-
Compteur de contenus
1 842 -
Inscription
-
Dernière visite
Type de contenu
Profils
Forums
Blogs
Calendrier
Vidéos
Quiz
Movies
Tout ce qui a été posté par Dompteur de mots
-
Ça demande un petit effort, j'en suis conscient. L'idée étant de questionner la chose jusque dans sa nature langagière. *** Tiens: qu'est-ce que je veux signifier ici en disant "j'en suis conscient" ? Toujours cette idée de schème de pensée, n'est-il pas ? J'ai voulu, en quelque sorte, te signifier que j'ai enregistré le fait que ce que j'ai écrit est difficile et que j'en tiens compte dans le schème de pensée qui nous lie au sein de la présente conversation (remarquons que l'expression "schème de pensée" relève d'une pauvreté conceptuelle - il manque un concept clair ici).
-
Broutilles. Bavardage. Remplace "Dompteur est magnifique" par "le chat est noir" ou par ce qui te chantera.
-
Si je dis « je subis les foudres de Dompteur », est-ce que je suis celui qui fait l’action ? Est-ce que j’initie l’action, la pulsion ? Y’a-t-il seulement une action ici ? L’action de constater, sans doute, dans la mesure où la pensée est prise comme action. Sans doute suis-je le commandant de ma pensée, mais non du fait de subir les foudres de Dompteur. Et encore : dans quelle mesure suis-je commandant de ma pensée et dans quelle mesure les subis-je ? Suis-je commandant dans la mesure où ma pensée est accompagnée par un sentiment de puissance ? *** Soit les 3 phrases suivantes : 1. Dompteur est magnifique ! 2. Je pense que Dompteur est magnifique. 3. Moi, je pense que Dompteur est magnifique. Les 3 phrases expriment le même rapport sujet-prédicat. Cependant, la première, qui est une exclamation, exprime l’émotion spontanée de la découverte, donc sans aucun recul. La deuxième peut elle aussi être prononcée avec une certaine émotion mais celle-ci ne sera certainement pas du même ressort que la première. Le « Je pense » exprime au fond un recul. C’est une assertion analytique, et éprouvée. L’émotion qui l’accompagne risque de n’être qu’un rappel estompé de l’émotion initiale. Quant à la troisième, il est possible qu’elle soit employée de la même façon que la deuxième, mais on peut aussi imaginer des cas où le « Moi » initial introduit la notion d’un recul supplémentaire, du même acabit que le recul du vieillard qui raconte « Moi, quand j’étais petit… ». *** D’un certain point de vue, les phrases 2 et 3 sont aussi des exclamations, en tant qu’elles expriment une émotion, un état d’esprit. Et il est sans doute faux d’affirmer qu’elles ne sont que des versions estompées de l’émotion initiale. Lorsque je dis la phrase 2, ne suis-je pas empli de l’émotion d’avoir trouvé mon identité, ma position par rapport à la situation en cours (même si cette émotion est d'un genre complètement différent de l'émotion de la phrase 1) ? Et de même pour la phrase 3. *** Si les 3 phrases sont des exclamations, alors seule la première est transparente. Dans quelle mesure l’est-elle ? Dans la mesure où elle n’introduit pas de moyen terme. Elle est en quelque sorte lancée à partir d’un point aveugle. Lire : « aveugle à lui-même ». Dans les phrases 2 et 3, le point aveugle est recouvert par le « je » et le « moi ». On y utilise le "je" et le "moi" mais il y a quelque chose qui parle en-deçà de ce « je » et de ce « moi ». Ces deux mots ne sont donc que des artifices langagiers qui servent à moduler la teneur de l’exclamation. *** Seules les phrases 2 et 3 pourraient être recyclées en une phrase du type « j’ai conscience de… » : 4. J’ai conscience que Dompteur est magnifique; 5. Moi, j’ai conscience que Dompteur est magnifique. On pourrait toutefois imaginer, pour la phrase 1, quelque chose de ce genre : 6. J’ai eu conscience d’avoir trouvé Dompteur magnifique. Mais comment cette phrase diffère-t-elle de la phrase 4 ? Cette dernière fait référence à ce qui a été enregistré, tandis que la phrase 6 fait référence à l’enregistrement lui-même, pourrait-on dire. Ou plutôt, elle fait référence à la magnificence de Dompteur pour un moment précis. C’est donc l’application du prédicat de la phrase originale qui est modulé. *** Pourquoi utiliser l’expression « j’ai conscience » au lieu de « je pense » ? Le « je pense » exprime un état d’esprit, tandis que le « j’ai conscience » semble faire référence à un schème de pensée. « J’ai conscience » comme dans « cette information est intégrée et j’en tiens compte dans