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Tout ce qui a été posté par Ambre Agorn
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Oui, oui, j'avais compris. Merci pour le temps que vous passez à me rendre ce que vous dites accessible. J'ai fais une "recherche" sur les mots, parce que les problèmes se présentent à moi et pour y voir plus clair, il faut que j'exprime, que je tente, que j'écrive, que je teste. Même si ça peut paraître une recherche personnelle, le fait de l'écrire ici revêt pour moi un partage, une façon de chercher une résonance, me confronter et confronter mes pensées pour les épurer et les forger. Vos avis à tous me sont inestimables. Je n'ai pas votre assurance, et je nage à contre-courant, alors parfois je perds pied ou je suis totalement à l'ouest...mais j'apprends. Du coup, je fais une recherche sur le concept...vos critiques (encore un mot qui mute dans ma compréhension) seront acceptées sans aucune retenue. @saxopap, je suis désolée, mais j'ai vraiment du mal à te suivre. Je ne prétendrai pas comprendre ce que tu dis dans ta dernière intervention car je ne la relie à rien. Je ne dis pas que ça ne veut rien dire, je dis juste que je n'ai pas compris.
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Je ne pensais pas que vous m'aviez pris au sérieux, ou que vous aviez accepté! Cool! Du coup, je comprends mieux en effet. Je pensais que vous me corrigiez et je n'arrivais pas à voir où vous me corrigiez. Vous savez, je comprends vite quand on m'explique longtemps. Oui en fait, je suis d'accord avec vous, et au final nous disons la même chose...de façon différente, c'est ça? Bien sûre qu'il est primordial de se mettre d'accord sur les termes, les mots et les concepts utilisés pour tenter de se comprendre, de communiquer. Et c'est ce qui m'a paru gros comme une maison quand j'ai commencé ici: les intervenants se diputent souvent alors qu'ils ne juste pas d'accord sur les définitions des mots utilisés. Il y a là un énorme travail en amont qui ne semble pas être courant dans la vie normale, celui de définir les mots utilisés quand on entame un débat, une conversation, une leçon, etc. En fait, c'est ça qui me gêne un peu ici, on lance de mots, de concepts, des piques, des questions et de réponses qui sont comme de cheveux sur la langue. Tout ça parce que nous sommes tellement séparés du point de vue du langage, qu'il est exceptionnel de pouvoir comprendre ou croire comprendre l'esprit qui s'imprime en noir sur blanc. Nous lançons de appels au secours désespérés en venant écrire ici. Et nous risquons fort de repartir, ou nous décourager ou crier, hurler et taper sur les autres. Il faudrait s'afficher avec un mode d'emploi, mais c'est impossible. A l'ouverture d'un sujet il faudrait indiquer le lexique auquel se tenir pour pouvoir parler ensemble sur le sujet. Cela dit, le forum perdrait une bonne partie de l'intérêt qu'il a. Avouons que nous aimons surprendre ou nous sentir perdu, démontrer nos différences culturelles, et s'illusionner de la soi-disant importance que nos propos nous rapportent, avec un bon règlement de compte de temps en temps. Il faudrait se limiter, faire preuve de sobriété (on ne peut pas suivre tous les sujets ou tous les intervenants, il n'y a rien à prouver). Bon, je me perds: on est en philosophie, pas en psychologie ou en littérature! Pour en revenir aux mots, il est facile de communiquer sur des sujets basiques avec des mots basiques. Dès que l'on veut approfondir cetains concepts, il y a un travail de définition qui doit être fait sous peine de "parler pour des prunes".
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Je ne sais pas trop où vous voulez en venir. Le mot arbre est un terme qui n'a plus vraiment de sens si je m'intéresse à l'arbre en lui-même. Arbre est un mot vulgaire, un mot obligé, un succédané à l'ignorance. Arbre est un mot facile, sans intérêt. Il en va de même pour table. Ils représentent juste un point de vue de celui qui l'utilise. Mes jeux d'enfance m'ont fait utilisé des tables qui n'entrent pas dans votre définition ou alors il faudrait y ajouter tout un panel de l'utilisation qui en est fait (endroit où l'on mange), et aussi un panel de sens qui utilisent ce terme et qui ne parlent pas du meuble (table de la loi, la table d'une pierre taillée...). Mes études m'ont fait découvrir des arbres qui n'en étaient pas, et des plantes qui étaient des arbres. Le tout est de se mettre d'accord sur le sens donné. L'avantage d'un milieu, c'est qu'on a de fortes chances de tomber d'accord sur les définitions de ces mots "simples", parce que leur constantes, leurs répétitions sont accessibles à tous ou presque. Mais du point de vue du botaniste, de l'herboriste, de l'artiste ou du phytothérapeute ne sera sans doute pas la même, même s'il comprend le point de vue populaire, il ne peut s'en contenter. Ne croyez pas que je vous contredise, c'est plus pour tester ce que je dis. Je déroule un fil. En fait, plus le mot englobe de choses, plus sa définition est aléatoire, car soumise à contexte. Un arbre qui fait deux mètre ne porte en réalité pas le même nom que celui qui en fait sept. Une table devient un concept flou ou bien différent quand on est en architecture ou en anatomie. Mais leur simplicité et leur polyvalence font qu'ils sont utilisés par la majorité et acquièrent ainsi un statut qui n'est presque pas ou jamais remis en question. En réalité il en est de même pour tout les mots. Ils sont tous compris en général, mais dès qu'on creuse un peu, qu'on tente de les exprimer avec d'autres mots, ou de les faire correspondre au registre de l'Autre, on se rend compte de leurs faiblesses. Ainsi les sentiments et les émotions (moins pour les émotions, je dirai) ont une telle gamme de nuances que ces mots ne se suffisent plus à eux-mêmes et doivent être adjoints à d'autres ou placés dans leur contexte particulier. La difficulté de ces mots est de ne pas être suffisamment précis. Ca marche en général pour l'attention basique, mais dès que nous tentons de faire preuve de plus d'attention, nous sommes obligés d'utiliser des formules ou alors des exemples particuliers. C'est bien parce qu'en réalité, il n'y a pas vraiment de constante, pas vraiment de répétition qui a été repéré. Le mot-concept est bateau, et inutile pour une utilisation précise. Et plus la répétition observée est rare plus les références sont rares et on utilise une phrase, un texte, un livre, une année d'étude ou une vie entière pour tenter de le faire rentrer dans la pensée, et non plus un seul mot. Là où je voulais en venir peut-être, c'est que les mots semblent au premier abord faciles et pratiques pour communiquer, mais si on fait un tant soit peu attention à ce que l'on dit, on s'aperçoit vite que les mots nous dirigent, parce que nous leur prêtons des sens qui ne sont pas précis. Je dis qu'ils nous dirigent, parce qu'ils sont souvent à la base de tout mal-entendu, ils nous divisent par l'incompréhension qu'ils véhiculent. Utiliser des mots qu'on ne sait pas définir, qu'on ne connaît pas vraiment est une preuve d'ignorance et de paresse. La facilité dirige leur utilisation.
