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Naluue

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Tout ce qui a été posté par Naluue

  1. Bouahaha, j'ai eu la notif de ton message et je savais que ça allait être sympa J'ai pas de jardin, ce sera dans un parc publique
  2. Je n'aime pas trop le terme hypersensible qui semble dissocier la sensibilité commune / la sensibilité exascerpée. J'aime penser qu'il y a seulement des degrés très variables de sensibilité, de nature acquise et innée. Mais la catégoriser me semble très limité. La sensibilté est humaine et propre à chacun. Même si on retrouve des tendances, elle n'est pas traçable et pour tout le monde elle sera différente pour toutes les raisons du monde. Bon, oui, y a des personnes relativement impassibles, et d'autres très émotives, le fait est que si le concept d'hypersensibilité a émergé et semble familier pour beaucoup de personne, c'est qu'en moyenne, c'est une émotion normal que l'on peut aujourd'hui s'accorder. Peut-être liée au stress au passage. J'aime pas trop qu'on en parle comme une anomalie ou un truc à part alors que ça semble bien devenir une normalité, probablement à juste titre ! Enfin voilà, ça me semble bien.
  3. Je n’aurais jamais cru te demander ça. Mais recommençons ! Laissons tout de côté pour nous retrouver, reprendre là où tout s’est arrêté. Inverser les éléments, traverser ce jour où le dernier baiser a été donné, pour s’attraper à pleine main. Si seulement je pouvais t’enlacer, avec la force d’une personne endeuillée à qui l’on accorde une dernière rencontre. Je te serrerais si fort à m’en rompre les muscles, je ferais fondre mes mains jointes dans ton dos pour qu’elles fusionnent et que plus jamais nous ne soyons séparés. Je pleurerais toutes les larmes de tous les méta-verses pour bénir ce moment où l’on nous a réunis ! Je crierais de joie, non, il n’y aura pas de joie, ce sera bouleversant d’euphorie !! Je hurlerais ma peine, je hurlerais comme si l’on me réveillait du plus innommable et insoutenable rêve où chaque bille dans mon cerveau explose dans un silence de mort puis un bruit sourd, sans cesse. Si souvent, encore et encore, à n’en plus finir, tu reviens dans mon esprit et j’ai l’impression que je vais mourir si tu ne me reviens pas. Comment j’arrive à vivre sans toi ? Ce n’est que l’ombre de ma vie, ce n’est que le reflet désastreux de ce qui aurait dû être notre vie. Une girafe sans cou, un poisson sans nageoires, un lion sans crinière. Ridicule à voir et pas crédible. Alors on peut recommencer ! Après tout, on s’aimait encore ! Et on l’avait envisagé ? Non ? Puis maintenant on s’aime encore, parce qu’on s’aimera toujours, même différemment ! On était malheureux, on ne savait pas quoi faire, c’était trop pour nous, on s’est laissés dépasser, mais on n’a jamais cessé de s’aimer pas même quand on y fut forcés. Tu étais tout, j’étais tout, nous avions tellement à vivre. Maintenant ça va mieux, pourquoi ne recommencerait-on pas ? Pourquoi a-t-il fallu que tu retrouves l’amour si vite et moi je reste plantée là à me maudire de ne pas avoir pu nous sauver ? Je me hais d’avoir détruit notre amour. JAMAIS, je sais JAMAIS, personne ne sera aimé par moi comme je t’ai aimé. Tu es partout, tu n’arrêteras jamais de l’être. Je t’aime, je t’aime. Je rêve du jour où tu reviendras par hasard, on boira un verre comme chaque année, nous serons libres, et on se regardera, et on comprendra que notre histoire peut reprendre là où elle s'est interrompue. Que nous sommes toujours faits l’un pour l’autre, que sans toi il n’y a rien, personne. Je t’aime. Bordel je t’aime. Je sais, je sais ! Je le jure, nous étions des âmes sœurs. Il n’aimait rien d’autre que l’endroit le plus chaud de mon cœur et moi l’endroit le plus intime de ses yeux. Oh je suis bien trop cartésienne et pourtant je le dis, ce sont nos esprits qui ont été amoureux, de la plante de nos pieds jusqu'aux cieux. Et désormais, et je l’admets, les yeux brûlants, nous sommes estropiés à jamais. Je l’espère, et j’en meurs, que tout ça n’appartienne qu’à moi. Je vais bien, je vis, mais j’attends que tu rentres à la maison. Ouvre la porte et oublie de fermer comme à ton habitude, ce n’est pas grave après tout, on ne va pas se disputer pour ça ! Ce n’est pas comme si on avait toute la vie. Adieu, mais parle-moi dès que tu peux.
  4. Naluue

    Pourquoi on tombe amoureux ?