l’optique XY »; « j’ai eu conscience » comme dans « j’ai intégré cette information et j’en tiens compte dans l’optique XY ». *** Et si nous disions : 7. Je sais que Dompteur est magnifique. Comment cela diffère-t-il de la phrase 4 ? La notion de savoir fait référence à ce qui a été enregistré, sans que sa présence soit liée à quelque schème de pensée. La notion de conscience semble exprimer une certaine actualité de la chose. Ou, pour le formuler autrement, la notion de savoir exprime une potentialité de la chose, tandis que la notion de conscience exprime la chose en acte. La relation de la chose avec le schème en tant que ce schème est en acte, ce qui revient au même. *** Je lis une intervention du Dompteur tandis qu’un interlocuteur qui a déjà lu cette intervention me regarde en souriant. Devinant ses pensées, je lui lance : 8. Je sais : Dompteur est magnifique. Premier angle de traduction : « je suis moi aussi envahi par cet état d’esprit qu’exprime l’assertion ‘Dompteur est magnifique’ ». Deuxième angle de traduction, qui nous intéresse davantage : « L’état d’esprit qu’exprime l’assertion ‘Dompteur est magnifique’ est enregistré. L’information est potentiellement utilisable. *** Je lis une intervention du Dompteur tandis qu’un interlocuteur qui a déjà lu cette intervention me regarde les yeux froncés. Devinant ses pensées, je lui lance : 9. J’en suis conscient : Dompteur est magnifique. Traduction : « l’état d’esprit exprimé par l’assertion ‘Dompteur est magnifique’ a bien été intégré à mon schème de pensée s’appliquant dans l’optique XY qui nous occupe. » L’optique XY pourrait ici consister par exemple en une discussion où il s’agit d’évaluer quels sont les plus grands philosophes vivants. L’optique XY est ce que j’ai appelé plus haut un schème en acte.
-
Tu peux être vachement touchant quand tu t'y mets Jedino. J'ai les yeux humides. À mon tour maintenant de faire vibrer mon violon. Je te garantis une chose: quand on me pose une question, peu importe le degré d'érudition qu'elle manifeste, je suis officiellement le plus fin et le plus attentionné pédagogue du forum. Tu veux une preuve ? Je viens de m'entretenir pendant 10 pages et plus avec un prosélytiste qui méprise les philosophes. 10 pages de références vulgarisées et condensées à la crème des philosophes de l'histoire. Sans citations, pour ne pas effrayer. Et relatées d'une façon toute personnelle, qui plus est. Je suis pratiquement mûr pour la canonisation - même si le Pape sait bien que je refuserais par modestie.
-
Qui de mieux placé qu'un homme qui méprise les philosophes et la discipline philosophique pour en juger ? Qui consulte-t-on quand on veut avoir le meilleur avis sur une pièce de viande ? Le végétarien pardi ! Je songe sérieusement à ouvrir un deuxième blogue pour traiter de cette passion: Dompteur de quartz
-
Et bien moi, je n'aime pas ceux qui viennent livrer leur opinion comme si la philosophie consistait à compiler les avis. Je n'aime pas les textes trop courts qui traitent d'un sujet sans nuance, comme s'il était acquis que la perspective de l'auteur était la seule ou la meilleure. Je n'aime pas le langage simpliste, imprécis, qui prête à équivoque et à toutes les interprétations possibles. Je n'aime pas la masturbation intellectuelle des gens qui viennent écrire 3 ou 4 lignes sans trop s'arrêter à ce que les autres racontent, sans vraiment participer à la réflexion, juste en fait pour se donner l'illusion de la profondeur. Je n'aime pas non plus ceux qui ne se relisent pas et qui laissent leurs textes truffés de fautes de grammaire et de structure, car j'aime profondément ma langue. Je n'aime pas la facilité de ceux qui lèvent le nez sur tout ce qui s'adonne à la philosophie avec passion, exigence, folie, sous prétexte que tout devrait leur ressembler. Je n'aime pas l'hypocrisie de ceux qui n'arrivent pas à suivre les textes des intervenants plus aguerris, en les traitant d'élitistes, de hautains, d'enculeurs de mouche. Je n'aime pas l'intolérance de ces petits donneurs de leçon qui ne se gênent pas pour dénoncer la supposée intolérance de ceux qui critiquent leurs propos. Je n'aime pas la bisounoursserie de ceux qui voudraient que tous les intervenants se tiennent toujours par la main et s'envoient de gros bisous émoticônes. Je n'aime pas tout ce qui veut niveler par le bas et qui refuse de célébrer la compétence, la passion, l'excellence.