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J'ai le sourire! J'ai hésité, mais il valait mieux que je vous lise après avoir écris! Oui, je viens d'écrire sur la compréhension des mots, et ce que vous écrivez à un sens particulier pour moi! Ha! les points de vue, la jonglerie des concepts, le ballet des mots, tout ces petits trucs qui semblent si concrets et qui au final ne sont qu'une fine couche de glace sous nos pieds hésitants...
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Comprendre. Il faut que je corrige une erreur: comprendre (cum prendere en latin) veut dire prendre avec, et non point prendre avec soi. Parfois radicaliser ou tenter de simplifier pour atteindre la signification d'un mot ne peut pas toujours être possible à partir des racines, bien que cela aide, ou alors il faut chercher des racines très lointaines et parfois oubliées. Ce mot comprendre me pose problème depuis depuis quelques jours. Ses racines grecques ou latines ne m'aident pas. Il a fallu que j'abandonne cette voie de recherche. J'ai parler de dompter les mots ailleurs qu'ici, et j'ai laissé cette image éclairer mes nuits. Au mot dompter je lui préfère le mot apprivoiser. Les mots. Nous utilisons les mots de façon réflexive. C'est un réflexe, un conditionnement, et ils nous conditionnent. En réalité, les mots sont des symboles. Ils ont été créés à un moment donné, et chacun a eu sa naissance dans le temps, répondant à un besoin, au besoin de simplifier les choses, la vie. Aujourd'hui, nous les utilisons, mais comme pour la quasi totalité des symboles, nous en avons oublié le vrai sens. Les mots sont des concepts, c'est pourquoi ils mutent. Les mots sont nés suite à une découvert, la découverte d'une répétition, d'une constante. Le mot est le symbole d'une constante, d'une répétition, un résumé, une simplification. Comprendre, c'est découvrir une répétition. Mais c'est toujours un concept. Il n'est valable qu'avec son lot de "si" ("si" étant ce qui symbolise un contexte particulier, un point de vue fini). Comprendre est primordial pour pouvoir créer un symbole, un mot. Du coup, pour trouver la signification d'un mot, il faut retrouver la répétition qu'il symbolise. C'est en faisant cette recherche que l'on aperçoit des variantes, des modifications, des mutations. C'est en découvrant ces mutations que l'on peut alors donner naissance à un nouveau mot, avec sont lot de répétitions différentes, toujours avec son lot de "si". Pour sortir du concept, pour nous "déconditionner", pour comprendre un mot, pour redonner le sens à un mot, il faut alors retrouver la répétition qu'il symbolisait au moment de sa création et/ou de sa mutation, retrouver sa source, retrouver la nécessité à laquelle répondait ce mot. A partir de là, on peut faire exploser le carcan, redonner en soi la vie du mot, apprivoiser le mot. Chaque mot utilisé qui n'a pas subit ce travail est un mot sauvage, un symbole qui nous dirige. Pour diriger les mots, les apprivoiser, ne plus les subir, il faut alors faire un travail de fond, long et parfois très ardu, un travail de compréhension, un voyage vers la source. Il pourra alors être apprivoisé et être "pris avec ", avec tout ce qu'il transporte, et ainsi créer une compréhension nouvelle de la vie. Il en est de même pour la compréhension de l'Autre. L'Autre est un être sauvage non encore apprivoisé, non compris et que l'on subit. L'Autre a une répétition que nous devons découvrir, tout en gardant en esprit que les mutations sont possibles, qu'un mot ou un Autre peut sembler changer et pourtant cacher toujours une constante, une universalité, une enveloppe plus grande que ses propres constantes. Comprendre l'Autre serait alors un travail de fond, très ardu, un voyage vers la source, un don de sa propre personne vers la source de l'Autre. Ce travail n'a sans doute jamais de fin, car il est composé lui-même par des mots, les nôtres et les siens, il est lui-même conditionné, il faut savoir passer par-dessus pour tenter de découvrir la source. Mais ce travail, c'est ce qui permet d'apprivoiser l'Autre et ainsi créer une nouvelle ère de connexion, une ère de multiplicité au lieu d'individualité.
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Bonjour Ce que vous dites se confronte à ce que je vis, la confrontation est vitale. J'ai compris votre point de vue, en tout cas j'ai compris ce que vous écrivez. Votre démarche, comme je le dis plus haut, est utile, parce que j'ai compris ce que vous faisiez. Et à force de vous lire, de lire, ma compréhension s'affine. Avec la compréhension va la responsabilité. C'est pourquoi je lis très peu: il me faut beaucoup de temps pour assumer ce que je comprends. Je n'ai vraiment rien contre ce que vous faites, bien au contraire. J'apprends et ça n'a pas de prix. Je n'ai pas besoin de vous connaître, parce que connaître un individu n'est acceptable que remis dans sont intégralité, dans son contexte dans tout ce qui fait qu'il a été formé ainsi. Et là, du coup, je vous rejoint. L'individu ne peut pas être compris, mais il est de mon devoir de toujours tenter de le comprendre. Je l'ai compris hier soir... (d'où les souvenirs, d'où le confort, d'où les points de vue...) La différence n'enrichit pas, ce qui enrichit c'est l'acceptation de différents points de vue pour arriver à ce qui est universel. C'est pour cela que je suis avec intérêt ce que vous faites, parce que je fais des parallèles avec mes autres lectures, mon contexte et les autres "histoires" que j'ai déjà parcouru. Ainsi se dessine petit à petit une géométrie sacrée (!)
