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Annalevine

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Tout ce qui a été posté par Annalevine

  1. La Révolution n’apparaissait pas à cette jeunesse comme une subversion du pouvoir politique. Elle apparaissait comme un autre mode de vie. Le pouvoir politique était secondaire. C’était les rapports entre les personnes qui allaient changer. Il y avait un espoir de fraternité, mais aussi de mélange entre mondes différents. Un changement dans les rapports hommes femmes, dans les rapports sociaux aussi, les intellectuels allaient fraterniser avec les ouvriers, il n’y aurait plus de différences sociales, nous allions former une communauté fraternelle, nous n’avions pas 20 ans.
  2. La télévision apparut comme un sas de décompression entre la famille ou régnait une autorité terrorisante qui paraissait être, pour les enfants une autorité universelle, sans autre référant qu’elle même et un monde extérieur où régnait une diversité de modes de vie qui symbolisait la liberté. C’est alors qu’il y eut les grands départs sur la route, on the road, aux USA, puis en Europe. Une minorité de jeunes se sauvait de chez eux et marchait sur la route, en levant le pouce, les beatniks, bien avant les hyppies, avant 1968, c’est ainsi que je me sauvais aussi, me retrouvant sur les routes d’Europe puis du moyen orient à 18 ans. Il y eut donc d’abord ce mouvement de départ, partir, abandonner ce monde, aller vers un ailleurs...L’Autorité ne pouvait plus rien contre ses enfants qui partaient à l’autre bout du monde. Pourtant partir c’était uniquement une décompression. Beaucoup revinrent. Je revins moi même du moyen orient. Une intuition. La Révolution allait arriver. Nous étions en 1967. Je sortais des mines de cuivre du roi Salomon ou j’avais réussi à travailler pour me faire un peu d’argent. Mais la Révolution pour un jeune né après guerre c’était quoi ? Je suis en train de suivre un fil conducteur pour comprendre cette étonnante fragmentation actuelle.
  3. Il semble que l’affaiblissement de l’autorité soit venu de l’ouverture des familles au monde extérieur, ouverture un peu forcée et même carrément forcée par l’introduction massive de la télévision dans les familles. L’irruption de la télévision a littéralement fait exploser les défenses familiales et ce d’autant plus que les parents eux-mêmes ont été séduits par la petite lucarne. Des émissions emblématiques comme cinq colonnes à la une ou comme les émissions historiques ont brusquement ouverts les esprits sur d’autres mondes, d’autres façons de penser, d’autres cultures. La forteresse de la famille s’est effondrée. L’autorité du Père ne pouvait fonctionner que sur un monde fermé, clôturé, la famille, elle même en rapport avec d’autres familles elles mêmes bouclées.
  4. Qu’est-ce qui a pu provoquer la décrédibilisation de l’Autorité ? Ça commence assez tôt et ça commence en France avec la génération née après l’armistice de 1945. Il y a une ligne de fracture étonnante entre ceux qui sont nés avant et ceux qui sont nés après. C’est saisissant quand on analyse ( et que l’on a vécu) le mouvement de 68. Ceux qui sont nés en 45 et après sont plutôt libertaires.Cohn Bendit défraya la chronique en demandant que les garçons accèdent au dortoir des filles dans je ne sais quel pensionnat universitaire. Son mouvement du 22 mars ne reprenait rien des discours synthétisants et mobilisateurs de la gauche de l’époque. Il n’a d’ailleurs jamais exposé une quelconque idéologie.Mais quand on regarde bien le début de la contestation il y a une date : 1965. C’est cette année là que le rejet de l’autorité commence, mené souvent par des ados qui pourtant ne se concertaient pas entre eux.
  5. Cette fragmentation du monde commence quand ? Le comité invisible se le demande mais il ne trouve pas la réponse. Il ne cherche pas assez loin dans le temps. Il commence à mon avis quand l’autorité des Pères commence à être contestée. Ou encore il commence quand les grands systèmes de pensée qui permettaient de fédérer les esprits, de former des groupes de personnes unies par une même pensée s’étiolent. L’affaiblissement puis l’affalement des grands systèmes fédérateurs comme les religions, le marxisme et ses dérivés, le mythe de la Révolution, le nationalisme, la psychanalyse et ses constellations provoquent le déliement des esprits et leur livraison à eux mêmes. Il n’y a plus d’autorité crédible. Cette disparition de toute autorité crédible livre les esprits à eux-mêmes. Chacun doit alors construire sa propre représentation du monde. C’est ce phénomène qui, à mon avis, engendre la fragmentation actuelle. Il est possible que ce ne soit pas que l’autorité des pères qui se soit affalée, il est possible que l’autorité des mères se soit aussi affalée.
