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Tout ce qui a été posté par Annalevine
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Je me rends compte à quel point il faut être prudent quand on écrit, et combien le lecteur n’est pas forcément affranchi aux raccourcis que le locuteur se donne le luxe d’emprunter pour s’exprimer vite. Cela me rappelle la façon de parler de Newton quand il écrit qu’il y a une force dans la matière qui explique l’inertie. Il n’y a pas, bien sûr, de force dans la matière. J’ai voulu m’exprimer en forçant le trait, pour me faire comprendre. Bien sûr il n’existe pas réellement un entendement et cet entendement qui n’existe pas réellement ne possède pas réellement un concept pur. De même qu’il n’existe pas réellement un moi par exemple qui posséderait tel ou tel objet mental à sa disposition. L’entendement est une manière de penser, ce n’est pas une chose. Et le concept pur décrit certains aspects de cette manière. Il n’est pas une chose non plus. Comment vient à naître l’entendement ? Je n’en sais rien, cette faculté a dû mettre dès centaines de millénaires à se constituer et ses mécanismes se sont affinés sur de mêmes durées de temps. Je prends les « choses » comme elles sont aujourd’hui. Tracer leur genèse sur deux ou trois milliards d’années c’est encore hors de portée des humains.
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@Ambre Agorn J'ai une responsabilité dans ce fait qu'à un moment nous ne pouvions plus communiquer. J'ai voulu faire de vous une réalité physique, vous donner une existence qui n'était existence que dans mon monde (historique ?). Je vous ai kidnappée pour vous emporter dans un univers propre (propre : à moi). Je lisais récemment, hier ou avant hier, une remarque lue je ne sais plus dans quel exposé dans laquelle l'auteure (c'est une femme) disait que le sens de mots se modifiait sans cesse au cours d'une conversation entre individus (qui tentent de réellement communiquer). Quand l'échange devient affectif tout se met à se mouvoir. Comme les corps qui se meuvent dans l’amour, les mots se meuvent dans une affection partagée. C'est pourquoi il est impossible de fixer une fois pour toutes le sens des mots quand nous sommes dans un rapport affectif. Cela dit il est possible que je ne sache pas bien conduire un rapport affectif. Soyez indulgente avec moi !
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Attention, je pense que tu fais une erreur de jugement. Tu poses la question : est ce que ce concept pur de l'entendement pourrait exister ? Tu pars de l’idée que le concept pur existe, comme pourrait exister une idée ( ou ce que désigne cette idée). C’est à dire que tu te mets dans le domaine de la métaphysique ( donation d’existence à une idée). Or je ne pense pas que Kant tombe dans cette ornière. En cela il s’oppose à Descartes : il n’y a pas d’idée innée. Il y a pas de concept pur inné. Pour Kant la capacité de l’entendement à la synthèse ne vient pas d’un concept pur elle vient du fonctionnement même de l’entendement. L’entendement dans son fonctionnement même fait des synthèses. Et c’est en observant ce fonctionnement que Kant décrit ce fonctionnement avec des concepts tels que le concept pur ( la catégorie ). Je tente d’être pratique en prenant un exemple. Je vois la lune tourner autour de la terre. Je vais appeler la réalisation d’un tour complet : une révolution. Et bien ce n’est pas l’existence du concept : révolution qui provoque la rotation de la lune, c’est la rotation de la lune que j’imagine sous le mot : révolution. C’est ce que dit Kant : il observe le fonctionnement de l’entendement, qui, selon lui, synthétise ( met en connexion des représentations singulières) et il décrit ce fonctionnement en employant le concept de concept pur de l’entendement. Les concepts de justice et de liberté c’est autre chose. Le malheur chez Kant c’est qu’il utilise les mots comme si son cerveau était un véritable foutoir. Il va écrire des pages et des pages pour dire que l’espace et le temps ne sont pas des concepts et il finit par parler de l’espace et du temps comme étant des concepts ! Il donne au mot concept des sens différents, tantôt le mot concept conserve son caractère technique ( le concept empirique, le concept pur) tantôt il désigne le simple fait qu’on peut penser quelque chose. Je peux penser l’espace donc c’est un concept, mais attention ce n’est pas un concept nous dit-il ( au sens technique du terme) c’est pour cela que lire Kant c’est à s’arracher les cheveux.
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La question intéressante que pose le matérialisme ce n’est pas tant la question de la métaphysique contre la science c’est surtout cette correspondance entre la vie mentale et la vie neuronale. Il apparaît bien, et cela me paraît aller de soi, que toute activité mentale est accompagnée d’une activité neuronale, disons pour simplifier d’une activité physique. Je ne vois pas comment il est possible de passer outre cette constatation. Du coup puisque, à tout état mental particulier correspond une activité physique associée, quels sont les rapports entre les deux activités ? Y a t il un rapport de causalité ? La question mérite d’être posée.