    Un amour qui prit racine en 2019, j'écrivis alors ceci. Chantant petit cœur, de bonheur. Ô comme l’amour est tendre, dur à l’inquiétude, et pur dans nos yeux. Nous parlions, sous les arbres ou près du lac. Loin du futile enlacés, d’un commun accord, d'une évidence, pour encore avancer tout deux. Je souris de te gâter, tu m’embrasses avant de sourire ; je ris de tes âneries et tu ris de mes rires. Aimons nous puisque nous sommes si beaux d’être bien. Dans mes peurs tu me prends la main, me hisses à toi ; je n’oublies pas dans tes pleures de caresser tes larmes de la même main par laquelle tu me sauves. Ah ! comme je m’amuse d’être en colère contre toi, et comme tu me fais montrer les dents, plisser les yeux, à t’en moquer ; des rires enfantins qui montent ensemble, propulsés par leur bêtise, tourbillonnant l’un face à l’autre vers un ciel chaud, aujourd’hui. Perdus au centre de notre monde ou de la rue, dans une allée où tous passent et où nous restons sur le banc, à s’embrasser, à se moquer, à bien se détacher des corps autour. Qu’importe dans tous ces jours sinon la gratitude qui née pour nous, en moi. A l’amour authentique qui se construit aux rondes des aiguilles et aux ressentis partagés ; ciao à l’amour falsifié qui se détruit aux mêmes rondes car il se mure dans d’égocentriques devinettes.
  5. Naluue

    Tu n'es pas lui.

    @Témoudjine J'ajouterai que mon inconsistance vient du fait que je n'ai, en fait, jamais appris à écrire. Je dois au hasard la qualité de mes textes. C'est tout de même un métier, on ne sais pas dessiner parce qu'on a un crayon et un coeur.
  6. Naluue

    Tu n'es pas lui.

    J'apprécie la critique. A vrai dire il m'est impossible décricre quoi que ce soit de forcé sans que je trouve ça immonde. Ce texte provient bien d'une émotion intense, qu'il soit moins bon ou meilleur m'importe peu, il est sincère et j'y ai laissé un bout de moi. Quoi qu'il en soit, bien que ces thématiques m'intérèssent, j'ai écris ce matin, parce que l'émotion était si profonde que les mots grouillaient dans ma tête.
  7. Naluue

    Tu n'es pas lui.