  6. S’il y a bien une idée reçue qu’il convient de subvertir c’est celle-ci : il y aurait uniformisation des cultures. C’est le contraire qui se passe : il y a une différenciation de plus en plus fine des cultures. Il y eut d’abord la France périphérique, puis l’Archipel français, mais c’est encore pire : la société se fractionne de plus en plus. « Disons plutôt que le monde se fragmente » écrit le Comité invisible. « Quartier suivant quartier la fragmentation du monde se poursuit, sans ménagement, sans interruption » « L’unité de la République, celle de la science, celle de la personnalité, celle du territoire national ou celle de la culture n’ont jamais été que des fictions » « L’illusion de l’unité ne parvient plus à faire illusion » « Les singularités deviennent sauvages » » elles portent en elles mêmes leur propre sens » »Rien ne peut plus en remontrer à l’expérience singulière là où elle existe » Toutes ces idées sont aussi celles que je partage. Face à la rage d’être conventionnel des petits employés s’affirme de plus en plus la rage d’être soi des insurgés.
  7. Il y a ceux qui ont un passé et ceux qui n’en ont pas. Il y a ceux qui ont une histoire et ceux qui n’en ont pas. Manifestement vous n’avez ni passé ni histoire. Vous êtes une ombre, vous êtes le golem qui ne peut parler que la parole des maîtres. En cela vous êtes si caricaturale que vous en devenez un repère. Le repère de ce que notre civilisation a pu faire de l’être humain : une caricature de lui même. Celui ou celle qui n’a ni passé ni histoire ne peut pas être qualifié d’humain. En plus quand on sait que sans votre époux vous n’êtes rien ( caricature des petites bourgeoises de province) comment peut on vous respecter ? Cela dit vous n’êtes pas la seule femme ici à n’être que la femelle d’un homme, confer une certaine animatrice avec son architecte . Ah ah ah ! Les femmes de ma lignée ne sont certes pas des chiennes.
  8. Pauvre petit. Rien que par cette remarque vous signifiez ce que vous êtes : un employé. Qui dans la vie réelle m’aurait lécher le cul quand il se serait avisé que j’étais son maître. Les esclaves ne m’intéressent pas. Retourner dans vos transports en commun.
  9. Parce qu’elle a un vécu que vous n’avez pas. La communication amoureuse dans le réel, elle connaît, du moins je le pressens. Quiconque a beaucoup aimé ne se trouve pas au même endroit que l’endroit où vous êtes. Je ne perçois pas chez vous une grande expérience de la vie, celle qui vous fait cotoyer la mort, la vôtre comme celle des êtres aimés. Vous n’avez pas vécu ça. Ou si vous avez assisté à la mort d’un proche vous n’avez pas fait l’expérience de mourrir avec lui. Vous n’avez pas ce courage. Même entre vous et moi il n’y a pas de communication possible comme jadis il ne pouvait pas y en avoir entre le soldat qui revenait du front et celui qui campait sur les arrières. Bon je vous laisse. Regardez la différence d’expérience de vie : vous pouvez tranquillement poster ici ce qui en dit long sur votre condition de vie pépère quand d’autres sont dans une guerre quotidienne sur leur lieu de travail. Comment communiquer dans ces conditions quand nos vies vécues sont à ce point étrangères les unes aux autres ? A plus tard, je vais travailler.
  10. @Jane Doecommunique. Avec nous tous. Sa sensibilité est telle que chaque dialogue elle le laisse aller en elle comme un trait de lumière dans l’océan. Puis la lumière diffusée dans son immensité psychique disparaît. C’est une personnalité étonnante. Une personnalité qui nous éclaire sur nous, surtout les hommes. Elle est impossessible ce qui nous trouble. Elle dévore son environnement affectif comme la braise dévore lentement l’anthracite.
  11. Je me demande comment il est possible d’être assuré que le sens que l’on se donne ou que l’on donne aux choses est le bon ?
