le Colonel retira lentement sa pipe de sa bouche. — Certainement pas. — Merci. Tom nota quelque chose. — Pat Hibulaire. — Non. — Je n'ai même pas posé la question. — La réponse est déjà non. — Souhaiteriez-vous porter ces escarpins ? — Certainement pas. — Merci. Tom nota encore quelque chose. Pat leva les yeux au ciel. — Je vais finir par l'étrangler. — Pas de violence, il y a déjà eu un mort, répondit Mickey. Tom poursuivit. — Super Horace. — Hiii ? Non. — Merci. — Mickey ? — Non. — Merci. Puis il se tourna vers Ghislain. — Ghislain Malandrin. — Quoi ? — Souhaiteriez-vous porter ces vêtements ? Le silence tomba. Une seconde. Puis deux. Puis trois. Ghislain semblait incapable de répondre. — Quelle question idiote. — Vous paraissez contrarié. — Parce que cette conversation est ridicule ! — Pourtant vous êtes le seul à vous énerver. — Je ne m'énerve pas ! — Votre voix vient de monter de deux octaves. Tout le monde regarda Ghislain. Son visage était perturbé. — Je crois que nous avons notre visiteuse, dit Tom. Ghislain ferma les yeux. Puis poussa un long soupir. — Très bien. J'étais le visiteur. Le salon entier se figea. — Vous étiez dans la chambre de Monsieur Corps ? — Oui. — Le soir du meurtre ? — Oui. — Déguisé en femme ? — Oui. Pat se passa une main sur le visage. — Je ne m'habituerai jamais à cette affaire. Super Horace laissa échapper un petit rire nerveux. — Hiii ! Ghislain s'assit plus lourdement dans son fauteuil. — Monsieur Corps m'avait demandé de venir à vingt-deux heures. — Pourquoi déguisé ? demanda le Colonel. — Parce qu'il prétendait que quelqu'un dans cet hôtel ne devait surtout pas savoir que nous nous rencontrions. — Qui ? — Il ne me l'a jamais dit. Tom écrivait à toute vitesse. — Vous avez bu le thé avec lui ? — Oui. — La trace de rouge à lèvres ? — La mienne. — Et ensuite ? — Ensuite, il m'a expliqué pourquoi nous étions ici. Le silence tomba. — Continuez, dit Mickey. — Il connaissait nos secrets. — Et ? — Il m'a dit qu'ils ne l'intéressaient pas. — Quoi ? demanda Pat. — Il disait que les lettres n'étaient qu'un moyen de nous faire venir. Le Colonel retira sa pipe de sa bouche. — Dans quel but ? — Parce que nous sommes liés. — Comment ? — Il allait me l'expliquer. — Avec quoi ? — Un dossier. — Quel genre de dossier ? — Des documents généalogiques. Le silence devint presque oppressant. — Des arbres familiaux. Des registres. Des actes de naissance. Il prétendait que nous avions une origine commune. Le Colonel fronça les sourcils. — Cela paraît absurde. — C'est exactement ce que je lui ai répondu. — Et ensuite ? Ghislain hésita. Longtemps. Tom releva les yeux de son carnet. — Vous ne dites pas tout. — Si. Tom le fixait. — Avouez. Vous savez ce que signifie 23:17. Cette fois, Ghislain sursauta. Très légèrement. Mais tout le monde le remarqua. Inhabituellement, Tom semblait réellement frustré. — Bon sang, Ghislain, crachez le morceau ! C'est vous qui avez écrit 23:17 sur le mur ? Le silence dura plusieurs secondes. Puis Ghislain acquiesça. — Oui. Personne ne parla. — Pourquoi ? demanda Mickey. — Parce que je voulais être sûr que vous n'oublieriez pas. — Oublier quoi ? — 23:17. — Ce n'est pas une réponse. — Je sais. — Alors donnez-nous la vraie. Ghislain secoua lentement la tête. — Je ne suis pas certain d'avoir compris tout ce que cela implique. — Vous avez pourtant compris quelque chose. Ghislain détourna le regard. Puis un changement passa sur son visage. Une expression étrange. Sa main se crispa sur sa tasse. Puis monta à sa gorge. — Ghislain ? Aucune réponse. La tasse glissa de ses doigts. Le thé se répandit sur le tapis. Puis il bascula en avant. Le Colonel bondit. Pat renversa son whisky. Super Horace se leva d'un coup. Tom atteignit le corps le premier. Quelques secondes plus tard, il releva la tête. Son visage était devenu blanc comme un cul. — Il est mort. Le silence fut total. Tom examina la tasse. Puis approcha son visage du liquide répandu. — Cyanure. L’odeur ne trompe pas. Personne ne parla. Le meurtrier venait de frapper une deuxième fois. Et cette fois sous leurs yeux. Quelques minutes plus tard, le corps avait été recouvert d'un drap. Personne ne trouvait les mots. Même Tom Pouce le Crack semblait secoué. Alors Mickey s'approcha. — Je ne suis pas prêtre, mais quelqu'un devrait dire quelque chose. Le Colonel ôta sa pipe par respect. Super Horace baissa la tête. Pat regarda le sol. Mickey poursuivit : — Ghislain, vous avez commis des erreurs. Certaines très sérieuses. Vous avez fréquenté les Crips. Vous nous avez caché des choses. Et vous aviez manifestement un goût discutable pour les perruques blondes. Cette fois, même Pat eut un sourire triste. Puis Mickey reprit : — Mais vous avez essayé de nous aider. Vous avez laissé un indice. Vous avez tenté de nous mettre sur une piste. Et vous êtes mort avant d'avoir pu tout nous dire. Le silence se fit plus profond encore. — Que Dieu vous pardonne vos fautes. Y compris les Crips. Et qu'il accorde enfin la paix à votre âme. Reposez en paix, Ghislain Malandrin. Personne ne parla pendant plusieurs secondes. Puis Super Horace murmura : — Hiii... Plus tard dans la nuit, Mickey se retrouva seul dans la bibliothèque. Il pensait à Ghislain. À son refus obstiné d'expliquer 23:17. À son étrange prudence. Et soudain, un souvenir lui revint. Monsieur Corps lisant une vieille Bible dans le salon. La veille de sa mort. Mickey se leva. Trouva l'ouvrage. Le feuilletant fébrilement, il finit par tomber sur l'Évangile selon saint Matthieu. Chapitre 23. Verset 17. Il le lut : « Insensés et aveugles ! lequel est le plus grand, l'or, ou le temple qui sanctifie l'or ? » Il resta immobile. Puis tout s'éclaira. Les secrets. Les lettres. Les scandales. Tout cela n'était que l'or. L'origine commune dont parlait Monsieur Corps était le temple. Si cette interprétation était correcte, alors les secrets n'étaient qu'un appât. Le véritable mystère était ailleurs. Et quelqu'un était prêt à tuer pour l'empêcher d'être découvert. -
