Aller au contenu

Blaquière

Banni
  • Compteur de contenus

    19 162
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    2

Tout ce qui a été posté par Blaquière

  1. Tout cela revient à dire que s'il nous fallait repartir de zéro et faire un être humain, nous n'y arriverions pas... Mais en fait on s'en fout puisque on est là ! Est-ce que la théorie du chaos suffit à nous expliquer ? Si l'on veut éviter le principe de finalité, il faut dire oui ! La question est donc là : "pourquoi voudrait-on éviter le principe de finalité", ou "pourquoi tiendrait-on à le conserver?" Autre problème : en dépit de la théorie du chaos, tout compte fait, les résultats finaux (finaud moi-même!) ne sont-ils pas équivalents?
  2. Blaquière

    Selon vous

    Le lendemain, le lendemain... Nous les paysans de la campagne, on est restés longtemps païens ! (La preuve !!!) Il nous a fallu du temps pour nous y faire à la nouvelle religion.. Il y a deux raisons antagonistes : d'un côté le conservatisme, l'inertie, la peur du changement de l'autre côté le côté un peu snob de suivre la dernière MODE. Dès que le clergé ou l'autorité a basculé, (par intérêt, par politique) le reste de la population est obligé de suivre. On vient d'en avoir l'exemple en Russie. Il y a une vingtaine d'année 20% seulement des russes étaient vraiment croyants, grâce à Poutine aujourd'hui, ils sont je crois plus de 60% ! En une génération !
  3. Blaquière

    Selon vous

    Amissa ? Tu dis : "C'est là qu'interviens l'aspect spirituel des choses ,la religion est équipé de livre plus ou moins moraux censé matérialisé la pensé de Dieu ,elle est surtout un attrape nigaud ,par exemple,quant dans une religion ont demande aux croyants de dormir du coté droit mais pas du coté gauche parce que cela déplaît à Dieu c'est un nom sens en contradiction avec ce concept là ,je m'explique:<br style="color: rgb(28, 40, 55); font-family: Tahoma, 'Lucida Grande', Helvetica, Verdana, FreeSans, sans-serif; line-height: 20.400001525878906px;">Si Dieu est omnipotent,omniscient ,parfait ,qu'ils est partout à la fois ,qu'il est le maître absolu ultime ,qu'il contrôle tout l'univers ou les univers potentiel ,alors pourquoi un tel être serais fâché de te voir dormir du coté gauche plutot que du droit ? ceci est un exemple mais il s'adapte à toutes les situations ." Je ne crois pas en Dieu le moins du monde, mais là, je dois dire qu'en effet il vaut mieux dormir du côté droit ! Parce que le foie est à droite, qu'il est l'organe le plus lourd et particulièrement important pour notre santé et qui mérite donc de "reposer" directement et de ne pas rester "suspendu" pendant le sommeil. Evidemment c'est par hasard que le côté droit a été choisi ou parce qu'une majorité d'humain est droitière ? Le bon fils c'est Ben-Jamin "le fils du côté droit". Enfin, tant qu'aucun religieux décidera d'exterminer les gauchers, on s'en sortira pas trop mal !
  4. Je parlais des jeunes gens et de leur enthousiasme. Personnellement, j'ai eu la très nette impression de ne "naître à la réflexion personnelle" qu'à partir de la classe de philosophie. Bien sûr avec l'exemple des philosophes. pour ce qui est du vulgaire, peut-être que chacun en a une définition un peu personnelle ? Hier j'avais fait une liste de ce que je trouvais vulgaire... Et je ne la trouve plus !!! J'essaie de la refaire : La méchanceté L'indignité Le cynisme Le mépris La manipulation (d'autrui) La prétention L'égoisme La mauvaise foi Se mentir à soi-même... La liste pourrait être bien plus longue, mais on peu voir facilement que les contraires seraient à considérer comme des vertus !... Même idée que vous : le but d'une existence (philosophique) est d'avancer. (individuellement au moins !) et de rechercher un épanouissement de soi.
  5. Blaquière

    Ce que j'ai fait

    Deux que j'aime mieux que les autres (dans les récentes) :
  6. Même s'il le fait mal, je trouve déjà bien beau que "le vulgaire" s'intéresse quand même à la philosophie (plutôt qu'au... foot ball ?) ! Et puis le côté mépris du "vulgaire", forcément très proche du "populaire" m'est assez désagréable. J'ai l'impression d'une atteinte à la dignité humaine... Un peu comme quand des tarrés agitaient des peaux de bananes au sujet de Taubira, une femme à mon avis exceptionnelle de qualités. Et tellement plus humaine que les agitateurs de bananes... Oui. Je m'étais senti atteint dans ma dignité d'homme cette fois-là. Voilà ! Pour moi, c'est ça le vulgaire : l'indignité. Quand il s'agit de points de vue philosophiques pas très subtils, c'est pas si grave. On peut toujours discuter... Quand j'étais en philo à la fac, je me souviens d'un prof de philo qui nous avait sorti : "Mettez-vous bien dans la tête que la philosophie c'est ce qu'ont écrit les philosophes et rien d'autre." Quelle stupidité ! Bien sûr que c'est vrai en un sens ! Mais dire ça à des jeunes gens qui sont tout heureux de découvrir qu'ils sont capables de penser par eux mêmes, est à mon avis surtout une marque de bêtise de cynisme et de prétention...
  7. Blaquière