-
AH ! Enfin un avis éclairé ! Je seconde Henri sur toute la ligne.
-
On s'informe d'abord, on juge ensuite. Et on ne s'informe surtout pas chez Maroudiji. La philo pour les enfants n'a absolument pas comme objectif d'implanter des concepts philosophiques dans la tête des enfants. La méthode la plus usité dans le monde au moment où on se parle consiste à asseoir les enfants en cercle et à leur faire se poser des questions au sujet du monde qui les entoure, sur des sujets qui les touchent. Exemple pour un enfant de 6 ou 7 ans: qu'est-ce que l'amour ? La diversité des points de vue exprimés fait en sorte que peu à peu, les enfants s'acheminent eux-mêmes (le tout arbitré par un adulte, bien sûr - mais l'adulte n'est pas appelé à donner son point de vue) vers une appréhension plus globale du sujet. En l'occurrence, les enfants parlerons de l'amour pour leurs parents, puis pour leur chat, leur chien, puis de l'amour entre amis, puis entre amoureux, puis se demanderont ce que toutes ces occurrences ont en commun, etc. Ils développent ainsi leur sens critique, font l'acquisition d'un mode de discussion démocratique, apprennent tout le monde de nuances qu'il y a au cœur de tout sujet, intériorisent l'art de dépasser leur simple opinion, etc. C'est un concept qui tarde à s'implanter de façon massive. Évidemment, cela impliquerait de faire son deuil des contingents de travailleurs dociles qui sautent chaque année sur la roue de hamster de l'économie. Mais qui veut donc cela ?
-
Un homme qui méprise les philosophes ainsi que la discipline philosophique rejeté par une communauté de philosophes. Dieu du ciel ! Comment une telle chose est-elle donc possible ? Voilà qui défie l'imagination et le bon sens.
-
Que veux-tu savoir ? Mon cristal favori est la malachite, car elle est compatible avec la fréquence vibratoire de mon aura.
-
Troisième degré. Le deuxième est celui du geste, le troisième celui de la danse. La danse, c'est la succession unifiée des gestes. C'est la persévérance de l'être dans la déchirure de l'arraisonnement. La fuite hors des étendues rhizomatiques qui oppose son ipséité au néant. Pas à pas. Dans la Volonté caduque de son épistémè bouleversée. File au rythme du corps-sans-organe.