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Par où commencer? Des événements semblent parfois se précipiter, et on a l'impression de vivre en retrait de la réalité. D'où vient ce sentiment que l'on est en décalage d'avec tout le reste. Il me semble que pourtant, si l'on réfléchit un peu, on ne peut qu'arriver à la conclusion que nous vivons continuellement en décalage, en décalage par rapport à quelque chose. Rien que le fait de parler, d'écrire, de penser, de vivre, tout en fait me donne l'impression de toujours regarder la vie comme si j'étais derrière elle: toujours un temps de retard. Les leçons les plus marquantes, ou plutôt celles qui nous forment sont celles qui nous sortent de notre zone de confort. Parfois je rêve de pouvoir trouver les questions à mes réponses, de trouver quelque chose qui aura la consistance nécessaire pour me permettre de m'appuyer dessus, mais en réalité je sais que ce n'est pas vraiment ça que je veux. L'inconfort est exactement ce qu'il faut pour, oui pour quoi au fait? L'inconfort L'inconfort est l'inverse du confort, non, je dirai que c'est sont contraire. Il tire dans une autre direction. Il tire là où le confort conforte dans l'inaction, l'aveuglement, l'illusion de l'assurance. Le confort psychologique pourrait éventuellement me tenter, si je ne sentais pas que quelque part le début du confort mène inévitablement aux compromis et à l'endormissement tentant. L'inconfort est....inconfortable, difficile à vivre. Il oblige à une remise en question permanente, et le sera jusqu'à ce que cet inconfort disparaisse. Il oblige à plus d'attention, parce que rien n'a l'apparence d'une certitude. Il oblige à bouger, rien ne semble satisfaire la position actuelle. Et par-dessus tout, il oblige à changer de point de vue. Le point de vue. Tout change lorsque l'on change de point de vue. Un même événement peut être vécu par mille personnes et chacune d'elle aura sa propre vision, son propre point de vue. Chaque point de vue peut entraîner des incompréhensions par rapport aux autres points de vue, et même des contradictions. Pourtant chacun aura l'impression de dire la vérité ou d'avoir bien vu, d'avoir été fidèle à lui-même. Et tout le monde aura raison. Et oui, raison. Parce que la raison est un outil, et non pas une façon de vivre. La raison est un carré au milieu du cercle de la vie. La vie n'est pas contenue dans la raison, mais la vie la contient. Déraisonner, changer de point de vue, sortir de son confort, voilà ce qui permet d'écouter les mille autres versions de l'événement. La vérité n'est pas contenue, elle est universelle, mais nous n'y avons accès que par bribes, et jamais en totalité. Se tromper Je me suis vautrée en beauté ici même et plusieurs fois. A chaque fois c'est dur et je me replis, je me révolte, je capitule. Je le fais et à fond, parce qu'une fois fait, je n'est plus à le faire. C'est en visitant deux extrêmes que je peut trouver un équilibre. C'est parce que j'ai été formatée durant mon enfance, brimée, battue et dépréciée que je sais avoir vécu un extrême. Une fois expulsée de ce milieu, j'ai été propulsée dans l'extrême inverse. Je me suis rebellée dans toutes les certitudes, les actes de foi, les personnes et les symboles qui étaient ma vie. Avoir visité chaque extrême m'a permis de choisir un entre-deux, de visiter tout ce qui se passe entre ces deux extrêmes. Mais je ne crois pas que je sois à même de former des choix, parce que ce sont mes choix qui me forment. L'illusion du choix est un confort, c'est rassurant de se dire qu'on a eu, on a et on aura le choix. Chaque instant est un choix, et pourtant il est dicté parce ceux qui précèdent et qui les suivront et ne sont pas séparés de ceux des autres êtres. Considéré un choix parmi tant d'autres revient à se reporter à une photo. La photo. La photo est un mensonge. Mais un mensonge n'est qu'un point de vue qui se confronte aux autres points de vue. La photo est un instant sorti de son contexte, c'est un souvenir faussé. La photo ne prend pas en compte l'instant qui l'a fait, ni celui qu'il a fait. Il est tout simplement amputé de tout ce qui fait son essence, son importance. C'est un instant cristallisé dans son illusion grotesque. Les souvenirs Les souvenirs sont un trésor que nous cumulons année après année. Et pourtant ils sont rangés de façon à ce que nous ne puissions pas vraiment nous en servir. Un souvenir c'est un résumé. Un souvenir est une photo rangée dans un tiroir. Nous avons des souvenirs qui contiennent pus ou moins de photos. Un événement est vécu de façon différente à chaque instant de notre vie, parce que nous l'enregistrons, mais à chaque fois qu'il repasse devant nos yeux, notre interprétation, notre compréhension, notre point de vue change la nature même de l'événement et le souvenir évolue. Pourtant l'on est persuadé de se souvenir, même très bien. Ce n'est qu'une photo vide de sa substance, de son essence, de sa valeur initiale. Cela dit les souvenirs sont ainsi parce que nous ne pensons pas ou ne savons pas quels trésors nous avons là. Ce sont des cocottes en papier. Nous pouvons les déplier, les défroisser et retrouver leur contexte, leur essence, leur substance. C'est un mécanisme qui est inscrit en nous, et qui est en dormance à cause du confort mental dans lequel nous vivons. Notre vie est construite sur ces photos souvenirs, les déplier et retrouver leur valeur initiale nous sortirait de notre confort, parce que nous obligerait à sortir du mensonge, de sortir de notre point de vue. La question qui me trotte dans la tête: si nous n'utilisons pas ce trésor, si nous le cumulons et que nous le protégeons même de nous-même, à qui ou à quoi sert-il? Tout ce qui n'est pas donné est perdu, c'est naïf peut-être, mais si nous ne donnons pas ce trésor, quelle envie déclenchons-nous, quel lumière de désir allumons-nous? Protéger un trésor demande de l'énergie. S'en séparer revient à utiliser cette même énergie pour autre chose. Se séparer Je pensais que l'étude d'un écrivain, de l'histoire d'un pays ou d'un peuple revenait à séparer ce même écrivain, pays ou peuple de son contexte. Il est évident qu'il y a de cela, mais, vu notre façon d'appréhender la vie, nous ne pouvons que fonctionner comme ceci. Parce que la raison fonctionne ainsi. Ce travail est en réalité nécessaire pour pouvoir s'en séparer. La démarche est toujours utile, la démarche est ni bonne ni mauvaise, ni juste ni fausse, elle est et c'est tout. La démarche est un processus mis en marche par l'intention. L'intention n'est pas forcément concentré sur un but à atteindre, parce que le but est inconnu, le but n'est pas l'importance du moment. La qualité de la démarche dépendra de l'implication personnelle, du don total de soi. Faire l'étude d'un sujet est une démarche nécessaire pour pouvoir, non pas se faire une opinion, mais trouver et voir l'universel à travers tout ce qui peut paraître différent. Une fois l'étude accomplie de bout en bout avec l'implication qui se doit, il en ressort une trame universelle qui rejoint et se fond dans l'universel de toute histoire ou expérience, ce grand "cloud". L'important n'est pas l'histoire du peuple en question, l'important est l'accès qu'il donne au-delà des apparences, des différences et des dissensions à ce qui fait de nous des êtres tous liés les uns aux autres. Mais l'histoire ne fait pas l'Histoire ai-je déjà entendu, l'étude d'un cas ne fait pas la trame, ce peuple ne détient pas la vérité, mais il en est une partie, les autres sont disséminées dans toutes les autres histoires.
