Tu mets en avant un sujet bien compliqué à résoudre. Et, à mon avis ce n'est pas nouveau. On parle de délinquance et de réponses à apporter. IL y a la détresse, finalement, autant des éducateurs que des adolescents. Il y a le manque de reconnaissance, je dirais autant des éducateurs que des adolescents. Il y a le manque de moyens, évident. Et la PJJ impuissante, forcément.
Mais à mon avis, c'est peut-être d'abord en amont que le bât blesse : la représentation collective qui existe sur ce sujet. Et le point clé : on pense que la solution de base suffisante c'est la sanction avec l'idée qu'essayer de comprendre et de se comprendre est de plus en plus perçu comme une marque de faiblesse conduisant au laxisme. Des idées circulent dans la société qui trouvent un écho majeur, avec cette estimation que comprendre c'est excuser. À partir de là on comprend que la solution qui s'impose c'est "d'enfermer les voyous", il n'y a pas à discuter. Il y a aussi cette idée très répandue que plus la sanction sera dure, plus la dissuasion sera efficace. Et à partir de là, ni la reconnaissance de l'éducateur, ni celle de la réalité de l'adolescent ne peuvent trouver de place. Sans une autre voix majoritaire dans la société, on ne fait que tendre, en général vers l'échec. Mais comment avancer dans cette direction, sans complaisance ? Parce que, pour moi, la justice ne pêcherait pas à aller le plus loin possible dans l'acte de comprendre ce qui se passe, lorsqu'un crime est commis. Parce que, pour moi, la justice ne pêcherait pas à aller le plus loin possible dans l'acte d'aider celui qui est jugé à comprendre ce qui se passe, lorsqu'il a commis un crime. Et, également, cela ne signifierait pas que cette compréhension, si on y arrivait, offre des circonstances atténuantes, au contraire.
Si notre société parvenait à concevoir les choses ainsi, il est probable que le travail éducatif dans les lieux fermés, comme par exemple les Centres Éducatifs Fermés, s'en trouverait plus favorisés et naturellement reconnu. Dans ces conditions, comme l'opinion publique y serait favorable, les moyens suivraient plus facilement. Ce serait plus simple, non ? C'est utopique. Sans doute.
Il y a tout de même une loi qui existe en France depuis 2014, qui s'intéresse à ce principe : La justice restaurative. Elle est peu connue et c'est logique. Dommage.