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Tout ce qui a été posté par Elfière
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Ça me fait plaisir. Pour en finir (ou non?) avec la tourmente marine, le portrait d'un esquif en perdition... L'ESQUIF Brisures de bleu trempé D'embruns roulés Aux voiles mouchoirs de poche Gros grain De chagrin Grêlé Sur l'esquif choqué Qui ricoche Sur des buées crachées Du creux des précipices. Au mât brisé des mots Un glas glacé glisse une encoche, Gémissement minuscule, Accroc qui s'effiloche Au froid fracas De l'effroi D'une coque ridicule Éventrée par les dents D'un orage outrageant Qu'un éclair acidule.
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NAUFRAGEUR Ce soir sourit au naufrageur. Dans le ciel déjà, s’épaissit la fureur Qui sourd aussi sous la noirceur Étrange et lancinante du clapotis trompeur… La nuit déchainera l’orage, Et des lames, la rage Dressera les brisants En de tranchantes dents. Il suffira d’espoir, D'un brasier dans le noir, Pour guider jusqu'ici Les matelots transis. Ils ne maîtrisent plus Leur frégate perdue Et mènent leurs trésors Vers l'aura de la mort... Ils croiront, pauvres fous, En tombant à genoux, Voir l’œil jaune du fauve Du phare qui les sauve... La confiance est un leurre. Ce soir sourit au naufrageur…
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Merci. Pour la tempête, c'est un autre portrait... Il faut que je fouille au fond de la malle.
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Le Vieil Homme et l'Enfant - "Raconte-moi, Grand-Père, dis, raconte-moi... - "Dis-moi, petite fille, que je raconte quoi? - "La princesse Lumière Et le Prince Barbare - "Berbère, enfant, berbère On ne dit pas barbare Tu veux encore? Je te l'ai racontée cent fois. - "Je veux encore Dis, encore une fois - "Elle, elle était Lumière Mais ne le savait pas. Dans son palais de verre Elle vivait sans éclat. Puis de ce froid repaire Un jour elle s'échappa, Parce que dans le désert Elle avait vu des pas... - "Des pas, grand-père? Des pas de loup? - "Des pas poussière Et des cailloux. Et de sa main légère, Elle toucha ces cailloux Aussitôt, flamme claire Les changea en bijou, En poème, en oiseau, En chanson, en odeur... Qu'elle suivit jusqu'à l'eau D'une oasis en fleurs, Qu'un lumineux éclair Changea en océan D'où un Prince Berbère Émergea en riant... - "Dis-moi Grand-Père, Dis-moi, je veux savoir... La Princesse Lumière Et son Prince barbare! - "Berbère, enfant, berbère Leur histoire n'est qu'un rêve... Et tes jolis yeux verts Me demandent une trêve. - "Tu dis toujours ça Grand-Père! Juste à cet endroit là... Tu sais très bien y faire, Et je m'endors déjà... - "Tu ne dors pas, Mon Ange, car tu n'existes pas... Tu es l'enfant mystère Qui me parle parfois D'une Princesse Lumière Et d'un Prince barbare... Tu es l'enfant solaire Qu'ils auraient du avoir Pour qu'un jour tout entière Je puisse conter l'histoire...