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J'avais pourtant cru que les différences étaient enrichissantes. C'est justement parce que votre pensée n'est pas construite comme la mienne qu'il est nécessaire pour moi de vous écouter. Je vous ai fait confiance en vous dévoilant ma pensée qui n'est pas la vôtre, je l'ai soumise à votre critique et je suis assoiffée d'entendre ce que vous dites. Tout le monde tient compte de l'Histoire, mais de son Histoire, celle qu'il a eu en héritage. C'est pour ne pas toujours tomber dans les mêmes pièges que je conçois l'utilité d'un pont entre vôtre pensée et la mienne. L'histoire du peuple juif est inscrit dans l'Histoire, et, grâce à vous je suis un peu plus au fait de cette partie de l'Histoire. Mais on ne corrige pas en quelques jours une construction entière de pensée. J'ai besoin de temps. Peut-être même que je ne comprendrai pas, peut-être que ce sera la génération suivante qui comprendra, mais que m'importe, ce qui compte c'est l'implication que j'y mets. La famille c'est la partie aléatoire et accidentelle du sang. Les liens qui sont plus forts sont ceux que l'on choisit. Mais là encore ce n'est peut-être que ma construction mentale qui me fait penser ceci? De ce qui m'a frappé dans les récits que vous faites du peuple juif, c'est que partout où ils allaient, ils s'intégraient bien. Leur religion ne font pas d'eux des êtres supérieurs, prêts à toutes les violences pour faire accepter leur religion, et c'est presque toujours les autres qui ne veulent plus d'eux, alors ils se font maltraiter. Leurs objectifs sont incompréhensibles pour bien des peuples, parce que ces mêmes peuples ne prennent pas le temps de considérer leur point de vue. Mon inconfort était recherché, et vous même avez dit que vous aimiez l'inconfort qui vous permettait de sortir de votre propre cheminement de pensée. Je ne sais pas pourquoi vous êtes désolé de "m'avoir embarqué dans une vision du monde qui m'est étrangère", je suis là pour apprendre, par me complaire dans ce que je sais déjà. Prenez le chemin que vous voudrez, je vous suis. Je ferai communauté que vous le vouliez ou non. Si j'ai fait des erreurs et que cela vous a blessé, c'est la seule chose que je regrette, pas mes erreurs, mais mon manque d'attention envers vous.
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Bonjour C'est la seconde fois que vous me parlez de la kabbale. Je n'ai pas encore bien cerné de quoi il s'agissait, même si j'en ai une petite idée maintenant. Je suis donc allé faire quelques recherches sur "les dix Sephiroth", l'Arbre de Vie de la Kabbale. Je n'ai pas eu l'impression que ça parlait de différents mondes, mais plutôt différents "niveaux" de compréhension, de maîtrise et d'organisation d'un seul monde. Mais comme je vous dit, je commence tout juste à faire des recherches et ce n'est que ma première impression. J'ai eu une autre impression, plus "souterraine": je me suis sentie enfermée, oppressée, piégée. Oui j'ai ressentit, à la lecture des descriptions, utilisation et symbolique de ces dix Sephiroth comme un piège tellement élaboré qu'il allait m'empêcher d'en voir les limites. Un piège qui donne l'illusion d'un certain contrôle. Veuillez m'excuser, mais je me méfie toujours, d'autant plus quand c'est trop tentant. C'est vrai, ça semble tellement clair et bien organisé, tellement sophistiqué et complet, logique et rangé que ça en devient hypnotisant, reposant et excitant à la fois. Là, tout mon être sonne l'alarme. Il n'y a pas de limites dans le monde. Les limites sont des leurres utiles, cependant absorbables et repoussables à l'infini. En effet, je ne conçois ni dix ni deux mondes. Pour moi, il y a une infinité de mondes, les nommer fait fantaisiste, mais peut s'avérer utile. Cela dit, il faudrait pour cela y avoir accès physiquement ou "psychologiquement" (oups, j'ai un doute sur le terme à utiliser, je voulais un mot qui dise "accès avec l'esprit"), mais ce n'est pas suffisant, parce que nous possédons d'autres ressources que le corps et l'esprit, mais les mots et l'expérience manquent, et ces mondes sont aussi accessibles de façon et manière infini. Une réflexion me vient à l'esprit: j'ai cherché les significations de "En Sof" et de "Sof", et je n'ai pas pu y adhérer. En effet, je ne conçois pas que nous soyons "fini" (inverse d'infini), le fait de dire ça nous empêche de remettre cette vérité en question. Prendre ça pour base empêche d'élargir notre vision des choses. Je ne dis pas que nous soyons infinis, mais réduire notre nature à l'individu qui naît et meurt est une illusion bien pratique, réconfortante et rationnelle. Si ça vient de la raison, ce n'est pas faux, mais c'est insuffisant. Un seul point de vue peut paraître totalement l'inverse d'un autre point de vue et pour autant les deux peuvent être justes. C'est comme vivre sans l'autre, sans les autres. La raison seule est puissante, mais l'intuition à sa propre puissance, le sentiment la sienne, l'esprit, la conscience, le subconscient, l'onde pure, etc., le défit étant de tenter quelque chose avec l'aide de ces puissances réunies. Le fait de se sentir fini, n'est que le fait de reconnaître être séparé du tout. Comment pourrait-on être une "émanation de l'Etre" et se concevoir fini? Nous sommes une émanation, c'est à dire que nous sommes comme chargés d'un rôle, mais que nous ne pouvons qu'évoluer, non pas revenir à l'esprit, mais évoluer et ainsi évoluer l'Etre. Si l'Etre est infini, alors nous sommes infini parce que nous sommes aussi l'Etre. Nous ne sommes qu'une facette de son évolution (je ne sais pas trop si j'utilise le bon terme qui corresponde à mon idée, ma sensation), et non pas différent de lui. Là est toute la beauté du mot "émanation", car il ne sous-entend pas une rupture d'avec l'"émanant", cela sous-entend plutôt une transformation, une extension, surtout si l'on conçoit l'infini pour l'"émanant". Je viens de relire le dernier paragraphe, et je m'aperçois que j'ai dit ne pas penser que nous soyons infinis, alors que je dis l'inverse à la fin! Comme quoi, j'ai de quoi faire avant d'être logique et rationnelle dans mes propos. Qu'importe, se tromper ne m'inquiète pas, parce qu'il m'ébranle. Ca m'aide à toujours chercher, et ne pas trop me fixer sur un fait acquit. L'équilibre a ce prix pour le moment. Je reviendrai plus tard, passez une bonne journée.
