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January

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Tout ce qui a été posté par January

  1. Mr Oudy, qui a fait l'expertise psychologique de Christophe Raumel et WIlly Prevost est à la barre sur Prevost : "C'est une personne assez immature qui est en recherche affective, il y a des éléments dépressifs chez lui. Il est influençable. sur Raumel : Il se contente de zoner avec des copains depuis 6 ans, il parle d'une mère affectueuse, d'un père taiseux mais avec de bonnes relations. Sur les faits, il indique qu'il était présent au moment de l'achat du matériel. (...) Il sait très bien ce qu'il s'est passé, quel a été son rôle. C'est quelqu'un qui a du mal à s'engager, il s'est déinséré du monde. A mon avis, il n'a pas d'idéologie. Il vit d'une façon un peu déprimée aussi. Le monde n'a pas vraiment de sens pour lui. Me WItt: Mr Raumel vous a-t-il fait part en 2017 d'un ressentiment à l'égard de la mère de sa fille ? - Il n'est pas dans le ressentiment, il est dans le constat. (la pauvre ex-petite amie du gars... )
  2. Roland Coutanceau sur Raumel : C'est un sujet un peu égocentré, gentil sociable, nerveux, têtu, impulsif, réactif. C'est un sujet sociable, pas de pathologie mentale, il est peu anxieux, capable de s'organiser. C'est un sujet qui était timide plus jeune. IL dit que les faits qui se sont passés sont horribles, il dit qu'il pense toujours aux familles des victimes. Raumel dit :'On me reproche d'avoir été un soutien logistique, d'avoir accompagné Prevost. j'ai pensé qu'il allait faire un braquage (Coulibaly) mais je me suis jamais dit qu'il allait faire tout ça."sur les faits commis par Coulibaly, il dit: c'est un massacre. Quand j'ai vu la photo de Coulibaly, j'étais choqué". Il dit qu'il pratique la religion, qu'il fait la prière mais pas tous les jours. Il dit : "j'ai un enfant, ma mère et seul, je peux pas être un terroriste, j'aime trop la vie". On est en présence d'un individu de 28 ans, jeune, d'un niveau correct, réservé, timide étant plus jeune, sans maladie. Il n'a pas besoin d'être interné, c'est une évidence. Accessible à la sanction pénale, réinsertion possible. Le président : pour lui la religion est un élément important pour un changement de vie ? Coutanceau : C'est la manière dont il explique le changement dans sa vie de façon existentielle. Dans les traits de caractère, ils ne sont jamais tous azimuts. Par exemple des gens sont parano avec leur femme mais pas avec leur enfant. Raumel peut être méfiant en général, mais sa méfiance peut ne pas avoir joué dans la relation avec son pote WIlly Prevost. Me Metzker : Mr Raumel aurait pu dans ses traits de caractère occulter l'ultraviolence en l'occurrence sur son ex. Si je vous dis qu'il battait sa femme, ça peut remettre en cause votre expertise ? - L'expert ne décode pas tout. Il y a des choses plus ou moins lisible. Raumel on voit qu'il est têtu, méfiant, susceptible. Il y a une potentialité d'impulsivité que le sujet situe dans son passé. Me Witt à l'expert Roland Coutanceau: Je resitue, un témoin à la barre a dit que mon client était ultraviolent. Comme vous n'étiez pas là, je le précise. Coutanceau : ce qui m'a frappé, c'est que quand Raumel parle de Prevost, il en parle au début comme un pote, et s'il y avait eu un ressentiment force 3, il l'aurait exprimé à ce moment-là.
  3. AG : vous dites que Prevost va éclairer la relation qu'il a avec Coulibaly en disant que Coulibaly lui a donné 50 ou 100 euros - Tout à fait. Me Lévy: combien de temps a duré l'examen de Mr Prevost ? - Nous ne disons pas ça. Me Lévy : Pourquoi ? Roland Coutanceau : vous posez des questions j'ai la liberté de la réponse. On essaie de rester le temps de voir ce que la personne a dans le ventre. Me Lévy : vous ne me direz pas combien de temps vous avez passé avec Mr Prevost en 2017 ? - Non. Nous experts on est un peu fatigués de cette question. On ne demande pas combien de temps les gens ont passé sur un dossier. Pourquoi pose-t-on cette question aux experts ? Prevost a dit se sentir un peu victime (de ce qu'il s'est passé en 2015" Me Lévy : vous voulez dire quoi ? - tout ce que je dis dans mon rapport je le fais sur le mode de l'hypothèse Me Lévy, avocat de WIlly Prevost : quel est le statut de l'hypothèse quand il s'agit de la culpabilité de quelqu'un ?