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Bah, si : La Mort et le Bucheron (J. de La Fontaine) ... "Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur, Il met bas son fagot, il songe à son malheur. Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ? En est-il un plus pauvre en la machine ronde ? ll appelle la Mort. Elle vient sans tarder. Lui demande ce qu'il faut faire" ... Mais elle est révocable. (Toujours Jean, toujours la même fable) "C'est, dit-il, afin de m'aider à recharger ce bois, Tu ne tarderas guère" ... (*) Je me suis arrêtée à la première affirmation. (Je suis un peu paresseuse) mais toute ta démonstration est une suite d'affirmations, non? Ça m'embête toujours un peu. Comme une porte hermétiquement fermée au doute. Moi, je suis fan du bénéfice du doute. Ainsi, le reproche qui est fait plus haut aux suicidés d'avoir méprisé la valeur de l'Espoir. Peut-être, au contraire, en font-ils la démonstration ultime. ESPERANT une amélioration définitive de l'autre côté inconnu. Le suicide semble un choix "inédit" quand toute alternative disparait. C'est digne de respect, à mon avis. Simplement. Que reproche-t-on aux suicidés (aux morts, en général)? De faire souffrir les vivants? Le vivant ne pleure que sur lui, qu'il l'admette ou non, je crois. Je suis donc pour qu'on foute la paix aux morts, qu'elles que soient les circonstances du trépas. La mémoire peut conserver les traces d'existence. A chacun la responsabilité de "vivre" avec... ou pas. *L' évocation de la fable de Jean est une pirouette, bien sûr. Mais quand-même, il n'a pas dit que des conneries, l'ancien...
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AL ZHEIMER (ou Le dormeur du Valse-Ame-Y-Meurt) Un instant, Il a pu le sentir, Ce souffle retenu, ce soupir… Une inquiétude, une question… ? Écho, accroc, intonation... Incertitude… ou illusion ? Dans l'eau si sage, un rond Bleu grain d'espoir en déraison Tressaillement infime, frisson, Onde volage d’un unisson, Frêle mouvement, Gracile vibration... Rupture d’assoupissement forcé ! Réveil en déchirure affolée ! Brèche dans la clôture Du charnier des enterrés! Evasion d’une respiration, Bribe d’amour ou de chanson, Secret d'ailes... De vie... D'envie D'envol D'Elle...! Hors la prison Où tous les sons s’entassent, Mélasse, Se concassent, Se fracassent!... et puis... s’effacent. Regret vain ou limpide pensée? Moment béni? Revers de cruauté? Tout est fini. Le mur est réparé. Une larme-corde, seule, de l’évadé Marque la trace de ce côté. L'instant a-t-il vraiment existé?
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Est-ce si sûr?... Au fronton de l'abîme où ma raison chancelle Le démon proposait son offrande cruelle Et mes lèvres rêvant d'une eau qui désaltère Hésitaient cependant à l'ourlet du cratère L'alcool s’épanchait violemment péremptoire Embrasant en grondant les flocons dérisoires Qu'il faisait grésiller à bout de résistance En gouttelettes d’or pleurées sans violence J'aurais du en mourir, outragée de détresse Drapant d'indignité ma coupable faiblesse Je gémis simplement en vœu expiatoire L'aveu de ma défaite dans une aura de gloire.
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Du moment qu'ils ne sont pas exigeants sur l'hyper-sociabilté avec tout un chacun, ça me va. Nous avons la fertilité de l'imagination en commun, je crois bien. Nos territoires diffèrent mais je pense que nous nous sentons très à l'aise et bienvenues l'une chez l'autre. C'est ce que je ressens. Et ça me plait bien cette connivence fluide et naturelle inter-overspaces.
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Ah là, moi, je veux faire partie de l'équipe!!! Et si je peux choisir, je veux être l’Éclaireur! On parlait ailleurs de "sur qui fantasmez-vous?", demande-moi plutôt "sur QUOI fantasmes-tu?". File-moi des bouquins... Et là, ta pièce à vies, c'est juste un de mes "paradis" fantasmés! Bon, en vrai, je m'en fiche un peu de ce qu'on (tu) y cherche(s) vraiment, mais je suis assez intuitive pour le dégotter vite fait. Donnant-donnant, après, tu me laisses avec les journaux. OK?
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Excellente idée! Démon, tu restes dans ton antre. Je sais que tu es là... Redoutant que tu entres, Tu me laisses le choix : "Tombe ou non dans mon piège"... Si je fais une erreur, je devrais affronter Ton sourcil satisfait Ta lippe sortilège Tu me laisses le choix : "Tombe ou non dans mon piège"...