    (Il s'agit bien d'une situation intime et réelle, néanmoins, écrite avec le coeur et quelque peu travaillée, je décide de la déposer dans la section littérature. Libre à vous d'apprécier.) Je ne sais pas aimer un autre que lui. Je ne sais plus aimer. Peut-on réinventer l'amour ? Page blanche, tout recommencer, ailleurs, autrement. Une nouvelle idylle. Encore, encore une. Particulière, cette fois. Des sensations que je n'avais pas croisé depuis... longtemps. Combien d'années maintenant ? Ce que je sais, c'est que tous espoirs furent étouffé il y a deux ans. Oui, c'est ça, deux années. Deux années ? Déjà. Une nouvelle idylle, je le désir, il me désir. Séparer nos corps paraît aussi difficile que d'abandonner pour plus tard un travail inachevé. Ses traits, les reliefs de son dos, les toutes innocentes ridules qui habillent ses yeux quand il sourit, me charment. Oh, sans doute qu'il restera charmant en vieillissant. Doux, attendrissant et parfois impassible mais non pas désintéressé, c'est une idylle. Hum. Factice ? Vaine ? Stupide ? C'est tout ce qui me vient à l'esprit, quand je réfléchis à la situation ; ai-je une pique de bonheur tintée d'une naïveté certaine, comme un vaccin inné, une goutte dans mon sang encore présente ? Qui sait. Ce matin, je parlais avec cette émergente idylle, encore au creux de nos mains, comme les premiers pas d'une course à deux, où les pieds de l'un pourraient percuter ceux de l'autre, comme ça. Nous parlions de son ami, qui de deux ans mon aîné, et d'un an son cadet, avait d'ores et déjà promis son amour jusqu'à la mort, devant Dieu, à sa mariée. Gâté d'un fils, attendant son second, j'ai pensé "alors ils se sont rencontrés au lycée ?", "Oui.". A cette réponse, une fissure entaille mon cœur, une fissure qui ne se ferme jamais, qui respire au grès de mes réminiscences. Coulent, coulent les larmes et noient mon cœur, mon esprit qui ne distingue plus rien, le temps ? Le passé, le futur, où est-il, lui ? Alors, il rajoute, simplement, d'une apparente gaieté, ou, presque gai, que son frère cadet, est lui aussi promis à un avenir radieux, tendrement baigné d'amour depuis... "Sept ans alors ?", "Oui.". Mon sourire qui ne s'éteint que rarement désormais, et mon énergie inépuisable, ont quitté mon corps. J'ai senti leurs pas timidement se retirer à mesure que mon chagrin et le poids de mes regrets s’immisçaient comme une brume venimeuse, dangereuse, dans ma cage thoracique. Étouffant d'une peine immense chaque parcelle de mon corps. D'un subtil mouvement, d'une caresse sous mes orteils, jusqu'à la pointe de mes oreilles, mon visage se crispe dans un sourire. Ne s'agit-il pas d'une conversation joyeuse et appréciable ? Non ? Je ne sais plus. Je ne veux que partir, je tourne le visage dans un soupir écrasé, ce serait... comme une tentative, non effective, de soulagement. Mais il n'y a plus rien à expier, c'est bien ça l'ironie, c'est qu'on ne peut expulser le vide. Ce jeune homme séduisant avait déjà animé en moi des émotions amers. Je pensais, "Je ne peux pas t'aimer, je ne te connais pas", "Je ne peux pas t'aimer, tu n'es pas lui, d'ailleurs, comment puis-je oser être dans tes bras ?". Parfois, je veux lui faire plaisir, l'amuser, je pense à une bêtise, une bêtise déjà faite, déjà entendue, une bêtise qui glisse sur mon palais comme un bonbon que l'on ne voulait pas vraiment. Ou bien... comme un visage tordu et désagréablement perturbant tant est si bien que l'on n'évite à tout prix de lui adresser un regard. Tu n'es pas lui. Ces mots lui appartiennent. Même si je veux te les donner, mes phrases sont le miroir de ce que j'ai laissé derrière moi. Non, que j'ai perdu, loin, si loin que la route ne me permet plus un regard en arrière, le sentier se réduit à mesure que j'avance, et je ne vois plus rien de ce que j'aimerais ne serait-ce qu'effleurer. Hum. Peut-être y a-t-il plus de renards et de Petit Prince qu'on ne le croit. Ces mots, d'ailleurs, ne m'appartiennent pas non plus. Ils appartiennent à des morts, oui, finalement ce sont des morts. Ces mots sont les échos sacrés de deux amoureux anéantis par les vicissitudes de la vie. Je ne suis plus elle, il n'est plus lui, nous sommes morts. Les pétales sont tombés, ils n'ont plus de couleur, et leur taille semble de jour en jour les rendre plus imperceptibles à mes yeux. "Hugo ! Hugo !", "Enlève ta main j'ai dit." son visage me regarde les sourcils froncés, l'air faussement agacée, "Pourquoi ? Mais pourquoi ?", Dis-je en riant, "Je veux aller là", et je le libère, il se faufile contre mon ventre, remue le visage comme s'il trouvait là tout le réconfort du monde, toute ça beauté. Allongée, je laisse mes doigts chérir la moitié de mon âme, je remue délicatement ses cheveux. J'aime quand il repose le poids de sa tête sur mon estomac, peut-être perçoit-il mon cœur ? Hugo... Hugo. Parfois, je ne pense plus à lui, j'en ai fini de pleurer, je crois, non, en fait, je pleure déjà. J'ai peur d'oublier les détails. C'est plutôt que j'ai peur à l'idée d'être la seule à m'en souvenir, et de les porter contre moi, jusqu'à ce que la terre avale mon corps. Tu n'es pas lui. Il n'y a personne que je puisse aimer, parce que je ne connais personne d'autre si bien que lui. Je sais déjà quel canapé nous aurions choisi. En fait, je sais ce que nous aimions, mais par dessus tout, je savais qui céderait à l'autre, et dans quelle mesure. Puis, si je dois apaiser mes larmes d'un sourire mélancolique, comme ravivé timidement par un bon rêve, je sais aussi qu'il n'en aurait pas eu grand chose à faire de la couleur de notre canapé. Toute de même, il aurait été gris, pas trop clair, j'aurais rajouté une couverture de couleur et des cousins oranges et roses. Oui, c'est ça. Probablement que certaines des peluches dans notre lit, auraient migrées sur le canapé. Elles ne l'ont pas fait, ne le feront jamais, notre canapé n'existe pas. Dans notre amour, nous n'avons pas laissé de haine, mais la porte de notre foyer est fermée. C'est mieux je crois, Il y empestait des marques de maladie et de souffrance sur les murs, des peines qui ont entaillé, broyé, rongé les jeunes amoureux dévoués que nous étions. Si seulement. Si seulement je t'avais parlé plus tôt, si seulement je n'étais jamais tombée malade, si seulement je n'étais pas... moi ? L'idée que nous n'étions pas fait pour mourir ensemble est une réalité qui me fait mal à la gorge, déglutir en devient pénible, c'est une trop large boule à avaler. Mais soit, on se sera aimé, et quelque par, nous nous aimons toujours, loin l'un de l'autre, nous aimons nos souvenirs, nous aimons la personne dont le visage nous les rappellera. Du moins, certains de ces souvenirs. Ainsi, il n'est pas lui. J'aimerais trouver ce livre d'or dans lequel on me dit de quoi est fait l'amour, que je puisse savoir si je dois le réinventer, si je le peux, ou si chaque baisé aura le goût de celui qui fut mon premier, mon seul, mon précieux amour. La moitié de mon âme, envolée. Si je regardais le ciel, même les avions qui rasent les nuages sembleraient plus proches de mon coeur. Chaque aventure où je laisse des traces d'espoir sonne creux. J'ai tant d'amour à donner, mais je ne sais plus le donner et je me jette dans celui qui le prendra, mais finalement personne n'en veut vraiment ; je ne veus pas le donner. Comme on ouvre une unique carte fatiguée et brunie par le café, je plonge dans un schéma qui ne guidera jamais plus vers la bonne voie : personne n'est lui. Dans ses yeux, je ne le trouverai pas non plus. Je m’écœure et me lasse de donner de l'amour au désir en espérant qu'il se change en amour. Je me lasse de vouloir changer l'eau en huile et de chercher le rectangle dans un triangle. Réinventer l'amour. Réinventer l'amour. Abandonner, et ne jamais laisser flétrir mes souvenirs ? Mes précieux souvenirs. Mes petits souvenirs. Mes petits sourires et mes chaudes et lentes larmes. J'aurais voulu que nous soyons ces jeunes mariés.
  8. Naluue

    Entre abysses et Galaxie !