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@Blaquière Tu m’as mis un doute avec ta référence au concept pur de l’entendement. Du coup j’ai ressorti mon dossier d’étude réalisée jadis ! sur la Critique de la raison pure, la CRP. J’ai retrouvé mon commentaire sur la « logique transcendantale » (dans l’introduction à la deuxième partie de la CRP, l’analytique transcendantale) : « reprenons l’exemple de la table particulière à partir de laquelle nous avons construit le concept empirique de la table en général. Le concept empirique de la table est l’ensemble des tables regroupées dans leur totalité à partir des éléments communs à toutes les tables. Il y a là un regroupement de toutes les tables sous un même concept empirique, il y a constitution d’une classe d’objets. C’est ce concept de classe, de totalité qui est un concept pur. Il faut qu’existe ce concept pur, comme faculté opératoire de l’entendement, pour que nous puissions avoir cette démarche ( automatique, dont nous n’avons pas conscience ) de constituer l’ensemble des tables sous le concept empirique de la table en général. Autrement dit il existe un concept pur : la totalité, qui, mis en action va permettre de constituer le concept empirique, ici celui de la table en général. Ça paraît compliqué mais c’est tout de même assez génial : Il faut que notre entendement possède le concept pur de totalité pour que soit rassemblées dans notre esprit toutes les tables sous le concept empirique de table.
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Oui je suis d’accord avec toi sur l’interprétation qui fait suite au sentiment tel que décrit par Heidegger ( ça ressemble à une émotion douce). Il interprète l’irruption du sentiment ( tel que décrit) comme étant l’irruption concomitante du monde dans son ensemble ou du néant ( pour l’angoisse). Et là je ne le suis pas, car manifestement il essaye de faire croire qu’il a rencontré sans le vouloir ces objets métaphysiques qu’il avait au préalable décidé de rencontrer, le néant, le monde voire l’Etre. Non la survenance d’un sentiment inattendu ne signifie d’abord rien d’autre que l’événement affectif lui-même. En revanche ce qui m’intéresse dans cette description du sentiment « inattendu » c’est qu’un tel sentiment est mobilisateur. Par exemple la surprise devant un événement peut être telle que je vais me mettre à étudier tel ou tel sujet. Ou encore l’émerveillement devant tel ou tel événement sera tel que je vais là aussi me mettre en action. De tels sentiments peuvent nous mettre en action. Je suis en train de feuilleter un livre que je viens de recevoir de Chapouteau sur l’idéologie nazie. Il écrit que, c’est en lisant Rosenberg qu’il fut tellement surpris ( des dires de Rosenberg) qu’il se mît à étudier cette idéologie. Je suis assez sensible à ce que dit Hannah Arendt de la surprise par exemple : la surprise est à l’origine de la science. À mon avis elle exagère mais je comprends ce qu’elle veut dire. La surprise devant tel ou tel événement naturel peut être telle que je vais me mettre à étudier cet événement. C’est l’émerveillement d’Einstein enfant devant le monde qui va le conduire à étudier la physique. Ce type de sentiment ce n’est pas rien ( pour certains enfants et adultes ) : il mobilise l’esprit et conduit à l’action.
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« Heidegger introduit la notion : d’événement, notion qui demande aussi à être précisée. » Dans son petit livre « La nature de la volonté » Joëlle Proust explore la notion d’événement mental. (Page 60, collection folio essais). Elle cite Donald Davidson qui écrit : « la manifestation d’un état, d’une disposition est un événement » C’est une façon intéressante de décrire ce qui se passe dans le champ de notre conscience. Une façon que je retiendrai pour continuer à lire Heidegger. Je vais donc supposer que, lorsque Heidegger parle d’événement (mental), il parle de la manifestation d’un état, d’une « disposition ». Étant donné le contexte Heidegger parle en fait de l’événement mental comme étant la manifestation d’une « disposition », cette disposition qui le conduit à définir « la tonalité affective » Heidegger écrit : « c’est alors même ...que nous ne sommes pas spécialement occupés ni des choses ni de nous-mêmes que cet « ensemble » nous survient ». « ensemble » : il parle là de l’étant en son ensemble, ce que nous appelons le monde (dans son ensemble). Le monde ne peut pas être saisi intellectuellement, conceptuellement dans son ensemble mais le « monde » dans son ensemble nous survient. Et il écrit : le monde dans son ensemble nous survient par exemple dans l’ennui véritable. C’est un type de sentiment qui soudain nous saisit à notre corps défendant alors même que nous vaquons à nos occupations quotidiennes que Heidegger désigne sous la locution : tonalité affective. Heidegger tout de même opère subrepticement un coup de force vis à vis de son lecteur. En effet ce qui survient, parfois, à notre corps défendant, ce sont des sentiments tels que la surprise, l’émerveillement, la joie (comme je ne suis pas dépressif comme lui l’ennui ou l’atonie me surprennent plus rarement). Mais écrire que, ce qui survient, c’est par exemple l’ennui et donc l’étant dans son ensemble est une façon de circonvenir le lecteur. Non ce qui advient, ce qui survient, parfois, c’est effectivement un sentiment inattendu, par exemple l’ennui, mais ce n’est pas, pas encore en tout cas, « le monde dans son ensemble ». Heidegger emporte le lecteur dans ses convictions en faisant en sorte que celui-ci ne s’aperçoive de rien. Ce sentiment qui surprend ce pourra être l’ennui pour lui, plutôt la surprise ou l’ émerveillement pour moi. Bref ce sentiment est une tonalité affective. Il ne s’agit pas d’un sentiment « état d’âme » mais de sentiment provoqué par un événement réel (ou psychique), une rencontre réelle (ou psychique), une mise en situation inattendue. Un événement réel (dans l’ordre du matériel ou dans l’ordre du mental) arrive et je suis surpris, une rencontre réelle ou psychique arrive et je suis surpris, émerveillé etc. On observera que de tels sentiments sont assez proches de l’émotion. C’est sur la base de telles tonalités affectives c’est à dire de sentiments qui manifestement ne sont pas des états d’âme mais des phénomènes issus d’une « rencontre » que Heidegger va bâtir sa métaphysique.