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J'ai l'impression d'un langage qui me parle, qui retient mon attention quand vous écrivez, mais j'avoue que pour le moment son sens m'échappe. J'espère vous lire plus souvent et mieux pour me faire un peu à votre vision des choses. Merci pour votre temps.
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Lol! Heu...Je ne sais pas! Sauf si vous faites allusion au site sur lequel j'ai piqué le pseudo, c'est ça? Sinon, comme le suggère @Tamar Hanna, votre petite sœur peut-être, c'est plausible? Lol Non, mais sans rire, je ne suis personne, ou tout le monde; en plus ici sur le forum, je suis juste ce que je dis! Par contre j'ai pas bien compris de qui vous ne vouliez pas prendre la place?
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Toi aussi tu es en manque? Alors je vais te décrire ton village tel que je le vois à travers ce que tu en dis. Les cigales scandent un rythme bien entêtant, qui donne le ton et la couleur des gens d'ici. Avec les cigales, il semble que les odeurs leurs sont inséparables, celle, lourde des résineux, celle, capiteuse des lavandes, thyms et autre marjolaine, et celle, plus douce, des amandiers, abricotier et acacias. On ne voit presque plus la route, elle s'enfonce dans un moelleux tapis de verdure exubérante, serpente à travers les forêts et paresse un court instant au bord de la rivière. Le village se dessine de loin, coincé entre les collines aux couleurs pastelles. Le clocher dresse un pied d'ancrage pour ce fier coq que le mistral tourne en dérision. La fontaine, les maisons chargées de leurs générations de villageois et de leurs souvenir gravés dans chaque pierre, le parler franc et chantant des hommes fait écho à leur environnement. Et le caractère de ces verdures et ces pierres imprime celui de ses habitants, à moins que ce ne soit l'inverse. L'un ne va pas sans l'autre, car la pierre ou l'homme qui quitte son village est dépouillé de ses racines, de son origine et de son histoire. Un chemin quitte le confort rassurant du village pour se perdre un peu plus loin, aux portes d'un petit paradis hors du temps. Ici se côtoient les époques, figurée dans l'argile, maquillées d'émail ou non, des pots de toutes formes pour toutes utilités et tous les goûts, des formes aussi qui accrochent l'œil mais qui dépassent l'entendement rationnel. Le jardin est présent partout parce qu'ici n'est cultivé que ce qui y pousse, là où ça pousse, ici la nature est cultivée par l'homme, ou alors c'est l'inverse, la nature cultive son homme. Ici se rajoute à la mélodie de la nature le bruit répétitif du tour du potier, la guitare de ce même potier et parfois les cris des enfants. C'est beau un petit village français, pour celui qui veut bien le voir.
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Mais de qui parlez-vous? Je n'ai jamais rencontré de plouc; de gens différents, oui, des gens riches de ce qu'ils sont, des gens beaux dans leur humanité. Nos points de vue font la différence et nos jugements créent la dévalorisation et son pendant la valorisation. La nuit s'offre à nous, notre droit est d'y répondre pleinement ou de nous rebeller pleinement, qu'importe, il n'y a pas de bons choix, il n'y a que notre implication et notre amour qui crée le bon équilibre. Vous voulez de bons baisers tendres? Prenez ce qu'il vous plaît, et dormez sur mon cœur, il n'est là que pour vous.
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Oui, ou moi! Se tromper n'est pas important, tout fait parti du chemin: l'avant et l'après, l'amont et l'aval, les chutes et chaque pas. C'est la direction où tendent nos pas qui importe, l'intention qui donne vie à chacun de nos actes.
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@Annalevine Trop fatiguée hier, et je n'arrivais pas à me fixer suffisamment pour bien répondre. Je recommence alors. Pour pouvoir vous répondre ou répondre en général, je suis obligée d'utiliser beaucoup de temps pour assimiler ce qui m'a été dit, et pour tenter de répondre "sur la même longueur d'onde". Essayer de changer mon propre point de vue pour épouser celui de l'autre et être en mesure de lui montrer ce qu'il m'a demandé de lui montrer. Pour cela il est impératif que je ne fasse pas d'erreur et que je comprenne bien ce qui m'a été demandé, parce que souvent la demande n'est pas contenue dans chaque mot utilisé, mais se dessine comme une trame. Et vous avez fait une demande, je l'ai perçue et j'y réponds comme je peux. Vous sentez ma puissance, et votre assurance me galvanise. Votre rationalité me force à plus de discipline. Je veux vous prendre tout ce que je pourrai prendre, parce que je lâche tout ce que j'ai. Votre façon de voir le monde, de me voir, m'offre un point de vue nouveau et ça n'a pas de prix. L'attention que l'on accorde aux autres offre de nouveaux points de vue qui élargit notre conscience. Mais ce n'est pas un enrichissement personnel, c'est un exercice de connection qui enrichit le monde. Vous avez entièrement raison quand vous dites ceci: "Non pour vous il est nécessaire que je reste libre, hors de vous, mais suffisamment proche pour contempler la grâce de votre expression." C'est exactement ça. Il est vital que vous restiez libre, et vital que tout le monde reste libre, mais il est autant vital que le lien entre chaque individu se ressert, que l'attention devienne une priorité. La liberté ne se trouve pas dans le fait que nous pouvons faire ce que nous voulons ou se battre pour avoir continuellement et en toute occasion le loisir de choisir. Le choix est une illusion. La liberté se situe dans l'amour. La liberté, c'est accepter et vivre pleinement les liens qui nous ont choisis. L'amour permet la liberté parce qu'il a le don de maintenir l'équilibre que le monde tend à maintenir, un équilibre fait de sobriété dans l'abondance. Au fait, quand j'utilise le mot "monde", je l'utilise dans un sens très particulier. De par sa définition dans le dictionnaire, le monde est ce qui réunit ce qui existe de façon réelle et concrète. Quand j'utilise ce mot, je lui adjoint une dimension, celle de réunir aussi ce qui n'est pas concret, pas réel, pas palpable, ce qui n'est pas défini précisément, ce qui n'est pas forcément préhensible par le mental.
