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Blaquière

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Tout ce qui a été posté par Blaquière

  1. Blaquière

    Mes mémoires

    (Pépé Manu, suite) Quand il est mort, mon père avait quinze ans. Et cette mort de son père il me l'a racontée. Ca avait été progressif. Il était couché au premier, allongé dans le grand lit rouge en acajou, et il avait dit : -- J'ai les pieds glacés !" Puis au bout d'un moment : -- Maintenant, le froid me monte jusqu'aux genoux !" Après ça avait été les cuisses, puis le ventre... Il racontait à mesure... -- Et quand c'est arrivé au coeur, il est mort" disait mon père. Puis il rajoutait : -- Depuis qu'il est mort, il ne s'est pas passé un jour sans que je pense à lui." Et il avait plus de cinquante ans, quand il disait ça, mon père. Après quoi, il rajoutais ces deux mots terribles : -- Tu verras ! Merde ! Et moi, je m'inquiétais ! "Peut-être que je serais pas à la hauteur ? Peut-être qu'un jour, j'oublierais d'y penser, à lui ?" Foutaise ! Si c'était qu'une fois pas jour que j'y pense, ce serait rien ! Il me suffit d'avancer la main pour que ce soit sa main que je voies, et son geste. On a les mêmes gestes ! Mon geste, c'est son geste ! Exactement comme il m'avait dit. Il est là, en moi, en permanence comme le sien de père était en lui. Il ne m'avait pas mis au défi. Bien au contraire : il m 'avait juste prévenu... On m'a appelé Emmanuel, comme ce grand père et donc, aujourd'hui, c'est moi, "pépé Manu" ! Eh bien, malgré tout ce background un peu terrible, (et peut-être à cause de lui) c'est un vrai moment de bonheur quand les petits m'appellent comme ça. J'ai toujours vu mon nom sur une plaque, au cimetière. Et je suis toujours là ! Une sorte de petite immortalité perso !... En 1979, quand mon second fils est né, à la clinique de Toulon, un bonhomme du quartier (St Jean du Var) passe timidement la tête par la porte entrouverte de la chambre... --Vous vous appelez Blaquière ? J'ai vu sur le journal qu'un petit Blaquière était né ces jours-ci. Vous êtes les Blaquières de Réoules ? --Oui ! Et à moi : --Tu es le petit de Paul, alors ? --Bè oui ! --Tiens, j'avais gardé une photo de ton grand père Emmanuel pendant la guerre de 14, je te la donne !... Et là, surprise ! Certes il y avait en arrière plan, un avion, très vieux modèle, un coucou de 14 !... Peut-être celui de Guynemer ? Exactement le même en tout cas ! Mais le type devant, ce n'était pas un poilu de 14 ! Que ce soit par sa gueule, l'allure, toute sa dégaine on peut dire, ben non : c'était un "jeune de maintenant" ! Vous le croiseriez dans la rue vous diriez juste : Ouch ! La classe ! En 14, il avait juste vingt ans. Il y a cent ans... Un jour mon père m'a raconté que son père l'emmenait parfois avec lui, à Toulon, quand il était petit. En guise de chaperon, ou de caution, j'imagine ? "Je me souviens vaguement, j'étais tout petit, je le revois... ou je crois le revoir ? Non, c'était bien vrai : j'ai encore l'image devant les yeux ! Il était beau, grand, décontracté, avec plein de belles femmes, autour de lui, il tenait une guitare dans les mains, et il chantait..." C'est peut-être pas si grave s'il s'est un peu amusé bêtement. Il avait à peine quarante ans quand il est mort... L'Inventeur --"Honoré ! Nous sommes des Honoré !" Ca, c'était le bon mot de mon arrière grand père (et père du précédent) quand il croisait dans le village un gamin qui avait le même prénom que lui. Je ne l'ai pas connu. C'était "grand père Blaquière". Le nom que lui donnait mon père pour le distinguer de son autre grand père, grand père Brun, le père de sa mère et de Tonton Camille. Mais il avait aussi une autre appellation qui devait remonter à un époque où mon père, tout petit ne parlait pas encore très bien. C'était "pépé 'Aquière". Et curieusement, c'était ce nom que tout le monde avait retenu pour lui, au village. Quand il avait pris sa retraite de L'Arsenal de Toulon, il était venu s'installer à Réoules, près de son fils, Emmanuel, mon grand père, comme je l'ai déjà dit...