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Chapitre 7 Le feu crépitait dans la cheminée. La neige tombait toujours derrière les fenêtres. Et chacun semblait soudain absorbé par ses propres pensées. Mickey observait les autres. Depuis le début de l'affaire, tous avaient été traités comme des suspects. Mais jusqu'à présent, seul le Colonel avait révélé un véritable secret. Pourquoi Monsieur Corps avait-il réuni précisément ces personnes dans cet hôtel perdu au milieu des montagnes ? Ce fut Super Horace qui rompit le silence. — Si le Colonel avait reçu une lettre... peut-être n'était-il pas le seul. Mickey regarda les autres. Pat fixa son verre. Ghislain détourna les yeux. Tom se renfrogna. — Je vois, dit Mickey. Vous avez tous reçu quelque chose. Personne ne protesta. Pat Hibulaire fut le premier à céder. — Bon. Il vida son whisky. — Puisque nous en sommes là. Le Colonel l'observa. — Une lettre ? — Oui. Pat paraissait profondément contrarié. — Monsieur Corps avait découvert quelque chose que je croyais enterré depuis longtemps. Il y a quinze ans, j'ai gagné un important tournoi de poker. — Ce n'est pas un crime, remarqua Super Horace. — Attendez la suite. Le silence revint. — J'ai triché. Tom Pouce sourit aussitôt. — Évidemment. Pat soupira. — J'avais développé une technique. Pendant les parties, je faisais semblant de plaisanter avec les autres joueurs. — Et alors ? demanda Mickey. — Je leur pinçais les testicules sous la table. Un silence stupéfait accueillit cette révélation. Puis Super Horace éclata d'un rire monumental. — HIIII-HIIII-HIIII-HIIII ! Même le Colonel dut retirer sa pipe de sa bouche. — Pardon ? — Quand quelqu'un reçoit un pincement pareil, expliqua Pat avec résignation, il regarde rarement ses cartes. Cela me donnait l’occasion de les regarder moi-même, en douce. — C’est le système le plus absurde que j'aie jamais entendu, commenta Tom. Pat vida son verre. — Monsieur Corps connaissait toute l'histoire. Les regards se tournèrent ensuite vers Ghislain. — Je suppose que c'est mon tour, dit-il. — Oui, et nous vous écoutons, répondit Mickey. Ghislain semblait extrêmement embarrassé. — Lorsque j'étais étudiant, j'ai effectué un séjour universitaire aux États-Unis. — Continuez, dit le Colonel. — J'étais jeune. Et stupide. Pendant quelques mois, j'ai fréquenté des gens peu recommandables. — Quel genre de gens ? demanda Mickey. Ghislain ferma les yeux. — Les Crips. Le silence fut immédiat. Même Super Horace cessa de rire. — Les Crips ? répéta Mickey. Le gang ? — Oui. — Vous avez appartenu à un gang ? — Brièvement. — Combien de temps ? — Trois mois. J'ai rapidement compris que ce n'était pas pour moi. Tom Pouce se gaussa. — Voilà une prise de conscience bienvenue. Ghislain soupira. — Avec tout le respect, taisez-vous, Tom. J'étais surtout un étudiant idiot qui trouvait cela exotique et impressionnant. Monsieur Corps avait découvert cette histoire. — Comment ? — Je l'ignore. — Et il vous a écrit ? — Oui. — Qu'a-t-il demandé ? — Rien. — Alors pourquoi venir ? Ghislain haussa les épaules. — Parce qu'on ne reçoit pas tous les jours une lettre contenant la phrase : "Je sais ce que vous faisiez à Los Angeles en 2007." Tous les regards se tournèrent ensuite vers Super Horace. — Hiii... Oui, bon. Il se gratta la nuque. — J'ai aussi reçu une lettre. — Quel était votre secret ? demanda Mickey. Super Horace semblait sincèrement honteux. — Quand j'étais arbitre sportif... J'ai accepté des pots-de-vin. Mais pas de l'argent ! Les équipes m'invitaient au restaurant. — Et cela suffisait ? — J'aime de bien manger, et de ne pas avoir à faire la vaisselle. Pat le regarda quelques secondes. — Vous avez faussé des compétitions pour un ou deux steak-frites ? — Parfois il y avait aussi un dessert. J’ai un faible pour les crèmes brûlées. Super Horace paraissait embarrassé. Ghislain éclata de rire. Même Mickey sourit. — Combien de fois ? demanda le Colonel. — Beaucoup. Je préfère ne pas compter. Avec le recul, ce n'était pas glorieux. Monsieur Corps le savait. — Évidemment, murmura Tom. Le silence retomba. Il ne restait plus que Mickey et Tom. — Moi d'abord, dit Mickey. Tous se tournèrent vers lui. — Je n'ai reçu aucune lettre. Cette révélation surprit tout le monde. — Alors pourquoi êtes-vous ici ? demanda Ghislain. — Vu ma notoriété, Monsieur Corps m'a passé un simple coup de téléphone et invité comme observateur. Il craignait que quelque chose se passe mal, et comptait sur moi, si besoin, pour tirer les événements au clair. — Mauvais choix, vu le résultat, remarqua Pat. Mickey sourit. — Je commence à partager votre avis. Mais ne portons pas de jugements trop hâtifs. Puis tous les regards convergèrent vers Tom Pouce, qui soupira. — Très bien. — Le moment que j'attendais, crack à la noix, ajouta Pat. Tom croisa les bras. — Oui. J'ai reçu une lettre. — Et ? demanda Mickey. Tom demeura silencieux quelques secondes. Il semblait véritablement mal à l'aise, ce qui ne lui ressemblait guère. — Il y a trois ans, j'ai dirigé une enquête criminelle. J'étais persuadé d'avoir identifié le coupable. — Et vous aviez tort. — Oui. Pat ouvrit de grands yeux ironiquement. — Incroyable. Le grand Tom Pouce le Crack qui se trompe du tout au tout, et rate son enquête ! Pas comme dans cette enquête-ci, impossible… Tom l'ignora. — Les preuves étaient faibles. Mais j'étais convaincu d'avoir raison. J'ai bâclé plusieurs vérifications. L'homme a été condamné. Il a passé plusieurs années en prison. Personne ne plaisantait plus. Même Pat semblait mal à l'aise. — Il était innocent ? demanda Mickey. — Complètement. Nous ne l’avons appris que bien plus tard. Le feu crépitait doucement. Tom fixait le sol. — Monsieur Corps avait retrouvé l'intégralité du dossier. — Et sa lettre ? demanda Mickey. — Elle ne contenait pour ainsi dire qu'une phrase. — Laquelle ? Tom leva lentement les yeux. — "Vous vous êtes trompé lors de l’affaire que vous savez, êtes-vous certain de ne vous être trompé qu'une seule fois ?" Personne ne parla. Tom Pouce semblait réellement atteint. Tous avaient avoué quelque chose. Tous avaient un secret. Tous avaient reçu une lettre. Pourtant, rien ne reliait ces histoires. Quel rapport pouvait exister entre eux ? Mickey regarda les flammes. Puis une idée lui traversa l'esprit. — Attendez. Tous levèrent la tête. — Depuis le début, nous supposons que Monsieur Corps s'intéressait à nos secrets. Et si ces secrets n'étaient qu'un moyen de nous faire venir ici ? — Vous voulez dire qu'ils n'étaient pas le véritable sujet ? demanda Ghislain. Le feu crépitait doucement. — Dans ce cas, demanda le Colonel, qu'est-ce qui était le véritable sujet ? Personne ne connaissait la réponse. Mais ils commençaient à se demander si le meurtre de Monsieur Corps avait réellement un rapport avec leurs fautes passées. Et sinon… quoi d’autre ? -
La Montagne de l'Effroi - un roman policier dont vous êtes le lecteur, par BigBadBigMacLeBoss
