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Naluue

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Tout ce qui a été posté par Naluue

  1. J'ai appelé ma grand-mère maternelle ce matin. De ce côté personne n'est proche, ce sont des gens qui ne savent pas aimer, des gens qui font du mal, d'abord à eux, puis aux autres. Ils font mal aux enfants. Ma soeur et moi on reste gentilles malgré tout. On est étrangères là-bas, à ces réunions de famille que l'on évite... celles où les murs froids et les étagères trop propres gèlent le corps et tordent le ventre. On y invente des jeux secrets pour s'amuser et s'éloigner de là ma soeur et moi, on joue pour contourner, à 23 et 28 ans, on a pas arrêté de jouer, là-bas. Souvent je me suis demandée "comment aimer quelqu'un qu'on ne connaît pas ?". Heureusement j'ai grandit avec mes grands-parents parernels, qui incarnent l'amour. Je veux aimer comme ma mamie aime, elle est douce et belle, franche et charismatique, elle est gentille. Papy est silencieux, mais il sourit quand il nous voit, il sourit quand on lui demande de nous parler de ses avions, et petite, il m'avait fabriqué un dés en bois géant. Bref. J'ai appris au téléphone que ma maman a passé cinq jours à l'hôpital après une crise d'épilepsie, transportée par hélicoptère. C'est pas la première fois que sa santé la met dans cette situation. J'avais 8 ans, en plein milieu de la nuit quand elle a eu sa première crise. J'avais appris le 15 à l'école. Je voulais appeler ma maman il y a déjà quelques semaines déjà, parce que j'ai vu Sting en concert grâce à un mon compagnon. J'ai pleuré si fort quand je l'ai vu, j'étais bouleversée. Ma maman aimait Sting, je lui dois mon prénom, Sting me fait penser à ma maman. C'était incroyable ce concert. Finalement j'ai repoussé l'appel. A quoi je m'attendais de toute façon. Alors, je me suis dit qu'avec sa crise d'épilepsie, ce serait bien que j'appelle quand même. Du coup j'ai pris de ses nouvelles, je l'ai écouté. J'ai été gentille, je lui ai dit qu'elle était courageuse. Je me suis demandée ce que ça me ferait d'être gentille avec elle. Ma soeur a eu la chance de ne pas l'aimer, moi je l'aime, et à cause de ça j'ai l'ai haï. "- T'as quel âge toi déjà ? dit ma maman - 23 ans ! - Oh ça passe vite ! Bah tu sais pas mon âge toi non plus haha - 56 ans. - Ah merde haha ! - Aha (je sais pas pourquoi j'ai rigolé, mais bon, c'est normal, dans mon monde les mamans ne connaissent rien à leur enfant. I'm used to it.) Bref, je lui ai parlé de Sting et j'ai pleuré, elle est était tellement excitée "Mais nan ! T'as pas le droit haha ! La chance !", et j'ai pleuré parce que j'ai eu la sensation de connecter avec ma maman, ça a été si court... Puis elle est repartie je sais pas où. Pourtant j'ai baissé ma garde et j'ai même dit "j'aurais voulu que tu sois là" je pleurais discrètement au possible. Elle m'a dit moi aussi.. parce qu'elle trouve le concert cool. Alors j'avais fissuré cette structure qui me garde impassible, dégoûtée face à elle et j'ai dit "je voulais te dire que je t'aime même si ça a été dur depuis... toute la vie, et que je t'aime, même si c'est compliqué". J'ai oublié que la vérité, c'est que y a que pour ma soeur et moi, que c'est compliqué, que c'était compliqué. sauf quand y a eu les juges mais bon, on dirait que les adultes oublient vite. Alors elle a dit quelques phrases qui lui ressemblent avec un ton compatissant mais déconnecté, puis elle a commencé à me parler de ses skis qu'elle ne peux plus utiliser, de sa voiture... puis j'ai pleuré en silence en pensant "jamais ma maman ne pourra m'entendre et me dire pourquoi elle était comme ça, jamais