    Ce que j'ai fait

    Merci ! c'est gentil... Pour cette dernière peinture, je m'eSplique : Le triangle, c'est l'homme, le carré, la femme et le cercle, le plaisir ! (C'est pourtant simple ! (...boff !)) J'en ai plein d'autres... Des dizaines... Faut juste que je choisisse... Attendez, j'y pense, je peux donner l'adresse d'autres peintures... https://sites.google...tures/peintures (Je vérifie si ça marche... apparemment, oui !)
  8. Serguei Zoubatov dit : "Ben ouais, ça existe encore des catholiques. Des gens qui refusent de renier leur foi, la foi de leurs pères et de leurs ancêtres. " Finalement vous avez raison et je suis votre exemple ! Mon père ne croyait en rien qu'en la dignité de l'homme. Je ne renie rien de lui ! Dans le grenier, j'ai retrouvé le cahier de chansons d'un arrière, arrière grand père : Il avait noté les paroles de "l'Internationale". Je vous conseille de les lire ; je n'y trouve pas un mot à changer. Je ne renie rien de lui ! Si je remonte à 2000 ans, je tombe (parait-il) sur un arrière, arrière/.../ arrière, arrière grand père ou oncle : Juvénal !!! "Mens sana in corpore sano" Je ne renie rien de lui ! Sur un plan pratique je trouve que s'encombrer l'esprit de dogmes et de rites religieux n'a pour conséquence que de s'empêcher (ou d'éviter!) de se poser les vrais problèmes importants de l'existence. Là par exemple : qu'avez-vous à faire des homos s'ils se marient ou pas ? Si ça peut les rendre heureux, c'est tout bénef ! Si vous êtes pas homo, vous vous en foutez et si vous l'êtes, vous pouvez ! ça concerne en plus une si petite marge de la société !... Et si vous voulez bien ouvrir les yeux, vous verrez que la religion chrétienne catholique est vraiment en grande partie fondée sur le refoulement de l'homosexualité masculine. Ce n'est pas de la psychanalyse de comptoir. Ou plutôt oui ! toute psychanalyse est de comptoir ; mais le comptoir dit vrai ! Tiens dans les brèves de comptoir, j'ai lu ça justement : "Si c'était les musulmans qui adorent un type cloué sur une croix en bois, je sais pas ce qu'on dirait..." Personnellement, n'ayant que très peu de tendances homosexuelles ou sado-maso, je me verrais mal adorer un jeune homme quasiment nu cloué sur une croix de bois... Mère vierge... (quelle horreur un sexe de femme !) J'ai connu plusieurs curés au cours de ma vie. Le premier était... comment dire ? normal-hétéro !!! Il s'est défroqué et s'est marié. Le second était... normal-homo. J'étais ado. Il lui arrivait de caresser la joue d'un camarade en le traitant de "coquine" ! Moi, il me traitait de "MECREANT!" Mais on était tout-à-fait copains ! Le troisième était normal-bi ! (On dira qu'il tirait sur tout ce qui bougeait !) Un jour, il m'a précisé : "c'est très beau aussi un homme tout nu"... Tous les autres étaient sympathiques, et assez nettement efféminés... Si l'on rajoute à ça le célibat obligatoire, vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a pas de problème à ce niveau dans le catholicisme. Essayez de réfléchir à tout ça ? Et rabattez-vous sur la devise socratique : "Connais-toi toi-même." ça, ça mérite qu'on s'y applique. "Est-ce bien moi qui pense ça, ou me l'a-t-on inculqué de force ?" "Quel est mon vrai désir ?" "N'ai-je pas endossé les désirs de quelque ancêtre, ou de quelque autre, les croyant miens ?" "Est-ce que je me mens à moi-même ?" "Est-ce que je (me) joue un rôle ?" "Est-ce que je n'oblige pas mes proches à jouer aussi un rôle? " "Jusque où dois-je laisser les autres décider pour moi ?" Voilà. Juste de la dignité humaine. C'est très très difficile. Et on n'est jamais sûr de rien. "AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES !" Et vous en premier...
  9. Eh oui : C'est dur de se regarder dans le miroir... Serguei : "Si un homme commet un péché (grave, en l'occurrence) et refuse de s'amender, alors l'Eglise"... Quand je lis une phrase comme celle-là, vraiment j'en reviens pas : ça existe encore tout ça ?... Le péché !!!
  10. Blaquière