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Chapitre 6 La découverte des deux tasses occupa toutes les conversations du soir. Dans le salon de l'hôtel, chacun avait sa théorie. Pat Hibulaire était convaincu que la trace de rouge à lèvres désignait une femme. Le Colonel estimait que la conclusion était prématurée. Tom Pouce, quant à lui, expliquait pour la quatrième fois pourquoi son interprétation était nécessairement la bonne. — Une personne entre dans la chambre. Elle boit du thé avec Monsieur Corps. Puis quelque chose se produit. — Quelle chose ? demanda Mickey. — C'est précisément ce que nous cherchons à déterminer. — Pour être honnête, je crois surtout que nous tournons en rond. Personne ne trouva grand-chose à répondre. Car c'était vrai. Malgré tous leurs efforts, ils avançaient peu. Cette nuit-là, la tempête sembla enfin faiblir. Le vent soufflait encore, mais moins violemment. Pour la première fois depuis leur arrivée, les fenêtres cessèrent de trembler. Mickey eut du mal à trouver le sommeil. Vers minuit, il descendit dans le hall. L'hôtel était silencieux. Seule une faible lumière éclairait la réception. Alors qu'il traversait le salon, il aperçut une silhouette assise près de la cheminée. Le Colonel Topmoutarde. Sa pipe était éteinte. Ce qui, chez lui, était déjà inhabituel. — Vous ne dormez pas ? demanda Mickey. Le Colonel leva les yeux. — Pas davantage que vous. Mickey s'assit en face de lui. Pendant quelques instants, aucun des deux ne parla. Puis le Colonel dit pensivement : — Cette affaire me rappelle quelque chose. — Une ancienne enquête ? Le Colonel hésita. — Pas exactement. Avant qu'il puisse poursuivre, un bruit retentit quelque part dans l'hôtel. Les deux hommes se redressèrent aussitôt. Le bruit venait de l'étage. Comme quelque chose qui tombait. — Encore ? murmura Mickey. Ils se précipitèrent dans l'escalier. Le vacarme semblait provenir de l'aile est. Lorsqu'ils arrivèrent sur place, ils découvrirent une porte ouverte. La chambre du Colonel. — Je l'avais pourtant fermée, dit-il. Ils entrèrent. La pièce était vide. Mais quelqu'un y était passé. Une chaise avait été renversée. Une valise ouverte. Des vêtements dispersés sur le sol. Le Colonel pâlit. — On a fouillé ma chambre. Mickey observa les lieux. — Est-ce qu'il manque quelque chose ? Le Colonel ne répondit pas immédiatement. Il se mit à examiner les lieux méthodiquement, gardant le silence. — Colonel ? Toujours aucune réponse. — Est-ce qu'il manque quelque chose ? Cette fois, le Colonel répondit. — Oui. Sa voix avait changé. — Quelque chose manque. Je vous prie à présent de me laisser tranquille. Ceci est personnel. Mickey hésita un bref instant, puis respecta les désirs du Colonel et se retira, ne sachant quoi penser de cette situation. Le lendemain matin, l'affaire était sur toutes les lèvres. Tout le monde prit place dans le salon. Le Colonel semblait inhabituellement tendu. Tom Pouce ouvrit la séance. — Quelqu'un a pénétré dans la chambre du Colonel. Une question essentielle demeure. Qu'est-ce qui a été volé ? Colonel ? Le silence tomba. Le Colonel retira sa pipe de sa bouche, puis la posa sur la table. — Je préférerais ne pas répondre. Tout le monde le regarda. — Pourquoi ? demanda Tom. — Parce que cela relève de ma vie privée. Pat fronça les sourcils. — Nous sommes enfermés dans un hôtel avec un meurtrier. Alors votre vie privée, mon vieux, on s’en cogne. Le Colonel ne répondit pas. Tom Pouce sourit. Un sourire qui déplut immédiatement à tout le monde. — Quelqu'un a fouillé votre chambre. — Oui. — Quelqu'un a pris un objet précis. — Oui. — Et vous refusez de nous dire lequel. Le Colonel soutint son regard. — Exact. — Dans ce cas, cet objet est probablement important. Le silence revint. Puis Super Horace parla. Pour une fois, sans rire. — Colonel. Nous sommes peut-être suspects les uns des autres. Mais depuis le début, vous avez été honnête avec nous. Le Colonel baissa légèrement les yeux. — J'essaie. — Alors continuez. Le Colonel poussa un long soupir. — Très bien. Il se leva lentement. Faisant les cent pas devant la cheminée. Comme s'il cherchait les mots. — Il y a vingt ans, dit-il finalement, j'étais officier dans l'armée. Personne ne l'interrompit. Sa voix s'était faite plus grave. — Lors d'une opération, une erreur a été commise. Une très grave erreur. Des hommes ont été envoyés au mauvais endroit. — À cause de vous ? demanda doucement Mickey. Le Colonel acquiesça. — Oui. Le silence devint pesant. — Plusieurs soldats sont morts. Personne ne parla. Même Pat avait perdu son ironie. — L'enquête officielle a conclu à une succession de circonstances malheureuses. Mais je savais que j'étais responsable. — Vous n'avez jamais été accusé ? demanda Ghislain. — Non. — Alors pourquoi en parler aujourd'hui ? Le Colonel hésita. Puis répondit : — Parce que l'objet qui a disparu était un dossier. Une copie de documents concernant cette affaire. Le salon demeura silencieux. — Vous gardiez cela avec vous ? demanda Mickey. — Toujours. — Pourquoi ? — Pour me rappeler. Super Horace ne riait plus du tout. — Vous pensiez que quelqu'un pouvait les chercher ? — Non. — Alors pourquoi les avoir emportés ici ? — Parce que Monsieur Corps connaissait cette histoire. Cette phrase provoqua un véritable choc. Tom Pouce se leva. — Comment le savez-vous ? — Il m'a écrit. Personne ne parlait plus. Le Colonel poursuivit : — Il prétendait avoir découvert certains éléments concernant cette opération. — Les mêmes éléments contenus dans votre dossier ? demanda Mickey. — Peut-être. — Vous lui en avez parlé ? — Non. Nous n’en avons pas eu le temps, mais cela ne semblait pas l’intéresser outre mesure. — Alors pourquoi vous avoir invité dans cet hôtel ? Le Colonel regarda lentement chacun des occupants de la pièce. Puis répondit : — C'est précisément ce que j'espérais découvrir. Désormais, une nouvelle question se posait. Monsieur Corps avait-il réuni tous ces invités pour une raison commune ? Ou chacun d'eux cachait-il un secret différent ? Dans un coin du salon, Tom Pouce avait cessé de sourire. Et cela inquiétait presque davantage Mickey que tout le reste. -
Je ne le comprend pas
BigBadBigMacLeBoss a répondu à un(e) sujet de la loutre pop dans Amour et Séduction
? Mon commentaire fait référence à des saillies du style "La mère a dû te juger trop vieille pour être de nouveau mère.", "Du fait qu'il a radicalement changé à son retour, sa mère n'est certainement pas étrangère à cet état de fait, à son revirement.". Pas à un simple conseil évident. -