  4. L'expert psychiatre Roland Coutanceau est entendu en visio sur Willy Prevost : C'est un sujet peu anxieux, stable, il a un bon moral (...) C'est un sujet un peu égocentré, têtu, méfiant, réactif. Il a des moments d'impulsivité. c'est un sujet qui s'exprime bien, il a un vocabulaire fourni. Il n'a pas de maladie mentale. Il participe à l'examen. Prevost indique 'je pense qu'on me reproche un soutien logistique à AMedy Coulibaly. je le connaissais du quartier, comme braqueur et dealer de drogue. Il parle d'un ascendant d'Amedy Coulibaly sur lui. Il dit: 'je le respectais tout en le craignant pas. Sur les achats, Prevost dit qu'il pense que c'était pour braquer un go fast. sur les faits il dit: 'j'étais choqué, je m'en souviendrai toute ma vie, c'était sur i-télé, Amedy Coulibaly (..) Je pense me rendre. J'aurais du y aller, je serai pas là dans cette merde. Pas d'altération du discernement, il est responsable de ses actesRien ne traduit quelque chose qui pourrait être un engagement, une conviction majeure dans une croyant radicale. Sujet indépendant, autonome sur le plan mental, égocentré, replié sur lui même. Il n'a pas de psychologie psychiatrique et est accessible à une sanction pénale. Prsdt : Prevost vous a évoqué les faits, l'auteur des faits, vous avez dit que vous aviez constaté que Coulibaly pouvait avoir un ascendant sur lui, que c'était un grand, qu'il le respectait en tant que grand. Vous avez dit qu'il le respectait tout en ne le craignant pas. Il n'a jamais évoqué de peur ou de crainte de Couilbaly ? - Il n'en fait pas état. Coutanceau : Le seul ascendant c'est quand il (Prevost) dit que Coulibaly lui dit: "quand je t'appelle il faut répondre". Si Prevost avait été vraiment traumatisé par l'histoire de 2010 (quand Coulibaly l'a tabassé dans la forêt, ça aurait suinté un peu. SI l'histoire de 2010 avait cristallisé un aspect traumatique...
  5. Me Szwarc, avocate de la partie civile au témoin: vous avez dit que Prevost était redevable de Coulibaly Le témoin : Redevable c'est un mauvais terme... Me Lévy, avocat de Willy Prevost : Mr Prevost avait-il des discours religieux ? Le témoin : non il fumait à l'époque, il ne prenait pas de porc au restaurant mais il n'était pas radicalisé pour être clair. Me Witt : vous avez dit que Raumel se concenrtait plus sur sa fille que sur sa vie passée, qu'il n'a plus de ressenti le témoin: Christophe aujourd'hui est une personne qui avance, qui cherche à travailler. Il veut évoluer pour aider sa fille à grandir. Christophe Raumel a une petite amie depuis quelques temps maintenant. Il veut avoir un avenir un peu plus radieux.
  6. Interrogé par un avocat de la partie civile au sujet des juifs et de l'opinion de Raumel et de Prevost L'ex-petite amie de Christophe Raumel: "On a jamais échangé sur ce sujet là". Avocat PC : Et l'antisémitisme ? Vous pensez qu'ils étaient antisémites (Prevost et Raumel) Témoin : Non... Je ne sais pas s'ils ne savent pas trop ce que c'est, ils sont assez limités. L'audition de l'ex petite amie est terminée. Nouveau témoin (il connaissait Raumel et Prevost, son numéro de téléphone apparaissait sur le portable de Coulibaly. Le témoin s'est retrouvé en GAV pour ça. "Prevost m'avait emprunté mon téléphone" Le témoin indique ne pas avoir eu connaissance des achats effectués par les deux hommes. "Comme mon téléphone a été utilisé par Mr Coulibaly, j'ai passé 48h en garde à vue. Moi j'ai fait que prêter mon téléphone à un ami qui voulait appeler quelqu'un. Le témoin sur le fait que Prevost ait piqué la femme de Raumel : Je pense qu'avec le temps, Raumel a pris du recul sur tout ça. C'est une histoire qui n'est pas dans les normes. Je me mets dans la situation de Mr Raumel. Son ressenti a changé avec le temps. Raumel avait confiance en Prevost. Cette confiance a été trahie. Raumel a été incarcéré pour des choses dont il n'avait pas connaissance. Le témoin : Coulibaly je l'ai vu que le 3 janvier 2015" (le jour où il se rend en bas de chez lui avec Raumel et Prevost mais seul Prevost aurait parlé avec lui. Me Szwarc : concernant les relations Prevost-Coulibaly, vous avez indiqué que Prevost était forcément au courant du projet de Coulibaly, compte-tenu de leur proximité. Me Lévy : pourriez-vous lire le paragraphe en entier, là c'est une manipulation de paragraphe ! Me Szwarc : Pensez-vous que Willy Prevost (accusé) était au courant du projet de Coulibaly ? Le témoin : avec le recul, les années...peut-être que quand j'étais en garde à vue j''ai dit ça mais aujourd'hui je ne pense pas qu'il était au courant. L'assesseur lit la déposition du témoin et marque la nuance "je pense que compte-tenu de la proximité entre Coulibaly et Prevost, Prevost était forcément au courant du projet MAIS Willy m'a assuré que non".