    @Témoudjine C'est un grand compliment ! Merci, ça me touche. Je me demande seulement, qu'entendez-vous par un peu trop "français", je suis curieuse.
  9. Ne comprends-tu pas quand je dis moi-même que je chéris cet ennui ? Je t'accorde ma subtilité, mais tout de même. Peut-être me découvres-tu, le malentendu me fait comprendre ton indigniation. Je ressentirais à ta place la même de frustration si je comprenais les choses telles que tu crois les comprendre. Si tu lisais quelques-unes de mes autres publications tu te verrais éclairé. Non pas que je t'y invite, tu as d'autres choses à faire sans nul doute, mais avant que tu sois davantage virulent, je te donne les clefs pour mieux saisir à qui tu t'adresses. Tout n'est pas manichéen, on peut chérir une chose et en mesurer la nuance. J'aime observer, désormais, tu le sauras. @izbrizan Ca, c'est une des dernières phrases de mon poste, tu m'aurais compris, si tu m'avais lu en entier.
  10. Vous avez bien raison ! Et dieu sait que j'en profite. Il ne faut pas voir mon post comme une complainte. Bien au contraire, moi je l'ai écrit comme une ôde à l'ennuie. Par ailleurs, j'ai fait un autre poste aujourd'hui concernant la plage "abysses et Galaxie". Quel timing ! Belle soirée
  11. Vous êtes du genre à lire l'article qui suit le titre ? Ou plutôt grand frustré ? La gamine capricieuse vous trouve bien aigri, peu subtil et impatient. Des idiots sur ce forum j'en ai rencontré, et je m'agace rarement, mais là. Comment peut-on si mal comprendre les choses ? Vous me semblez pourtant lettré ? Ne vivons-vous nous pas dans le même monde. Mon dieu, ce n'est certainement pas vous que j'aurais accepté à ma table.
  12. Bonjour, Ce matin, j'ai fait les courses. Puis une fois déposées à la maison, je suis ressortie avec mon petit sac, une robe et mes lunettes de soleil. Je suis allée à la librairie acheter la suite de Call Me By Your Name, d'André Aciman : Trouve Moi (avec la légère peur d'être déçue par la suite du récit). J'ai aussi choisi, le Chant d'Achilles. En sortant de Gilbert, je suis allée sur une terasss sympa, très fréquentée de Montpellie. Café allongé, cigarette et bouquin posés sur la table. C'était agréable. Je me sentais connectée au monde, vivante, légère. J'aurais voulu parler à tout le monde, de n'importe quoi, j'ai un peu tout le temps envie de parler de la vie avec tout le monde... de toute façon, mon bon relationnelle, c'est ce que j'ai de plus précieux. Et si deux personnes sympathiques et correctes étaient venus me demander de s'asseoir à ma table, j'aurais volontiers dit oui. Et puis... tout tourne si vite. J'avais hâte de rentrer bouquiner près de ma fenêtre, manger, écrire un peu, hum... inévitablement m'ennuyer mais je commence à m'y faire, c'est normal. Sauf que là, il est 19h, et ma fenêtre avec les barrière qui m'empêchent de tomber ressemble à une prison. J'aimerais toujours me sentir comme ce matin au café. Mais on m'a dit une fois "parfois, il ne se passe rien, et c'est la vie". Je me demande à quelle échelle ces mots devaient être compris. Peu importe, j'ai l'air de ruminer, mais si ce n'est pas la belle vie que de pouvoir s'ennuyer à 19h après une si belle journée. Tant pis si je n'ai pas toujours de raison de gambader dehors. Un côté ermite, c'est aussi l'occasion de vivre milles vies à travers milles récits (cette phrase n'est pas de moi). Non ? D'ailleurs, ai-je le droit de demander s'il y a des personnes de Montpellier ou alentours ici ?
  13. (petite histoire vraie, bonne lecture, ou pas, à vous de vous le dire) Avez-vous déjà perdu pied sur votre condition humaine, incapable de comprendre ? Non pas une incapacité passive, mais un désir si puissant de saisir la profondeur d’une contemplation indéfinissable qui vous laisse ainsi sans réponse. C’est impossible, rien de nos sens, nos mots, nos souvenirs ne pourrait résoudre l’énigme. J’y étais, hier tard ou ce matin tôt. A la plage dans le noir, short de bain bleu d’Espagne que j’affectionne particulièrement et mon haut de bain noir, j’y étais. En arrivant sur la plage je bondissais sur mes jambes, excitée par la Voie Lactée et toutes ces étoiles ! Peu importe la réserve de mon ami, moi, j’irai courir embrasser la mer. Pourtant si peu frileuse, je me surpris à m’écrier « Elle est gelée ! », un visage puéril, la force de la vie, la force du moment, de la bêtise, de l’insouciance. C’est ce que j’aime chez moi. La peur du temps, des souvenirs ratés, des regrets, la peur qui trop souvent inquiète de manquer, et qui entre les abysses et la Voie Lactée, pousse à ne surtout pas renoncer à l’occasion. Les choses, qu’on veuille y croire ou non, n’arrivent jamais deux fois. Nous ne reviendrons pas sur cette plage, avec ce même ciel, et cette même mer ; peut-être même ni reviendrons-nous jamais. J’ai avancé dans l’eau froide, calme, et si noire. Elle ondulait contre moi comme un monstre qui sommeille, et j’avançais intrépide, grande amoureuse des bains froids. Le spectacle était… sans mot, sans mot. Un ciel noir, habillé d’une infinité d’étoiles vives et puis une lance blanche traversant la nuit : la Voie Lactée. A l’horizon se dessinait, alors que je ne le pensais pas possible, une brume encore plus sombre que tout le reste ; c’était une obscurité sans fond, qui murmurait l’immensité de ce qui se trouvait face à moi, et qui me caressait déjà les cuisses. J’étais effrayée, éblouie, désemparée, comblée, entière et décomposée. Moi qui confrontait la mer avec tant d’audace sous le Soleil protecteur, courant, me jetant à l’intérieur, fière de ne craindre ni sa température ni ses poissons ni ses méchantes vagues ou sa profondeur, je craignais là, le moindre petit pas qu’il me fallait entreprendre. L’eau ronronnait, noire, l’horizon me narguait, noire, et l’univers, noir, me regardait comme si je franchissais les portes de l’Olympe pour entendre un désintéressé « Es-tu perdu, petit short de bain bleu ciel ? ». « Je ne sais pas trop », aurais-je répondu « j’ai très peur et vous êtes si beaux, je suis coincée entre les abysses et la Galaxie et je me sens si petit, j’essaye d’abandonner tout mon corps à cette eau menaçante pour observer vos lumières, les membres, la poitrine et les oreilles plongés dans un silence absolu, entre un fond et une hauteur illusoire, je cherche une place. Je veux vous contempler. Comprenez-vous ? ». Finalement ce paysage sombre n’en faisait qu’un et ce n’était qu’une entité qui me dépassait