  2. Sublime, mystique, cosmique pareil : je décroche. On vient d'attaquer la cuvée Jésus-Christ, le vin fait avec de l'eau : je suis pas en état... Et l'on s'en fou d'attraper la vé.......
  3. Non ! Qu'est-ce qui est le pire : la religion ou la finance ? J'ai bien peur que ce soit la finance. Laisser faire la religion, totalement, à la limite, on retourne au moyen-âge. Laisser faire la finance totalement ? Il se pourrait-bien qu'on détruise définitivement la planète... Prions mes frères pour ne pas avoir que ce choix ! Mes frères ou... camarades, bien sûr !
  4. Et si au lieu de tout ça il ne s'agissait que d'une grande naïveté ? Qui serait encore plus que le bon sens la chose du monde la mieux partagée ?! Il me suffit de connaître et d'obéir à quelques pages pour avoir une éternité de bonheur ? Chic ! Je marche. Le plaisir, la douceur, la... fainéantise de faire confiance. Je vais vous faire rire : en matière de naïveté, je suis pas le dernier... "Mon ennemi c'est la finance !" Eh bien, vous savez quoi ? J'Y AI CRU !!! J'ai eu une attitude de croyant : j'y ai cru parce que je voulais y croire. Au Bourget , c'était comme un discours... Saint ! Mais je me jure qu'on m'y reprendra plus ! Ce qui reste à voir...
  5. Oui ! Tu reposes d'une autre façon la même question que moi... L'urgence mise à part (ou l'effet de mode), pourquoi chercher un "complément idéologique" ? On retombe peut-être encore sur un sentiment de culpabilité. Le besoin de se justifier, d'une justification dans l'absolu ? Des justifications dans les cas cités par LouiseAragon pour se dédouaner du mal, mais il en est d'autres pour se justifier ou s'exhorter au bien (Comme les bonnes soeurs qui vont aider les miséreux aux Indes au nom de Jésus.) La malice des religions c'est d'épauler la justification dans tous les cas (même J.C dit -ou on lui fait dire-) qu'il est aussi venu apporter le glaive !... Le problème psychologique (assez généralisé) ce serait alors ce besoin d'être épaulé, justifié dans l'assouvissement de ses passions. Ou de ses pulsions. Il s'agirait alors dans un sens conscient de trouver un fondement "universel" à ses pulsions ! De fonder son identité sur un absolu ? Mais dans un autre sens, plus inconscient il s'agit presque d'un " moi, je serais pas méchant, mais mon "idéologie" mon "absolu" m'y oblige"... Ce qui semble relever de la psychologie des profondeurs. Ou de la mauvaise foi comme dirait JP Sartre... Mais bon, tant qu'il s'agit d'une justification pour faire le bien, on va pas chipoter quand même !
  6. La psycho-névrose ? (La propension systématique à répondre sur un mode symbolique à un problème qui s'est posé sur un (autre) mode physiologique ou psychologique ?... Et vice versa ? )
  7. Mazette ! Je m'en vais un moment, et j'ai 5 pages à lire ! Pour ce qui est au dessus, c'est moi qui crois en rien du tout ou un musulman ? Je pense qu'il s'agit de moi ? Je crois en rien ? On va pas tenter de définir ce que signifie croire. Gardons donc (Dondaine dondon!) le sens commun. Je ne crois pas en une instance supérieure qui nous aurait créés à partir de rien et qui nous surveillerait pour nous récompenser ou nous punir. Un Dieu pour faire court. Mais je crois en plein de choses ! Qu'il faut s'en sortir au mieux, pour le temps qui nous est imparti, et que ça nous incombe, par exemple... Quand dans le coran, je lis qu'il ne faut "pas tuer des innocents", je crois que c'est une bonne chose. Quand dans les évangiles je lis que ce n'est pas ce qui entre en nous par notre bouche qui nous rend impurs, mais ce qui en sort (pas ce que nous mangeons mais ce que nous disons) je crois aussi que c'est une bonne idée. Quand je lis dans "les 3 livres" qu'il ne faut pas voler, pareil, je crois que c'est un bon principe. Pour en revenir au sujet qui à mon sens (d'athée) pose problème, à savoir comment