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Je ne suis pas d’accord avec vous. Si vous lisez mes textes je m’efforce d’employer des mots simples, je n’adopte pas le vocabulaire ampoulé de ceux qui veulent impressionner. Où, lorsque j’emploie un mot inusité, je le définis. Là où je peux parfois être plus difficile à comprendre c’est dans ma manière de raisonner. Vous étiez partie sur le sens des mots et vous parliez de votre recherche sur le sens des mots en soi. Ce type de recherche est intéressant mais vous sortez alors du cadre de la relation avec l’autre. Vous êtes dans une recherche personnelle dans laquelle je n’ai plus aucun rôle ( je = l’autre). Je disais donc que, dans le cadre de la relation avec l’autre les mots sont le plus souvent pris dans leur sens conceptuel ( sens général). Cela permet une approche plus aisée. Si je vous dis : je pose un vase sur la table, ça va, vous me comprenez, j’ai pris les mots vase et table dans leur sens général ( conceptuel). Mais si vous me reprenez en me disant que trois siècles avant l’E.C. le mot table ( qui n’existait pas encore sous cette forme écrite) signifiait un autre truc, peut être incroyable, je me dis : ouille, la communication va être ardue. Si vous me dites encore : « oui, mais de quelle table parlez vous ? Est ce de la table que je voyais quand j’étais petite chez ma grand mère, qui était ronde ( pas la grand mère mais la table ), qui avait un pied cassé ou est ce de la table de multiplication par deux que je rangeais dans le livre de chevet de ma fille » là encore, je me dis : c’est pas gagné la communication. Bon je vous cherche un peu mais vous aussi vous me cherchez !
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L’affirmation de @épixèssur ce fait que le scientifique se distingue par son refus d’introduire toute métaphysique dans la science, affirmation fausse, m’a concurremment au discours de Heidegger ramené à l’imaginaire, à la puissance de l’imaginaire. Je faisais remarquer que Newton, peut-être le fondateur de la physique moderne, utilise la métaphysique. Dès la première page de son ouvrage « principes mathématiques de la philosophie naturelle » il écrit : « la force qui réside dans la matière est le pouvoir qu’elle a de résister ». A l’époque de Newton ce fut considéré comme une irruption indue de la métaphysique dans la physique. La force qu’introduit Newton a en effet un caractère métaphysique. C’est à dire qu’il donne une existence réelle à une idée. Il donne une existence réelle à l’idée : force. Il ne faut pas confondre physique et matérialisme. Science et matérialisme. Il y a des scientifiques qui sont matérialistes et d’autres qui ne le sont pas. Bien sûr @épixèsa le droit de penser, que, pour lui, la science s’oppose à la métaphysique. Mais il s’agit alors de son point de vue. Il ne peut pas faire de sa pensée une pensée universelle, même si, nous le savons, un Français qui pense pense toujours l’universel. Mais je reviens au concept de force tel que développé par Newton. Il semble donner à la force une existence réelle. Pourtant aujourd’hui plus personne, même en restant dans la physique de Newton, parle ainsi de la force. Plus personne ne dit qu’il y une force dans un objet matériel par exemple. Neanmoins je reste persuadé que Newton ne donnait pas à sa force une existence réelle, il lui donnait une existence imaginée. Cette capacité à concevoir un imaginaire, un « objet » imaginaire qui donne à l’homme un pouvoir d’action sur le réel, bien que l’imaginaire ne soit pas réel, est partagé par une minorité de personnes. L’esprit commun ne perçoit pas cette force de l’imaginaire, il dévalue même l’imaginaire en le tenant dans une sorte d’infériorité intellectuelle. Oui l’imaginaire a ceci de mystérieux qu’il peut permettre à l’homme d’ exercer une action réelle sur des éléments réels. Einstein lui même s’émerveille de cette puissance étonnante, lui qui, quand il décrit sa pensée décrit une pensée étonnante sans cesse investie dans l’imaginaire ( confer sa scène imaginée des milliers de fois du couvreur qui tombe de son toit !). Néanmoins il ne s’agit pas d’un imaginaire farfelu il s’agit d’un imaginaire toujours appliqué à une contrainte