Je ne le comprend pas
BigBadBigMacLeBoss a répondu à un(e) sujet de la loutre pop dans Amour et Séduction
Je ne félicite pas tous les voyants et psychologues de comptoir qui s'en sont donnés à coeur joie sur ce sujet. LOL. Néanmoins, vu que la situation n'est pas claire et qu'il ne semble rien faire pour ça, mon conseil est de laisser tomber cette personne dans un état instable, et d'aller voir ailleurs. -
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Chapitre 5 Personne ne dormit bien cette nuit-là. L'inscription découverte dans l'aile ouest avait profondément troublé les occupants de l'hôtel. 23:17 Était-ce une menace ? Un message ? Une moquerie adressée aux enquêteurs improvisés ? Personne n'en savait rien. Même Tom Pouce, tout crack qu’il était, avait dû reconnaître qu'il manquait d'éléments. Et cela semblait l'agacer profondément. Le lendemain matin, la neige continuait de tomber. Le salon de l'hôtel accueillait désormais des réunions quasi permanentes. Tom Pouce avait réquisitionné une table entière pour étaler ses notes. — J'ai réfléchi toute la nuit, annonça-t-il. — Quelle chance pour nous, marmonna Pat en levant les yeux au ciel. Tom Pouce poursuivit comme s'il n'avait rien entendu. — Ne bougez pas d’ici. Je fais un rapide passage aux toilettes, puis je reviens, dit-il en se levant. Lorsqu'il revint quelques minutes plus tard, tout le monde était occupé à ses propres affaires. Il se rassit. PPRRRROOUUUT ! Un coussin péteur. Le bruit résonna dans tout le salon. Un silence stupéfait suivit. Puis Super Horace explosa de rire. — HIIII-HIIII-HIIII-HIIII ! Pat Hibulaire se plia littéralement en deux. Même Mickey dut détourner les yeux pour cacher un sourire. Tom Pouce bondit de son siège. Le coussin péteur dépassait clairement du fauteuil. Il le saisit d'un geste sec et son visage se durcit. — Très bien. Qui a posé ce coussin péteur sur mon siège pendant mon absence ? Il posa le coussin sur la table d’un air dédaigneux, puis attendit. Mais personne ne parla. — Puisque son auteur refuse de se dénoncer, je vais enquêter. — Vous allez enquêter sur un coussin péteur ? demanda Ghislain. — Une enquête est une enquête. Et on ne se moque pas de Tom Pouce le Crack. Pendant la demi-heure suivante, Tom Pouce mena l'enquête avec un sérieux parfaitement disproportionné. Il interrogea successivement plusieurs personnes. — Monsieur Malandrin, où étiez-vous entre neuf heures vingt et neuf heures vingt-cinq ? — Je lisais. — Quel livre ? — « Le Major parlait trop ». Et, si je puis me permettre, j’en connais un autre qui parle trop. Tom nota quelque chose. — Avez-vous approché mon fauteuil ? — Non. — Pouvez-vous le prouver ? Ghislain soupira. — Pouvez-vous prouver que je ne suis pas Kim Kardashian ? D’accord, j’ai un postérieur moins soutenu. Le Colonel Topmoutarde étouffa un rire derrière sa pipe. Mickey esquissa un sourire. Super Horace manqua s'étrangler. — Hiii-hiii-hiii ! Tom nota encore quelque chose. — Sarcastique. Je note. — Vous notez vraiment ça ? — Absolument. Quelques minutes plus tard, Tom se tourna vers Pat Hibulaire. — Où étiez-vous lorsque je suis allé à la bibliothèque ? — Ici. — Comme tout le monde ? — Exactement. — Vous étiez assis suffisamment près pour accéder à mon fauteuil sans qu’on vous remarque. Pat leva les yeux au ciel. — Nous y voilà. — Vous aviez également un motif. — Un motif ? — Vous me détestez. — Ce n'est pas un crime. — Non. Mais cela explique certaines choses. Pat regarda l’assemblée, tour à tour. Enfin, il poussa un long soupir. — Très bien. Oui, c'était moi. Super Horace éclata aussitôt de rire. — HIIII-HIIII-HIIII ! — J'en étais sûr, annonça Tom. Pourquoi l'avoir fait ? — Parce que vous êtes insupportable. Presque tout le salon éclata de rire. Même Mickey. Même le Colonel. Ghislain, par contre, secoua la tête. — Je crois que c'est l'enquête la plus rapide de l'histoire. — Elle porte surtout sur le crime le moins grave de l'histoire, ajouta Mickey. — Je ne suis pas d'accord, protesta Tom. Toute action humaine révèle quelque chose sur son auteur. Pat croisa les bras. — Et qu'est-ce que cela révèle sur moi ? — Un goût douteux pour l'humour. — Je suis plutôt d’accord… Nous perdons du temps avec ces enfantillages, dit Ghislain en se passant la main dans les cheveux. Pat sourit. — Je n’ai pas de leçons à recevoir de quelqu’un qui a… des problèmes de plomberie. Ghislain rougit aussitôt. La remarque fut accueillie par des rires auprès du reste de l’assemblée. L'incident avait brièvement détendu l'atmosphère. Mais seulement brièvement. Le meurtre demeurait aussi entier qu'au premier jour. Dans l'après-midi, Mickey demanda à revoir la chambre de Monsieur Corps. Le groupe remonta donc au deuxième étage. La chambre 27 était demeurée fermée depuis la découverte du corps. Le Colonel examina à nouveau la serrure. Tom Pouce observa la montre arrêtée à 23 h 17. Mickey regarda longuement le reste de la pièce, puis fronça les sourcils. — Une minute. — Qu'y a-t-il ? demanda Tom. Mickey désignait un plateau posé dans un coin de la chambre. — Regardez. Tous s'approchèrent. Sur le plateau se trouvaient une théière. Et deux tasses. Pas une. Deux. Le silence tomba. — Je n'avais pas remarqué cela, admit Tom, qui semblait contrarié que ce ne soit pas lui qui ait vu le détail. — Monsieur Corps recevait quelqu'un. — Ou attendait quelqu'un, dit le Colonel en tirant sur sa pipe. Dans les deux cas, il n'était probablement pas seul peu avant sa mort. Tom examinait déjà les tasses. Puis il s'immobilisa. — Intéressant. — Ah, revoilà "intéressant", soupira Pat. — Venez voir. Les autres s'approchèrent. Sur le bord de l'une des tasses apparaissait une légère trace rouge. — Du rouge à lèvres ? demanda Mickey. — C'est ce qu'on dirait, répondit Ghislain. — Ou quelqu'un veut nous le faire croire, remarqua le Colonel. — Une mise en scène ? demanda Ghislain. — Peut-être. Qu’est-ce que j’en sais ? Tom observait toujours la tasse. — Il faudrait interroger toutes les femmes qui travaillent dans cet hôtel, dit-il. — Vous êtes un imbécile, dit Pat. N’importe qui peut se procurer du rouge à lèvres. Le vent hurla soudain contre les vitres. Une nouvelle piste venait d'apparaître. Mais elle soulevait davantage de questions qu'elle n'apportait de réponses. Qui était le visiteur de Monsieur Corps ? Était-il venu pour parler ? Pour négocier ? Ou pour tuer ? -
N'est-ce pas connu depuis longtemps ? J'avoue que je ne vois pas le scoop ! LOL.