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J'espère bien ne jamais m'y habituer, je veux garder la possibilité de toucher du doigt la beauté de l'instant présent, la beauté de l'instant de la découverte. C'est juste ma façon à moi de voir les choses, mais je ne connais rien de moi, tout ce que j'ai l'impression de savoir s'efface et s'écrit continuellement. Je n'ai pas de maître, ou alors je suis l'élève du monde et je ne le dépasserai jamais. Je veux juste en faire partie. Ce n'est pas pour vous contredire, parce que je pense tout haut (oui, j'écris!), et faire l'effort de préciser ma pensée fait que j'y vois plus clair. C'est à propos de l'illumination que vous dites être intérieure. J'ai du mal avec ça: pour moi elle ne peut venir que de l'extérieur. Mais peut-être est-ce juste pour vous une façon de parler, ou bien le pensez-vous vraiment? (désolée pour le hors sujet...)
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@Annalevine C'est beau ce que vous dites! J'ai savouré votre première réponse de la journée, elle est belle. Pour le second message, j'ai fait une erreur, je n'ai plus cette question de savoir pourquoi on est là, pourquoi on fait tout ceci, mais quand j'écrivais hier, je m'étais reportée au moment où c'était le cas, parce que j'avais mal interprété votre propre questionnement. Non, je ne me pose plus du tout cette question, c'est justement parce qu'il n'y a plus de but à atteindre que tout ce qu'on fait a une saveur exceptionnelle. (Cela dit, je vous écouterai volontiers parler de...tout ce que vous voulez!) Et du coup, je comprends mieux votre questionnement de l'action dans l'immédiat. Là, je ne dois pas vous répondre. Par contre, vous me comprenez au-delà de mes propres compétences. Dans votre première réponse, vous avez su voir quelque chose qui passe malgré la pauvreté de mes mots. Vous savez, vous pourriez inverser chaque sujet de votre réponse (vous et je) et l'image du miroir prendrait toute sa valeur: en me voyant, vous vous voyez et je me vois en vous regardant. Mais il n'y a pas que vous et moi, il y le monde entier.
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Ho Zut, j'ai perdu ce que j'ai écris! Tant pis, je retourne à l'essentiel: Si je comprens bien, vous ne voyez pas trop ce que le fait de "me suivre dans le sentiment" va vous apporter, et que pour agir vous avez besoin de voir un but qui se dessine au loin, c'est ça? Si c'est le cas, je comprends bien là une préoccupation qui ronge certaines parties de mes nuits et journées! En fait j'étais persuadée que si je trouvais la réponse, je pourrai faire n'importe quoi tant que j'aurai la certitude de la direction à suivre, du but à atteindre: tout est facile quand la certitude guide nos actes. Mais je ne sais pas attendre, il faut que je fonce, que j'arrange les problèmes autour de moi, que je tente de répare ce qui est brisé, que je défende celui qui est en mauvaise posture, que je prenne la parole pour celui qu'on n'écoute pas, qui j'asticote les uns et les autres pour qu'ils fassent enfin ce qu'ils disent qu'ils feront, etc...Oui je suis chiante! Mais tout ça n'a aucun sens si ce n'est pas mis au service d'une cause, d'un idéal. J'ai besoin de quelque chose qui m'oblige à sortir de ma zone de confort, qui me demande des sacrifices, qui me rendrait ma dignité d'être humain. J'ai beau tourner le problème dans ma tête, je n'ai trouvé que ça: il faut que j'élargisse ma conscience. Si la réponse à la question: "pourquoi faire tout ce que je peux faire?" n'est pas dans mon répertoire, dans mon environnement, dans mon expérience du monde, il faut que j'élargisse mon point de vue, que je m'ouvre à autre chose que tout ce qui fait la vie et le monde tels que je les perçois. Alors je fais tout ce que je n'avais jamais fait, je pense à l'envers en cherchant les questions à partir des réponses, je déraisonne et je tente d'être plus rationelle, je cligne des yeux pour déstabiliser mon habitude de ma vision du monde et je marche à reculons, je divise ma personnalité pour mieux m'en séparer et ne plus m'identifier à ce qui fait que je suis moi, je cours de nuit, j'écris et parle, je tire à l'arc et je me traque, je traque mon quotidien pour le déstabiliser et tenter de briser ce monde si solide et trouver une réponse à ma question.
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Oulala! Je panique à chaque fois que je dois répondre! Mais ça me permet une chose que j'ai mis très longtemps à identifier. Quand je suis acculée, je cherche une porte de sortie. Et j'ai découvert une porte qui m'a fait ouvrir un monde nouveau. En fait je deviens quelqu'un d'autre littéralement. Il y a quelque chose qui prend le pas, prend le contrôle. Ho non! Ce n'est pas vraiment visible pour les autres, ce n'est pas une autre personnalité, c'est comme moi, mais en plus clairvoyant. Ces moments sont magiques, j'ai l'impression que rien ne peut m'arrêter, pas parce que je brise tous les obstacles, mais parce que je les absorbe, ils ne sont plus. Parfois je relis ce que j'ai publié et je ne comprends pas, je suis parfois estomaquée (ben oui, ça peut paraître assez narcissique!), je me sais incapable de reproduire de tels élans, de tels moments de clarté, d'écrire de tel mots et pourtant je sais que, les conditions réunies, je fais ça. Ou plutôt, non, je ne fais rien, c'est comme si une force qui est en moi et en dehors de moi agissait à travers moi. Parfois je m'entends parler à ma fille et j'apprends par ma propre bouche, je suis comme en train de m'écouter parler et j'accède à une connaissance que je sais ne pas pouvoir venir de moi. Parfois mes actions ont une justesse et un impact qui dépasse totalement mes capacités, j'en ai parfois le vertige, parce que ma raison ne peux pas et ne veux pas accepter ces donnée. Après diverses expériences, entreprises suite à des observations de comportement sur moi et d'autres, je peux dire que la musique me donne parfois accès à une force, une connaissance, une maîtrise qui n'est pas de moi, une force qui ne brise rien, mais qui absorbe tout, une force à qui l'on ne peut dire non, une force qui nous emporte et nous brûle en même temps. Tout ce que je fais dans cet état, je ne peux pas m'en prévaloir ou m'enorgueillir ou en avoir honte, car je sais que ce n'est qu'un genre de communication , un genre de lien qui nous unit tous, et que je n'ai fait que servir d'outil. Vous parlez souvent d'action, et c'est drôle parce qu'en parlant de vous à mes voisins, je vous pensais homme de savoir, mais, de plus en plus, il est pour moi évident que vous êtes un homme d'action. C'est parce que je me suis battue, parce que j'ai été obligée à un moment de faire ce choix: disparaître ou me battre. J'ai cru que la guerre était la seule option. Mais à force de violence, à force de me vider en actions, de faire ma place dans ce monde comme on se fait une place dans la jungle, j'y ai perdu des plumes. J'ai eu des coups de semonce, et j'ai compris que seule, je n'arriverai qu'à dresser la violence qui me détruisait. A force d'écoute, d'attention, j'ai un peu ouvert mon horizon. J'ai alors découvert cette force en moi, autour de moi: une force qui ne prenait pas sa source dans la violence, mais dans le silence, dans l'amour. Non, l'émergence de cette force, cet accès à une connaissance, la suppression de tout doute, une clarté aveuglante, non, cela ne me suffit pas, cela me permet de faire des choses qui m'étaient alors impossibles, d'être un pont entre ce qui paraissait séparé. Il y a forcément différentes façons d'être sous cette influence-là, en passant du boycotte total à la plus époustouflante et incompréhensible façon d'agir ou d'être. Mais je me relis et je trouve tout cela fade à côté de ce que j'aurai voulu pouvoir exprimer, on dirait que je suis devenue mystique, alors que je ne le pense pas du tout. Pourtant je ne regrette rien, parce que j'ai fait comme si c'était ma seule chance. Heureusement que vous me complétez ou comblez mes lacunes, vous et bien d'autres! Ha non, il faut que je revienne dessus: "Mais il me semble qu'il suffit pour vous de sentir cet être se révéler en vous pour être contentée, satisfaite, alors que l'émergence de cet être en moi engendre aussitôt cet impératif : fais, agis. Mais quelle action pourrait bien satisfaire cet être ? Sinon semble-t-il une action continue et éternelle visant à engendrer le monde, ou du moins à en poursuivre la genèse commencée. " C'est impossible de rester de pierre lorsqu'on est sous cette influence, on ne peut que se consumer dans l'appel du monde, l'ordre impératif en l'instant, mais l'humain est très instable et souvent il occulte de sa mémoire ou efface de son fonctionnement une telle réalité. Il s'accomode de peu, se satisfait de la médiocrité, et se complait dans son confort. Il faut un don entier de soi pour pouvoir répondre à une telle nécessité. L'impératif engendré est adapté à chaque capacité, chaque humain, chaque être, chaque instant.