tellement qu’elle ne me remarqua même pas. Pourtant, moi, je sentais mon cœur et je me répétais si excitée et terrifiée « allez, tes cuisses sont englouties, abandonne ton corps, allez. », alors dans un sursaut de courage je plongeais tout mon être dans la noirceur. Le froid me coupa le souffle – j’aime cette sensation ce ne fut pas un problème - mais j’eus si peur ! Tout mon corps perdu dans l’obscurité, comme si j’allais le perdre ! Avalé ! englouti ! Anéanti ! Volé ou repri ! Alors, quelques secondes je fis tout pour me résonner « mais regarde, regarde le ciel, tu baignes dans les abysses et tes yeux baignent dans la Galaxie. Mais ça ne dura qu’un si court instant avant que je ne me relève dans un élan de rire hystérique pour courir vers le sable. Je riais, je riais, je riais, je courais. Gelée, extatique, terrifiée, je riais. Ce fut magnifique, je refis quelques tentatives, mais j’avais trop peur que l’univers m’engloutisse. Peut-être que ça n’aurait pas été une mauvaise chose, qui sait ? Après ça, sur la mer, tout me paru magnifique et calme, non, tout l’était. Je n’avais qu’un regret, une petite bouteille de rhum pour rajouter un brin d’ivresse à ce ciel magnifique, oui, oui ça, ça aurait été le pompon. Que je puisse ainsi regarder ce monde avec un peu d’insolence à mon tour, dans mon short de bain bleu ciel. Je n’oublierai jamais.
  14. Haha, oh non, je travaille dans une médiathèque le samedi et le mardi. Mais... Maintenant que j'ai rendu mon mémoire et réussi mon année... A moi les vacances d'été ! Les dernières, parce que j'ai trouvé une alternance pour l'année prochaine. Ce sera bien chargé... Mais tout le monde le sais, si le travail protégé des peines et des joies, nous ne serions plus des humains, mon ami. Oh oui je lui ai écrit une belle lettre et je lui ai fait une petite peinture que je lui ai donné à notre dernière rencontre. Je fais toujours ce genre de chose, des lettres. Ton idée anime ma curiosité ! Sur quoi écris tu ? J'aimerais beaucoup... Mais... qu'est ce que je pourrais bien dire ? Comme un journal intime ? Plus intime encore que celui que j'ai ?
  15. @Mite_Railleuse @Ximène Si je peux rassurer tout le monde, elle m'a répondu. Elle m'a dit que je devais me faire plus confiance, et lui faire plus confiance. Qu'elle considérait tout autant que moi notre amitié et que ça ne s'arrêterait pas, pas comme ça. Elle a su grandement me rassurer et remettre les pendules à l'heure sur la situation. Une amie en or.
  16. @Crabe_fantome Salut, Ton message décrit joliment le fond du problème... chasser les araignées. J'ai envoyé un message à coeur ouvert à mon amie, pour l'instant, elle ne me lit plus, mais c'est ma faute, alors je lui laisse le temps. En tout cas, je n'aurais pas laissé ce qu'on avait mourir comme un petit feu qui s'affaiblit. Merci !
  17. Hola ! Bon, me voilà, j'ai un truc à vous dire. Ca peut paraître anodin, mais ça change une vie ! (j'abuse un peu, hum... quoi que) Un jour, il y a une semaine, je m'étais brouillée avec une amie, une fille en or à qui je tiens beaucoup. Et en rentrant je pleurais beaucoup, j'étais énervée contre la terre entière, et puis je regardais toutes ces vieilles photos de mon papa et de ma maman, jeunes. Alors j'en ai eu ras le bol d'être constamment sollicitée, et je le réalise maintenant, pour 87% (précis n'est-ce-pas?) de choses dont je me fiche royalement (et je parle du téléphone). Bref, j'ai claqué mon téléphone pour bien le perdre au fond de mon studio et je suis allée me prendre ce genre de bidule où il faut taper trois pour avoir un 'f', et quatre pour avoir un '3'. Je me suis dit, les réseaux sociaux, ce sera sur ton ordinateur seulement, quand tu sors et quand il est éteint, démerde toi. Et finalement, même l'ordi allumé je n'y allais plus trop. Le truc qui me servait de troisième main et que je prenais comme on respire entre chaque mouvement a disparu, pouf comme ça. J'étais et suis toujours très malheureuse pour mon amie, et d'autres choses, mais je découvre un truc curieux. Je m'ennuie. Mais je lis un livre, et je n'ai jamais autant dévoré un livre. Assise à ma fenêtre je lis et c'est... fascinant... Bon, j'ai repris la cigarette.. Mais bon sang ! Quelques taffes, une fenêtre, des cigales et un récit qui invite à l'été, quel bonheur ! Bien sûr je finirai par arrêter à nouveau, bref, c'est pas le sujet. Et parfois, comme je m'ennuie, bah j'écris dans mon journal. Et en fait, c'est pas tant ce que je fais qui compte : rien, sortir, contempler, me plaindre de mon voisin qui se plaint de moi, dormir, pleurer, boire un verre.. ou deux, marcher la nuit le jour, envoyer des sms, appeler mon banquier, lire lire lire, et aussi regarder des vidéos sur mon ordinateur, avoir des livres de la médiathèque, prendre mon vélo, mettre de la crème sur mon visage, m'ennuyer, m'ennuyer beaucoup. Non, ça ne compte pas. Ce qui compte ce sont tous ces creux que j'avais oublié. Ces creux où on trouve la vie, peu importe ce qui s'y trouve, il y a le silence de l'être qui se regarde chercher un truc à faire. Et là, on a qu'une chose à faire c'est de s'observer entrain d'essayer d'animer la vie, la vie. Et si ces creux, étaient les choses les plus précieuses, aujourd'hui. Ici, ça a l'air chouette, mais autour de moi, j'ai peu de gens avec qui aller seulement prendre un café. Pour rien faire, juste être là dehors, lézarder parce que c'est l'été. Mais bon, je me suis disputée avec mon amie. Alors je me suis mise à faire un truc bizarre, j'ai demandé à des personnes, disons plus de 40 ans, ce qu'ils faisaient dans leurs jeunes années, mais adultes hein ! Et tous répondent pareil, "bah, on sortait". C'est tout. Si c'est que ça, j'irai seule au café, et comme j'ai un bon relationnel, je trouverai peut-être des gens avec qui parler. Bref, vous faisiez quoi vous ? Et comment je me réconcilie avec mon amie ? Moi j'ai le sentiment que je vais lire beaucoup, et c'est chouette. Je devrais me déplacer davantage à vélo ! Et puis je vais écrire. Bon, j'ai quand même les jeux-vidéos, mais ce n'est pas essentiel pour moi... c'est comme une partie de carte en début d'après-midi, ou le soir après manger. Navrée pour tous ceux qui trouveront mes questionnements idiots, mais je suis née en 2002, et on a vite fait de faire du téléphone une extension de soi. Je ne suis même pas la génération la plus touchée. Malheureusement. Nous en avons conscience, là est toute la nuance. Belle journée.
  18. Naluue