  7. Raumel et son ex-petite amie s'invectivent. Elle dit : Elle lui dit : T'as même pas honte de ce que es. Tu es venu chez moi pour m'intimider, tu m'as étranglée !! (Elle hurle et pleure) Espèce de salaud, fils de pute va ! L'assesseur tente de calmer le jeu en vain. L'audience est suspendue. L'audience est donc suspendue. Le témoin est parti en larmes, Christophe Raumel fixe le sol, WIlly Prevost se tient la tête. Des avocats sont partis énervés, d'autres discutent dans la salle. Un policier dit: "bon on va voir où elle est partie" L'ex petite amie revient à la barre. L'assesseur dit qu'il est indispensable de veiller à ce que les débats puissent se passer dans le calme. Assesseur au témoin : si vous pouvez veiller à rester calme et à rester maître de vous. C'est indispensable pour le bon déroulement de l'audience. Avocat de la partie civile au témoin : vous avez dit ce qu'ils ont fait c'est pas bien "Ils" c'est qui ? Témoin : "ils" c'est les personnes qui ont commis les attentats. Ce qu'ils ont fait c'est tuer des gens et c'est pas bien. Avocat PC : Vous avez dit que Raumel était manipulateur Témoin : Pour moi Raumel est un manipulateur né, il est pourri jusqu'à la moelle. Il essaie de susciter la compassion, c'est pas quelqu'un qui changera. J'ai peur de lui, de sa personnalité. c'est quelqu'un de mauvais. Il a fait de la prison, il est sorti, il a pas changé. devant vous il essaie de faire le petit canard pour que vous ayez de la compassion pour lui. A 2 jours du procès, il est venu sonner chez moi à minuit, pour me demander de ne pas dire qu'il me frappait. J'ai l'enregistrement dans mon téléphone. Il est venu 2 fois chez moi, la 2e fois il était encore plus menaçant. Il disait que Prevost parlait de moi au procès et qu'il m'enfonçait. Mr Raumel, son objectif c'est d'écraser les autres pour sortir de tout ça. Je le connais comme ma poche, on est resté suffisamment longtemps ensemble. Il va utiliser tous les moyens pour manipuler les gens. Me Szwarc : Pouvez-vous nous dire des choses sur les faits ? L'ex-petite amie de Christophe Raumel : Je connais pas Raumel et Prevost avec cette étiquette là. Mr Prevost j'ai pas eu trop le temps de le connaître, mais c'est quelqu'un de très bien, qui a un bon fond. Il a beaucoup compté dans ma vie, et qui compterait encore. Me Maktouf : Mr Raumel a dit que sa conversion à l'islam l'avait apaisé... Témoin : Je peux pas confirmer cela. Il s'est converti à l'islam quelque mois après qu'on s'est mis ensemble, il a continué à me frapper. Je vois pas d'apaisement dans tout ça. Quand Mr Raumel est sorti de prison, il a continué à me frapper.