-
Mes salutations Prométhée. Je ne sais pas si c'est ce que tu veux dire mais il m'appert que l'idée même d'un système philosophique fini et clos et tout à fait inepte. À vrai dire, en toute conséquence avec ce que j'ai dit plus haut, je ne lis jamais un ouvrage qui décrit un système philosophique ou une grande construction métaphysique au premier degré. En fait, je ne lis jamais quelque discours philosophique que ce soit au premier degré. J'essaie toujours de voir au-delà des mots qui sont utilisés et de leur signification traditionnelle quel est le geste philosophique (c'est un concept de mon cru) qui est sous-tendu par ce discours. Je me demande: qu'est-ce que l'auteur veut provoquer ? Que cherche-t-il ? Car les mots ne sont jamais qu'instruments dans nos mains, et non des véhicules par lesquels nous irions droit à l'être des choses. Par les mots, nous nous communiquons des énergies (j'adhère à la philosophie New Age et je raffole des cristaux). Oui. Un ennui fondamental est que nous avons une vision dualiste du discours. Nous le séparons selon le schéma fond / forme. Cette manière de voir, utile à certaines fin, peut devenir un caca tenace à un certain point. Tout se passe comme si, en communiquant, nous avions toujours les yeux tournés vers un lieu - celui du fond - qui n'existe pas. Les mots n'ont de sens que dans leur contexte, voilà tout. Si on définit la conscience comme "puissance de choix dont l'être dispose" (Bergson), et la raison comme la frange de cette puissance de choix qui se déploie dans un monde symbolique, il n'y a aucune raison de penser que les végétaux disposent de conscience et de raison, et il y a tout lieu de penser que les animaux disposent d'une raison très limitée, sinon inexistante dans la plupart des cas. Mais plus important encore est de réfléchir sur le pourquoi de notre utilisation du mot conscience. Quels gestes langagiers effectuons-nous lorsque nous l'utilisons ? On pourrait effectuer des jeux de mots, par exemple en affirmant que puisque le monde se crée à chaque instant d'une manière ultimement imprévisible, alors nous pouvons dire que le monde dispose d'une puissance de choix infini et qu'il est donc présidé par une conscience tout aussi infinie (et ce serait donc vrai des végétaux et du monde inorganique). Mais nous venons de basculer à un sens complètement différent de l'expression "puissance de choix". Or, il est typique que les discours religieux jouent sur ce type de basculement d'un champ de sens à un autre, sans égard pour les règles du jeu. C'est ce que je reproche à Maroudiji: la constante confusion des règles au sein de son discours. Quant au geste philosophique du discours de Maroudiji ? C'en est essentiellement un de défense, de repli. Or, sa posture est ridicule, comique même parce qu'on ne vient pas sur un forum de philosophie sans être en recherche, sans avoir besoin de trouver quelque chose, sans avoir le besoin d'être atteint par quelque geste philosophique, et d'atteindre en retour. C'est un amant à la fois excité et déterminé à rester en robe de chambre. Je ne sais pas d'où tu tires que toute l'information du monde doive être inscrite en l'individu. Le mot "intériorité" désigne un état d'esprit, un mode du sentir et du réfléchir, rien d'autre. On peut définir Dieu de bien des façons. Plus important encore: quels sont les gestes philosophiques que nous voulons induire lorsque nous utilisons ce mot ? "Signifier" ne signifie pas "pointer vers l'intérieur d'une chose", mais plutôt "entraîner", "soulever" l'être à qui l'on s'adresse. C'est en ce sens que je demande, dans une conversation sur Dieu: qu'est-ce que tu veux signifier par ce mot ?
-
Je te l'accorde: les philosophes sont des casse-pieds. L'esprit veut naturellement éprouver sa pleine puissance, veut aller au-delà de lui-même. Et les philosophes nous mettent toujours des bâtons dans les roues avec leurs exigences. Tout ne peut être dit, affirment-ils.