    Ex fumeur et tentation

    Bonjour, Bon voilà, j'ai fumé de mes 19 à mes 21ans. Maximum 10 cigarettes par jour (et plus dans les situations sociales). Je n'ai pas touché une cigarette depuis 4 mois, seulement la vapoteuse il y a 2 mois pour éviter la cigarette, avec peu de nicotine, la raison : période d'examens très stressante. Bref, depuis une semaine ou deux, j'ai tellement, tellement, tellement ENVIE d'une cigarette. C'est vraiment un combat quotidien et je ne comprends pas d'où ça sort (sûrement un peu de déprime et de stress). J'ai franchement peur de craquer à ce stade. Je me demande si c'est normal pour tous les ex fumeurs de devoir résister à cette vieille addiction pour toute une vie. Pour les ex fumeurs de ce forum, vous en pensez quoi ? Des conseils ?
  19. Naluue

    Rechute ?

    C'est vrai ça, on aurait parfois vraiment envie de se formater le cerveau ! Table rase, hop. Un peu comme se débarasser du gigantesque poids qui accompagne le fait d'être soi. Mais bon ça n'aurait pas de sens.. Ce serait moins drôle, ce serait peut-être même un peu glauque. Je sais pas. En tout cas, respect pour l'arrêt du tabac ! 8 ans c'est énorme. Et puis je suis d'accord, même si ma dernière cuite est bieeen plus récente que 3 ans, je n'ai pas apprécié des masses. L'idéal c'est d'esquiver le verre de trop.
  20. Naluue

    Rechute ?

    J'ai un accompagnement médical depuis près de deux ans maintenant. Il faut savoir discerner dans mes écrits une volonté de partage et de connexion, bonne soirée. Présupposé audacieux.
  21. Naluue

    Rechute ?