    Le roman de Je Humble

    23 Toulon — «Si je comprends bien, vous n’aimez pas Toulon ?... » conclut Je Humble pour résumer la diatribe venimeuse de la petite femme assise en vis-à-vis qui venait de déverser sans desserrer les dents, un flot de haine aveugle sur sa Cité Sacrée. Et sans plus piper mot, le regard bientôt dissout dans des brumes mémorables, il la laissa descendre, sèche, pincée, grognante, et obsessionnellement efficace, à une station quelconque du bord de mer touristique et très beau, ruisselante de soleil et d’argent blanchi. Pour Je, le seul marché du Cours La Fayette rendait impensable l’inexistence de Toulon... et ce marché, ça n’en était qu’un millième ! Savoir qu’on irait à Toulon, déjà, c’était rompre avec le train-train quotidien (où rêvassait en ce moment Je Humble). Il y aurait un avant et un après : un voyage. Et un voyage dont Je rentrerait pantelamment ému, la tête pleine de choses imprévisibles, inimaginables. À jamais différent. D’où il avait un petit peu peur, aussi, qu’un jour, ce ne soit plus du tout le même qui revienne à sa place... Mais en premier et plus certainement, c’était l’horaire de la matinée qui s’en trouvait chamboulé. Parce que le car — l’Autobus — passait à la gare vers une heure, heure à laquelle commençait le repas, d’habitude Dès lors, le repas avancé, en déséquilibre dans la journée, en devenait un faux repas : on aurait mangé... et pas encore mangé… L’arrière grand père, l’Inventeur, lui, c’était le car de onze heures qu’il prenait, pour descendre à Toulon. Celui qui monte à la Coopérative. Et il commençait de se laver les pieds à onze heures précises, quand on apercevait le toit du car attaquant la dernière côte de Font Marcelin. Il faut être propre pour aller en ville. LE CHŒUR : « Propre comme un citadin neuf » dit le dicton. Sans pour autant risquer de se laver les pieds en vain, la fugace incursion du car au village restant suffisamment aléatoire pour qu’on n’y crût vraiment qu’au brutal cri chuintant de sa portière accordéonistique. ...Et le car et ses passagers impatients, attendaient la fin des ablutions de l’arrière grand-père... LE CHŒUR : O tempora ! omores ! Conductor haec intelligit, passageri vident; hic tamen : "—Lavabo !" 1 Mais l’arrêt de une heure était à un kilomètre. Un kilomètre au pas de charge à la poursuite d’une colossale maman d’avant-garde avec la peur au ventre de manquer le car. Dont on perdait par la transpiration et la poussière du chemin, le bénéfice de l’exceptionnellement grande toilette matinale. LE CHŒUR : Ne soyons pas si pessimiste ! La seule crasse récente aussi épaisse soit-elle, est toujours moins démoralisante que sa stratification sur d’anciennes couches déjà fossilisées... A-t-on jamais manqué le car ? On atteignait la gare. Pas une gare : LA Gare. Gare sans voie, gare sans train, un ancien relais de diligences, paraît-il… Une porte aux planches pourries, disjointes, mais fortement barricadée, condamnait l’entrée de la masure sans toit par le devant...Pourtant, après avoir contourné le bâtiment (il fallait biens’occuper en attendant le car), Je découvrait, toujours surpris, non seulement que l’accès à l’intérieur était possible par une fine brèche du mur de derrière, mais encore que la ruine, loin d’être déserte, abritait tout un univers, complet, calfeutré, autonome, peuplé de grands figuiers sauvages aux-longues-feuilles-essuyeuses et de culs de bouteilles aux dents acérées y disputant les lits informes de gravats à des merdes noircies granuleuses, en voie de lyophilisation — quoi qu’ayant encore souvent fière allure — : des voyageurs qui avaient dû attendre leur car bien longtemps... et peut être même, avec un peu de malchance... le rater ! Chacune ( parlons bas, nous évoquons les merdes ) avait sa mouche truffière ivre de l’odeur mate poivrée, qui éveillée en sursaut par l’intrusion de Je, zigzaguait un moment, affolée, en bourdonnant dans l’atmosphère restreinte, surcuite au soleil concentré entre les quatre murs. Selon la granulométrie des vestiges, Je Humble à-l’esprit-archéologique-qui-s’intéresse-à-tout, vrai Sherlock Holmes des décombres, pouvait même en définir avec une marge d’erreur acceptable, la date d’émission : noyaux d’olives ? froid hiver claustrophile, de cerises ? doux printemps enjoué, prunes, abricots voire pèches ? (mais oui !), l’été sécateur des blés mûrs... Et pépins de raisins : reverdissant automne ! Bal des saisons. Mémoires intestines. Souvenirs lancinants... Et mélancoliqueux. LE CHŒUR : C’est fou ce que le temps passe... La ruine se dressait de l’autre côté de l’Issole asséchée, juste au delà du pont. Le monde étrange-étranger commençait là. Quelques siècles plus tôt, la diligence qui transportait la paye des ouvriers de l’arsenal avait été attaquée aux abords de la Gare et son équipage sauvagement massacré. L’argent jamais n’ayant été retrouvé, ni les coupables, au dire des gens du village restés pauvres, donc vertueux, la fortune des RICHES datait approximativement de cette époque... Mais c’était l’autobus moderne qui arrivait. Sur la route étroite et toujours poussiéreuse de Garéoult, entre les vignes et la rivière tueuse. JEHUMBLE : Moi ? ça va ! N’en persistait pas moins l’obsédance d’un doute jusqu’au dernier moment : « et s’il ne s’arrête pas ?... ce serait vraiment trop bête ! » Était-il plus prudent de lui faire ostensiblement signe de stopper, afin qu’il les embarque,eux, espérant ci-debout et habillés de neuf devant la gare en ruine, ou suffisait-il d’entreprendre un simple mouvement d’approche lentissime, vu la faible distance à parcourir, mais très démonstratif et expressif, vers l’endroit où il était sensé s’arrêter ? Un comportement impérieux vis à vis du