expliquer l'existence des religions (et que tant de gens croient en un ou des dieux) s'il n'en existe pas, il me semble qu'il faudrait s'assurer d'une chose. Premièrement est-ce que c'est absolument universel comme situation ? Il y a bien eu les régimes communistes de l'est qui avaient éliminé toute croyance religieuse ! Une société qui a duré un peu moins d'un siècle... Mais est-ce bien l'absence de vue religieuse qui a amené son déclin ? Je ne crois pas. D'autant plus que des personnages comme Lénine, embaumés, occupaient un peu le créneau habituellement réservé aux dieu. Comme Staline de son vivant quasiment divinisé et comparable au Pharaon. Alors ? J'ai lu que les religions pouvaient être considérées comme utiles à un stade disons primitif des sociétés et que dans le futur, il serait envisageable de s'en passer. Peut-être. Mais cette notion d'utilité est à relever. Pourquoi les religions ? Parce qu'elles seraient utiles, et constitueraient une sorte de ciment social efficace. Qui permettrait d'apaiser les tensions. Puisque tous les individus y sont considérés un peu à la même place par rapport à la/aux divinités. (Sauf LE Prophète ! "Vous devez obéir à Dieu et à son prophète !" Qui est à part. Mais après sa mort, il n'est plus.) Et tous les croyants musulmans, semble se situer un peu à égalité. à la différence des catholiques et orthodoxes (?) qui ont un clergé, une structure très hiérarchique. Non ! les musulmans ont aussi des imams des ayatollahs c'est donc un peu pareil... Mais pour que cet aspect "ciment social" fonctionne si bien (d'ailleurs a posteriori), il faut qu'il résonne parfaitement, efficacement et a priori sur chaque individu. Autrement dit qu'il réponde à un authentique besoin chez chacun. La croyance en Dieu (et les religions) correspondent donc à deux types d'utilité, de besoins. --une sociale Et les religions organisées, seraient alliées des pouvoirs (politiques temporels) pour maintenir un ordre. --une individuelle. Et les croyances (fausses ou pas) permettraient sur un plan individuel d'atténuer les angoisses existentielles. Qui relèveraient du fonctionnement de la conscience individuelle, de la psychologie. Ces deux fonctions pourraient elles être assurées aussi efficacement par autre chose que les croyances en Dieu et les religions ? Si oui, pourquoi ne l'ont-elles pas été ? Ou si peu souvent ? Parce que ces solutions seraient... "plus faciles" ? "plus simples"? Et d'un meilleur rapport... "qualité/prix" ?! J'en suis là... (On se souvient que pour Freud et son mythe de la horde primitive, c'est le meurtre du père primitif par les fils-frères alliés qui serait à l'origine du sentiment religieux en particulier via la culpabilité.)
  8. si on part d'une hypothèse fausse il n'est pas impossible qu'à en chercher les conséquences, on en arrive à conclure à sa fausseté ...
  9. Absolument !!! (On ne perd jamais rien à réfléchir à qq chose.)
  10. Il y a quelque temps, un sujet disait "partons de l'hypothèse que Dieu existe et étudions-le" Bien que ne croyant pas j'y ai participé. Une hypothèse c'est une hypothèse. -Je peux très bien ne pas croire en dieu et me tromper si Dieu existe. -Tu peux très bien croire en Dieu et te tromper si Dieu n'existe pas. -Je peux très bien ne pas croire en Dieu et avoir raison s'il n'existe pas -Tu peux très bien croire en Dieu et avoir raison s'il existe. Ce n'est pas l'hypothèse qu'il s'agit de remettre en question, puisqu'elle n'est qu'une hypothèse, mais d'essayer d'en déduire les conséquences éventuelles. C'est un exercice !
  11. Partons de l'hypothèse qu'il n'y a pas de dieu. (Pas d'entité peu ou prou consciente créatrice de l'Univers) Comment expliquer alors que la plupart des civilisations, (ou des sociétés humaines) ont (tout de même) forgé des conceptions religieuses du monde ? Comment expliquer cette constance ?