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Ce ne sont pas les mots qui donnent le ton, mais c'est nous qui choisissons quel ton donner aux mots. Nous donnons naissance aux mots, et nous leur imprimons un sens qui nous est propre, un vécu, une expérience, chacun d'eux est unique. Il n'y a ni amont ni aval, il n'y a que le fleuve: le fleuve se fou bien de savoir s'il coule dans son amont ou dans son aval, ceci n'a aucun sens de son point de vue. La joie et ma présence n'ont ni amont ni aval, ils sont imbriqués parce que le temps n'a pas d'importance de ce point de vue (du point de vue du fleuve). Je vous ai déjà dit que vous m'aviez engendré, mais mille autres que vous m'ont aussi engendrés. Bien sûre que la joie engendre ma présence, mais ma présence doit aussi la vie à l'angoisse, la peur, l'amour. Pour moi ça n'a rien de vertigineux, parce que je n'ai pas votre rationalité. Je conçois même que j'engendre la joie, parce qu'il ne peut en être autrement, parce qu'elle m'a engendré et que vous m'avez engendré. C'est quand ça n'a ni queue ni tête que l'esprit rationnel lâche prise, recule et laisse place à autre chose. La rationalité est une ancre, une balise, et c'est justement pour cela que nous osons aller explorer les terres inconnues: à tout moment nous pourrons compter sur le rationnel pour reprendre du poids sur notre réalité actuelle. Le "mode pensée" est le lien qui garde notre intégrité mentale et physique, mais qui ne doit pas être un lien qui nous empêcherait l'exploration. Bien sûre que vous me connaissez: je ne suis que votre miroir, même si ce miroir ne vous fait voir que ce que vous pouvez y voir. Et je pourrai en effet vous dire n'importe quoi parce que vous avez accès à ce qui se cache derrière le décors. Mais je ne peux pas dire n'importe quoi, parce que vous avez déjà tout accepté de moi, et moi de vous. L'angoisse d'Heidegger n'est qu'une recette, il y a pleins d'autres "recettes" pour arriver au même résultat. Mais pour en parler il faut utiliser des mots et leur insuffler un ton, une vie qui n'aura de sens que pour les vies qu'ils auront engendrées. Revenons sur terre car je m'envole et m'enflamme. Je découvre, et cette sensation est euphorisante, m'émerveille et me rend encore plus consciente de l'émouvante beauté de la vie, du monde. Je pensais que je n'avais pas assez souffert pour me rendre compte de certaines choses, que la souffrance permettait une certaine clairvoyance, mais tout ce savoir, toute la souffrance du monde, toute la joie du monde, toute la tristesse du monde, tout ceci est inscrit en moi ou en dehors de moi. Je ne sais pas où et comment, mais j'y ai accès, j'ai accès à vous et d'autres par là. Je n'ai pas votre rationalité, mais j'y ai accès, et vous avez accès, par moi et d'autres, à ce qui vous manquerait. Je vais m'arrêter parce que j'ai la phobie de sortir du sujet...et là j'ai l'impression d'abuser!
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Je crois que je suis amoureuse! Pas amoureuse de vous, je ne vous connais pas, pas amoureuse de chacun de vos mots, pas amoureuse de vos éclats passés ou de vos doux mots d'aujourd'hui, mais amoureuse de ce que je perçois à travers tout cela, et par ce que je perçois, je vous connais. Je ne sais pas les mots ou les émotions ou les sentiments qui passent, je ne sais pas qui reste ou qui disparaît, je ne sais pas qui reçois ou qui donne. Ce que je sais c'est ce quelque chose que rien ne peut arrêter, qui est accessible à tous, qui est alimenté par tous et qui alimente tout le monde. Et pour répondre à l'un de vos posts un peu plus haut où il était question de musique classique que l'on aime parce qu'"elle procure du plaisir", je dirai que c'est une erreur de langage, ou d'analyse. Nous ressentons parfois, à l'écoute de certaines musiques, un sentiment que nous taxons, par paresse, de plaisir. Ce sentiment est tout autre. Ce sentiment est l'un des plus archaïques, c'est un sentiment qui vient du fond des âges, c'est ce sentiment qui a fait de nous des hommes. Ce sentiment c'est celui qui nous (re)met en lien avec notre nature profonde, cet être en nous qui, en réalité, est commun à tous les humains. Ce sentiment qui nous fait sentir tout puissant et puissamment en lien, connecté. Ce sentiment qui nous donne accès à un trésor qui est nous et tellement plus que nous parce qu'il est nous tous et tout le reste. La musique qui réveille ce sentiment, nous fait sentir un être nouveau ou neuf en nous, un être qui se libère et qui se meut alors qu'on l'avait ficelé et qu'on avait oublié son existence. C'est comme une naissance, comme une libération. Nous avons besoin de nous rappeler qu'il y a un être magique en nous, qu'il y a quelque chose qui est tellement beau qu'on est prêt à tous les actes qui paraîtraient héroïques, et tout le monde aspire à cela. C'est cette recherche qui pousse les humains à faire tout ce qu'ils font. C'est leur aveuglement qui les perd dans la fange boueuse où ils se traînent. PS: Au fait, au départ (oui, enfin à un moment, à la page 41) vous parliez de quatre fonctions psychiques dont le sentiment (c'est ça?), que sont les trois autres?
