Scénon
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Remarquable, cette citation. J'en ajoute une autre, d'un auteur gnostique plus récent ; l'idée en est assez proche : « Ne parlant pas de la nécessité des choses mondaines ni de l'urgence des choses du siècle, le Livre ne sera ni reçu ni entendu par ceux qui s'organisent dans l'agonie du monde, ni par ceux qui y croupissent. »
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Blaquière, je vous remercie de votre réponse très claire, soigneusement formulée, et qui situe exactement le “problème”; je l'ai lue avec beaucoup de plaisir. Et vous n'avez pas tort: elle concerne bien la gnose. Nous sommes globalement d'accord : l'homme constate que sa situation sur terre n'est pas toute rose, loin de là. De lui-même, il sera tenté (si l'on peut dire) de l'améliorer, d'améliorer aussi le sort de ses congénères, même si c'est chaque fois à recommencer, jamais tout à fait réussi ou durable, etc. Puis, il y a de temps en temps un individu qui se pointe et qui dit aux autres : il est normal que les choses ne s'arrangent pas; ce monde-ci n'est pas fait pour l'homme, l'homme vient d'ailleurs, mais il l'a oublié, et l'ayant oublié, il ne songe pas à retourner dans sa patrie où tout est pour le mieux: lumière, santé, bonheur, repos. Tout ceci est d'ailleurs très poétiquement raconté dans le texte gnostique Le Chant de la perle, ce qui prouve que nous sommes bien dans le sujet. Du point de vue de la religion, ce genre d'individu n'invente pas, mais il sait par expérience de quoi il parle. Qu'on l'appelle gnostique, prophète, sage, gourou, messie, poète, prophète, témoin, etc., importe peu ici. Sachant de quoi il parle, il invite les autres hommes à suivre ses traces, de quitter l'Égypte avec lui et de retourner dans la Terre promise. Le seul problème, toujours du point de vue de la religion, c'est que certains hommes ne se fient pas à cet individu; elle estime du moins que c'est un problème pour ces hommes-là, et que ceux-ci vont droit dans le mur. Et du point de vue de ces mêmes hommes, le problème est que d'autres se fient à ce prétendu messager et vont donc droit dans le mur, eux. Cet antagonisme existe depuis toujours et existera jusqu'à la fin des temps.
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Ceci est à mettre en rapport avec ce qu'écrit Paul dans une épître canonique : «Qui a connu (en grec : egnô, littéralement : “a eu la gnose de”) l'intellect du Seigneur, pour qu'il le concilie ? Quant à nous, nous avons l'intellect du Christ.» (I Corinthiens 2, 16) L'intellect (en grec : noûs, en latin : sensus) n'est pas l'intelligence cartésienne dont l'homme occidental est si fier. C'est un sens, un organe qui permet d'appréhender le divin de manière sensible, et non plus de manière intellectuelle, intelligente, théorique, raisonneuse, hypothétique, abstraite, imaginaire, littéraire, livresque, etc.
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Bon, ce point nous éloigne un peu de la discussion sur la bibliothèque de Nag Hammadi, mais je voudrais ajouter quelque chose pour clarifier les propos de @Encéphale – si toutefois nous sommes plus ou moins sur la même longueur d'ondes ici, lui et moi. La chute, telle que la définit la religion judéo-chrétienne, est une réalité vérifiable tous les jours et qui crève les yeux: c'est elle qui fait que l'homme charnel doit gagner son pain à la sueur de son front, qu'il s'inquiète et peine une grande partie de sa vie, et surtout, que tôt ou tard, il tombe malade, de plus en plus souvent, finit par agoniser, expirer, enfin par pourrir et nourrir les vers de terre. Voilà ce que les Anciens entendaient, autrement que nous, par le “progrès”: on marche résolument, on avance, on progresse, on court, on sprinte, pendant toute sa vie, jusqu'à l'endroit où, avec un peu de chance, d'autres auront creusé notre trou, on y met un pied, on y met deux pieds, on se couche, puis on ferme. La meilleure ou pire ascendance simio-humanoïde, et aussi le triomphe de la technologie moderne, invoqués à tout bout de champ pour justifier le fait que “l'homme est en progrès”, ne changeront fondamentalement rien pour tous ceux qui verront leur dernière heure frapper à la porte, quand bien même ils chercheront, avec courage et stoïquement, à affronter ce moment. Il n'importe, ils crèveront, “dignement” ou non, entourés de leurs proches ou seuls, il crèveront comme des animaux. Le grand abattoir qu'est ce vaste monde ridiculise finalement toutes les idéologies et bonnes volontés morales, sociales et politiques. Le monde de la chute, c'est celui-là, c'est celui du Néandertal, stupidement courbé sous le poids de sa massue, comme celui de son noble et triomphant neveu ou arrière-petit-cousin, que sais-je? le Sapiens Sapientior Sapientissimus (on peut allonger le nom, cela n'y changera rien). La chute, selon la définition judéo-chrétienne, est une évidence, même si je conçois fort bien qu'on ne la trouve pas spécialement sympathique ni drôle, et qu'on préfère la “zapper” dans sa tête. Certains se consoleront peut-être à l'idée qu'au moins, elle est démocratique?