elle ne laissera sa fille l'écouter, la comprendre, la pardonner... peut-être comprendre que c'était pas ma faute et que ma maman elle existe derrière tout ça". J'ai même rajouté... "ta vie a été difficile, tu as fait de ton mieux, je ne sais pas si j'aurais fait mieux à ta place", mais mes mots sont tombés dans un vide étrange, Je n'arrive pas à savoir où ma mère s'est perdue dans sa vie, et ça me fera toujours mal, parce que j'avais des choses à lui dire et à partager avec elle. La musique, les vêtements, les garçons, le maquillage, mes ambitions, mes doutes, son histoire, ses anecdotes, son expérience, mes cours de math, d'arts plastiques (elle aurait bien aimé ça). Elle ne dit rien de spécial, ne fait rien de spécial, et c'est bien ça le problème quand tout ce qui s'est passé été grave. J'ai besoin qu'elle réagisse ! Qu'elle voit ! Qu'elle parle et dise les mots qui font mal et qu'on ai mal ensemble ! Qu'elle fasse n'importe quoi !Je serais capable de la pardonner ! Je ne demande que ça ! Mais elle est comme morte. Elle l'a toujours été de toute façon. Mais ma maman est si dure à décrire.. comme ailleurs. C'est comme si elle s'était endormie au fin fond d'elle-même depuis des siècles. Pour une enfant elle est mortellement dangereuse, mais pour une adulte elle parle dans un scaphandre, elle ne parle pas faussement, puisqu'elle ne fait pas exprès. Elle a un écran sur les yeux, je me demande toujours "mais où est-elle ? A qui parle-t-elle ?" On dirait une enfant, un ado. Et j'ai dit merci à mon beau père de prendre soin d'elle. Et je pleure Mais ça passe déjà
  2. https://voca.ro/1oengJ8WarJJ Tada ! Bon j'ai un peu l'impression d'être adolescente et de m'enregistrer en cachette haha... Sauf que maintenant j'ai surtout des voisins à pas déranger !! Bon, je peux mieux faire promis, mais j'essaye de pas chanter trop fort. Puis je ne suis pas chanteuse, le but c'est juste d'accompagner mon chéri dans sa performance et de s'amuser ensemble Là c'est One de U2, on fera aussi Now and Then et Obladi-Oblada des Beatles ! On sera peut-être filmé, alors je viendrai peut-être partager l'audio final ici
  3. Mais l'idée est pas si mal hein ! Sauf que la scène est minuscule (à la manière du bar d'ailleurs) et derrière bah... C'est le mur ! Je peux toujours aller dans les toilettes sur la droite tu me diras.
  4. Et si c'est la catastroooooophe ToT ?! Mais oui vous avez raison, pas de pinte... peut-être un demi ?
  5. Bonjour, Mon copain est musicien, il chante, joue de la guitare acoustique, électrique et de l'harmonica. Il a plus d'une corde à son arc. En groupe, en duo, devant un amphi d'étudiants, dans des scènes ouvertes, aux mariages et anniversaires, il aime composer et jouer. Il compose pour des jeux, les films d'une association de production, ses envies persos, bref, il est bon, et il est de fait, à l'aise. Moi j'ai fait un peu de musique jeune, j'aime chanter et je l'ai rencontré il y a un an à une scène ouverte. C'est là qu'il est tombé amoureux de moi. De mon côté, quand j'étais petite je ratais pas une occasion de chanter pour les autres ! Devant 50 personnes lors de tournoie de Scrabble par exemple ! Ou ma classe de CM2, guitare au bras. Mais là... bah j'ai 23 ans quoi, je suis + timide, et je ne fais plus de musique. On s'improvise pas chanteuse. Du coup moi je chante beaucoup pour le plaisir alors j'ai commencé à l'accompagner à la guitare naturellement ! Et je lui ai demandé de faire One de U2 avec moi, et lui m'a demandé de l'accompagner sur Now and Then des Beatles. On a fait des harmonies pour que nos voix s'accordent au mieux et que ce soit joli... Il sait que j'en meurs d'envie mais