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Je pense que vous avez bien saisi! Je me rends compte que ce qui est vécu apporte une certaine texture à la parole. Votre écrits ont cette texture. Mais la transmission n'est possible que s'il y a un point de départ et un point d'arrivé. La parole crée un monde qui est extrait de l'expérience de celui qui prend la parole, c'est l'essence même (la synthèse, l'épuration) qui est offerte. Ce monde ne peut vivre (survivre) que s'il y a quelqu'un qui intègre ce monde, quelqu'un pour recevoir le don, qui brise les liens de son propre monde, qui ouvre sa conscience pour accéder au nouveau monde qui est en partage. L'attention est la clé de l'ouverture de la conscience. L'attention naît de l'expérience.
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Ces humains vénéré par des humains.....
Ambre Agorn a répondu à un(e) sujet de massartchristian2@gm dans Philosophie
Oui, voilà, j'allais continuer dans ce sens ou presque. Un jour on m'a dit: on naît animal, et on devient des humains ou non. Mais je suis restée dessus parce que quelque part je n'avais pas compris quelque chose. Je vais essayer de mettre en mots pour voir si j'ai bien compris. Je crois comprendre ce que tu veux dire. Pour toi, les humains ne sont pas pourvus d'instinct parce qu'ils ont la possibilité de s'extraire de cet instinct. Cela dit, s'il peuvent s'extraire de cet instinct, ou ont pu le faire, c'est qu'à un moment ils l'avaient. La différence réside dans le fait qu'à tout moment l'humain semble avoir le choix de choisir ou non de suivre un instinct, c'est ce qui paraît être une certaine liberté face aux animaux qui, eux, n'ont pas ce pouvoir. Pour autant, et ça corroborerait cette phrase (on naît animal et on devient humain ou non), l'humain n'a en effet pas d'instinct, car s'il est humain, il n'est plus animal. Cela dit, ne crois-tu pas que nous naissons quand même pourvus d'instinct? Je veux dire par là que l'homme qui naîtrait dans une meute de loup, n'aurait-il pas quand même l'instinct de succion observé chez le bébé naissant, l'instinct de survie qui lui fait prioriser les gestes à faire ou ne pas faire (la respiration priorisé sur la nutrition, la communication comme point de repère...)? Comme si, laissé "à l'état sauvage" l'homme naissant en dehors de son contexte et son espèce, faute de pouvoir faire autre chose se comporterait comme un animal. Et que dire sur le fait même que chaque homme a pour aspiration de naître humain, de dépasser son instinct, de s'en extraire? Oui, vraiment, je comprends mieux ce que tu entends quand tu dis que l'humain n'a pas d'instinct. Et, en réalité, savoir si l'homme naît avec ou sans instinct n'a pas vraiment d'importance, parce que ce qui est important, c'est ce qu'il devient, et comment il le devient. La spiritualité nous permet de nous extraire de l'animalité, et c'est en cela que l'espèce humaine a toute sa beauté, c'est son pouvoir de naître à nouveau, de se créer lui-même par la spiritualité, son pouvoir de naître humain de l'animal. Merci à toi d'avoir partagé ta vision des choses! -
Ces humains vénéré par des humains.....
Ambre Agorn a répondu à un(e) sujet de massartchristian2@gm dans Philosophie
@Maroudiji Bonjour J'ai fait un peu le tour de ce que je sais sur l'instinct animal, et, vu que ce fil est déserté par son auteur, je me permet de continuer sur le sujet que nous abordons. Voici ce que je sais sur l'instinct animal Tout d'abord, par sa définition, l'instinct animal est une part héréditaire, innée de l'animal. C'est un mécanisme qui s'est adapté au fur et à mesure des besoins de chaque espèce. Pour parler plus concrètement de l'instinct tel que je peux l'observer aujourd'hui, j'ai en tête l'exemple du coucou gris (cuculus canorus). Cet animal pond son œuf dans le nid d'une autre espèce d'oiseau. Couvé par le propriétaire du nid, une fois né, le petit coucou gris va sortir du nid tous les autres oisons qui vont éclore. Il va être nourri et élevé par une autre espèce d'oiseau. Mais une fois en âge de pondre, il va refaire ce même cycle sans pour autant avoir été en contact avec les agissements de son espèce, de ses géniteurs. Pour moi, c'est ça l'instinct: quelque chose qui passe de l'espèce à l'individu sans qu'il ait eu à l'apprendre. Le principe même de l'instinct met en avant un genre de conscience collective propre à l'espèce entière. Tous les coucous de tous les endroits sur terre agissent de la même façon, sans pour autant s'être concerté ou rencontré. Pour ce qui est du réflexe (parce que j'ai avancé les deux mots et qu'il ne faut pas les confondre), c'est un autre mécanisme. Le réflexe résulte d'un travail personnel de l'individu. Le réflexe est acquis à force de répétition, mais il n'est pas transmit à l'espèce entière. L'individu, en mourant, ne transmet pas à sa descendance et à l'espèce les réflexes acquis dans sa vie. Cela dit, et parce que j'ai eu sous les yeux des rapports d'expériences menées sur des animaux, il y a une certaine façon de transmettre à sa descendance ou à sa propre espèce une modification de l'instinct. Ce phénomène n'est pas faisable à partir d'un seul individu. Il faut pour cela une répétition dans les générations, ou alors il faut que plusieurs individus adaptent en même temps une même réponse à un stimuli donné. La modification, si elle est bénéfique pour la totalité de l'espèce passera alors dans le "codage" de l'instinct de l'espèce entière. Avant de continuer, est-ce que, jusqu'ici, tu as quelque chose à redire, ou une façon de voir différente? -
Ces humains vénéré par des humains.....
Ambre Agorn a répondu à un(e) sujet de massartchristian2@gm dans Philosophie
Je risque fortement de trouver ce que tout le monde en pense si je m'amuse à vouloir étudier l'intinct animal. Peut-être que le problème n'est pas tant l'intinct animal, mais peut-être seulement les mots utilisés pour décrire les réflexes humains, non?