  8. Assesseur : vous avez vu quelque chose dans le tiroir d'une commode de Mr Raumel ? L'ancienne petite amie : Je me rappelle avoir vu un objet noir ,je n'ai pas plus de souvenir que ça Assesseur: Un taser vous voyez ce que c'est ? Assesseur : quand vous voyez cette chose noire, ça vous inquiete ? Témoin : j'ai rien dit. On ne se parlait pas. Je savais que si je lui demandais il allait encore me frapper. Sur les attentats : "quand on a vu les attentats à la télé, Prevost m'a dit qu'il connaissait Coulibaly, que c'était quelqu'un qui lui avait fait du mal dans sa vie". avocat PC : Vous avez dit être chef de projet dans une commune du 91 ? Témoin : Je suis chargée de mission. avocat: vous êtes musulmane ? - oui Avocat : Vous vivez à Fleury, vous connaissez Grigny et Sainte-Geneviève-des Bois. Raumel fréquentait la mosquée de Sainte-Geneviève, on dit que c'était une secte. - Moi je fais la prière chez moi. Avocat : Vous avez dit que des gens d'une secte fréquentaient la mosquée de Sainte-Geneviève. (le témoin ne comprend pas, elle n'a pas dit ça) Avocat: je ne suis pas contre vous madame ,j'ai été très ému par votre témoignage (il hausse la voix) Le témoin fond en larmes. Sur les violences de M. Raumel, M. Prévost a tenté d'intervenir, sans succès. Témoin : Il fallait que je m'extraie de là sinon ça allait mal finir. Je faisais rien de mal pour subir tout ça. c'est moi qui allait travailler, qui ramenait l'argent à la maison. Il me frappait devant ma fille. Avocat PC : Envisagez-vous une protection après votre témoignage ? - J'envisage de déménager. Il n'accepte pas la rupture. Pourtant ça fait 5 ans, je ne l'aime plus, qu'il passe à autre chose. Je veux qu'il me laisse tranquille.
  9. L'ex-petite amie de Christophe Raumel (et de Willy Prevost) Elle pleure beaucoup, ne parvient à parler. Elle a 28 ans, porte une robe rose, a les cheveux noir au carré. Elle est "chef de projet dans une collectivité". "j'ai été mise en garde à vue car le père de ma fille et des personnes assez proches de moi étaient impliqués dans cette histoire. J'ai été hyper choquée de me dire que mes proches étaient plus ou moins impliqués dans cette affaire, je ne m’y attendais vraiment pas. Sur Raumel : Parce que je n'ai pas acheté de Nesquick pour sa fille du coup il m'a frappé, j'ai cru que j'allais mourir ce jour-là. Pendant toute notre relation, il faisait que de me frapper pour rien, j'ai subi une pression de la part de ses amis. L'ex de Christophe Raumel, et mère de leur enfant, dit que depuis 2014 ils "faisaient chambre à part" et qu'il "ne se passait plus rien". "A deux jours du procès, il est venu chez moi pour m'intimider. Il continuera après je le sais. C'est un manipulateur, un menteur". J'ai peur encore de lui. SI je vais porter plainte à la gendarmerie, j'ai peur qu'il revienne. C'est ce qu'il a fait à 2 reprises quand il est sorti de prison. Il pense que je l'ai trompé avec Mr Prevost" Assesseur : cette situation existe. Ca reste je l'espère très accessoire dans le dossier. On est pas ici pour rendre compte de qui a rendu cocu l'autre. Vous vous êtes rapprochée de Willy Prevost. Vous en avez été amoureuse ? L'ancienne petite amie : J'ai pas été amoureuse. C'était un moment très court. Il m'a beaucoup aidé quand Mr Raumel me frappait. Willy Prevost a été là pour que je puisse aller bien. Il essayait de maintenir un lien avec sa famille. C'est très compliqué de maintenir un lien avec quelqu'un quand il est en prison et dont on ne sait pas quand il va sortir. Willy Prevost est quelqu'un que j'apprécie vachement, on verra bien par la suite ce qu'il se passe. Au sujet de Coulibaly: "je n'ai jamais entendu parler de ce monsieur là". Elle indique avoir grandi à Fleury, et pas à Grigny comme Coulibaly. C'est à la télé que j'ai appris les faits du 9 janvier, j'étais avec Monsieur Prévost à ce moment Willy Prevost m'a dit qu'il le connaissait, qu'il était de son quartier et qu'il lui avait fait beaucoup de mal dans sa jeunesse. Prevost était choqué de voir à la télé qu'une personne qu'il connaissait (Coulibaly) avait tué des gens, c'est des choses qui sont pas pardonnables ni excusables. Assesseur : Vous avez dit : 'Prevost était choqué de ce qu'avait fait Coulibaly, il m'a dit que ça n'était pas écrit dans le Coran qu'il fallait tuer les gens'. Il étudie le Coran Willy Prevost? L'ancienne petite amie : Il faut pas avoir étudié le Coran pour savoir ça. On ne tue pas les gens comme ça. Moi quand je fréquentais Mr Prevost , il m'a jamais montré qu'il étudiait le Coran ou quoi que ce soit. J'ai pas d'excuse, j'assume ce que j'ai dit ou pas dit. Ca fait 6 ans que j'ai fait cette garde à vue. Je ne sais pas ce que j'ai dit ou pas. Je vous dis ce que je sais à l'heure actuelle. Assesseur : vous aviez dit que Mr Prevost était converti, qu'il était musulman. Qu'il se sent dans la communauté musulmane mais sans plus. Qu'il buvait de l'alcool.