    Bonjour, Bon. Parler de rechute c'est un peu fort. J'ai envie de parler à d'autres personnes qui vivent leur vie et qui pourront m'aiguiller, ou s'exprimer. Mon problème n'est pas inédit, il n'y a certainement rien qui unit plus les hommes que leurs maux, si ce n'est leur rire. J'ai très peur, ces derniers jours. J'ai très peur de revivre ce qui a commencé il y a maintenant trois ans. Et je me sais incapable de recommencer une telle guerre après seulement quelques mois de répit, de joie. Je ne sais pas pourquoi, depuis quelques jours donc, je me sens très, trop, anxieuse, je me sens vide, à nouveau je cherche du sens partout, je suis fatiguée et l'idée de ne jamais quitter mon lit me fait pleurer comme me réconforte. On le sait tous, ce n'est pas une bonne idée de devenir léthargique. Alors, je continue à faire ce que je fais quand je vais bien. Je me lève, oui, toujours, je fais ce que j'ai à faire, courses, ménage, admnistratif, puis je m'instruie le matin avec de la lecture et des ressources en ligne, sur un sujet qui me vient.. En ce moment, la Révolution française et Napoléon Bonaparte. Je marche, dix milles pas par jour, quand ça me prend, et parfois j'y ajoute du sport. La nourriture c'est délicat mais je mange relativement comme il faut quand il faut. Bref. Je vois du monde, j'évite de boire de trop. Ma vie, avec tout mon dur labeur, est devenue belle, je suis devenue belle, rayonnante, depuis des mois je me sens orange et rose, autant vous dire que je me sens bien, même si comme pour tout le monde, Il y a des journées pénibles pour le coeur ! Mais c'est revenu, je ne suis plus enjouée, je ne chante plus toute seule, j'ai les larmes aux yeux comme ça, pour rien, je me sens grise, à nouveau, je ne souris que face aux gens, et franchement, plus grand chose ne m'anime. Oui ! Je suis vraiment heureuse de les voir, en même temps, je me sens encore comme une fraude. Enfin, tout ce qu'on peut imaginer de désagréable. Ce qui me fait de plus en plus peur, ce sont mes vieilles habitudes qui me sussurent à l'oreille qu'elles sont toujours prêtes à me rejoindre, et parfois, au lieu de sussurer à mon oreille, elles viennent danser dans mon cerveau. En fait, depuis que j'ai arrêté de fumer il y a quelques mois, j'ai gardé une dernière cigarette industrielle dans mon tiroir. Histoire de rigoler je la prenais parfois dans mes doigts et la portais à ma bouche, avec peut-être un peu d'envie, mais également la satisfaction parfaite d'être au dessus de ça, désormais. Aujourd'hui, cette cigarette, je m'imagine la prendre, briquet à la main, pour hésiter, puis craquer. Après tout, une cigarette ? Après tout ? Non. Non. Non. Et puis j'ai l'impression de languir devant tous ces gens qui fument dehors et dans les films ! Et je sais pertinamment que c'est parce que je me sens faible, triste, anxieuse et fatiguée. Et si ce n'était que ça. Je recommence à m'imaginer à mon bureau, comme maintenant, le soir, une bouteille de vin rien que pour moi. Oui, ces vieilles habitudes. Oh et comme si ça n'était pas suffisant ! Je ressens le besoin de coller cette première cigarette brûlante contre ma cher, étouffer un crie, et relaxer tous mes muscles à mesure que la brûlure anesthésie ma peau. Quelle idée ça aussi. Oui, laissons le passé là où il est. Vous l'aurez compris, toutes ces pensées qui reviennent n'annoncent rien qui vaille. Je ne comprends pas pourquoi de vieilles inquiétudes, concernant de vieux événements, des choses auxquelles j'ai tourné le dos et dont le prochain pas de mon histoire a été de lutter seule, de travailler, de rompre avec TOUT mon passé et de m'en sortir, pourquoi tout ça vient me hanter à nouveau ? D'où sort cet élan de faiblesse ? J'ai une petite théorie, mais ça me paraît bien faible. J'ai rendu mon mémoire de recherche il y a une semaine. Ce genre de projet devient part intégrante de notre identité pendant un temps. On dit presque tous les jours "raah faut que je bosse mon mémoire", et parfois "désolée je vais bosser mon mémoire", ou encore "bon j'ai fini la première partie, je m'engage sur la dernière !". Alors on salive devant les vacances qui arrivent. Après ça. Pouf, l'exercice qui donnait du sens disparaît, on se rend compte de plusieurs choses. D'abord, qu'est ce que je fous là ? J'ai rien à faire là. Ca m'intéresse pas. Je suis pas sensée être là. Puis je suis une fraude, je ne suis pas une bonne étudiante ! La question ce serait presque, comment ça se fait que j'ai jamais échoué ? Je suis bien chanceuse parce qu'il n'y a aucun monde où je serais assez compétente pour réussir ce que je fais. Enfin, ça c'est de la méchanceté gratuite. Bon, j'ai trouvé une alternance pour l'année prochaine, a priori je devrais avoir mon année de master. En somme, je suis heureuse, mais pas trop en ce moment, et j'ai peur que ça ne soit pas qu'une mauvaise passe, que tout recommence. J'ai très peur d'allumer cette cigarette. J'ai peur d'acheter cette bouteille de vin. J'ai peur de recommencer à me faire du mal. J'ai peur de la seconde où je pourrais flancher, tomber à nouveau, du mauvais côté. Bien qu'il soit mal venu de poser une question en sachant déjà ce que je veux entendre, je me le permets. Rassurez-moi, tout le monde a de mauvaises habitudes pour passer les mauvais temps, et tout le monde doit résister, parce que tout le monde a mal au coeur parfois, et ... tout le monde a peur d'échouer ? Merci belle journée.
  22. Merci beaucoup. Je vais mieux. J'ai repris des couleurs, la vie aussi. Bonne fin de journée.
  23. Naluue