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Chapitre 4 La neige tourbillonna sur le carrelage. Quelques secondes plus tard, tout le groupe se retrouvait dehors sur le perron. — Refermez ! cria le directeur. Le Colonel et Super Horace durent tirer de toutes leurs forces pour ramener la porte contre le vent. Le froid était mordant. La silhouette avait disparu. Pourtant, quelques instants plus tôt, ils l'avaient tous vue. Ou presque tous. — Elle était là, dit Mickey. — Absolument, répondit le Colonel en retirant sa pipe froide de sa bouche. Ou était-ce un effet du blizzard ? — Nous étions nombreux à regarder dans la même direction et à l’avoir vue, répliqua Pat Hibulaire. Ça fait beaucoup d'hallucinations simultanées. Que mettez-vous donc dans votre pipe ? — Hiii-hiii ! Je suis d'accord avec Pat, ajouta Super Horace. Tom Pouce ne disait rien. Il examinait le sol. Ou plutôt ce qu'il en restait. La neige tombait si abondamment qu'il était presque impossible d'y distinguer quoi que ce soit. Pourtant, il finit par s'accroupir. — Intéressant. Pat poussa un soupir. — À chaque fois que vous dites "intéressant", vous avez l'air de croire que le reste du monde va s'évanouir d'admiration. C’est pourtant loin d’être le cas. Tom Pouce l'ignora. — Venez voir. Mickey s'approcha. Le Colonel aussi. Sous une fine couche de neige fraîche apparaissaient des traces de pas, qui menaient au loin. Le vent continuait à les recouvrir peu à peu. Après quelques mètres, elles disparaissaient progressivement. Les suivre était voué à l’échec, dû à la météo. — Impossible de savoir où elles conduisent, conclut Mickey. Tom Pouce hocha la tête. —Mais elles ont l’air de venir d’un endroit assez loin d’ici. Le groupe regagna rapidement l'hôtel. Une fois à l'intérieur, chacun retrouva avec soulagement la chaleur du salon. Le Colonel ralluma sa pipe. Pat commanda un nouveau whisky. Un double, cette fois. — Encore ? demanda Mickey. — Après la journée que nous venons de passer ? Certainement. Vous devriez faire de même. Super Horace s'installa dans un fauteuil. — Hiii-hiii. J'avoue que je commence à comprendre son point de vue. Mais je vais prendre un jus de légumes, c’est meilleur pour le foie. Personne ne rit. L'affaire devenait de plus en plus étrange. Vers dix-neuf heures, le directeur annonça que le dîner serait bientôt servi. L'événement fut accueilli avec un enthousiasme modéré. Malgré tout, les clients prirent place autour de la grande table de la salle à manger. Pendant quelques minutes, seules les assiettes et les couverts produisirent du bruit, tandis que les convives consommaient de molles chipolatas accompagnées de compote. Ghislain s’excusa poliment pour utiliser les toilettes publiques de l’hôtel, les siennes étant toujours bouchées. Lorsqu’il revint à table en rajustant son élégant pantalon, Tom Pouce rompit le silence. — Bien, nous revoilà au complet. J'aimerais revenir sur un détail. Le doigt. La conversation s'interrompit aussitôt. Même Pat posa son verre. — Nous ignorons toujours à qui il appartient, observa Ghislain d'un ton lourd. Mais il ne semble pas avoir été coupé récemment. Tout le monde le regarda. — Comment le savez-vous, Monsieur Malandrin ? — Je ne le sais pas... Je l'estime. Vous avez vu sa couleur tout comme moi : il n’est pas frais. Il doit avoir été coupé avant notre arrivée à l’hôtel. Le Colonel tira sur sa pipe. — Si quelqu'un ici a perdu un doigt récemment, cela devrait être visible. Un silence accueillit cette remarque. Puis tous commencèrent instinctivement à regarder les mains des autres. Pat éclata de rire. — Eh bien, voilà une activité de dîner originale. Regardez, ceux-là je ne les ai pas perdus ! fit-il, en tendant ses majeurs à Tom Pouce. Tom Pouce ignora la boutade, et observa discrètement chaque personne. Tous les convives possédaient apparemment leurs dix doigts. Personne ne portait de gants. — Cela signifie, conclut finalement Mickey, que ce doigt appartient probablement à quelqu'un qui n'est pas dans cette pièce. — Ni peut-être même dans cet hôtel, ajouta Ghislain nerveusement. Les seules personnes non présentes à table ce soir sont les serveurs, la cuisinière et la femme de ménage. Le doigt semblait masculin, et nous avons pu observer à l’instant que les serveurs possédaient encore tous leurs doigts. Le Colonel réfléchit à cette possibilité, et sembla songeur. Le dîner touchait à sa fin lorsqu'un bruit retentit soudain dans l'hôtel. Un bruit sec. Comme un claquement de porte. Tout le monde leva la tête. — Vous avez entendu ? demanda Mickey. — Oui, répondit Super Horace. Ça donne la chair de poule. Puis un deuxième bruit se fit entendre. Cette fois, il provenait clairement de l'étage. Pat se leva. — Encore du grabuge ? Tom Pouce avait déjà refermé son carnet. — Allons voir. Le groupe se précipita vers l'escalier. Le bruit semblait provenir de l'aile ouest. Une partie de l'hôtel peu fréquentée. Le couloir était plongé dans une semi-obscurité. Seules quelques appliques diffusaient une lumière jaunâtre. — Par ici, dit Mickey. Ils avancèrent. Puis Super Horace s'arrêta brusquement. — Hiii... Regardez. Au bout du couloir, une porte oscillait lentement. Ouverte et refermée sans cesse, sous l'effet d'un courant d'air. Personne ne bougea pendant quelques secondes. Puis Tom Pouce s'avança. — Je vais voir. — Attendez, Monsieur le Crack… dit Mickey. Mais Tom Pouce était déjà arrivé devant la porte. Il poussa doucement le battant. La pièce était vide. Enfin... C'est ce qu'il crut d'abord. Puis son regard tomba sur le mur du fond. Et il se figea. — Ah ! Le simple son de sa voix suffit à inquiéter tout le monde. — Qu'y a-t-il ? demanda le Colonel. Tom Pouce s'écarta. Mickey regarda à son tour. Puis il blêmit. Sur le papier peint clair, quelqu'un avait tracé trois chiffres. D'une peinture rouge sombre. 23:17 L'heure indiquée par la montre retrouvée dans la chambre de Monsieur Corps. Le vent soufflait dans les cheminées. La vieille bâtisse craquait doucement. Et soudain, l'hôtel sembla beaucoup plus grand. Et beaucoup plus inquiétant. -
La galanterie sexisme ou pas ,
BigBadBigMacLeBoss a répondu à un(e) sujet de WEST3-5 dans Philosophie