-
Cette petite illustration fort rigolote n'a certainement pas été élaborée par un philosophe. Ou alors c'était un bien mauvais philosophe. La taxonomie ne dit pas que tout corps allongé est la trompe d'un éléphant, ou que tout corps cylindrique de la circonférence approximative des bras de l'homme est la patte d'un éléphant, ou que toute surface présentant la texture de la peau de cet animal se trouve nécessairement sur un éléphant. La taxonomie désigne un organisme entier, c'est-à-dire un assemblage de différentes parties. D'ailleurs, alors qu'à ses débuts la taxonomie se concentrait essentiellement sur des caractères superficiels, liés à l'apparence extérieure des organismes, elle a dû, à mesure qu'elle évoluait, se concentrer sur des caractères plutôt liés à la physiologie des organismes. C'est-à-dire des caractères qui désignent l'organisme dans sa qualité d'assemblage, dans son fonctionnement même. Ce que j'ai dit, c'est que la matière est activité par essence. Que le concept de matière entendu comme une pâte inerte n'a aucun sens. En quoi est-ce problématique que la matière se meuve et se construise ? Tout d'abord, la matière ne "donne" pas la vie. Il faudrait plutôt dire que la vie est en elle. On peut appeler "évolution" la description analytique du phénomène par lequel la matière se transforme constamment pour produire des formes toujours plus complexes. Maintenant, ce phénomène a-t-il une cause originelle quelconque ? Comment le saurais-je ? Ensuite, si je suis vivant et que la vie est en la matière, puis-je affirmer que ma qualité de vivant se trouve en la matière ? Puis-je affirmer par exemple que l'univers est doté d'une conscience ? Cela semble assez fallacieux. De même qu'il serait assez fallacieux d'affirmer que, puisque le cœur est dans le corps et que je puis dire du cœur qu'il bat, alors le corps bat lui aussi. Il y a des battements dans le corps, mais le corps ne bat pas, si tu vois la nuance. Rien ne semble donc permettre d'affirmer que l'univers est conscient. Remarque que rien ne l'empêche non plus. Un poète peut bien l'affirmer sans que cela ne choque personne, cela parce que les règles du jeu poétique sont claires. Quant aux règles de la "religion traditionnelle", elles se trouvent typiquement sur le territoire de la confusion des genres. Ce n'est pas ce que j'ai affirmé. Je ne pense pas non plus que c'est une question qui relève de la science. Mais le philosophe qui parle de l'âme ne peut dire n'importe quoi comme si la science n'existait pas. Qu'est-ce que tu appelles "conscience" ? Tu n'es pas sans savoir que nous utilisons ordinairement ce mot en relation avec tout le jeu des expressions et des activités humaines. Si tu l'appliques au reste des choses, alors forcément, tu lui retires des propriétés. Que reste-t-il ? Qu'appelles-tu donc "conscience" ? Non. La science va te parler de sang, de lymphe, de nerfs, etc. Ou alors nous ne parlons pas de la même science. Je vois mal un docteur venir affirmer à un patient dont le membre est en train de se nécroser: "la conscience ne circule plus très bien dans votre membre. Nous devrons peut-être l'amputer". Fascinant, mais encore faut-il défendre une affirmation de ce genre. Moi aussi je peux sortir plein de choses: - La thermodynamique c'est de la merde; - Jung peut bien cirer mes bottes; - Bergson raconte des conneries. Évidemment, ce n'est pas intéressant. Ce qui serait intéressant, c'est la discussion qui m'amène à formuler ces affirmations.
-
Mais réfléchis bien: si je ne m'octroie pas ce droit, c'est toute mon échelle d'évaluation qui s'écroule. Je suis logiquement tenu d'être le seul à pouvoir définir ce qu'est la philosophie.
-
Je vais t'avouer que je suis un peu perplexe. Quels sont donc les vrais enjeux philosophiques que tu me proposais ? La discussion est partie d'une tentative de rapprochement qui consistait à t'inviter à développer le fonds philosophique de la BG, de ta doctrine. Tu as rapidement posé les concepts de Dieu et de spiritualité. Or, ces concepts sont des sources infinies de confusion. Aussi, il fallait en discuter. Nous venons seulement d'effectuer une première percée intéressante en nous entendant sur la définition de l'intériorité ! Nous allons bientôt arriver à une définition de la spiritualité ! Nous n'en sommes qu'aux hors-d'œuvres ! Je te reviens d'ailleurs bientôt avec les réponses à tes derniers messages. Pour le monisme et le nihilisme, je t'invite à poser un problème en termes compréhensibles, et non pas juste haleter en répétant qu'il faut en parler. Comme je suis le seul détenteur du niveau 10, c'est à moi et à moi seul qu'il revient de définir la signification de la philosophie. Tu veux dire décrire à quoi ressemble le niveau 10 vu de ton niveau ? Pourquoi pas...
-
Il y a une chose qui saute aux yeux dans ton cas Maroudiji, c'est que tu n'es pour le moins pas décontracté lorsque tu philosophes. Tu es constamment sur la défensive, comme si tu avais peur de tomber dans un piège. Tu uses aussi d'une sorte d'ironie sèche et grossière qui ne fais que traduire ton propre malaise. Dans ce contexte, il pourrait effectivement être tout indiqué que tu fumes un joint avant de me lire et de travailler sur ce fil de discussion. Autrement, l'idée serait de lire les mots de mon post en cherchant à comprendre leur sens en fonction de leur usage, et non en fonction du sens que tu aimerais bien qu'ils aient. J'évalue la compétence philosophique des gens selon une échelle qui compte 10 niveaux: À casser Farce ambulante Lustreur de bottes Faire-valoir Papier-peint Raisonneur du dimanche Interlocuteur potable Apprenti Disciple Dompteur de mots Présentement, je dirais que tu oscilles entre entre les niveaux 6 et 8. Tu peux le prendre comme un compliment.