chauffeur que Je ne connaissait pas : « Je m’avance et tu t’arrêtes ! » « S’il ne s’arrête pas, je me jette sous les roues ! » pensait parfois Je Humble pour rire. Ce qui ne le faisait pas rire du tout ! (C’était quand même sa vie qui était en jeu.) Mais le car s’arrêtait. Toujours. On montait, s’installait. L’intérieur sentait la crasse rutilante, le cuir et le métal, l’essence et un cocktail de parfums ordinaires... LE CHŒUR : Le parfum, c’est la voie royale, palsanbleu ! La signalisation routière de la femme ! Et le pire sent bon ! Avec un peu de chance, Je serait obligé de s’asseoir sur la roue, la place déconseillée par les sages adultes et qui donnait soi-disant des nausées à certains... mais de loin la plus amusante pour Je qui l’obligeait à garder ses jambes en hauteur, pliées sous le menton. Sans compter les vibrations plus sèches et secouantes là qu’ailleurs : en fait, tout le contraire du mal au cœur ! Et c’était le départ. Comme dans un cocon. Au bout de quelques kilomètres de rase campagne, le car plongeait dans la verte vallée sinuante encaissée. Aucun virage n’avait encore été redressé et la route multipliait ses boucles méticuleuses. Le car tanguait. En ces temps primitifs où la vitesse de la lumière n’existait pas, le comble de la rapidité était — à l’unanimité — de descendre la vallée du Gapeau, À-QUATRE-VINGT-À-L’HEURE en s’inclinant dans les virages. (Ou en tout cas, de dire — en le mimant — qu’on l’avait fait.) Le premier village à traverser, Méounes, par son nom était encore un peu Néoules. Mais un Néoules bafouillé, déjà équivoque. Défilait ensuite au ras des vitres, le long bâtiment de la papeterie qui suivait un moment la route dans ses virages. Puis Belgentier, beau et gentil. Toujours virage sur virage. Et le faux Solliès, Le Toucas (qu’on ne traversait pas), puis le bon, Solliès Pont, en déboulant dans la vaste plaine comme une renaissance. Avalé théoriquement à Brignoles, après une brève chute œsophagique jusqu’à Néoules et le long parcours intestinal de la Vallée du Gapeau, le car, décidément indigeste, était rejeté tout rond, oscillant fièrement sur ses quatre pneus caoutchoutés de noir. LE CHŒUR : Alléluia! Encore un autre faux Solliès, perché là-haut à droite sur la colline,pointu, patriarcal : Solliès Ville. À présent, la nationale tirait droit, le car prenait de la vitesse et tout se ressemblait. La Farlède tordait à peine le ruban de la route. Il eût suffit d’un instant d’inattention pour rater sur la gauche, la Maison Hantée aux balcons déhanchés, moulurés, barbouillés de couleurs incertaines. On dit comment, une maison hantée, en « T », ou en thé ? Bientôt, le car s’engageait entre les platanes avancés de La Valette ( le pays de quelque arrière grand-père ). Venait ensuite, en introduction à la Ville — et c’était déjà Toulon —, l’interminable Saint Jean du Var, toujours encombré mais tiré au cordeau. Puis le rond-point Bir Hakeim. Et pour finir, la Place Noël Blache. Terminus pour Je Humble ! La place Noël Blache sur laquelle donnait le cabinet de la dentiste était pour Je, le centre de Toulon. Car le but du voyage, c’était la visite chez la dentiste. Autant dire que jusqu’à ce que Je s’évade de l’antre désinfecté, décoré à plus soif de mâchoires emplâtrées ricanantes aux gencives crayeuses rose bonbon, il se sentait en sursis, évoluait en apnée. Craignant à chaque fois un verdict sans appel de la praticienne sur quelqu’une de ses molaires, qui pour être de lui serait lui tout entier. LE CHŒUR : Je Humble s’aime bien ! Une place ronde gigantesque, un manège incessant aux révolutions immémoriales, que cette place Noël Blache. L’Éternité. Où toutes les rues de la ville, toutes les rues du monde aboutissaient, s’enroulant en spirale sur elles-mêmes. Le Nombril de la terre... Mais qui pourtant, au fil des années, allait se transformer en simple rond-point. Quand la dentiste qui s’était peu à peu cheveux-boucle-grisée se serait effacée, le cabinet du nouveau dentiste ouvrant ses fenêtres, Place de la Liberté, Toulon allait changer de centre... Mais revenons à Noël Blache ! Depuis ce lieu de débarquement, Toulon c’était d’abord la rue en pente — sans fin pour être légèrement courbe — du marché, Le Cours La Fayette qui s’enfonçait dans le sombre des maisons... et ne pouvait, parti comme il l’était, que s’engloutir à l’arrivée, tout en bas, dans la mer. Une mer invisible d’en haut mais que l’on sentait omniprésente par l’air frais, salé, collant d’humidité. Toulon c’était la ville de la mer... La mer toute rongeante et toute dévorante et où tout dévalait. En début d’après midi, le Cours récemment débarrassé, ruisselait encore du nettoyage qui démultipliait un mélange d’odeurs douceâtres et avariées de fruits et légumes à présent volatilisés. Pour voir le marché battre son plein, sans doute eût-il fallu venir le matin ?... Ce qui était inconcevable : Toulon n’existait pas vraiment le matin. (À cause du car de une heure.) En haut du Cours, d’autres odeurs, sucrées et parfumées, louches et sèches, celles-là, comme de foin, tentaient une furtive sortie de la boutique d’épices qui détaillait les produits exotiques. Là, de grands sacs en jute, appuyés debout contre les murs tout autour de la pièce, baillaient en grand, la toile retroussée, ourlée en rond sur le pourtour, attendant sans pudeur la sasse métallique qui les pénétrerait d’un coup vif en faisant crisser les graines rousses ou les farines vert pâles mal tamisées... Et la sasse, toujours la même sasse, au gré des acheteurs, passait impunément d’un sac à l’autre... Toulon, c’était aussi les marchés aux poissons qui répandaient aux environs une odeur effroyable. D’autant plus effroyable que le poisson n’était plus là