aussi que ça me terrifie... alors hier soir il m'a dit "alors on les fait mercredi prochain?" (la date de la prochaine scène ouverte de notre bar habituel). J'ai dit oui en m'armant de courage, parce que j'aime chanter ! Et ce qu'on fait ensemble c'est joli ! Et surtout, c'est très amusant, et le pompom, nous sommes amoureux. Surtout je ne prends pas ça à la légère. J'apprendrai les paroles par coeur ! J'ai besoin de conseils ! Comment ne pas trembler, des jambes, des mains, du visage ? Il me montrera comment chanter face à un micro mais comment je sais moi si je le fais bien ou si tout le monde saigne des oreilles ? Comment je peux être décontractée et ne pas voir tous les visages ? J'imagine déjà la lumière sur mon visage et le manque de repère. Et si je commence mal et perds le rythme, ou juste que je panique et perds courage ! Je veux que ma voix coule comme quand nous sommes juste tous les deux, et je veux m'amuser. En plus il est apprécié et habitué, donc les gens se rapprochent quand c'est à lui de jouer... Et moi je sais très bien que certains vont me juger et parler dans mon dos. Je vais là-bas depuis mes 18 ans et j'en connais des enflures et idiots(es). Bon y a aussi nos amis qui sont cools évidemment. Des conseils ? J'ai pas envie de me défiler et de rater ça à cause de la peur... Je serais triste à pleurer si je ne monte pas avec lui sur scène. A l'aide à l'aide aux musiciens et artistes abreuvez moi de vos conseils et de vos expériences ! PS : Est-ce que je devrais prendre une bonne pinte de bière ?
  6. Naluue

    J'ai 23 ans

    @Plouj Bonjour, Merci pour ce message. J'étais une enfant en arrivant ici, et j'y ai trouvé des oreilles attentives.
  7. Naluue

    J'ai 23 ans

    A mon âge, enfin, moi à mon âge, j'ai l'impression que tout va tomber en place, comme ça. Une espèce de concept lointain qui flotte comme la fin de l'alphabet. Puis j'imagine qu'on grandit, en tout cas moi oui, et on réalise que ce concept, cet espoir, n'a pas de réalité. Mes journées, les ci et là de mon cerveaux, le choix, les décisions, les regards en arrière, sur mes pieds, devant ne prendront pas fin quand j'aurai un foyer et un travail agréable. L'expérience de mon futur sera la même que celle de mon présent, à chaque touche du clavier que je presse. Déjà, quand et comment j'aurai une vie bien en place sont déjà des points inconnus. Ensuite, parce que ma situation est en dézoomant plutôt soignée... Ca, c'est en dézoomant, ce n'est pas un ressenti fiable. Je suis en dernière année de master, en parallèle d'un service civique, j'ai un compagnon et quelques petites activités plaisir, des rêves aussi, que je ne me donne pas les moyens de réaliser. Bon. J'ai 23 ans, bientôt 24, 25, une petite ridule sur mon sourire que j'aime bien. Je suis une adulte, je suis fière de moi, j'ai énormément avancé, je n'y aurais pas cru il y a quelques années de ça. Pourtant j'ai peur, je ne sais pas où je vais, j'ai mille questions et bien des regrets, ou des remords. En somme c'est bien normal, personne ne peut deviner son futur. Moi j'ai peur. J'ai peur de tout. J'ai peur de ce tableau noir qui s'appelle futur et duquel je ne perçois rien. J'ai peur de la porte finale. Oh oui, je pourrais faire une liste si longue des choses qui me font peur qu'elle empêcherait cette page de charger. Moi mon souhait restera toujours que l'on preserve ma santé. Je veux un cerveau et un corps capable. Pour l'instant il l'est, c'est l'essentiel. Je veux vraiment un cerveau sain, marcher, danser, voir, entendre, parler et goûter.
  8. Naluue

    Aide Panique acouphènes!

    Merci, ça m'apaise beaucoup. Je partagerai ce conseil à mon ami.