  12. Moi je fais la lecture en bissectrice. Je lis que la page du milieu, ça va plus vite.
  13. Excusez du peu : "Madone ici !"
  14. Ouais, et puis moi, je crois en plus que l'univers c'est vachement grand. Et vachement plus grand que grand. Mais c'est juste mon humble avis. On est peu de chose. Et on se sent perdu dans cette immense immensité. Lol ! Un univers sans fin ? Plus d'espace, plus de temps ? Non, mais Allo, quoi ?! "C'est comme si une fille, elle avait pas de cheveux !..." Bonne année ! Tsoin, tsoin !
  15. Prié en m'adressant à qui ? --à un Dieu ? Non puisque pour moi la chaise est vide. --à quelqu'un d'autre ? certainement pas ! (Au sens de prier = supplier.) --à moi-même ? Me dire "il faudrait ou il vaudrait mieux que je fasse ceci ou cela", sans doute mais c'est pas une prière. --à la chance ou à la fortune ? Peut-être, mais ça se résume à "ce serait bien si telle ou telle chose arrivait." ou encore : "Pourvu que ...etc." Mais il s'agit là plus de souhaits que de prières. Quand j'étais petit, je pensais à des extra-terrestres. Je m'imaginais qu'ils pourraient "me" ou "nous" aider, jusqu'au jour où j'ai pensé ou compris que c'était à nous-mêmes de nous sortir de nos problèmes. Que le monde extra-terrestres inclus n'était pas magique. On y arrive ou pas. Mais prier pour obtenir une assistance supérieure. Pour moi ça ne correspond à rien. Je peux, je veux, j'y arrive, j'y arrive pas, j'ai pas la force, l'énergie, l'intelligence, la clairvoyance, le courage... En ce qui me concerne, tout dépend de moi. J'essaie de pas me mentir. Pour ce qui n'en dépend pas, (et ça c'est pas toujours facile à décider) j'en suis TOTALEMENT INNOCENT... Hier, j'ai regardé des visualisations sur les superamas de galaxies... Boudiou ! On est vraiment une infime poussière. Mais pour que par nos consciences, nos intelligences "microscopiques" nous puissions avoir une certaine compréhension de tout ça, c'est vraiment étonnant. Mais logique et normal. Notre esprit, pas infini mais très vaste (à son échelle) et complexe, a la possibilité d'une certaine représentation de tout ça. J'ai pas besoin d'un Dieu pour m'émerveiller. Je crois même que ça tuerait un peu mon émerveillement. Si tout était prévu, organisé en vue d'une fin programmée, ça rendrait tout ce monde une peu (pardon) chiant. Triste.
  16. Bonne année ! Vivez dans l'approximation, si ça vous chante. Mélangez tout ! "inné", "instinctif", "prière", "souhait" "intelligence", "savoir", "foi"... Si vous êtes heureux sans aucune rigueur, tant mieux... Moi j'avance à tout petits pas. Je dis que les atomes d'hydrogènes ne prient pas. J'ai pas de grandes solutions générales spectaculaires qui expliquent tout. Vous assénez des vérités quand elles vous arrangent sans jamais rien vérifier, sans raisonner. genre "les meilleurs croyants sont ceux-ci, les pires ceux-là" : vous avez les chiffres ? Les statistiques exactes ? Ou c'est juste des "on dit" ? Parce qu'on ferme les yeux en jetant les dés, paff ! c'est que la prière est innée ! Donc Dieu ?!!! La psychologie, la comédie de chaque existence, ça ne vous effleure pas ? Ce matin, je me réveille : "Mon Dieu ! Pourvu que le citronnier n'ait pas gelé !" C'est une prière ? Et Dieu ? qu'est-ce qu'il vient faire là ? Ah ! Ah ! Ah ! C'est bien la preuve qu'il existe puisque je l'ai nommé ! Ben non, c'est juste des habitudes de langage, de pensée, j'essaie de projeter mon espérance... La vie c'est de l' à peu près, de l'approximation, Mais pas le raisonnement. Tout ça n'est peut-être qu'une question de caractère. L'amour du flou. le besoin de s'ancrer dans l'imprécis. S'y sentir bien. Il faut faire la part des choses. Mais alors on n'y croit plus vraiment. Re- Bonne année ! (Je sais plus trop ce que je voulais dire...) Oui c'est ça : Croire en Dieu c'est être très approximatif. Ne pas chercher la logique, s'écarter de la simple raison. Et d'un autre côté, dans notre vie, nous sommes nous-mêmes très approximatifs. Si peu rigoureux. Finalement les religions nous ressemblent C'est du bricolage. Et en plus, du bricolage... virtuel. Si malgré ma "prière" le citronnier a gelé, ce sera bien fait pour ma gueule : j'avais qu'à le rentrer hier soir. Le réel m'a sanctionné. En revanche je peu bien affirmer que cette prière m'a ouvert les portes du Paradis Sans que le réel n'en soit affecté le moins du monde. Faut faire le tri.