pour se justifier... SARTRE: Deux choses sentent le poisson dont une qui est le poisson2. LE LOCUTEUR : C’est malin ! Moi qui faisais dans la littérature ! Tout près, la petite échoppe pour les artistes peintres, en contrebas de la rue, par où l’on aurait pu plonger sans espoir de retour dans l’obscur monde de l’Art et des couleurs trop vives… Toulon, c’était la Rue d’Alger des marchands juifs qui s’accrochaient aux clients lorsqu’ils tentaient de fuir, jusque sur le seuil des boutiques, pour leur vendre la chemise ou la cravate qui tout compte fait ne leur plaisait guère. C‘était l’épreuve des magasins de chaussures et des interminables essayages. Je Humble ne savait jamais si ça allait ou pas. LE CHŒUR : Le sait-il aujourd’ hui ? — "Une paire est trop petite et l’autre un peu trop grande..." disait Je Humble. — "Alors on prend les deux !" répondait la maman généreuse aux-mains-pleines-de-larges-billets. Ce qui ne faisait pas une moyenne ni la bonne pointure ; mais était atavique, le grand-père de Je, chaussant d’un pied sur l’autre, deux pointures d’écart : de quoi se plaignait Je ?!!! Toulon, c’était la Rue du Canon, pleine de créatures spéciales, in-reconnaissables à Je Humble, où des marins gueulards devaient venir en ribambelle dans des chambres sordides, tirer à boulets rouges (du même rouge que leur pompon), sur les sexes écartelés des filles de joie. JE HUMBLE : Moi,je dis : « putes » LE LOCUTEUR : C’était pour faire plus gai... La Rue du Canon où l’Inventeur était venu, un pied nickel, manger en trois jours la maison construite de ses deux mains, et où son fils,pépé Je, le Grand-père Mythique aux-pieds-irréguliers, armé de sa guitare, venait dit-on, charmer les belles au son de la Comparsita. PÉPÉ JE : « Un petit con par ci, un petit con par là...» Toulon, c’était le port. Avec ses larges dalles blanches et glissantes de promenades du dimanche en semaine, de promenade pommadée exhibitionnistique devant les terrasses de bars. Ici, l’autre grand père, pas le mythique, le vivant, tout habillé de blanc, s’était fait applaudir d’un pet monumental par les gens attablés, avant de constater que son pantalon blanc, pourtant en plein soleil, en avait pris ombrage sur une large surface... LE CHŒUR : Cuverville3 en rit encore ! Le port qui avait été le lieu immonde du titanesque sabordage, graisseux, huileux, envahi d’épaves noirâtres rouillées, puis était redevenu celui des bateaux clapotant paisiblement à quai. Des bateaux qui auraient pu vous emporter n’importe où sur l’eau lisse et onduleuse. On n’en avait pas envie puisqu’ on était bien ici... mais c’était bon de le savoir. Toulon c’était la ville des bombardements préhistoriques où la maman de Je s’abritait sous des tables qui volaient en éclat dès qu’elle en changeait. Toulon d’où elle était revenue un jour, avec des dents de fer et un beau sourire triste. Toulon, c’était la ville sans nom de la Révolution, la ville ouverte à l’Anglais, encore plus tôt ouverte au Turc, et bien plus tôt, la presenta ciutat de Provensa4 qui se protégeait des galères pestilentielles en quarantaine derrière sa frêle palayssada hyménique... et avait d’ailleurs fini par en être engrossée de peste noire... ou brune ! Toulon ville ouverte. Ville offerte à qui voulait la prendre et se réjouissait du moindre petit navire pénétrant sa rade au goulet resserré, sous l’œil lubrique et attendri du vieux père Faron... Mais Toulon, c’était aussi le sursaut de ses antiques municipes qui avaient ordonnancé l’arrêt de fanatiques religieux descendus dans la basse ville pour y tabasser une prostituée. Mille quatre cent quarante et quelques... Toulon, c’était les remparts impeccables et pointus de Vauban, la Porte d’Italie, Napoléon, la gloire, le car, le retour. Tous les chemins mènent à Rome et le Roi de Rome est mort... En remontant, il faudrait guetter la Maison Hantée sur la droite, cette fois. Toulon était une ville... était LA ville... Juste assez grande pour croire qu’on aurait pu s’y perdre, sans le risquer vraiment. Je Humble avait vécu au centre de Toulon, rue Paulin Guerin (caraca-si-couteau), septième étage sans ascenseur, neuf mois comptés, en toute liberté. Indispensable, insupportable liberté... Et il se demanda : « Comment peut-on ne pas aimer Toulon ? » Notes : 1 « Quel époque ! quelles mœurs ! Le conducteur le sait, les passagers le voient ; et lui pourtant : — « je me laverai ! » (Cicéron !) 2 Sartre, Lettres au castor (du 25 février 1940), Gallimar (" Mon cœur sent le poisson"). 3 Statue sur le port de Toulon. 4 "la présente cité de Provence" et "palayssada" : "palissade".
  11. Si vous lisiez bien les Evangiles; vous vous rendriez compte que les probabilités pour que Jésus Christ ait été homosexuel sont assez grandes. (Il y est dit par exemple de Jean, "l'apôtre que Jésus aimait". Et je passe sur d'autres détails tout aussi curieux.) En fait, les catholiques que l'on a vu défiler contre le mariage gay et récemment sur les problèmes de genre et d'adoption ne sont pas rétrogrades. Ils sont simplement en état de "régression" psychologique. Je m'explique ! Perso,, au début, le mariage homo, j'étais pas vraiment pour. Une forme d'association comme le pax aurait été à mon sens suffisante et même mieux adaptée. C'est juste quand j'ai vu la gueule de ceux qui manifestaient que je me suis dit : "là, vraiment, non je peux pas être avec ceux-là !" En réalité, ceux que l'on retrouvent dans ces manif sont à plus de 50% vaguement homos ; mais refoulés. En fait, ils ont peur de leur homosexualité. Peur que cette homosexualité ne remonte trop à la surface. Ils tentent donc de se persuader qu'ils seront d'autant moins homos qu'il manifesteront contre les homos. C'est le cas de tous