réelle. C’est un imaginaire qui rentre en relation avec le réel. C’est un imaginaire appliqué, investi dans le réel. Pour certains types d’esprit, qui se distinguent des autres finalement par leur extreme souplesse, il n’y a pas de vérité absolue. Il n’y a que des vérités toutes empreintes d’un certain imaginaire. Cela rend leur intelligence remarquable car ils sont sans cesse capables de renoncer à leurs certitudes pour sans cesse avancer dans l’approche d’une vérité qu’ils savent inaccessible. Mais l’inaccessibilité de la Vérité absolue est justement ce qui grise l’explorateur, ou encore le chercheur, celui dont la passion est de sans cesse marcher vers l’inconnu, cet inconnu qui lui sert d’horizon.
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Cette étude sur Heidegger me fait diverger sur l’imaginaire. La puissance de l’imaginaire. Je me rends compte que donner une existence imaginée à une idée est opératoire. Une existence imaginée a une action réelle sur le monde, sur moi. J’aime me dire : l’esprit existe. Un contradicteur pourrait me dire : l’esprit n’existe pas. Or il n’a pas tort. Mais alors je peux affiner ma pensée et me dire : l’esprit existe et l’existence que je lui prête est une existence imaginée. Et même disant cela je constate que l’esprit à qui je prête une existence imaginée a une action réelle en moi. L’imaginaire est fascinant. La grande majorité des personnes ne peuvent pas penser qu’une existence imaginée puisse avoir une puissance d’action réelle. Pour eux n’a de raison d’être qu’un être réel et non un être imaginé. Je dis : l’esprit existe, je prends conscience que cette existence est imaginée et je constate que, pourtant, l’esprit agit. Je me dis aussi que, pour qu’un être imaginé puisse avoir une puissance d’action, alors il faut que cet être imaginé soit encore une représentation d’une réalité cachée, encore inaccessible à la connaissance.
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Vous êtes probablement un Candide. Quand vous déclarez que la physique n’a recours à aucune notion métaphysique je doute que vous connaissiez l’histoire des sciences. Quand Newton a introduit son concept de : force, il a été abondamment critiqué pour introduire ainsi en physique un concept métaphysique. Mais la métaphysique c’est quoi ? C’est donner l’existence à une idée. Ici donc Newton fut critiqué pour avoir donné au concept : force une existence ( réelle). Et je ne serai pas étonné que vous même donniez une existence réelle au concept force. Vous êtes sans doute persuadé que la force a une existence réelle comme vous êtes sans doute persuadé que l’espace-temps a une existence réelle. C’est d’ailleurs toujours amusant de discuter avec un profane mais aussi avec quantité d’ingénieurs. Leur certitude quant à l’existence réelle de la force comme de l’espace-temps n’a heureusement pas d’incidence sur leur travail. C’est lorsque vous vous aventurez dans le domaine de la recherche pure, non appliquée, que le chercheur a intérêt à savoir que la force n’a pas d’existence réelle, ni l’espace temps. Car vous aurez beau vous appliquer cher forumeur, observer une force n’est pas possible, observer l’espace temps n’est pas possible, observer l’énergie n’est pas possible, ce ne sont pas là des objets que l’on observe. Je me souviens de cet épisode désopilant à Jussieu en première année des sciences de la nature où un étudiant cherchait désespérément la force ( il cherchait sur un tableau). Putain mais où est la force ? Une tout petite minorité de l’amphi se marrait ce qui signifiait qu’il n’ y avait pas beaucoup de vocation dans l’assistance, et le plus grand nombre se demandait en effet où était la force. Maintenant est ce que Newton donnait une existence réelle à la force ? Non, mais il jouait à la lisière des mystères de l’esprit humain. Imaginer une force permet de nous saisir du réel, mais il faut toujours être prudent et savoir que nous sommes dans l’imaginaire. L’esprit commun n’arrive pas à penser que l’imaginaire permet la saisie du réel, en conséquence il verse dans la métaphysique : il donne l’existence à la force, à l’espace temps etc. Comme vous le faites. Vous êtes un métaphysicien qui s’ignore.