LOL. C'est assez lamentable, ce t-shirt. Quand quelqu'un est derrière moi, je lui tiens la porte, homme ou femme. Ce n'est qu'une politesse élémentaire. Si je vois quelqu'un avec ce t-shirt, je me ferai plaisir en lui laissant justement la porte claquer dans la tronche si je passe devant. -
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Chapitre 3 Le doigt coupé fut transporté avec mille précautions dans le bureau du directeur de l'hôtel. Personne ne savait quoi en faire. Personne ne savait surtout à qui il appartenait. La découverte avait profondément changé l'atmosphère. Le meurtre de Monsieur Corps était déjà suffisamment inquiétant. À présent, une nouvelle énigme venait s'y ajouter. Quel lien pouvait exister entre la victime et ce doigt humain ? Et surtout : depuis combien de temps se trouvait-il dans la bibliothèque ? Le Colonel Topmoutarde tirait lentement sur sa pipe. Mickey regardait tomber la neige derrière les grandes fenêtres du salon. Tom Pouce le Crack avait réquisitionné une table entière pour étaler ses notes. Il paraissait satisfait. — Si l'on résume, déclara-t-il, nous avons un meurtre, une chambre fermée de l'intérieur, une enveloppe vide et désormais un doigt coupé. — Merci pour ce résumé indispensable, grogna Pat Hibulaire. Tom Pouce leva les yeux. — Je suis heureux que vous reconnaissiez son utilité. — Je reconnais surtout votre capacité à vous écouter parler. Super Horace étouffa un rire. — Hiii-hiii. Tom Pouce l'ignora. — Les faits sont pourtant très simples. — Ah oui ? demanda Mickey. — Bien sûr. Nous avons déjà éliminé plusieurs hypothèses. — Lesquelles ? — Toutes les mauvaises. Le Colonel souffla un nuage de fumée. — Voilà qui est remarquablement précis. Tom Pouce prit cela pour un compliment. Le déjeuner fut servi dans une ambiance morose. Pat Hibulaire commanda un verre de whisky. Puis un deuxième. Puis un troisième au fil de l'après-midi. À mesure que les heures passaient, sa patience diminuait. Vers quatorze heures, il finit par poser son verre avec un bruit sec. — Vous savez ce qui me fatigue ? Tom Pouce leva un sourcil. — Beaucoup de choses, j'imagine. — Vous, principalement. Le silence tomba autour de la table. — Continuez, dit Tom Pouce. — Vous vous promenez depuis ce matin comme si vous aviez déjà résolu l'affaire. — Il faut bien que quelqu'un réfléchisse. — Et il faut bien que quelqu'un vous supporte ! Le ton monta brusquement. Mickey sentit immédiatement le danger. Pat avait beaucoup bu. Suffisamment pour avoir perdu le peu de patience qui lui restait. — Je constate simplement les faits. — Non ! rugit Pat. Vous passez votre temps à donner des leçons à tout le monde ! Pat se leva d'un bond. Sa chaise bascula derrière lui. — Vous n'avez aucune preuve contre personne ! — Pas encore. — Alors cessez de parler comme si nous étions tous des imbéciles ! Tom Pouce se leva à son tour. Bien plus petit que Pat, il ne semblait pourtant pas impressionné. — Les imbéciles se reconnaissent souvent à leur susceptibilité. Le visage de Pat devint rouge. — Répète un peu ! — Volontiers. — Messieurs ! intervint Mickey. Trop tard. Pat saisit Tom Pouce par le col de sa veste. Le détective se retrouva suspendu quelques centimètres au-dessus du sol. — Ça suffit ! cria le Colonel. Super Horace bondit de son fauteuil. Son expression n'avait plus rien d'amusé. — Pat. Sa voix résonna dans toute la pièce. — Repose-le. Pat hésita, puis obéit à contre-cœur. Tom Pouce retomba sur ses pieds. Il rajusta soigneusement sa veste. — Merci pour votre intervention, Super Horace. — Hiii-hiii... de rien. Pat se rassit lourdement. — Il finira par me rendre fou. — Vous n'êtes pas obligé de l'écouter, fit remarquer Mickey. — C'est difficile quand il parle sans arrêt. Pour une fois, plusieurs personnes semblèrent partager cet avis. Même le Colonel dissimula un sourire derrière sa pipe. Plus tard dans l'après-midi, l'enquête reprit. Tom Pouce voulut revenir sur les horaires de la veille. — Quelque chose me dérange toujours concernant vingt-trois heures quinze, où ce mystérieux personnage a été aperçu. Ghislain, qui paraissait particulièrement nerveux depuis le matin, leva brusquement la tête. Puis ses yeux s'écarquillèrent. — Attendez. Tout le monde se tourna vers lui. — Je viens de… me souvenir de quelque chose. Tom Pouce croisa les bras. — Nous vous écoutons. Ghislain prit une inspiration. — La nuit dernière… Les toilettes de ma chambre étaient bouchées. Un silence suivit. — Pardon ? demanda Mickey. — Les toilettes. Elles étaient bouchées. J’ai utilisé trop de papier. Pat éclata de rire. — Voilà une révélation des plus intéressantes. — Ce n'est pas une plaisanterie. Ghislain se tourna vers Mickey. — Quand je suis monté me coucher, je me suis rendu compte du problème. — Et alors ? — Je suis sorti pour chercher d'autres toilettes. Le Colonel retira sa pipe de sa bouche. — À quelle heure ? — Vers vingt-trois heures quinze. Tom Pouce réfléchit. — Ce qui expliquerait votre présence dans le couloir. — Exactement. — Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt ? Ghislain rougit légèrement. — Parce que je trouvais cela ridicule. Super Horace éclata de son rire chevalin. — Hiii-hiii-hiii ! — Très drôle. — Assez, oui. Tom Pouce demeura pensif. Pour une fois, il ne semblait pas chercher à provoquer. — Cette explication correspond effectivement à ce qu'a déclaré le directeur. Ghislain poussa un discret soupir de soulagement. La journée se poursuivit sans fait marquant. La nuit commençait à tomber. Dehors, la tempête continuait. À l'intérieur, le feu crépitait dans la cheminée. Le Colonel fumait sa pipe. Pat avait enfin cessé de boire, et somnolait. Tom Pouce relisait ses notes. Super Horace jouait aux cartes avec Mickey. Puis soudain, le Colonel se redressa. — Tiens. — Qu'y a-t-il ? demanda Mickey. Le Colonel désignait la fenêtre. — Regardez là-bas. Tous se tournèrent. Au-dehors, dans le rideau de neige, une forme sombre apparaissait. Immobile. À une cinquantaine de mètres de l'hôtel. — Est-ce un arbre ? demanda Pat. — Il n'y a pas d'arbre à cet endroit, répondit le Colonel. Tom Pouce s'approcha de la vitre. Une bourrasque passa. Pendant un instant, la silhouette apparut plus nettement. Elle semblait humaine. Debout. Immobile. Tournée vers l'hôtel. Comme si elle observait les occupants. Le silence envahit la pièce. Même Super Horace cessa de rire. Puis tous se précipitèrent vers l'entrée. Mais lorsqu'ils ouvrirent la porte, la silhouette avait disparu. Ne restait que la neige. Et le vent. -