  17. Blaquière

    Mes mémoires

    Pépé Manu Tonton Marius, c'était vraiment un fou. Dans le bon sens du terme, si on peut dire ! Mais ils étaient deux en famille. Il y avait aussi son frère, Emmanuel, mon grand père. Qui sur ce plan de la folie ou de l'originalité n'avait peut-être pas grand chose à lui envier. Pendant la guerre de quatorze (mon père dixit), quand d'autres (pas si couillons), faisaient un pas en arrière, eux, tous les deux, ils se portaient volontaires. Pour aller couper les barbelés en rampant dans la boue par exemple... Et bien sûr ils avaient été blessés. Marius, la moitié de ses côtes avaient été remplacée par des plaques d'argent. (Ce qui ne l'empêchait pas de faire l'arbre droit sur la croix du clocher.) Et bien pire. Ou mieux. Dans les années trente, on l'a vu, dans les campagnes, les hommes aimaient bien se défier. Pour l'amour du sport, on pourrait dire mais plus certainement par arrogance. (C'est encore mon père qui raconte.) Au village, il y avait un "bousquétier" (un bûcheron) : le père Michel. Une sorte de brute, un homme des bois, un gorille. Poilu, noueux, hirsute, moustachu. C'était un italien des montagnes avec les jambes arquées, des bras comme mes cuisses et des mains comme des battoirs. Et pour savoir qui était le plus fort, le jeu consistait à s'asseoir par terre, les jambes allongées, face à face, pieds contre pieds. Puis, en tenant chacun de son côté le même manche de pioche, c'était à celui qui tirerait l'autre vers lui, de son côté, qui le soulèverait. Emmanuel, mon grand père, déjà malade et épuisé par ses blessures de guerre qui ne s'étaient jamais complètement guéries, avait bien sûr tiré l'ours des montagnes de son côté. Après, ça avait été le tour de Marius. Lui, avec la moitié de ses côtes en argent, c'est d'une seule main qu'il l'avait soulevé, le bûcheron ! Marius, le prince farceur était --on s'en serait douté-- communiste ! (C'était bien un Charlie Chaplin à tous les étages !) Il ne lui manquait que ça pour finir son portrait d'originalité ! Quant à Emmanuel il aurait été plutôt de droite, voire d'extrême droite. Un virus qu'il avait pu attraper chez les aristos de l'aviation pendant la guerre. Ca ne devait pas être triste les réunions familiales ! Mais mon père avait pu faire la synthèse idéologique de ses deux icônes. Un jour je l'ai entendu dire, pour se définir, en manière de devise : "ARISTOCRATE OU PROLETAIRE ! BOURGEOIS ? JAMAIS !" Comediante ! Emmanuel, mon grand père avait fait une partie de la guerre de quatorze comme mécanicien d'aviation. Dans l'escadrille de Guynemer. Et ses blessures avaient été, une à l'épaule en faisant démarrer un moteur d'avion à la main, comme ça se faisait, en lançant l'hélice, qui l'avait donc frappé à l'épaule ; et deux à l'aine, à la hanche, par une ruade de cheval ! (Car c'était un peu ça, la guerre de quatorze : la guerre des étoiles au moyen-âge avec des chevaux et des engins volant !) La blessure du cheval ne s'est jamais refermée complètement. Le moyen-âge avait donc dû s'allier à la pointe de la technique pour l'abattre. Pour abattre cet Hercule, capable de broyer une noix dans sa main. Mais de ce que mon père m'en a dit, on peut penser qu'il était aussi plutôt spécial, question caractère. Pas vraiment un rigolo comme son frère. D'un différent qu'il avait eu avec le vieux Barola, un espagnol du village, les deux avaient décidé de régler