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A la question « qui agit ? », le matérialiste va répondre : une réaction chimique. Tout état sentimental ou émotionnel est pour lui une réaction chimique, ou, pour parler de manière moins triviale, il s’agit d’ une disposition neuronale donnée. Il pose l’équivalence, mieux l’identité absolue entre la disposition neuronale et le contenu de l’esprit. Il faudra d’ailleurs que j’y revienne à cette attitude matérialiste, car il ne peut même pas y avoir causalité. Si la disposition chimique, neuronale produit un contenu mental alors le contenu mental existe en tant que produit, et là on a un problème : qu’est-ce que c’est ce contenu mental ? Car en tant que produit il existe tout de même, indépendamment de ses causes, puisqu’il est un produit. Donc la causalité devient elle-même un problème. Il faut supprimer la causalité et affirmer l’équivalence réelle, absolue (donc pas de séparation causale, de distinction causale) entre la disposition neuronale et la disposition mentale. Mais c’est un autre sujet. Mais Heidegger manifestement ne s’oriente pas vers cette réponse. C’est même encore plus radical ce vers quoi il s’oriente et nous le sentons venir si nous nous arrêtons sur sa digression sur le néant imaginé : il va nous démontrer qu’il existe un néant réel. C’est quoi un néant réel ? c’est un néant qui, que l’homme existe ou pas « existe ». L’intention de Heidegger est là, palpable : les objets métaphysiques existent, ou plutôt certains objets métaphysiques existent indépendamment de l’homme, comme existe la matière par exemple indépendamment de l’homme (à supposer bien sûr que la matière existe, telle que nous la concevons, indépendamment de l’homme, ce qui n’est pas gagné!). Heidegger dénonce les objets métaphysiques usuels qui pour lui sont en fait imaginés. Dieu, l’âme, le monde dans son ensemble, ces trois principes métaphysiques sont en fait des « objets » métaphysiques imaginés par le philosophe vulgaire. Lequel imagine aussi, en général, le Néant et l’Être, dès lors qu’il s’imagine les saisir. Saisir ces objets métaphysiques est le fait du philosophe vulgaire ces « objets » métaphysiques ne pouvant pas en effet être SAISIS. « Imaginés » cela veut dire quoi ? Cela signifie que ces objets sont, dans l’esprit du philosophe vulgaire les produits d’une volonté. Dieu, l’âme, le monde sont les produits, chez ce philosophe, non d’une observation mais d’une volonté. Nous sommes dans l’ordre de la décision. Il est remarquable que Heidegger ne semble reconnaître que l’existence réelle de trois objets métaphysiques : le Néant, l’Être et le Monde. Il ne paraît pas s’intéresser aux concepts de Dieu et de l’âme, qu’il doit donc, probablement, considérer comme étant des produits de la volonté (exprimée dans l’imaginaire).
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Heidegger passe plutôt vite sur le néant imaginé et le néant réel. Il traite le néant imaginé de néant vulgaire comme étant le néant du philosophe commun. Pourtant l’imagination ce n’est pas rien. À tel point que certains commentateurs pensent que l’imagination, chez Kant, est une nouvelle fonction psychique à ranger près de l’entendement. Kant cite l’imagination créatrice celle qui permet d’explorer de nouvelles associations de mots, d’idées, etc. Et l’imagination reproductive celle qui permet de constituer par exemple le présent. On peut se demander ce que peut bien être le néant imaginé, celui qu’en définitive, sans le dire, nous utilisons tous. Bon ce n’est pas le sujet de Heidegger. Pour le moment tentons de le comprendre. Mine de rien, sans en avoir l’air, il fait une différence entre Saisir l’ensemble de l’étant ( ce qui est impossible ) et se Sentir ou Sentir l’étant dans son ensemble. Il oppose saisir et sentir de manière subreptice et si nous ne sommes pas vigilants dans la lecture de Heidegger nous risquons de ne rien y comprendre. Saisir est une opération de l’entendement. Sentir est une opération de quoi ? Mettons que ce soit le sentiment. Mais déjà là il convient d’être encore vigilant. Saisir est une action et c’est un fait que pour Kant l’entendement est actif dans l’élaboration de la perception, si actif même ( la révolution copernicienne) qu’avec Kant nous frôlons l’idéalisme pur. Il est possible donc de dire que : saisir, est une opération. Mais sentir, est-ce une opération, est-ce une action ? Non. Sentir c’est être agi. Et c’est justement parce que sentir c’est être agi que nous allons verser dans une sorte de mysticisme. Nous sommes agis. Mais qui agit alors ?