ceux qui "cassent du pédé". Alors pourquoi est-ce une régression ? Parce que tous issus d'un père et d'une mère, en dépit du choix dès la fécondâtion d'un chromosome X ou Y, les deux entités mâles et femelles restent des composantes de nos être. Et que pour un homme ou une femme, l'hésitation consciente entre les deux possibilités, remonte à une période très primitive de nos personnalités... Ceus qui manifestaient pour que les enfants aient tous un père et une ère, eux c'était une régression à leur petite enfance qui les tarabustait : Ils se sentent encore petits enfants et on peur qu'on leur enlève leur père ou leur mère. C'est pour ça qu'ils manifestent avec des drapeaux bleus et roses Rose pour les petites filles et bleu pour les petits garçons qu'ils sont redevenus... Finalement, c'est des névroses qui ont fait reculer le gouvernement : comique !
  12. C'est le film de je sais plus qui qui vous a convaincus que Salieri était merdique et Mozart un génie ? J'ai écouté les variations de Salieri sur "les folies d'Espagne" avec cette même idée a priori... et j'ai été stupéfait de l'incroyable variété et de la richesse des inventions de Salieri. Avec cette mentalité qui règne aujourd'hui qu'il n'y a qu'un petit nombre d'élus forcément reconnus (à la mode) et que les autres méritent de rester dans l'ombre, (simplement parce qu'ils passent leur énergie à créer, inventer et non à se mettre en avant) je pense que notre époque passe à coup sûr et systématiquement à côté de tous ses grands créateurs. Nous serons certainement la risée des générations futures. JE ME MARRE !
  13. Il n'y a aucune VIP sur les forums et il n'y en aura jamais.
  14. Plus sérieusement, je relève ça : Bien sûr , on connaît la théorie du chaos. Mais : "Il faut renoncer à l'espoir de tout calculer, mais on peut cependant obtenir des propriétés qui sont qualitatives. On peut avoir une idée de comment les choses se comportent sans les calculer exactement." "Philosophiquement, la théorie du chaos peut réconforter ceux qui considèrent qu’ils occupent une place sans importance dans le cosmos. Des choses sans importance peuvent avoir une influence immense dans un Univers non linéaire. De l'idée qu'un battement d'aile de papillon peut changer la face du monde, on peut facilement aboutir à celle que ceux qui n'ont aucun pouvoir voire un homme providentiel peuvent changer le cours des choses. Je demande à voir. Parce que le cyclone sur le Texas n'est pas le fruit du SEUL battement d'ailes (qui n'y contribue qu'un tout petit peu. Tout tout tout petit peu...) à un autre degré : Si un simple battement d'ailes peut en effet tout changer : à quoi bon faire le moindre effort dans quelque domaine que ce soit ?
  15. "Bonne lecture": (L'effet papillon) Lorenz : "le simple battement d'ailes d'un papillon au Brésil pourrait déclencher une tornade au Texas". Je traduis ? " le monde entier (surtout les pays pauvres) en veut aux américains ; et c'est scientifique !" Et si la réciproque était vraie ? Vous rendez-vous compte ? "Une tornade au Texas peut déclencher un battement d'ailes de papillon au Brésil"! Une vraie révolution scientifique ! Moins spectaculaire, certes... On en parlera moins.
  16. C'est peut-être un peu excessif d'exagérer l'imprévisibilité. Dans le détail, sans doute, prédire exactement des résultats au détail près, quand les paramètres sont trop nombreux est guère envisageable ; mais d'un point de vue plus général, les mêmes causes produisent plus ou moins les mêmes effets ou des effets approchants. Le cours des planètes, l'évolution des étoiles... tout cela se prédit très finement. (L'oeil par exemple a été "inventé" par des voix différentes plus d'une vingtaine de fois je crois...) (Ceci dit en se situant en dehors du principe de finalité bien sûr) Le seul hasard n'est pas maître absolu. L'évolution implique aussi la sélection, l'élimination. Sans ce deuxième principe, la vie aurait vraisemblablement... "explosé" ! Et même au niveau psychologique qui est encore plus complexe que le physique proprement dit, des lois sur les comportements peuvent souvent se dégager. Je pense par exemple aux enfants battus qui bizarrement (et contrairement à ce que semblerait prévoir une certaine logique) deviennent des parents batteurs...
  17. Vous faites un effort terrible pour ne pas vouloir comprendre ! Laissez-vous plutôt aller !!! C'est comme à l'école. On voit pas mal de jeunes qui finissent leur scolarité sans savoir ni lire ni écrire. Et pourtant il sont restés dans des classes et avaient un instit ou un prof devant eux qui leur parlait pendant au moins 10 ans. ça veut dire que s'ils s'étaient simplement laissés aller, par simple osmose passive , ils auraient appris qq chose. Et ben non : ils n'ont rien appris ! ça ne peut s'expliquer que par un effort terrible et constant qui a duré plus de 10 ans ! Pendant 10 ans ils sont restés tendus et concentrés en se bouchant les oreilles et les yeux à se dire : NON ! JE VEUX RIEN APPRENDRE ! JE VEUX RESTER CON ! NON ! JE VEUX RIEN APPRENDRE ! JE VEUX RESTER CON ! NON ! JE VEUX RIEN APPRENDRE ! JE VEUX RESTER CON ! NON ! JE VEUX RIEN APPRENDRE ! JE VEUX RESTER CON ! NON ! JE VEUX RIEN APPRENDRE ! JE VEUX RESTER CON ! NON ! JE VEUX RIEN APPRENDRE ! JE VEUX RESTER CON ! NON ! JE VEUX RIEN APPRENDRE ! JE VEUX RESTER CON ! NON ! JE VEUX RIEN APPRENDRE ! JE VEUX RESTER CON ! NON ! JE VEUX RIEN APPRENDRE ! JE VEUX RESTER CON ! NON ! JE VEUX RIEN APPRENDRE ! JE VEUX RESTER CON ! NON ! JE VEUX RIEN APPRENDRE ! JE VEUX RESTER CON ! C'est un véritable exploit la stupidité, quand on a quelques milliards de neurones qui tournent à vide et qui ne demandent qu'à attraper la moindre chose qui passe...
  18. Blaquière