    Des cadavres au musée

    C'est bien ce que je dis : c'est vain. En revanche, je n'ai pas parlé de satisfaction, bien au contraire. Belle vie à vous aussi ! En paix.
  24. Aujourd'hui, après avoir bu une citronnade avec mes amis de la faculté, nous avons décidé d'aller voir l'exposition au musée d'à côté. Une section, la dernière, indiquant : attention, contenus pouvant heurter les âmes sensibles. Nous arrivons devant un paragraphe imprimé sur un mur, la thématique : la mort et ses cadavres. Des corps morts, qui ne forment qu'un chiffre inconcevable sans visage. Aujourd'hui, nous allions voir la mort. Aussi bateau que ce soit, la mort, c'est l'origine des plus grandes questions de l'homme, elle fait presque notre histoire. Banale, presque, les discussions sur la mort ça n'intéresse pas toujours. Moi, je découvre, c'est ma seule vie, lire mes prédécesseurs en parler c'est… troublant. Je pense à Albert camus, décédé, voiture contre un arbre, 49 ans. Quelle mort idiote et matinale. Moi, j'ai l'impression que la mort m'attend demain. Elle me regarde à chaque coin de rue, un regard creux et une bouche béante. La vie comme un étau, qui se referme à une vitesse exponentielle. Je dis demain, non pas parce que je crains un malheureux accident, mais parce que j'ai 21 ans aujourd'hui, hier pourtant, j'en avais 11. Ceci dit, en arrivant, je suis frappée par ses "portraits", des photographies d'une qualité palpable dans des cadres noirs d'environ ma taille, tout autour de la pièce, les murs sont blancs neige, il y a peu de monde et je perds vite le rythme de mes amis : je reste des minutes, de longues minutes, sur le premier portrait. Un fond noir, toujours des fonds noirs, un visage nécrosé et terne dont les yeux sont drapés par ce qui semble être un tissu de velour bleu roi. Je distingue un bandeau médical qui entoure la tête en passant par la mâchoire. Le second tableau est un homme, il n'a pas l'air mort, mais je me souviens que l'on pouvait deviner son œil fermé derrière le bandeau blanc déposé légèrement sur ses yeux. Perturbant, un visage mort. Les deux suivant furent pires. Une gorge, grossièrement recousue, du menton sur ce que j'imagine aller jusqu'au pelvis, après une autopsie. J'ai senti ma propre gorge me gêner à l'image d'une peau ainsi disposée. Je marche le long des photographies, enfin, un visage. Un œil, grand ouvert, l'autre bandé, une bouche entrouverte, la trace d'un liquide jaunâtre le long du nez. Je regardais cette photographie, longtemps, je me demandais pourquoi. Je savais que je cherchais à ressentir quelque chose, à trouver une réponse, à effleurer la mort et me familiariser avec elle, une mort inconcevable et vertigineuse. Je n'aimais pas regarder ces photos, mais je voulais pouvoir crier eurêka ! Je crois qu'en fait, je ne pourrai jamais comprendre la mort en étant vivante, je crois qu'en fait, il n'y a rien à comprendre de la mort. C'est une dure réalité à côtoyer. Non pas qu'elle soit triste, bien qu'elle le soit, elle est surtout incompréhensible et désagréable, parfaitement glauque. Moi, la mort me donne envie de vomir. D'ailleurs, j'y viens. Avec les oeuvres de fiction, j'en ai vu des choses gores, non pas que j'aime ça… Au contraire. L'artiste proposait la vidéo d'une autopsie, d'une durée de 5 minutes, à la colorimétrie bizarre et glauque. J'ai rejoins mes amis après avoir finalement lâché le portrait de la dame à l'œil ouvert, puis nous sommes entrés dans une petite salle noire dans laquelle se trouvait un banc. Au mur, une projection. Dans cette même volonté de comprendre je ne sais trop quoi franchement, j'ai regardé. C'était affreux, des organes dégoulinants, un corps vidé, des côtes… Ce n'est déjà pas un spectacle agréable, et puis j'ai vu. J'ai vu les plis de peau de l'homme qu'on avait ouvert, ses jambes poilus étendus à gauche de l'écran, son menton sur la séquence suivante. Oui, je pouvais regarder, comme tous mes amis l'ont fait d'ailleurs, mais j'étais terrifiée et écœurée. Je n'ai pas vu un cadavre, ni un mort, j'ai vu une carcasse, un tas de cher. Ce qui fut un homme et devenu : ça. Et mon corps à moi c'est aussi "ça". J'avais des hauts le cœur à cette idée. Je ne veux pas avoir l'air de me donner des airs. J'ai bien conscience que certains me trouveront simplement trop naïve ou puérile, ou que ce que je dis est une évidence commune qu'il faut que je digère. Mais je ne comprends pas ! Comment mes amis ont pu resté indifférents par la suite quand j'aurais pu y réfléchir avec eux pendant des heures (certainement sans jamais crier eurêka). Je n'ai pas le sentiment de me prendre la tête j'ai le sentiment de toucher du doigt l'incompréhensible ! Oui, la mort fait peur mais elle ne fait pas que ça. L'idée de la mort est une chose si dense et indiscernable. Un jour en balade j'ai vu la carcasse d'un bouc, bien rongée déjà. Le squelette ressortait, notamment les côtes encore rougeâtres comme une cage à organes… sans organe. Ce corps d'homme dans la vidéo, était exactement comme ce bouc. Répugnant. Naluue.
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