  9. Bonjour, Je suis dans un état de panique monstrueux, j'ai des sueurs froides, je tremble, la coeur palpite, le ventre qui se retourne, j'ai l'impression que c'est la fin de mon monde. J'explique. Mon compagnon souffre d'acouphènes depuis des années, ce qui lui gâche pas mal la vie. Comme ça l'angoisse il n'arrête pas de se concentrer dessus, et c'est bien ça le problème : elles sont du coup toujours là, pire au moment de dormir, comme la goutte d'eau qui toc toc toc du robinet. Aujourd'hui je l'ai suivi chez l'ORL. Conclusion, il doit soigner son rapport à ses acouphènes et lâcher prise. Après le rdv on est allé goûter en ville. Pendant notre discussion à ce sujet, il m'a dit que son frère (plus âgé, assez sûr de lui) pensait en entendre aussi en se concentrant, rassurant si c'est banal. On s'est dit par la suite que cette seule fois et unique fois où il est allé en boîte de nuit, il ne pouvait pas être le seul à avoir abîmer ses oreilles... Surtout que quasiment tous les jeunes se sont bien plus exposés à la musique forte que mon compagnon (qui est un musicien par ailleurs). DONC Moi, idiote que je suis, pour rassurer mon compagnon j'ai bouché mes oreilles pour trouver de potentielles acouphènes et lui dire "moi aussi tu vois ! Ca fait comme une fréquence très élevée d'ultrason ! Pas de quoi s'inquiéter je ne l'avais jamais remarqué). Mais mon idée est bien STUPIDE quand on sait que je suis la personne la plus anxieuse de mon département ! Résultat il me dit "oh non j'espère pas t'avoir enclanché un truc..." et moi je réponds "mais non t'inquiète ! J'y ai jamais pensé !" VOILA que je me retrouve à une heure où je suis allée me coucher et que j'ai eu des bourdonnements (comme l'afflux sanguin dans les oreilles, mais ça ce n'est pas rare chez moi) et un énorme sifflement ! Qui d'ailleurs ne s'est toujours pas arrêté ! J'ai l'impression que ça siffle dans mes oreilles et je n'arrive pas à porter mon attention ailleurs. Ca n'a pas de sens, ça ne peut pas arriver comme ça juste parce que j'ai appris ce que c'était et que j'ai joué avec en me bouchant les oreilles ! J'ai l'impression que je vais mourir ! Comment je vais faire si ça ne repart jamais ! C'est mon compagnon qui souffre de ce problème, je ne peux pas lui avoir pris en 30secondes ! Et puis des angoisses et des problèmes de santé j'en ai largement pour toute une vie ! Et je dois être là pour mon compagnon, il a besoin de moi ! Je ne peux surtout pas me ramener avec un truc pareil, ce serait monstrueux ! J'ai l'impression que je vais mourir et devenir folle ! Le pire c'est que moi je m'en fous d'avoir des acouphènes, mon ouïe va très bien et jusqu'ici j'en avais de toute façon aucune, et même si j'en avais, bon bah, on passe à autre chose c'est comme les chaussures aux pieds ou les lunettes sur le nez ! C'est moi qui me crée la peur.. d'avoir peur ! C'EST QUOI CETTE HISTOIRE ENCORE. Par pitié de l'aide, je sais que je suis entrain de paniquer et j'espère que ce manque de luciditer n'aide pas et que demain et demain soir ça ira mieux, par pitié.. Je me sens tellement que mon diaphragme me brûle. Je déteste mon cerveau bien trop fort pour voir l'apocalypse AVANT toutes évidences !
  10. Bonjour, Mon ami a crevé sa chambre à air et le pneu. Ca fait plusieurs fois que sa chambre à air crève (on a les mêmes donc c'est étrange). D'habitude il se débrouille seul pour la changer, mais là il s'est aperçu que le pneu était lui aussi bien troué. Pour changer le pneu on préfère aller en magasin. Ma question étant : Faut-il nécessairement changer le pneu ? La chambre à air risque d'être plus exposée mais y a t il une autre raison qui nécessite de changer aussi la roue... ? C'est quand même contraignant de devoir tout changer. Je ne sais pas si ma question a beaucoup de sens, peut-être que la réponse est évidente, mais je me permets de demander. Merci
  11. @Témoudjine C'est une vertu de ne pas parler de ce dont on ignore tout.