-
Je t'invite à méditer pendant quelque temps sur le sens que je donne au mot "intériorité".
-
@Blaquière Je fais ici un mouvement de recul parce que je me rends compte que je me suis laissé entraîner au sein d’une discussion certes intéressante, mais qui m'emmène loin de ce que je voulais exprimer à la base, à savoir l’idée d’une intériorité non-spatiale. Pour illustrer mon propos, je compare deux choses : Le fait de connaître une personne en accumulant sur son compte toutes les informations possibles : sa généalogie, sa biographie, des témoignages sur sa façon d’être, sur les conditions de l’éducation qu’elle a reçue, etc. ; Le fait de connaître une personne par le truchement d’une relation vivante avec elle, où l’on s’investit personnellement. Je dirai donc que la deuxième méthode manifeste de l’intériorité, au sens où j’ai employé plus tôt ce terme. On voit donc que cela n’a rien à voir avec la localisation spatiale du cerveau. Il y a intériorité en ce sens où le fait de puiser une connaissance à même mon vécu brut me force à un certain recueillement. Je dois faire taire les fonctions analytiques de mon cerveau, qui me projettent si facilement dans un monde de découpes spatio-temporelles, pour me laisser fondre dans la mouvance même des choses. Ce que je saisis là, je n’y peux référer par le mode analytique que d’une manière indirecte, par métaphore, par image. Nous pourrions aussi dire que l’intériorité me sort du strict schéma sujet-objet pour me placer dans la dynamique même des choses, où je ne deviens que pur rapport au monde. La connaissance intérieure ne peut que nous révéler nos préjugés, qui proviennent d’analyses erronées dont nous recouvrons notre vécu. Ce sont de tels préjugés – mais plus particulièrement ceux qui se sont affectivement fixés en nous – que la psychanalyse s’attache à dévoiler et à faire se résorber leur caractère tyrannisant. Et en dépassant nos préjugés, nous changeons par le fait même notre connaissance du monde. Les techniques de méditation et de pleine conscience ne consistent d'ailleurs qu'en ce que je viens de dire : la mise hors-circuit des fonctions analytiques du cerveau, pour se rapporter seulement à l'expérience brute. Dans ce dénuement, l'esprit tend à devenir pure relation au monde, et les interférences dus à nos préjugés ne manquent pas de se révéler. Ou plutôt : « je suis une succession de pensées ». Encore que je ne sois pas convaincu qu'une telle proposition ait quelque sens que ce soit. Il faudrait peut-être s'en tenir à celle-ci : « les pensées se succèdent en moi ». Hmmm. Je pense que la réflexion schopenhauerienne est plus profonde que ce que tu dis, malgré ses travers. Peut-on nier que nous émanons du monde et donc qu'à un certain point de vue, c'est le monde qui s'affirme en nous ? C'est une pensée étourdissante. C’est ce que je voulais dire par « spatialité en sursis » : l’Amour comme amour spatial en suspension (j’ai vraiment l’impression d’être un raélien à écrire des phrases comme ça !). Non : même chose pour moi le cerveau et la cérébralité. C’est juste plus commode de parler de cérébralité parce que c’est un terme du même acabit que l’esprit : il désigne un phénomène plutôt qu’un objet.
-
Si je te traitais de petit vermisseau purulent parce que je trouve ridicule ta définition de la méchanceté, cela te porterait préjudice et serait méchant. En revanche, je pourrais très bien l'avoir fait dans le but de dévaluer ta définition parce que je considère qu'elle porte préjudice à l'intelligence des autres intervenants. La méchanceté se définirait alors comme instrument polémique. On même imaginer le cas d'un homme s'adonnant à ce genre de méchanceté avec aversion, porté par le sens du devoir.