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Elements de réflexions sur la question juive
Annalevine a répondu à un(e) sujet de aliochaverkiev dans Philosophie
Oui je suis d’accord avec vous. Mais je pense tout de même qu’un chrétien ou qu’un musulman qui ne croit pas en Dieu n’est plus chrétien, n’est plus musulman. Mais je peux en effet me tromper. Je ne sais pas. Il est possible qu’un chrétien qui ne croit plus en Dieu reste chrétien ( même si alors la communauté chrétienne le repousse). Idem peut être pour un musulman. En fait je n’ai jamais pensé à ce cas de figure. Il est clair qu’un juif qui ne croit pas en Dieu et qui ne suit la Loi qu’occasionnellement reste Juif. Bernard Henri Levy reste juif bien qu’il ne croit pas en Dieu et qu’il ne respecte pas ou peu la Loi. Chez les Juifs il y a un lien fort : leur histoire. Quand vous vous intéressez au monde juif par le biais de l’histoire c’est assez fascinant. Vous remarquerez aussi que la plupart des fêtes juives sont des fêtes à la fois religieuses et historiques, ce qui n’est pas le cas des autres religions. Quand je dis historiques je veux dire qu’elle commémorent des événements qui concernent le peuple juif tout entier et non pas tel ou tel prophète. Même dans la fête de Pessa’h le nom de Moise n’est prononcé qu’une fois, et ce qui est en fait commémoré c’est l’histoire du peuple juif tout entier dans sa fuite d’Égypte. Chez les juifs il y a d’abord cette notion cette affirmation d’un peuple avant de mettre en avant l’affirmation d’un homme. Le contraire du chrétien qui met en avant Jesus ou du musulman qui met en avant Mahomet. -
@Ambre Agorn Bonjour, Ce que j’essaye de vous dire c’est que le langage, d’abord, c’est un rapport social, c’est un rapport avec l’autre. Pour que ce rapport s’établisse il est nécessaire de se donner des règles afin de déterminer au moins un terrain commun d’entente à partir duquel nous pourrions essayer de communiquer. Puisque vous êtes dans le rayon philosophie et je vous m’avez écrit un jour que vous vouliez que je vous apprenne quelques rudiments je tente de passer à l’action et de vous enseigner quelques notions de base. Je pars aussi du principe que vous êtes animée par le désir de comprendre les philosophes historiques, par exemple Kant. Je cite Kant car à lui seul il synthétise, dans la critique de la raison pure, l’essentiel du savoir philosophique d’origine grecque. C’est pour cela que je vous cite le concept. Il est nécessaire par exemple de savoir ce qu’est un concept pour pouvoir comprendre, si vous le désirez, un philosophe. Un concept c’est un mot qui désigne un objet qui lui-même représente une famille d’objets. Nous prenons une famille d’objets, par exemple la table, et nous regardons l’élément où les éléments communs à toutes les tables. Cet élément commun nous l’affectons au mot concept : table. Ce mot concept est celui qui est donné dans les dictionnaires. J’ai par exemple devant moi un vieux dictionnaire et quand je vais au mot table, il est écrit : « meuble composé d’un plateau horizontal, posé sur un ou plusieurs pieds ». Je tiens là un concept. C’est à dire un mot qui reprend les caractéristiques communes à toutes les tables. Autrement dit, pour parler plus simplement, j’emploie le mot table dans sons sens général. C’est à partir de cette simple règle, et d’autres règles, que nous pouvons commencer à communiquer. Si par exemple je vous écris : Pierre pose un vase sur la table, dès lors que vous acceptez de vous plier à la règle qui énonce qu´ici les mots vase et table sont pris dans le sens général, c’est à dire en tant que concepts, alors nous pouvons commencer à communiquer et à nous comprendre. Si par exemple vous décidez de comprendre Kant il vous faudra accepter certaines règles notamment la définition du concept, car Kant va écrire de longues pages pour expliquer que l’espace et le temps ne sont pas des concepts. Il est donc nécessaire de savoir ce qu’il entend par concept. Bien sûr vous pouvez aussi déclarer que vous n’en avez rien à faire de comprendre les philosophes. Nous sommes sur un forum où chacun est libre de penser comme il veut. Si donc vous venez en rayon philosophie pour affirmer : je n’en ai rien à faire de ces imbéciles de philosophes, ok, c’est votre droit. Mais pour le moment j’ai cru que vous étiez animée par le désir de comprendre. Si ce n’est pas le cas je suis désolé de ne pas vous avoir comprise et soyez sûre que je ne vous écrirai plus.