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Chapitre 2 La nouvelle de la mort de Monsieur Corps se répandit dans l’hôtel comme une traînée de poudre. En quelques minutes, plus personne ne pensait au petit-déjeuner. Croissants et café furent recrachés. Dans le couloir du deuxième étage, les clients s’étaient rassemblés devant la chambre 27. Derrière les fenêtres, la tempête continuait de rugir. Les flocons fouettés par le vent formaient un mur blanc qui semblait avoir coupé l’hôtel du reste du monde. Mickey Mouse prit la parole. — Les secours ne pourront probablement pas atteindre l’hôtel avant plusieurs jours. En attendant, nous devons comprendre ce qui s’est passé, car tout pointe vers un meurtre. Le Colonel Topmoutarde bourra méthodiquement sa pipe avant de l’allumer. — Ce qui signifie que nous devons préserver les indices. Tom Pouce le Crack esquissa un sourire. — Heureusement qu'il y a parmi nous quelqu'un capable de reconnaître un indice lorsqu'il en voit un. — Vous parlez de vous, je suppose ? demanda Mickey. — Évidemment. Pat Hibulaire poussa un grognement face à cette arrogance. Le directeur de l’hôtel, dépassé par les événements, autorisa alors Mickey, le Colonel et Tom Pouce à examiner la chambre. Les autres furent invités à attendre dans le grand salon. La chambre 27 était silencieuse. Le feu dans la cheminée achevait de se consumer. Monsieur Corps gisait sur le dos près du bureau. Tom Pouce s'agenouilla aussitôt. — Enfin une tâche digne de moi. — Essayez surtout de ne rien déranger, dit le Colonel. — Je sais parfaitement ce que je fais. Pendant que Mickey observait la pièce et que le Colonel inspectait la porte, Tom Pouce entreprit un examen méthodique du corps. Le visage de Monsieur Corps était figé dans une expression étrange. Pas de peur. Pas de douleur. Plutôt une forme de surprise. Tom Pouce vérifia les mains. Puis les poches. Puis les vêtements. — Aucune blessure visible. — Empoisonnement ? suggéra Mickey. — Peut-être. Tom Pouce souleva légèrement le poignet de la victime. — Le corps est déjà froid. — Ce qui ne nous apprend pas grand-chose. — Peut-être pas à vous. Le Colonel leva les yeux au ciel et tira sur sa pipe. L'examen se poursuivit encore quelques minutes, mais aucun autre indice évident n'apparut. La montre arrêtée sur le bureau indiquait toujours 23 h 17. L'enveloppe trouvée près du corps était toujours vide. La porte était verrouillée de l'intérieur. Et la neige du balcon demeurait intacte. L'affaire semblait impossible. Pendant ce temps, dans le grand salon, l'atmosphère devenait de plus en plus pesante. Pat Hibulaire s'était servi un verre de whisky. Super Horace observait les flammes de la cheminée. Ghislain Malandrin faisait les cent pas devant les fenêtres. — Drôle de séjour à la montagne, finit par dire Super Horace. Son rire chevalin résonna aussitôt. — Hiii-hiii-hiii ! Personne d’autre ne rit. — Je n'aime pas cette histoire, grogna Pat. — Personne ne l'aime. Super Horace regarda tour à tour les autres occupants du salon. — Mais quelqu'un ici doit être encore plus mal à l'aise que nous. Ghislain s'arrêta. — Pourquoi dites-vous cela ? — Parce que le meurtrier doit forcément être inquiet. Une équipe de cracks est en train d’enquêter sur l’affaire. Cette fois, personne ne répondit. Une heure plus tard, Mickey, Tom Pouce et le Colonel redescendirent. Tom Pouce ouvrit son carnet. — Nous allons maintenant vérifier les déplacements de chacun. — Vous prenez vite vos aises, remarqua Pat. — Le talent crée des responsabilités. — Et l'arrogance aussi, apparemment. Tom Pouce ignora la remarque. L'interrogatoire commença. Super Horace expliqua qu'il avait passé la soirée dans sa chambre à lire un magazine de sport. Pat Hibulaire déclara être resté au bar jusqu'à sa fermeture, ce que confirma le barman, ajoutant que Pat avait une bonne descente. Puis vint le tour de Ghislain Malandrin. — J'étais dans le fumoir jusqu'à vingt-deux heures trente environ. Ensuite je suis monté dans ma chambre. Le directeur fronça les sourcils. — Je crois pourtant vous avoir aperçu plus tard. Ghislain se tourna vers lui. — Plus tard ? — Vers vingt-trois heures quinze. Un silence s'installa. — Dans le couloir du deuxième étage. Ghislain pâlit légèrement. — Vous devez vous tromper. — Peut-être. Mais j'aurais juré que c'était vous. Tom Pouce observa la réaction avec attention. Il ne dit rien. Cette fois, même lui semblait réfléchir. L'interrogatoire allait reprendre lorsqu'un cri retentit dans l'hôtel. Un cri de terreur. Tous sursautèrent. — Venez vite ! La femme de chambre apparut à la porte. Son visage était blanc comme un cul. — Dans la bibliothèque ! Le groupe se précipita derrière elle. La bibliothèque occupait une vaste salle du rez-de-chaussée. Des milliers de livres couvraient les murs. Au centre du tapis se trouvait quelque chose. Quelque chose de petit. Quelque chose de pâle. Mickey fut le premier à le distinguer. Puis il s'arrêta net. — Mon Dieu... Le Colonel retira sa pipe de sa bouche. Pat Hibulaire jura à voix basse. Super Horace ne riait plus. Sur le tapis reposait un doigt humain. Un doigt coupé. Net. Comme détaché par une lame extrêmement tranchante. Personne n'osa s'approcher. Sauf Tom Pouce. — Ne touchez à rien. Il s'agenouilla. Examina le doigt. Tourna lentement autour. Puis se releva. Pour la première fois depuis le début de l'enquête, son assurance semblait légèrement ébranlée. — Alors ? demanda Mickey. Tom Pouce regarda le doigt. Puis les autres. — Je peux vous dire une chose. — Laquelle ? Ne nous dites pas que c'est un doigt, nous l'avons tous remarqué. — Ce doigt n'appartient pas à Monsieur Corps. Un silence glacial s'abattit sur la bibliothèque. Le vent hurla contre les vitres. — Comment le savez-vous ? demanda le Colonel. Tom Pouce fixa le doigt. — Parce que Monsieur Corps avait ses dix doigts. Essayez de suivre. Personne ne répondit. Ce doigt était-il un avertissement ? Un message ? Un oubli, retrouvé fortuitement par la femme de ménage ? — Qu’est-ce que c’est que cette merde ? J’ai besoin d’un whisky, murmura Pat. -
La Montagne de l'Effroi - un roman policier dont vous êtes le lecteur, par BigBadBigMacLeBoss