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Elle a jeté sa plume, a déchiré sa feuille Un trait d'encre violette tombe encor de son œil. Elle a pu d'un seul coup faire sombrer le soleil L'engloutir dans le fond d'un puits noir de sommeil. Au coffre des désirs, emprisonne l'envie, L'enlace de ses poings, en éloigne la vie. Caressant doucement la barrière de brume Elle défroisse sans peur le voile aux amertumes... Sans plus d'hésitation, avance sans regret Pour pénétrer l'ailleurs du caveau des secrets.
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J'aime bien choper le sourire dès le début et qu'il soit entretenu par des banderilles d'humour tout au long du texte. Gamine, Ika et Grichkor me foutaient la pétoche. J'suis bien contente de me venger en te lisant. Merci
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L’ARAIGNÉE ZÉLÉE Une araignée zélée De la lune est tombée. Malicieuse, a tiré Un fil de soie léger Autour des mats serrés. Longtemps, elle a tourné. L'un d'abord, l'autre après, Au suivant revenait, Tombait et remontait, Tissait, tissait, tissait... Mélangeait, emmêlait Dans sa toile éthérée Tissus et bois dressés. Et puis est remontée Sur sa lune observer Au tout matin frisquet Les embruns de rosée Sur sa toile accrochés : Gréements endiamantés Par un soleil discret Qui laissent bouche bée Les marins stupéfaits...
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Style clair et limpide! Pffou, ça repose après le smartphone et the message in the bottle! Je ne sais pas où va m'emmener Florence, mais elle, j'ai bien envie de la suivre. Merci!
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Jusqu'à la lecture du message, j'ai accroché. Mais bon, à part que l'auteur a les mêmes initiales que le héros, mon esprit pragmatique n'arrive pas à prendre son contenu au sérieux. Un peu comme dans "Le Haut-Lieu" le discours du "gourou". C'est rempli de vocabulaire pompeux et anachronique avec 1936 (an de grâce, taxe et dime...) . Apprenant à te connaitre, c'est surement voulu et je trouverais ça cohérent si c'était une supercherie destinée à leurrer le Samuel d'ici-maintenant. Ça a l'air de marcher, puisque ça l'empêche de dormir...
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J'suis bien contente d'avoir conservé mon Nokia 3210 (en cachette pour ne pas froisser la gentille donatrice de smartphone rutilant...) Bon de toute façon, je n'avais pas prévu de tuer dans l'immédiat. Un de tes textes qui me ... largue! Dont je n'ai pas envie de suivre le héros qui se perd bien trop dans des circonvolutions techniques pour mon esprit simple et simpliste.
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Ouvre plutôt un fil dédié. Si je me souviens, y en avait un paquet. XIXème donc. J'étais un peu loin...
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Non, je lui ai demandé un peu plus haut parce que "Le Papillon et le Reptile" faisait aussi partie du lot. Je n'ai "adapté" que ces deux fables. Si je me souviens bien, l'ancêtre écrivait au 17 ou 18è siècle et les manuscrits n'étaient pas commodes à déchiffrer. Il nous le dira quand il passera par là.