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Qu’est ce qu’un concept ? C’est un mot qui désigne un ensemble d’objets repérés grâce à une ou des propriétés données ou encore repérés par leur dénombrement. Par exemple le mot arbre désigne l’ensemble des objets ainsi qualifiés : ensemble des végétaux ayant un tronc, des branches et des terminaisons en aiguilles ou feuilles. L'énorme majorité des noms communs du dictionnaire sont des concepts : chaque nom représente une famille d’objets réunis sous une ou des propriétés communes. Le mot table est la famille d’objets formés d’un plateau reposant sur des pieds. L’écrasante majorité des mots sont donc aisés à comprendre. Il y a des mots qui ne désignent pas des objets mais des actions ou des états . Ce sont les verbes. Leur sens est aisé à comprendre. Il y a des mots dérivés des verbes, comme la marche, qui est le fait de marcher ; la raison qui est le fait de raisonner, etc. Ils sont aisés à comprendre. Il y a des mots qui posent problème quant à leur sens. Ce sont les mots qui désignent les sentiments. Les sentiments ne sont pas des objets comme le sont les concepts. Par exemple l’amour n’est pas une collection d’objets. Ce n’est pas un concept au sens où je l’entends plus haut. Les sentiments ne sont pas des collections d’objets. Les émotions non plus. Il y a aussi des mots comme l’espace et le temps. Leur sens devient plus complexe à saisir. Il y a les mots qui désignent des qualités. Les qualités ne sont pas non plus des concepts comme définis ci dessus. Les concepts définis ci dessus sont dénombrables. On peut dénombrer tous les arbres. Toutes les tables. L’intelligence est une qualité par exemple qui n’a pas le caractère du concept tel que défini ci- dessus. Elle n’est pas dénombrable. Le courage est aussi une qualité. Les sentiments, les émotions, les qualités sont beaucoup plus difficiles à définir. Faisons parler cent personnes sur l’amour elles ne diront aucune la même chose. Idem pour l’intelligence ou pour le courage. Les mots difficiles à comprendre ce sont les mots sur lesquels nul ne tombe d’accord pour leur donner le même sens. Ces mots disent quelque chose sur la personnalité de celui ou celle qui l’emploie. C’est en découvrant le sens qu’une femme ou un homme donne aux mots dont le sens n’est pas fixé que nous commençons à découvrir ou à comprendre cet homme ou cette femme. Pour comprendre ces mots ou le sens de ces mots nous devons les remettre dans un contexte, dans un ensemble de mots. L’ensemble des mots construits par l’autre. Nous devons écouter et tenter de comprendre la chaîne des mots employés par l’autre pour comprendre le sens qu’il donne à tel ou tel mot particulier dont le sens n’est pas fixé comme peut l’être un concept ( concept au sens où je l’emploie plus haut). Il y a encore d’autres mots dont le sens pose problème. Ce sont les mots tirés de la métaphysique : Dieu, l’âme, le monde...Le néant, l’être etc. Nous pouvons toujours nous dire que nous pouvons comprendre ces mots par un travail historique sur eux. L’étymologie. Mais c’est une illusion de penser que nous tiendrons ainsi le sens de ces mots. Car le sens historique de ces mots d’abord est probablement impossible à retrouver ( personne ne peut attester que vous avez raison sur ce sens ancien car tous ceux qui pourraient attester sont morts) et en plus les gens parlent le langage d’aujourd’hui pas celui d’hier. Or ce sont les gens d’aujourd’hui qu’en général nous cherchons à comprendre ( je mets à part les historiens, ceux qui cherchent à comprendre les gens du passé).
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Heidegger mentionne le néant vulgaire, celui dont on parle couramment : « le néant est la négation radicale de la totalité de l’étant. » Mais il faut d’abord que soit donnée la totalité de l’étant, puis il faut la soumettre à la négation radicale. Mais il n’est pas possible de penser la totalité de l’étant car nous ne pouvons penser ( connaître par la pensée) que des objets finis. Nous ne pouvons pas penser le monde dans sa totalité. Markus Gabriel fait une démonstration de cette impossibilité. Penser le monde dans son ensemble suppose que nous observons le monde, que nous nous tenons à l’extérieur du monde. Donc le monde que nous observons n’est pas la totalité du monde puisque nous nous tenons à l’extérieur du monde ( nous observons la totalité des étants privée des étants que nous sommes). On peut néanmoins imaginer le monde dans son ensemble, puis imaginer la négation du monde mais alors nous accédons au néant vulgaire, celui des discussions philosophiques courantes : le néant imaginé. Mais le néant imaginé n’est pas le néant réel. Heidegger écrit alors que certes nous ne pouvons pas saisir l’ensemble de l’étant, mais comme nous sommes à l’intérieur de l’étant dans son ensemble ( nous sommes dans le monde) ce dernier nous est : DÉVOILÉ d’une manière ou d’une autre. Il écrit : « une différence essentielle intervient entre saisir l’ensemble de l’étant en soi et se sentir au milieu de l’étant en son ensemble. Le premier terme marque une impossibilité de principe. Le second, un événement continuel en notre Dasein » ( notre Dasein : notre existence). Ce qu’il écrit là est crucial pour comprendre la suite : l’étant dans son ensemble ne peut pas être pensé, ni connu, mais il peut nous être dévoilé : cela demande évidemment une explication. Ensuite Heidegger introduit la notion : d’événement, notion qui demande aussi à être précisée.