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Ce sera une histoire en dix chapitres, à raison d'un chapitre posté par jour. -
Chapitre 1 La tempête avait commencé en fin d’après-midi. Au sommet du col des Aigles, l’hôtel du Grand Glacier semblait flotter dans un océan de neige. Les rafales frappaient les vitres avec une telle violence que les pensionnaires avaient l’impression d’être à bord d’un navire perdu en pleine mer. Peu à peu, la route disparut sous plusieurs mètres de poudreuse. Les lignes téléphoniques furent coupées. Le dernier chasse-neige rebroussa chemin. Le directeur de l’hôtel annonça la nouvelle d’une voix grave : — Mesdames et messieurs, nous sommes isolés jusqu’à nouvel ordre. Personne ne peut entrer ni sortir. Un murmure parcourut le grand salon. Assis près de la cheminée, Mickey Mouse observa les autres clients avec curiosité. Il n’était venu que pour quelques jours de repos, mais quelque chose dans l’atmosphère lui paraissait étrange. À une table voisine, Pat Hibulaire terminait son troisième verre de chocolat chaud. Son large sourire révélait des dents impressionnantes, et ses yeux ne cessaient de parcourir la salle comme s’il cherchait quelqu’un. Près de la fenêtre, le très distingué Colonel Topmoutarde lissait sa moustache impeccable. Ancien officier, il semblait considérer chaque événement comme une opération militaire. Dans un fauteuil beaucoup trop petit pour lui, Super Horace lisait un magazine de sport. Son imposante carrure contrastait avec son expression paisible. À l’autre extrémité du salon, Ghislain Malandrin, homme élégant au regard fuyant, jouait distraitement avec une montre en argent. Non loin de lui, Tom Pouce le Crack, célèbre pour son intelligence et son sens de l’observation, notait quelque chose dans un carnet minuscule. Enfin, près du grand escalier, se tenait Monsieur Corps. C’était un homme fortuné, propriétaire d’entreprises prospères et connu pour son caractère difficile. Il avait invité plusieurs des clients à séjourner dans l’hôtel pour une raison qui demeurait mystérieuse. Vers vingt heures, le dîner fut servi. La tempête redoublait de violence. Les conversations se faisaient plus discrètes. Mickey remarqua que Monsieur Corps semblait nerveux. Plusieurs fois, il consulta sa montre. Puis il sortit une enveloppe de sa poche intérieure et vérifia que son contenu s’y trouvait toujours. Le Colonel Topmoutarde remarqua le même geste. Leurs regards se croisèrent. — Vous avez vu cela ? demanda le colonel à voix basse. — L’enveloppe ? répondit Mickey. — Exactement. Avant qu’ils puissent poursuivre, Monsieur Corps se leva. Il frappa délicatement son verre avec une cuillère. Le tintement résonna dans toute la salle. — Mesdames et messieurs, dit-il, je vous remercie d’avoir accepté mon invitation. Demain matin, je vous révélerai une information qui concerne plusieurs d’entre vous. Un silence pesant suivit cette déclaration. — Quelle information ? demanda Pat Hibulaire. Monsieur Corps sourit. — Demain. — Pourquoi attendre ? demanda Ghislain Malandrin. — Parce que certaines vérités méritent une nuit de réflexion. Cette réponse ne sembla satisfaire personne. Tom Pouce le Crack observa attentivement les visages autour de lui. Plusieurs personnes paraissaient soudain très préoccupées. Monsieur Corps quitta alors la salle à manger. — Bonne nuit à tous. Et il monta l’escalier menant aux chambres. Quelques minutes plus tard, les invités se dispersèrent. Mickey regagna sa chambre au deuxième étage. Avant de fermer sa porte, il aperçut une silhouette traverser rapidement le couloir en direction de l’aile ouest. Il n’eut pas le temps d’identifier la personne. La nuit passa dans le grondement du vent. Puis vint le matin. À huit heures précises, les clients se retrouvèrent pour le petit-déjeuner. Une chaise demeurait vide. Celle de Monsieur Corps. Le directeur consulta sa montre. — C’est étrange. À huit heures quinze, il envoya un employé frapper à la porte de la chambre 27. Aucune réponse. L’employé revint quelques minutes plus tard, pâle comme un cul. — Monsieur… la porte est verrouillée de l’intérieur. — Et alors ? demanda Pat Hibulaire. — J’ai regardé par la fenêtre du balcon. Le jeune homme déglutit difficilement. — Monsieur Corps est allongé sur le sol. Il ne bouge plus. Le silence tomba sur la salle. Mickey se leva d’un bond. Le Colonel Topmoutarde fit de même. Tous montèrent au deuxième étage. Après plusieurs tentatives, la porte fut enfoncée. La chambre était parfaitement rangée. La fenêtre était fermée. Le balcon était recouvert d’une neige immaculée, sans la moindre trace de pas. Au centre de la pièce gisait Monsieur Corps. Mort. À côté de lui se trouvait l’enveloppe aperçue la veille. Elle était vide. Tom Pouce le Crack s’agenouilla près du corps. Le Colonel inspecta la serrure. Mickey observa les visages des personnes présentes. Certaines semblaient sincèrement choquées. D’autres paraissaient surtout inquiètes. Très inquiètes. La tempête continuait de faire rage dehors. Et dans l’hôtel du Grand Glacier, une certitude venait de s’imposer à tous : Le meurtrier ne pouvait être que l’un d’entre eux.
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Bien sûr. Toi pas ? Tu n'es quand même pas une marionnette ? Ainsi font, font, font... C'est Guignol... LOL. Qui donc n'a jamais fait de choix changeant sa vie ? Le choix des études ? Du partenaire ? C'est Gugusse avec son violon, qui fait danser les filles... LOL.
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BigBadBigMacLeBoss est dans la place !! Haha, je fais comme les jeunes, parce que j'ai beaucoup d'humour. LOL. Je me présente, je suis BigBadBigMacLeBoss alias Hervé. Vous pouvez me tutoyer, sur internet j'ai l'habitude de tutoyer tout le monde. Je suis représentant, et il faut dire que, justement avec internet, mon métier a beaucoup évolué ! Le temps du porte à porte pour vendre des aspirateurs à la ménagère, c'est terminé ! Je travaille actuellement en tiers-temps car les temps sont durs, ce qui me laisse du temps pour passer du temps et partager avec vous. Pour ce qui est de mes goûts musicaux, j'aime le jazz et tout ce qui est carré... PAS LE HARD !! J'aime pas le hard, LOL ! Au plaisir Hervé