    Ce que j'ai fait

    Bien plus récent (2009): "Triangle, carré, cercle":
  19. J'avais commencé en partant des premiers problèmes sur un hypothétique premier animalcule vivant mais ça n'a intéressé personne ! Je me suis arrêté aux premières hypothétiques pulsions... inclure et exclure... qui auraient pu être les prémices des notions de "bien" et de "mal" via plaisir et souffrance. En restant dans du purement mécanique. Quelqu'un parlait de consciencisation. Oui ! Mais une consciencisation que l'on peut constater comme un certain cheminement de la complexification -sans qu'elle soit une finalité-. "L'invention de la plume (d'oiseau) est aussi une complexification remarquable presque autant que l'avènement de l'esprit" (j'avais lu ça qq part, et je le trouve pas si faux) Mais je suis de ton avis : tout est à défricher ! Mais je tiens bon : tant que possible, le "sens" (signification) est au bout du chemin, pas au début. PS : Dis ce dont le principe de l'évolution ne peut rendre compte qu'on y réfléchisse ...
  20. Pas de pb : je me porte garant tu peux y aller !.. . NON JE RIGOLE ! (Euh... J'en sais foutrement rien !!!)
  21. Bravo à défaut de l'oeil c'est un poète qui émerge de la non finalité... 100% avec toi ! Théia : et un dieu du hasard, ça serait bon ? (Sans rire ) Mais qu'est-ce que vous avez contre le hasard : c'est pas un gros mot ! remplacez le par "accident" si vous voulez. La démonstration est pourtant simple : On sait que les mutations (par exemple sur l'hélice de l'ADN -et je ne suis pas spécialiste : j'ai juste une vague idée) se font par accident. Le mécanisme est compréhensible : un morceau est oublié ou un autre vient se coller à une autre place. C'est pas magique. Du coup les gènes sont un peu modifiés. ---Si dans un premier temps cette modification n'empêche pas la reproduction, elle est transmise à la descendance. (Mais si elle la contrarie, elle est éliminée d'office.) ---Si dans un second temps cette modification est "positive" c'est-à-dire qu'elle facilitera ou améliorera la survie de son porteur, elle favorisera forcément sa descendance qui se multipliera plus facilement et aura donc tendance à se généraliser dans l'espèce. (Mais si au contraire elle est un handicap, sa descendance sera handicapée et donc la mutation en question aura tendance à disparaître.) C'est le cou de la girafe ! avec son cou allongé elle a pu brouter les hautes feuilles des acacias, mais s'il n'y avait pas eu d'acacias, la " première girafe" au long cou aurait été handicapée pour se nourrir et aurait probablement disparu sans pouvoir se reproduire... Il faut penser que tout cela se joue sur des milliards d'années et des milliards de générations. Ce genre d'explications sans être enthousiasmante me semble suffisante. Mais ça revient à dire que la "nature" a un très net côté bricolage ! Et ça c'est bien plus enthousiasmant !!! Qu'en "bricolant" ça puisse passer (avec un peu de temps) d'un virus ou d'une amibe à un Einstein qui peut comprendre et utiliser les grandes lois de l'Univers, je trouve ça fabuleux : tous les espoirs sont permis !!! (Et on a de merci à dire à personne !!!!) Einstein, Thalès, ou Miquel Ange, ou Bach , ou Verlaine ou Villon : chuis pas restrictif...
  22. Léopardi dit : "La finalité... Ils vous convaincront que la finalité n'est en rien légitime... Ces pauvres d'esprit !" Quelle inversion des rôles ! Les pauvres d'esprit c'est vraiment les partisans de la finalité ! Puisqu'il leur suffit aux questions que pose l'évolution de dire : "Finalité"! regardez au contraire les contorsions que nous devons infliger à notre entendement pour tenter de comprendre la complexité de cette même évolution sans cette satanée finalité ! Quant à la légitimité de la finalité elle n'est point mise en doute puisque NOUS essayons tous de nous en inventer une... Rendons à l'homme (mais pas à la nature) ce qui revient à l'homme ! (Et à Dieu : rien du tout !)
  23. Théia dit : moi -Blaquière-...)Moi, si j'avais eu à créer la vie, j'aurais fait que la simple respiration (ou un peu d'eau) suffisent à nous nourrir, par exemple.. toi : Tu n’arrives pas à te détacher de la notion de "création", alors qu’à aucun moment j’oppose évolution à création. Je ne parle à aucun moment de création, ni de créateur, ni de conscience supérieure, ni d’intelligence ou d’intention. Tu veux bien me relire s’il te plait ? Hé ? quand je parle de création ("moi, si j'avais eu à créer...") je blague !!! Mince, on n'est pas obligé d'être tjrs sérieux. à partir du moment où on sait ce que l'autre a dans la tête, il faut comprendre qu'il peut s'amuser gentiment : là je sous entends pour ceux qui sont croyants que si j'étais à la place de Dieu j'aurais mieux fait que lui. Ce qui ne peut que leur paraître scandaleux : Evidemment que c'est une vanne... Tu dis (Théia): "vous me donnez l’impression de ne pas pouvoir concevoir une finalité naturelle sans un dieu créateur." Absolument ! c'est bien pour ça que je t'ai demandé de nous l'expliquer : J'attends ! Ma position (momentanée?) est qu'il ne peut y en avoir car c'est contradictoire. une finalité nécessite une volonté (consciente) une intention dont la nature est à mon sens dépourvue. Il ne suffit pas de dire 'il y a une finalité naturelle sans Dieu" : si toi tu peux la concevoir, il faut nous la décrire, et nous expliquer d'où elle vient et comment elle opère. à partir du moment où les choses sont mystérieuses et... vaguement magiques, je pense qu'il faut essayer de s'en passer. On ne peut pas dire "la vie ne veut rien (pas d'intention); mais elle veut quand même (=intention) survivre" par exemple. Bien que ce soit difficile à concevoir dans le détail et parce que l'ensemble est d'un complexité étonnante, le seul hasard, la sélection naturelle et un temps très long (on parle qd même de milliards d'années) peuvent rendre compte de l'évolution.