  10. Me Clémence Witt, avocate de Christophe Raumel, s'adresse à son client : Vous n'avez jamais eu de quelconque échange avec Coulibaly, vous dites l'avoir aperçu à 2 reprises et n'avoir été jamais au courant des échanges avec Prevost ? Raumel : oui Me Clémence Witt : au début de votre gav devant la SDAT, le 15/01/2015, vous avez peur ? Raumel : j'avais peur. Quand ils sont venus chez moi ils m'ont dit "terroriste", moi j'ai dit vous vous êtes trompés.. En garde-à-vue, je pensais que j'allais sortir. J'avais pas conscience des faits qui m'étaient reprochés. Me Clémence Witt : une armurerie, vous y aviez déjà été avant ça ? Raumel : non jamais. Me Witt : quelles sont les raisons de votre conversion ? Raumel : Je me suis converti parce que je devenais n'importe quoi, je sortais, je buvais de l'alcool, j'étais tout le temps bourré dehors. J'ai eu un accident de scooter j'ai perdu toutes mes dents. Les mamans du quartier m'ont dit de m'assagir. Elles m'ont dit que la religion c'était bien pour apaiser le coeur, pour être bien avec soi-même. Je me suis converti. J'allais prier à la mosquée tous les vendredis, souvent tout seul. Après j'ai arrêté d'y aller (à la mosquée), je priais chez moi. Me Witt : Vous avez expliqué que Prevost et vous ne vous étiez pas posé la question de "pourquoi les achats". Vous comprenez que ça peut surprendre.. Christophe Raumel : oui Me Witt à son client : vous suivez, vous faites ça pour sortir de l'ennui. Le deal c'est quoi, t'es devant le centre commercial, tu t'ennuies, viens avec moi Raumel : non, on pose pas de questions Me Witt à son client : en fait, ca se fait pas de demander ? Raumel : Ouais en quelque sorte. Je m'en veux d'avoir été là à tout ça. J'ai honte parce que mon nom il sort partout. Ma mère n'a rien demandé mais j'assume. J'ai honte et je regrette. j'ai une pensé pour les victimes, leur famille. La vie c'est plus la même, j'ai fait 39 mois de prison. Quand j'étais dehors, j'entendais le bruit de la douche de la prison, y'a un problème. Aujourd'hui, j'aimerais travailler, chauffeur livreur, avoir un appartement, faire une chambre à ma fille, avec ses vêtements.