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Hem ! une nouvelle fois, vous semblez m'assimiler à un gnostique. Je me garderai bien d'y voir de la malveillance de votre part, mais la vérité a ses droits, et je tiens à éviter tout malentendu toujours possible et regrettable ; donc, bis repetita placent : je ne suis pas un gnostique, désolé, vraiment.
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Je lis la discussion avec beaucoup d'intérêt. Comme annoncé plus haut, je préfère pour l'instant m'abstenir d'une discussion sur la gnose en général – quitte à revenir sur ma décision plus tard, pourquoi pas? Je me contenterai de “balancer” un verset biblique (sans contextualiser), d'abord pour vous, @Blaquière, mais pour tous les autres aussi; un verset qui suggère que la question, dans la religion judéo-chrétienne tout au moins, n'est pas aussi simple ou tranchée que ce que vous laissez entendre: «Je suis le Seigneur, et il n'y en a pas d'autre, qui forme la lumière et crée les ténèbres, qui fais la paix et crée le mal: c'est moi, le Seigneur, qui fais toutes ces choses.» (Isaïe 45, 6-7)
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Ne croyez pas que je cherche à être elliptique . Je vous invite simplement à le lire, y compris ses enseignements médicaux. Je vous recommande La Grande Astronomie (qui n'est pas un ouvrage médical). Et aussi: posez cette question à votre évêque. Après deux trois verres, il finira bien par vous en dire un peu plus. Vrai ! je tâcherai de ne plus vous confondre.
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Cela rappelle un commentaire (que je ne parviens pas, pour l'instant, à retrouver, mais cela pourrait bien être du Jérôme), selon lequel le nom hellénisé de Thomas (Thômas) est expliqué, non d'après l'hébreu theôm, «jumeau», mais d'après le grec thôma, «étonnement», et l'hébreu thama, «s'étonner». – L'Évangile de Thomas nous a été certes conservé en copte (le texte dit shpêre pour «s'étonner»), mais comme on le fait remarquer dans l'édition de la Pléiade, son origine est probablement grecque. On pense à un passage bien connu chez Platon, Théétète, 155d (@Blaquière doit s'en souvenir !) : «Il est tout à fait d'un philosophe, ce sentiment : s'étonner. La philosophie n'a point d'autre origine.»
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L'Église devrait donc attendre l'avis de la faculté de médecine pour savoir si elle peut recommander la lecture d'un auteur gnostique?
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Vous faites l'apologie de la science moderne, mais vous ne soufflez mot sur la Science de Dieu. Cela illustre parfaitement mon propos, sans vouloir vous vexer ou stigmatiser.
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Soit, je ne veux pas me montrer plus sévère que vous. Pour le “silence total”, je maintiens ce que j'ai dit. Pour le reste, je ne doute nullement que l'on puisse avoir librement des discussions avec des prêtres, etc.
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Plérôme, siouplé. Si on commence dès le départ à s'écarter de la Saine Doctrine, nous n'allons pas nous en sortir sans vêtements déchirés voire corps lacérés de coups de fouet. Pour tout le reste, je vais voir si je trouve quelque chose d'intéressant à siroter à écrire. Merci en tout cas, hdbecon !
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Devant la Mère, picon, cela ne ferait pas très sérieux.