l'affaire en duel. Ils étaient donc partis dans les rues du village, chacun avec son fusil ! Le gagnant serait bien sûr le survivant ; le premier qui verrait l'autre et l'abattrait ! Un Western ! Les gens du village (dont mon -futur-autre grand père, Giraud), s'étaient heureusement interposés et l'affaire avait pu, il faut croire, se résoudre autrement. J'ai gardé son fusil et une hélice d'avion, qu'il avait taillé à ses moments perdus dans une pièce de bois. A la fin de la guerre, le père d'Emmanuel, l'Inventeur et donc mon arrière grand père avait voulu faire entrer son fils à l'Arsenal de Toulon où il travaillait déjà, lui. Emmanuel se présente, et déjà mécanicien accompli, on sait vite où l'employer... La matinée se passe, mais voilà qu'à midi, la sirène résonne pour signaler l'arrêt du travail, la pose de la mi-journée pour aller prendre son repas. Emmanuel demande à son voisin d'établi : -- C'est quoi ça ?" Et l'autre lui répond : -- C'est la sirène de midi pour nous dire qu'on peut aller manger." Réaction de mon grand père : -- Oh ? Moi je marche pas quand on me siffle ! Il est sorti de l'Arsenal et n'y a plus remis les pieds ! C'est à la suite de ça qu'il est monté à Réoules et s'est marié avec la fille du boulanger, Androline, et qu'il est devenu lui-même boulanger. Mon père ironisait : -- "Il savait faire marcher les avions, il a vite compris comment façonner une baguette !"
  18. On ne peut pas toujours dire n'importe quoi... Pour prier, il faut avoir un esprit, c'est-à-dire les capacités intellectuelles pour verbaliser son désir. Puisque prier, c'est transposer en mots, en discours ses désirs. Les animaux n'ont pas ces capacités intellectuelles, ils ne parlent pas, ne peuvent donc pas prier. Les djinns ça n'existe pas et le soleil c'est des atomes d'hydrogène qui se transforment en hélium, c'est une réaction purement chimique et "mécanique" qui n'a rien d'une verbalisation, d'une transposition, d'une prière et qui ne peut pas en être une. A la limite, un dieu créateur pourrait avoir "décidé" que l'hydrogène ,sous certaines condition de pression et de température, puisse se transformer en hélium. Mais prier, non ! Il convient d'appeler une prière, une prière. C'est la première étape de compréhension. Au mieux, Dieu aurait décidé des lois chimiques et physiques qui régissent la matière. Le problème c'est que pour décider de quelque chose, il faut avoir une volonté et des désirs. (En quelque sorte, si Dieu a décidé de créer le monde, c'est qu'il s'ennuyait (!) qu'il avait l'impression qu'il lui manquait quelque chose.) Et pour avoir des désirs, il faut manquer de quelque chose, avoir des besoins. Ne pas être parfait, donc. (C'est le vivant qui a des besoins pour survivre, Un Dieu étant pas définition éternel, il n'a pas de problème de survie donc pas de besoins.) Dieu étant pas définition parfait, il ne peut manquer de rien et donc ne peut rien désirer. Si un dieu parfait existe, il n'a donc pas créé l'univers. L'univers n'a donc soit pas été créé, soit pas été créé par lui. Dieu dans ce cas ne serait donc pas omnipotent puisque l'Univers lui échappe. Il ne serait alors pas parfait. et ne pourrait donc pas exister. Le choix est donc en fin de compte : Soit Dieu n'est ni parfait ni omnipotent, soit il n'existe pas. Sa définition étant d'être parfait, Ou Dieu n'existe pas, ou Dieu n'existe pas. C'est assez limité comme choix...