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Cette "adaptation" d'une autre fable de l'ancêtre de Blaquière n'est pas très bonne mais je n'ai pas retrouvé le texte initial pour pouvoir (peut-être...) le retravailler. Mais la trame reste sympathique. La Guêpe et l'Abeille Au tout premier rayon d’un soleil balbutiant Une abeille zélée taquinait le printemps Le thym, le serpolet, la blanche marjolaine Tout lui était douceur, rien ne lui faisait peine. Mais s’approche, en vibrant une guêpe curieuse : « Cousine, je vous prie, en bête laborieuse Aux questions que je dis, si vous voulez me plaire Donnez m'en votre avis, j'ai besoin de lumières : En voyant dans nos traits si peu de différence Dites-moi pourquoi l’homme a choisi d’évidence, Même s'il est coutumier de peu de clairvoyance, De vous faire l’octroi d’une telle préférence ? Mes couleurs émerveillent Mon noir est rehaussé d'un jaune qui l'ensoleille, Et pour être précis, votre habit Qui peluche est beaucoup moins joli Comme vous, fruits et fleurs Me comblent de bonheur. Je pique, c’est certain, mais vous piquez aussi Si vous fuyez l’humain, moi je le divertis Je sillonne en tous sens cuisines et salons, Du privé aux communs, j’investis tous les lieux. Je charme les oreilles au son de mon bourdon, Et malgré tout cela, on vous aime bien mieux. On me chasse, on me hait, on m’assassine enfin! Tandis qu’on vous cajole et vous bâtit maison Où pendant le grand froid, la cruelle saison On dispense tiédeur à vos rêves sereins. » A l’envieux discours qui, enfin, fit relâche L’abeille répondit , ne rompant pas sa tâche : « Ma couleur et mon chant pour vous ont moins d’attraits, Ils esquissent dans l’air un chemin bien discret, Mon aiguillon ne sert que d’ultime rempart : Son usage me cause une fatale blessure Si je blesse, je meurs en me servant d’un dard Qui n’est qu'ultime armure. Au langage entêtant sans grande profondeur, Je préfère de loin le langage des fleurs. Si l’homme, plus qu’à vous, me rend un tel hommage En m'offrant le confort qui parfait mon ouvrage, C'est qu'en restant modeste, je lui donne en partage, Chacun d'échange utile, tirant son avantage. Vous pourriez, ma cousine et n’y point voir ombrage Butiner la leçon, en goûter le message. Ni le bruit, ni l'éclat ne sont droits de péage Au calme des prairies qui préfèrent les sages.
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Ce n'est plus vraiment grave. Ça te permet un regard neuf. Et pour info, je pense avoir déposé ici autant d'anciens que de nouveaux. Avec un coup de "frais" sur certains anciens qui le méritaient bien. Mais pas ce dernier!
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Merci à tous les lecteurs. Ravie des sympathiques commentaires.
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Mais pourquoi, au contraire, ne serait-ce pas le signe, qu'Elle (la Nature) veut "intervenir", juste t'aider à "extérioriser" , t'accorder une "excuse" à une émotion contenue, comprimée, interdite. J'aime assez cette idée d'une complicité tacite (et sans doute inconsciente pour "l'élu(e)" qui en bénéficie...).
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Pour moi... la Nature n'en a rien à péter de l'homme qui est une forme de vie prétendue-autonome qui lui court sur la peau! Dépendante et souvent parasite... Que certains (pas seulement les artistes) soient conscient de son omniscience placide, inéluctable, définitive et sa patiente faculté d'adaptation, et soient convaincus que si Divinité, il existe, la "Nature" est la seule qui mérite cette conceptualisation, c'est vraisemblable. J'en suis. Se tromper en pensant qu'elle ne peut avoir de conscience que si nous lui accordons la bonne prière, c'est d'une arrogance grotesque! C'est fou... Mais juste se dire, pendant quelques moments de grâce où t'es accordé le privilège de la "compréhension", tu as pu juste sentir son infinie Grandeur/Puissance/Sagesse/Perfection/Savoir...., déjà juste ça... tu peux t'estimer béni... et goûter, humble et reconnaissant, la communion! C'est vraiment étriqué et banal en fait le vocabulaire religieux! Mais bon, j'ai que ça! (et en plus, j'ai surement du le piquer à tous les "Autres"!!!)
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Encore une amorce prometteuse... Qui laisse encore plein de portes ouvertes (entr'ouvertes?) sur des fils différents à connecter ensemble ou... surtout pas!!! Je suis désormais définitivement admirative. Merci.
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Je ne viens pas de l'écrire... Ce poème a plus de dix ans... Mais je crois que c'est l'un des mes plus... "authentiques". Un jaillissement sans réflexion (j'en ai écrit d'autres mais sans que le résultat soit probant). Ce cri là était juste "juste" dépouillé, sans fioritures.