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Mais à vrai dire il n’y a pas que le néant qui n’est pas du ressort de l’entendement il y aussi l’Etre, la chose en soi, l’En Sof de Louria, etc. Il existe toute une famille de mots qui interroge. Qu’ont de commun toutes ces « réalités » ? Elles sont hors de toute causalité matérielle. Avec ces notions nous tentons d’aborder un domaine soustrait de la loi de la causalité matérielle (observable). C’est pour cela que la chose en soi de Kant a soulevé tant de problèmes. À vrai dire moi même je me suis planté avec cette notion. Pour moi la chose en soi était la cause invisible et inconnaissable du phénomène. Sauf que si quelque chose est cause d’une réalité matérielle, elle devient scientifiquement connaissable, au moins en partie, on peut s’en faire une idée, par induction. Donc la chose en soi ne peut pas être cause de quoi que ce soit. Pas même du phénomène. Mais alors comment peut on parler d’une chose qui n’est cause de rien ? Comment parler du néant ? De l’être ? De l’En Sof ? Justement on ne peut pas en parler. Ou plutôt : on ne peut pas les définir. Mais est ce que ces réalités n’ont vraiment aucune action, ne sont causes de rien ? Si ces réalités ne sont cause de rien alors quel est l’intérêt de supposer leur existence ? En fait elles sont bien causes de quelque chose mais pas dans l’ordre de la pensée. À part la chose en soi de Kant, abondamment critiquée d’ailleurs, par les plus grands philosophes, car la chose en soi paraît être une cause matérielle qui se nie elle-même, un subterfuge qui permet à Kant de ne pas sombrer dans l’idéalisme pur.
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Qu’est-ce-que le néant ?Ainsi interroge Heidegger. Immédiatement il relève la contradiction. Le Néant est...quoi ? Comment peut on dire que le Néant est... (quoi que ce soit ) puisque en écrivant qu´il est (quoi que ce soit) nous en faisons un étant. Or le Néant est exploré comme n’étant pas un étant. Puisqu’il n’est pas possible de faire du néant un objet, un : il est... il n’est donc pas possible de parler du néant ( j’abandonne la majuscule). Il y a dans ce raisonnement de Heidegger quelque chose d’absurde. En effet il faut bien qu’a priori il parte de l´idée que le néant n’est pas un étant pour affirmer qu’il n’est pas ceci ou cela. Heidegger traite cette absurdité ainsi : l’entendement ( la faculté de produire des concepts selon Kant, la faculté de raisonner fondée sur la logique dira-t-on couramment) ne peut pas traiter du néant en raison du principe de non contradiction propre à la logique : une chose ne peut pas être et ne pas être. Or le néant ouvre inévitablement sur cette contradiction logique : le néant est et le néant n’est pas dès lors qu’il est traité dans le cadre de l’entendement. En effet si nous posons la question qu’est-ce-que le néant ? La réponse doit ainsi commencer : le néant est ... ( ceci ou cela). Mais le néant ne peut pas être ceci ou cela car le néant n’est pas. Donc dans le cadre de l’entendement le néant est et le néant n’est pas. Cette contradiction nous informe que le néant ne peut pas être traité dans le cadre de l’entendement, c’est à dire dans le cadre de la pensée.
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Je vais continuer ici mon travail sur le Néant, tel que traité par Heidegger. Je suis toujours dans la surprise en venant ici. La différence entre les foromeurs et moi c'est que je suis toujours dans le Travail, eux non. Pourquoi pas d'ailleurs. Chacun utilise le forum à sa convenance. Quand je travaille, j'ai toujours un Autre, en vue. Je travaille ainsi tous les jours, en ayant un interlocuteur, un récepteur, la personne, réelle, à qui finalement je transmets mon travail. Cela se passe bien sûr hors du forum, dans ma vie réelle. Mais parfois je travaille, ou j'ai le désir de produire un travail, avec personne (de réel) comme récepteur. Or dans ce cas là je remarque que mon travail est approximatif, qu'il n'a pas la qualité du travail que je fournis en pensant qu'il existe un interlocuteur réel qui reçoit ce travail. Le forum opère cette magie : un Autre, réel, apparait. Mais cet autre je ne parviens jamais à le discerner, à lui donner une incarnation. Ce que j'ai remarqué, par expérience, c'est qu'aucun formeur, apparemment, ne peut incarner cet Autre. Je me dis : je m'adresse forcément à quelqu’un qui est sur le forum. Et bien non ! Je m'adresse à un Autre qui devient réel parce que le forum est réel, mais cet Autre ne peut pas s'incarner.