  19. Je crois qu'on ne naît pas croyant. On naît, vide. (Si c'était le cas, les animaux seraient croyants.) Mais on le devient au cours de nos premières années. Parce qu'on vit alors dans un monde magique. Il suffit de pleurer (comme on ferait une prière) pour être exhaussé : être nourri, chauffé, désaltéré : C'est magique ! On comprend ça (à tort) comme une volonté directement créatrice. Après, devenir adulte, c'est comprendre qu'on n'a rien sans un minimum de peine. Et pour avoir quelque chose, il ne suffit pas de prier ou de le souhaiter : il faut faire agir se petits bras musclés. Croire en Dieu, c'est un peu la nostalgie de ces premières années magiques... Ce serait si bien, si bon, si facile d'obtenir par son seul mérite et donc une récompense divine supérieure, ce que l'on est persuadé de mériter. Le sens de "aide-toi, le ciel t'aidera", c'est qu'il faut commencer par se remuer...
  20. Oh lui ! Il se met des points à lui-même ! C'est pas du jeu !!! (Nous on cherche à rien démontrer, (puisqu'il n'y a rien) c'est juste qu'on a peur de tomber sous le coup de la loi de non assistance à personne en danger ! Je m'étonne tous les jours d'être aussi débordant d'Amour...)
  21. Pourquoi un Dieu par définition extrêmement supérieur aurait un esprit et une volonté comme le plus crétin des humains ? Protagoras avait déjà fait le tour de la question : "Des dieux on ne peut rien dire ni qu'ils existent ni qu'ils n'existent pas." ça fait 2400 ans qu'on parle dans le vide... Circulez, y'a rien à voir !
  22. Dieu est considéré comme ayant un esprit, une volonté. Commençons pas comprendre ce qu'est un esprit, comment il se forme, pareil pour une volonté, d'où elle vient comment elle éclot... après on pourra raisonnablement parler de l"idée de Dieu, de ses possibilités d'existence... Je vois plein de vérités assénées qui n'en sont pas. Qu'est-ce qu'un "esprit", qu'est-ce qu'une "volonté"... que signifie "imaginer"... réfléchissons là dessus pour commencer... Si on s'y applique, les autres réponses (sur Dieu par exemple) viendront d'elles-mêmes... La science, les connaissances actuelles peuvent nous aider... (L'insistance de Pila ne me gène pas trop elle esquisse une symétrie indispensable à l'objectivité!...)
  23. Le seul fait de chercher une preuve, c'est que un musulman est sur le bon chemin. Première étape : le doute.... (Bien, le Chat !)
  24. Pitié ! Dieu a donc décidé du big bang ? OK ! Et qui a décidé de Dieu ? (Et s'il n'y avait pas eu de commencement, tout simplement, il n'y aurait pas besoin de Dieu ?... ça, ça me va !) Vous avez pas un peu l'impression qu'on vous l'a téléphoné le big bang pour vous permettre de continuer à croire ?
  25. On en arrive à poser la question : "Faut-il apporter quelque crédit ou non aux principes de la psychanalyse ?" Je préférerais répondre non, mais j'ai pu constater à plusieurs reprises, chez une femme adulte une petite fille (trois ans) et moi même, (je n'en dirai pas plus, mais il s'agit de trois exemples absolument séparés qui me viennent à l'esprit sur le moment), des comportements inattendus (et presque caricaturaux !) que seule la psychanalyse aurait laissé prévoir. Alors ?... Observons, observons !... La psychanalyse m'intéresse surtout au niveau de la compréhension des phénomènes, des comportements, des leur causalités.. Pour ce qui est de sa valeur thérapeutique, je suis plus réticent. La verbalisation d'un événement traumatique enfoui suffit-elle à contrer son efficience ? Je ne sais pas. Les "guérisons" sont-elles là ? Ce n'est pas si évident. Les conceptions "famillialistes" ne me gênent pas trop. Notre origine (à chacun d'entre nous) ne les rend pas invraisemblables. Le problème étant qu'est-ce qui fait sauter le pas entre le (relativement) normal et le (vraiment) pathologique. Et autre chose qui me gêne. D'un pt de vue très formel, le vocabulaire... économique ! "Investissement" ! Ou le fait qu'une guérison, une efficacité ne soit envisageable que si elle passe par l'argent... Tout cela dénote d'une mentalité que je n'aime pas. Je travaille pour vivre et donc pour gagner de l'argent, certes ! Mais je ne fais pas de ce "passage obligé" la condition première de ma création. D'ailleurs, quand c'est le cas, on voit où ça mène, du " baloon dog" au "plug anal" ! (Circulez, y'a rien à voir !)
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