-
C'est-à-dire que le libéralisme admet des individus au système positif dans la mesure où l'expression de ces idées ne contredit pas le cadre libéraliste. Toute la question est alors d'établir la limite entre ce qui doit être toléré et ce qui doit être réprimé. Trop de tolérance envers les individus au système positif provoque les inconvénients dont tu parles, mais trop de répression rend l'État positif lui-même ! Celui-ci risque alors de devenir le serviteur des intérêts, des valeurs dominantes. Une autre question est de savoir si une société peut garder sa cohérence globale même en étant fracturée en différentes communautés de valeurs et d'intérêts. On s'entend: la dissension est essentielle au libéralisme et à la démocratie mais jusqu'à quel point l'élastique peut-il être tendu ? Oui, mais c'est une question qui dépasse la philosophie politique. Elle rejoint le phénomène du nihilisme. Avec la chute des valeurs et des vérités, il n'y a plus, pour le moment, de mouvements de valeur durables. Seulement des épi-mouvements d'intérêt. Peut-être est-ce un passage à vide nécessaire avant une ère où de nouveaux mouvements auront lieu, où les masses ne seront pas portées par les événements comme ce fut toujours le cas auparavant (les peuples sont comme des vagues, disait Napoléon), mais où les individus qui les composent seront intimement engagés dans leur action.
-
@Blaquière Le problème ici, c'est que tu fixes l'en-soi dans une partie du phénomène, du pour-soi. Schopenhauer lui isolait carrément la volition comme un type de connaissance particulier. Alors que toutes nos autres connaissances se déploient, comme le dit Kant, dans un espace-temps, la volition est l'affaire du temps seulement. Nous sentons que quelque chose "veut" en nous mais hors de tout espace. Puis, il a fait de ce vouloir l'essence, l'en-soi même de l'homme et de toute chose. Il y a des sujets de la conscience qui n'ont effectivement de sens que depuis le point d'observation dont tu parles. Tout ce qui relève de la coordination de nos mouvements, par exemple. Mais y'a-t-il des sujets depuis lesquels la spatialité est indifférente ? Si je m'introspecte pour tenter de comprendre ce qu'est l'amour, ce que cela signifie pour moi, ma situation spatiale importe-t-elle ? Cette recherche ne porte-t-elle pas essentiellement sur les qualités de mes actes de volition que j'associe à l'amour ? Ou alors, cette non-spatialité n'est-elle jamais qu'une spatialité en sursis ? Y'a-t-il un sens à réfléchir si ce n'est pour que la pensée retombe sur son "ici, maintenant" ? Ou faut-il y voir deux modes différents de l'esprit, un peu comme les deux modes de Bergson: la pensée géométrique, spatiale, phénoménale, localisée, opposée à une pensée intuitive portant sur la durée - la durée donc l'écoulement de l'être dans le temps (on en revient donc à Schopenhauer) ? "Le sens n'est pas chimique ni physiologique, il est inventé par l'opération de penser": exact ! Mais je ne comprends pas alors pourquoi tu mets cérébralité et esprit dans le même panier. La cérébralité, c'est le vrombissement de toute cette chair cervicale flasque, de toutes ces circonvolutions, le ronron de nos neurones et de nos nerfs. Le changement de mode dont tu parles, Schopenhauer appelait cela "le miracle par excellence".
-
L'idée est que les gens qui sont méchants pensent ultimement faire le bien. La question devient donc: "pourquoi tout le monde n'a pas le même cadre moral que moi ?" Les raisons sont multiples: éducation, environnement, sensibilité, intelligence, expérience, etc. L'une des grandes propriétés morales qui peuvent distinguer un système moral de l'autre est celle de la positivité / négativité du système. Un système positif considérera qu'une certaine vérité morale existe et que celle-ci doit être imposée. Un système négatif considère que les hommes sont aptes à s'autodéterminer, et qu'il faut par conséquent, dans la mesure du raisonnable, respecter leur champ d'action respectif et donc ne pas leur imposer quelque façon d'agir que ce soit. Ton système est négatif Quasi-Modo. Les gens qui provoquent ton désarroi tendent sans doute vers un système positif.