  12. C'est une vertu de ne pas parler de ce dont on ignore tout.
  13. Et bien si, mais... pas dans le détail et entre l'entendre et le voir il y a une marge. Merci pour votre message vraiment, je vais faire preuve de patience @Témoudjine C'est gentil je suis déjà suivie depuis plusieurs années.
  14. Merci beaucoup, Oui c'est compliqué, il n'y a pas vraiment de mode d'emploi...
  15. Merci pour ta réponse qui m'apaise un peu l'esprit. Je suis touchée et impressionnée par ton courage de pouvoir évoquer tout ça par bienveillance
  16. Bonjour, Tout se passe bien entre lui et moi, quand on a des soucis on finit par bien les résoudre avec un sentiment de progression. Là, j'ai fais une crise, comme un délire. Ca m'arrive quand je suis seule, c'est très douloureux et violent. Je perds la tête, j'ai des sueurs froides, je tremble, pleure mais surtout je dis des choses horribles sur moi qui me font mal... Comme si j'étais possédée. C'est difficile à concevoir mais ça me dépasse, comme un gros coup de panique. Le truc c'est que s'est arrivé quand il était là. Et qu'entendre tout ça lui a fait très mal. Depuis quelques jours ça passe difficilement, même si on se voit et rigole c'est encore là, et ça pèse. Il s'en veut des m'en vouloir, mais il a eu tellement mal. Et je lui laisse m'en vouloir parce que je peux que comprendre. Je m'en veux terriblement. J'ai tellement peur qu'on arrive pas à surpasser ça. J'imagine que c'est aussi une question de temps et de se laisser de la place. On se l'ai dit, arrêter n'est pas une option. Et ce matin comme je lui ai dit que j'avais peur de le perdre il m'a dit qu'on allait pas faire ça et régler le tout comme des adultes. Mais il est bouleversé et il ne sait pas comment voir ça. J'ai tellement peur qu'on y arrive pas. Je me doute que les personnes qui ont vécu toute leur vie ensemble se sont confrontées à des situations compliquées. Sauf que j'ai l'impression que c'est la fin du monde. Est ce que ça va aller ? J'aimerais que vous me parliez de vos expériences, des conseils, n'importe quoi. Je me sens seule, démunie et je m'en veux tellement de l'avoir mis dans cette situation. J'en avais aucune envie, ça m'a dépassé. C'est allait tellement vite dans ma tête. Au-delà des mots, comment est-ce que je peux apaiser tout ça, est-ce que je dois être patiente ..? J'ai tellement mal.
  17. Naluue

    Ma meilleure amie

    C'est marrant ça, ce prénom m'est très familier !
  18. Naluue

    Ma meilleure amie

    Ma meilleur amie est née en mars 2002, moi, en mai 2002. Je ne sais pas pourquoi ni comment, mais je la connais depuis le premier jour d'école élémentaire. Nous avons grandi ensemble. 20 ans plus tard, nous nous aimons encore, nous sommes indivisibles, nous avons avancé ensemble en partageant des peines qui touchent les coeur semblables. Souvent nous nous sommes demandés comme c'était possible qu'après toutes ces années, même séparées pendant le collège, le lycée, nous soyons restées si sembables, si proches l'une pour l'autre, et jamais étrangère l'une pour l'autre. Sûrement parce que nous avons passé les années les plus denses dans la même enseigne, à vivre ensemble, à se voir être. C'est avec toi que j'ai appris l'autre, puis l'autre autre... hum. Et puis pour le reste, c'est un drôle de hasard génétique : même taille, mais carrure, même couleur de yeux. Tu as les cheveux raides et blonds, moi bruns et ondulés. Elle n'avait pas de soeur, je n'avais pas de parents. C'était un drôle de numéro, qui a refusé deux fois de sauter de classe pour rester avec moi. Nous étions inséparables, plus tard les maîtresses (dont sa mère), ont trouvé que nous l'étions trop, et on nous a changé de classe, en CM1, c'est aussi l'année où je suis partie. Les cartouches d'encres éclatées dans