( Et des échecs par milliers, millions qu'il ne faut pas oublier). Pas la peine donc d'y mettre de la poudre de perlimpinpin. . Ton raisonnement est bancal : tu dis que la position philosophique (qui veut que seule la présence de Dieu permet de parler de finalité) donne du crédit à la présence d'un dieu créateur : mais non ! Seulement dans la mesure où la finalité est avérée. Ce qui à mon sens n'est pas le cas. En fait ce que je veux dire, c'est que si tu ne peux pas te débarrasser de la finalité, IL FAUT ABSOLUMENT QUE TU CROIES EN DIEU ! Si tu veux garder une pensée cohérente. En fait ton erreur c'est de ne pas croire en Dieu ! Ou finalité + Dieu ou pas de finalité et pas de dieu. A moins que tu nous démontres que la nature (sans Dieu) connaît la vision et comment la fabriquer avant que l'oeil n'existe. Qu'elle peut vouloir sans volonté... Enfin, tu vois ce genre de flottement. Si tu y arrives, je me fais moine ou curé. Amen ! (là je ris aussi !....)
  24. "la vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort" ? Oui ! Les fonctions qui n'y résistent pas sont... mortes ! Justement ! L’observation de la culture va dans le même sens : Oui ! Bien sûr, mais c'est une forme de conscience, de prise de conscience du monde, des autres hommes, et de soi qui préside à l'élaboration des cultures. Là la finalité fait partie du jeu. L’observation de la nature va dans ce sens : Absolument pas ! D'ailleurs, la vie n'est pas du tout un mystère. La vie c'est la reproduction. Un mécanisme de duplication qui s'est complexifié avec le temps. Chaque fois qu'un organisme rate sa reproduction, il est éliminé de la course. Chaque mutation qui par hasard lui fait acquérir une qualité qui améliore ses chances de survie, par hasard, dans la mesure ou elle est transmise à ses descendants, elle est conservée. Si au contraire c'est un handicap : éliminé ! Il n'y a pas de force vitale magique ! (La meilleure preuve c'est que tout le monde meurt ! Et la plupart des espèces aussi ... avec le temps.) On a eu le pot (si on peut dire) qu'il y a très longtemps, un mécanisme de duplication se soit produit sur une structure chimique organique, et ait pu se transmettre (le mécanisme) à la structure dupliquée... et avec 4 milliards d'années, nous voilà ! Sur Mars et sur la Lune : Zéro ! Que dalle ! (Pas d'air ? Trop froid ?) Sur Vénus, que dalle ! (Trop Chaud ?) Etc. Aucun martien, aucun vénusien : j'y pense souvent avec émotion à tous ceux qui n'ont jamais existé... Il faut pas trop s'extasier sur les "réussites" de la vie non plus. Les yeux, c'est une bonne "invention" : On y voit, c'est bien ! Mais souvent on y voit... mal ! Très souvent même ! Et l' ouie, c'est pareil ! Et puis on craint le froid, le chaud, les microbes, les virus, les chutes... On mange c'est bien, mais flûte, quel boulot ! Moi, si j'avais eu à créer la vie, j'aurais fait que la simple respiration (ou un peu d'eau) suffisent à nous nourrir, par exemple... ,
  25. Il faudrait s'entendre ! La mort est la fin de la vie. Oui ou non ? Oui ! Il n'y a pas de vie après la mort puisque la mort est la fin de la vie. La mort est la mort du corps. Ou alors, c'est que la mort n'est pas la mort. Le problème qui se pose n'est donc pas s'il y a une vie ou la vie après la mort, mais autre chose. On l'a dit le corps est mort. Il va se déliter, se fondre... j'en passe et des pires ! Le problème est donc est-ce que l'esprit va persister après la mort. Voyons comment il pourrait le faire. Il faut tout d'abord distinguer l'esprit du corps. (Qui lui est mort.) Qu'est-ce donc que l'esprit seul ? Isolons le ! L'esprit; c'est ma pensée, ma conscience, mes souvenirs.... Ma vision ? Non ! Mon audition ? Non ! Mon toucher, mon goût, mon odorat ? Non ! Tout cela dépend de mon corps et si mon corps puisque mort ne fonctionne plus, je ne puis plus ni voir, ni entendre, ni sentir, ni toucher, ni goûter, ni me déplacer Puisque les "récepteurs" ne fonctionnent plus, ni mon corps. On est d'accord ? Resterait donc mon esprit, mon jugement, ma conscience et mes souvenirs. Ma volonté ? Peut être. Mais si ma volonté est de voir le monde extérieur, ou d'aller faire une balade, elle ne pourra pas être satisfaite... On peut donc assez facilement imaginer ce que sera (serait ) le mode d'existence de mon esprit (qui lui ne serait pas mort) : J'entre dans ma chambre (que j'aurai pris soin d'insonoriser, bien sûr) ; je fais le noir total (je ferme les volets sans persiennes ) ; je m'allonge sur mon lit ; je ferme les yeux ; et je ne bouge plus ! Plus du tout ! Essayez ! (Vous pouvez même faire l'essai si vous vous réveillez au milieu de la nuit.) Voilà le type d'existence qui vous attend pour les siècles des siècles... Maintenant, si vous pensez qu'il vous sera possible de voir sans yeux, d'entendre sans oreille, de sentir sans nez, et de vous balader sans pieds ni jambe... Comment dire : par l'opération du Saint Esprit ? ça vous... regarde !
×