-
De même, il est difficile d'aimer depuis sa brosse à dents. D'un autre côté, l'amour n'est pas vraiment en moi n'est-il pas ? Le langage crée toutes sortes d'illusions de ce genre. D'un côté, tu as évidemment raison: la pensée est liée à une certaine spatialité, dans la mesure où elle dépend de l'activité du cerveau. Mais d'un autre côté, nos pensées ont parfois cette façon de créer un espace hors de l'espace. J'affirme que le concept d'intériorité a une consonance spatiale tout à fait illusoire, ou du moins accessoire. Il faudrait un concept pour désigner l'activité cérébrale. Mettons la "cérébralité". Nous pourrions dire qu'il y a entre la cérébralité et l'esprit le même type de rapport qu'il y a entre l'acteur et son rôle. Caligula doit être joué par des hommes bien réels sur les planches d'un théâtre bien réel, mais en même temps, la figure de Caligula échappe à cette contrainte spatiale. Mettons que la réflexion est analogue à l'endossement d'un rôle, et qu'elle nous amène sur le plan d'une figure ? Bon ça suffit. On interprète cette proposition beaucoup trop au premier degré. C'est pas HD Becon qui disait la même chose ? Je est un autre, est-ce que ça serait pas un état d'esprit ? On imagine le jeune Rimbaud, en proie à une petite extase, probablement induite par l'absorption d'une substance hallucinogène quelconque ou par la transgression de quelque tabou sexuel, perdu sur l'échine de Verlaine, enfin, contemplant alors du haut de cette hauteur nouvellement conquise Arthur Rimbaud l'enfant de chœur, le propret, Arthur Rimbaud engrais de la terre, propriété du génie de l'espèce; et là, s'identifiant momentanément à ce fonds dionysiaque - il est bon de placer une référence Dionysos dans ce type de discours - il se dit p'tain mec, je suis un autre ! Ou alors, je suis l'autre saucisson là, en bas, mais il est un autre lui aussi ! Alors il gribouille ça dans son calepin en se disant que ça fera un tabac au prochain colloque de poésie de Paris. Il n'y a donc pas d'autre: il y a un décalage que l'image de l'autre rend bien.
-
Ma réponse à cette remarque vaudra, je crois, pour celle de Pascalin aussi. Je crains fort que vous ne vous soyez tous les deux pas suffisamment questionnés sur le sens du concept d'"intériorité". Il ne s'agit évidemment pas d'une intériorité spatiale, dont l'objet serait situé à l'intérieur du corps ou du cerveau. Nous nous représentons cela erronément parce que nous considérons que l'esprit est un "produit" du cerveau comme la bile est un produit du foie. Mais ce n'est évidemment pas le cas. On dira d'un homme qui accorde beaucoup d'attention à ses états d'âme et à ses sensations, qui cherche à les approfondir, à les comprendre, à les questionner qu'il a une ample intériorité. Cela n'implique pas un repli narcissique de l'individu, dans la mesure où les états d'âme et les sensations d'un homme se rapportent au monde dans son ensemble. Il y a repli narcissique si ces états d'âme et ces sensations ne se rapportent qu'à la partie du monde qui est constituée par le corps de l'individu. L'acte de réfléchir répond par exemple à la définition que tu viens de donner: aller chercher quelque chose à l'intérieur de soi - l'intériorité étant comprise comme je l'ai indiquée plus haut. Est-ce que l'acte de réfléchir a du sens seulement dans la croyance en Dieu ? Dans le contexte occidental, où le christianisme imposait une bête conception hiérarchique des rapports entre la raison et les pulsions du corps, la psychanalyse, peu importe ce que l'on dira de l'efficacité de ses méthodes, a profondément modifié la façon dont nous appréhendons notre propre psyché. Je ne suis vraiment pas d'accord. Mais les philosophes doivent composer avec leur souci de ce qui peut être dit. Le discours philosophique doit tendre à la connaissance, ou du moins à la restitution raisonnée de l'expérience. Il n'est pas question de solutionner les mystères de l'existence comme on solutionne un problème de mathématique. Il s'agit plutôt de pouvoir avancer dans le mystère. Une thérapie psychologique peut certainement aider un individu à faire cela. C'est ce que font la plupart des gens qui viennent sur ce forum.