nos mains, au fond de la classe. Les récrées à mettre en place nos spectacles dans la salle de classe. Ces tentatives de fugues par le grillages. Notre merveilleuse incarnation des sthroumphs. Nos ordinateurs en papier (le mien qu'on a confisqué d'ailleurs). Ma guitare Riri, ta guitare Fifi. Le concours du meilleur dessin de Kilari. Nos disputes. Les nuits infernables de tes parents quand je venais chez toi. Les bains où naviguaient nos playmobils et nos pets-shop. Mon toutou que tu as appelé asperge au lieu d'arpège. Tu étais bornée au possible et souvent je me laissais faire injustement, mais j'étais ton amie. Tu étais même une teigne, et aujourd'hui, tu t'en veux un peu, alors qu'il n'y a vraiment pas de quoi. Tu as fait toute la différence, c'est simple : il y avait ma soeur. Elle est partie à mes huit ans. Il y avait toi toujours. Je suis partie. Tu as commencé à faire des crises d'asthme quand tu l'as appris. On a fait nos vies, et maintenant tu es ma soeur. Là-bas en Allemagne, je sais que tu rayonnes et que tu te bas, et nous continuons de nous suivre. Je suis si fière de toi. Je lui ai dit que j'avais peur de dormir sans ma mère. Mais elle voulait m'inviter. Alors elle a cherché sa vieille veilleuse dans un placard. Sa maman lui a demandé ce qu'elle fabriquait... Elle voulait que je n'ai pas peur de venir chez elle. Sa maman a demandé à me voir le lendemain pendant la récréation, mais... elle n'a pas été rassurée par ce que j'ai dit. Il faut croire que peu de temps après, j'ai migré rejoindre ma soeur chez nos grands-parents. On a grandi ensemble. J'ai été invité à voyager avec sa famille, on était inspérables, énergiques, hilares et hilarantes. Une caméra dans les mains et voilà que je me retrouve avec plus de souvenirs qu'il n'en faut. Ce ne sera jamais trop. On a rigolé à s'étouffer, on s'est confié, et sans le réaliser nous sommes devenues des femmes. La prochaine fois que je la vois, je lui offrirai une peluche, la plus douce que je puisse trouver, parce que je sais qu'elle aime les trucs mignons. Tant que tu ris, j'aurai tout gagné. Je l'aime, je l'aime, je l'aime. Et je donnerai bien trop pour revivre un de ces souvenirs que nous avons capturé.
  19. Je n'ai qu'un rêve, avoir ma famille. Il n'y a rien à gagner si ce n'est le sentiment d'appartenir. Seule, la vie n'a pas de sens, seule on y pense, souvent, à tous ces médicaments, à toutes ces bouteilles, qui remplissent la main au milieu de la nuit, et donnent à la torpeur de la douleur, du silence dans le coeur une chaleur. La chaleur de disparaître, de rester ce qu'on est déjà : LA personne de personne... la petite soeur dans son studio, qui attend toujours d'ouvrir un jour la porte sur quelque chose à aimer, du crayon de papier jusqu'au yeux d'une belle âme. Devenir maman je ne le voulais absolument pas. Qui aurait pu m'en vouloir, j'étais la malade dans les bruits de couloir, qui fait peur ou qu'on oublie. Les années ont passé, mon coeur et mes cuisses ont grandit, je me suis dit que si j'avais un enfant, voyez-vous, j'arracherais à la machoir la cher de mes adversaires pour le protéger. Mais j'ai surtout pensé que ce serait beau, parce qu'avant d'avoir un petit bonhomme dans les bras, un petit être que me donnerait une raison de vivre, une raison d'abîmer mon corps le plus d'année possible, pour qu'il devienne grand et fort et que je le regarde avec sourire... Parce que grâce à moi, il serait en bonne santé, grâce à nous. Oui ce qu'il y a de beau et présupose cette tendre idée d'un bébé, c'est celle d'un foyer, d'un papa, d'une histoire, des journées et des années à vivre et construire ce qui donnera une laine pour les pieds d'un tout petit. Pour mon coeur aussi. Mais élever un enfant c'est extrêmement difficile. C'est un rêve facile