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Vous me raconterez, pour l'évêque. Votre question sur 2016 est-elle sérieuse? Cela fait quasi deux mille ans que, dans le meilleur des cas, l'Église garde le silence total sur les auteurs gnostiques, anciens et actuels, qui pourraient la féconder par leur savoir. Au lieu de les consulter, de les interroger, voire de les recommander, elle vante à présent la science moderne qui, toute estimable et respectable qu'elle soit, n'a rien à voir avec la Science de Dieu. Allons ! faites le test auprès de votre évêque et demandez-lui à l'improviste pourquoi l'Église ne fait jamais référence à, par exemple, un Paracelse. Je cite cet auteur-là, mais je pourrais vous en citer des centaines d'autres de la même veine (et quand je dis «centaines», ce n'est pas une figure de style un peu vantarde qui veut “en jeter”, je vous prie de me croire, je vous ferai grâce de la liste interminable).
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Je ne sais pas qui est “on” dans ce cas-ci, mais les termes «apocryphe» et «gnostique» ne sont pas contradictoires ni exclusifs. Un texte peut être à la fois gnostique et apocryphe, ou l'un et pas l'autre, et vice versa.
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Peut-être parce qu'elle jalouse ce à quoi elle n'a plus accès, ou ce à quoi elle refuse d'accéder ? Il faudrait peut-être poser la question directement à un haut responsable.
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Intéressant. Je n'ai hélas ! pas trop le temps de vérifier le texte original. Tout juste en passant, je signale qu'intrigué par l'autre passage cité par vous, dans un message antérieur, concernant les Juifs incriminés par Jésus, j'étais allé vérifier, et il est bien écrit “Juifs” dans le texte original tel que nous le possédons.
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En effet. Ces temps ne sont pas révolus et ne le seront jamais. Vous me tentez. Ce sera une ellipse volontaire, car j'ai promis à @Théia d'être sage...
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Pour ceux qui veulent monter encore d'un palier initiatique, nous avons aussi en stock les hénades, les hebdomades, les ennéades, les dodécades, les hécatondades, le choïque, l'allogène et l'autogène, et à celui qui fait le singe là au fond de la classe, on lui flanquera l'apocatastase comme punition (à expliquer pour demain, arguments pour et contre, cinq pages).
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D'accord, oui, là, je vous comprends mieux. Je la faisais évidemment en faisant allusion à la confrontation entre les chrétiens et leurs persécuteurs, les uns et les autres étant croyants.
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Je le comprends bien, je vous approuve et patienterai. Je ne dis d'ailleurs pas que l'introduction de la Pléiade soit inintéressante. Le fait est qu'une discussion entre @Constantinople et moi-même, dans le topic Les livres apocryphes, portant sur la gnose et les gnostiques, m'a fait prendre conscience qu'en parlant de ces choses “en général”, chacun avec ses propres arrière-pensées, références et lectures non nécessairement explicitées (sans qu'il s'agisse pour cela de mauvaise foi), le débat risquait de ne pas être clair pour d'autres lecteurs, voire un peu stérile pour les débatteurs eux-mêmes. D'où mon souhait de “concret”, de “particulier”. Mais je ne conteste pas l'utilité de proposer aux visiteurs de votre topic un cadre préalable.
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«Ils décapitent, après l'avoir enfermée dans une prison, la parole prophétique, ne conservant plus qu'une parole-cadavre, mutilée, qui n'a plus aucune partie saine, car ils ne la comprennent pas.» (Origène)
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(Euh... vous en êtes à votre quantième verre ? Gamaliel... Gamiamel...) La seule chose certaine dans l'histoire, c'est que les persécuteurs, voulant éviter tout risque de lutter contre Dieu en personne (ce qui était très prudent de leur part), ont relâché les chrétiens. Imaginons que je me querelle avec un petit freluquet que je dépasse de deux têtes, que je m'apprête à lui donner une paire de claques, puis que vous intervenez en me soufflant à l'oreille: “Ne faites pas ça! on m'a dit qu'il a un grand frère bodybuilder de plus de deux mètres de haut, ceinture noire, et champion de boxe catégorie poids lourds, et il aime beaucoup son petit frère...” Si ce que vous me dites est vrai, ou au moins sincère, et que je me résigne en me pliant à votre conseil salutaire, où est le sophisme?
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Moi non plus, je ne vais pas à chaque fois faire l'exégèse des bouts de citations que vous balancez. Je laisse cela aux abominables gnostiques dont certains on eu l'impudence de dire : « Nous sommes, nous, ces publicains (telônaï), c'est-à-dire ceux “en qui ont abouti les accomplissements des éons (telê tôn aïônôn)” (I Corinthiens 10, 11). » (Je vous laisse contextualiser tout cela, je ne fais que balancer, moi. Contextualiser, voilà l'art !)