  12. Et même parfois c’est à nous-même que nous ne parlons pas vrai comme si nous n’avions pas même confiance en nous. Même avoir confiance en soi, au sens se parler sans fard, est difficile. Nous portons en nous le jugement des autres, il est si difficile de l’écarter ce jugement. Nous ne pouvons rien contre l’absurdité du monde mais nous pouvons quand même être pleinement heureux quand nous savons que des êtres que nous aimons pensent à nous.
  13. Bien sûr que je ne vous demande pas de m’éclairer sur vous, j’ai moi-même mes violences qui pourraient bien vous prendre pour objet. Se dire, se raconter, se confier est possible auprès de personnes dont nous avons éprouvé longtemps la confiance. Il faut beaucoup d’amour pour écouter, et je sais ne pas avoir cet amour là encore. Non qu’il soit impossible cet amour ( il s’agit là du don de soi, de l’effacement de soi pour vous) mais il faut tellement de temps pour qu’il s’installe.
  14. Bonjour Jane, Je n’arrive pas à faire de vous au moins une esquisse, un schéma. Vous me restez incompréhensible. J’y vois une qualité chez vous. Avoir face à soi une personne incompréhensible oblige à une attention sans cesse soutenue. Je n’aime pas trop vous sentir souffrir. Ne comprenant pas votre souffrance je ne peux que souffrir avec vous.
  15. Être amoureuse vous rend mélancolique ? L’être aimé n’est pas près de vous ?
  16. Dit-il en essayant d’exister et en nous balançant sa haine de soi dans la tronche comme il nous balancerait sa merde dans notre assiette. Tequila ou la république de Salo.
  17. Instant éternité parle de l’amour pas de la sexualité. Amour et sexualité ce n’est pas identique. « Un amour inavoué » c’est une locution qu’il est impossible d’ identifier avec « Un désir inavoué ».
  18. Il est toujours délicat de faire parler l’inconscient qui par définition ne peut jamais être conscient. Ce que nous pouvons dire de l'inconscient restera toujours supputation. Que tout acte amoureux même s’il ne s’agit que d’un acte de pensée évoque toujours à un moment ou à un autre le désir ( sexuel) rien que par les manifestations physiques ( même fugaces) qu’il engendre dans le corps féminin ou masculin cela est aisément observable. Mais dire qu’il s’agit inconsciemment de reproduction et d’enfant là vous faites un saut contestable : vous ne savez absolument rien des motivations de l’inconscient si même encore parler des motivations de l’inconscient a du sens.
  19. Ah vous êtes une kantienne ! Nous allons pouvoir débattre de la CRP ! Ça déridera l’assistance. Oui en effet, très bien vu.
  20. Merde j’ai émis une opinion au beau milieu d’une scène de ménage !
  21. Beaucoup soutiennent cette contre réforme par ressentiment. La couche moyenne de niveau 102 veut faire chier la couche moyenne de niveau 101 et 103 aussi. Ça peut faire une majorité tout ça.
  22. Dans la revue des deux mondes de ce mois-ci il y a un article de Robert Kopp sur Denis de Rougemont où il est fait mention d’une analyse de cet essayiste dans laquelle ce dernier énumère les deux modes de connaissance : par l’esprit et par le sentiment. Pour ma part j’emploie plutôt les mots de pensée et de sentiment empruntés à Jung. Je ne savais pas que la culture française, celle qui existait encore dans la première moitié du XX siècle employait les mots esprit et sentiment. Peu importe. Ce qui m’étonne c’est cette perte de substance intellectuelle en France, cette incapacité à comprendre qu’il existe bien deux façons de percevoir le monde. J’ai beau le répéter ici ça passe pas. C’est étonnant cette perte graduelle de substance intellectuelle dans un pays comme la France, qui pourtant rayonna jadis sur le monde par son intelligence. Connaitre le monde en se tenant à l’extérieur c’est l’attitude habituelle de l’intellectuel aujourd’hui en France. En omettant de se tenir aussi à l’intérieur de la chose analysée l’intellectuel appauvrit ses considérations.
  23. Exact. Je l’ai constaté moi même dans des combats sociaux plutôt violents. Cette capacité de certains à s’offrir en immolation à leurs chefs. Étonnant cette pulsion à la servilité.
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