et sublime pour un coeur vidé de son sang et de sa raison, ce qu'il faut et ce qui condamne encore un peu, c'est aller au bout des milliers de déchirures qui allourdissent la vie, assoment dans au fond du lit, et posent mes pupilles sur les pilules, une bouteille, faut-il attendre ? De tristes idées oui, qui étrangement, aident à vivre dans la peur. Quoi qu'il en soit, ça ne fait rien, je serai là pour ma grande soeur qui devient une femme merveilleuse, je serai là pour sa famille qui sera certainement une part de la mienne. Et si je meurs seule, j'aurais déjà bien assez de beaux souvenirs à emmener. Après tout, personne n'échappe à la peine. Peut-être un jour devenir mère à mon tour ! Oui
  20. Comment puis-je expliqué cette douleur foudroyante. Une épine grosse comme une flèche, en plein coeur. Mais ce n'est pas cupidon, ce n'est pas une flèche. J'y suis passée, les années, les dents dans le gravier, la bosse au front, l'estomac vers le bas, les yeux brûlés, la mort sur la langue et l'espoir coincé sous le pied. La gorge terrorisée, les larmes découlinant les cheveux, une petite boule de corps dans un écran indescriptible de douleur. La frayeur du deuil sans la mort et du vent en guise de rêve. Je veux les bras de maman, les mots de papa. Je veux qu'on m'aime sans raison, juste parce que j'existe, parce que j'ai été sage. Mais alors pourquoi M.Noël ne m'a pas donné la maman que j'ai pleuré, pourtant si proche, à vole de traîneau quelques minutes oh, mais elle aurait oublié de me laver. Elle a oublié d'aimer, et papa, et papa m'a moins nourri que le monsieur un peu rond, oui, lui qui range les rayons au Carrefour de l'Ecusson. Comment expliquer ? Comment expliquer qu'après toutes ces années, à 23h46, une phrase dans un film me poignarde, m'éteint... C'est beau l'image d'une famille, j'aurais tellement besoin d'une maman, j'aurais tellement besoin d'un papa. Je suis triste. J'ai peur. Je voudrais pouvoir respirer, me dire qu'au pire, et bah je devrais raler parce je retourne à la maison. Que maman n'achète pas les bons céréales et qu'elle insiste pour que je tri le linge blanc et coloré. Je donnerais une main pour rentrer et entendre "y a des restes de bolognaise dans le frigo, ton père dort tu peux les terminer". Juste pour marcher jusqu'à ma chambre d'enfant, toute simple, toute belle, toute douce, verte sapin et verte pomme. Payer un loyer à mes parents. Pouvoir rester à leurs côtés et les aimer jusqu'à leur lit de mort. J'aimerais qu'ils m'aident quand je me perds dans mes papiers administratifs, quand j'ose pas faire un scandale au service client. Il y a une fille qui parle de son lien avec sa maman, et je me dis "c'est fou, elle n'a rien fait de spécial, pourtant dans son cerveau est gravé : inconditionnellement elle sera aimée, aidée" Pourquoi moi, j'aurais toujours une vie à gagner ? Que je le veuille ou non, dans mon cerveau il est gravé "ne dois pas déranger, tout juste le permis d'exister, rends plus que tu ne prends". Ce soir j'ai peur, j'ai mal. Je veux avoir une maman et l'appeler parce que je pleure. Je lui dirai "Maman j'ai fait un cauchemar, tu n'existais pas. Viens vite à la maison j'ai peur que tu disparaisses. Surtout, agace moi, dis moi plein de choses qui vont me saouler, mais aime moi, parce que moi je t'aime, j'ai besoin de toi. Je ne sais pas ce que c'est de t'avoir, mais je perçois ta douceur. Prends mes yeux, c'est pas grave tant que tu toques à ma porte et que ça me saoule parce que je trainais en pyjama. Que tu te rappelles de mon adresse, que tu te rappelles de moi." Une toute petite fille comme Coraline Jones
  21. Je venais tout juste de les arroser c'est sûrement pour ça. La terre n'est pas comme ça de manière générale
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