  11. Me Szwarc : Quand Prevost vous appelle vous le suivez, vous le suivez tout le temps aveuglement ? Christophe Raumel : Oui, sauf quand je dois m'occuper de ma fille Me Szwarc : A minuit Willy Prevost vous appelle, vous y allez... Raumel: Oui moi je suis comme ça, quand j'aime bien quelqu'un, tu m'appelles je viens. Me Szwarc : on a trouvé dans votre ordinateur des recherches sur une vidéo de Coulibaly, vous êtes en admiration pour lui? Raumel : Même sur mon téléphone j'avais cherché ça. Ca parlait beaucoup en fait. Quand il (Coulibaly) sort au moment de l'assaut, il y a des gens qui disait qu'il était attaché. Plusieurs fois j'ai regardé ça. J'ai regardé aussi les vidéos des Kouachi, certains disaient que c'était un complot, à cause des rétroviseurs. Plusieurs fois j'ai regardé ça, mais je n'avais d'admiration pour personne. Avocat PC : pouvez-vous expliquer cette réponse aux policiers en garde à vue ? "On a vu que c'était pas nos gilets sur les vidéos des Kouachi". Pourquoi vous faites un rapprochement puisque vous ne les avez jamais vus ensemble ? Connaissez-vous les frères Kouachi ? Les avez-vous vus avec Coulibaly ? Christophe Raumel : Non les Kouachi je ne les ai jamais vus. Parce que Coulibaly a dit qu'il avait fait les attentats avec eux, on a acheté 3 gilets, ils étaient 3. J'ai vu les vidéos sur Internet, quand on tape Amedy Coulibaly, il y a tout qui sort. L'avocate de ma famille de Clarissa Jean-Philippe : Vous avez dit :"les achats c'est pas moi". Christophe Raumel : au moment des achats, j'avais pas conscience. Pour moi, je n'étais pas impliqué, de près ou de loin. Si j'avais pensé que ça aurait pu me retomber dessus, je me serais mis à l'écart. Je me serais occupé de ma fille. je n'ai pas été élevé dans des trucs comme ça. L'avocate de la famille jean-Philippe : Willy Prevost ne peut pas vous emporter dans des embrouilles mais il peut avoir une relation amoureuse avec votre femme ? Raumel : Qu'est ce que vous voulez que je vous réponde ? Il y a des gens qui font pire que ça... Raumel, Interrogé sur la tristesse de Willy Prevost lors de la mort de Coulibaly : Le mec il le connait depuis toujours. N'importe qui qui perd quelqu'un qu'on connait on est tous tristes. Je parle pas des victimes, je mélange pas tout. Mais... Même quand on perd un ennemi. La tristesse... on est des êtres humains quand même. Me Korchia, avocat de partie civile : dans un interrogatoire vous dites 'Je n'ai pas demandé à Prevost pourquoi il faisait ses achats mais pour qui'. Vous ajoutez : 'Moi je suis le pote de Willy Prevost, je voulais l 'accompagner et pas me mélanger dans ces trucs.' Concernant la relation de Coulibaly et Prevost, diriez-vous encore que c'était comme un chef avec son homme de main ? Raumel : Non, pas un chef avec son homme de main. Par exemple moi je suis dehors, j'ai soif. Je vois un petit, je lui donne 2 euros et je lui dis d'aller m'acheter une canette. c'est pareil entre Willy Prevost et Amedy Coulibaly. Me Szwarc : est-ce que le petit vous l'enverriez acheter un gilet pare-balle ? Christophe Raumel : Ha bah non ! (interrogé plus avant) : C'est en garde à vue qu'on m'a dit que ça s'appelait un gilet tactique. Pour moi c'était un gilet avec des poches. Pour moi des gilets comme ça, on peut aller à la pêche avec, faire du vélo.. AG : Vous avez dit que Coulibaly et Prevost allaient à l'écart pour discuter. Mais vous dites, 'tout passait par Willy". C'était le seul missionnaire, l'homme de confiance de Coulibaly ? Raumel : Non je pense pas que j'ai dit ça comme ça AG : Quand Prevost rend service à Coulibaly, il peut obtenir une contrepartie financière ? - Ah non ça je sais pas. AG : Dans un interrogatoire, vous précisez que Prevost n'avait pas d'argent sauf quand il voyait Amedy Coulibaly. Ca illustre bien ce lien. Christophe Raumel : C'est pas de l'argent de poche qu'il lui donne, c'est pour les achats AG : Vous nous parlez des achats à l'armurerie. Vous dites dans interrogatoire que Prevost avez trouvé quelque chose de "chelou" dans les achats. C'est avant ou après les attentats ? Raumel : c'est avant - sur la moto vous dites, après l'enlèvement du tracker : 'peut-être qu'il voulait faire un truc avec la moto'. Raumel : A aucun moment je me suis dit que c'était des conneries. Me Hugo Lévy à Christophe Raumel : en garde à vue vous avez dit que "même Willy (Prevost) ne savait pas" ce que voulait faire Coulibaly, vous confirmez ? Raumel : Je confirme, il ne savait pas. Me Lévy : un avocat de la partie civile a commencé à lire avec une étrange délectation une déclaration que vous avez faite au juge d'instruction... Une avocate de la partie civile énervée : ca suffit là ! Me Lévy : Votre vie au quartier (avec Willy Prevost) c'était ? Christophe Raumel : Notre vie c'était manger, boire, rigoler, parler de tout et de rien. On n'a jamais parlé de Palestine. Me Lévy : On vous a demandé si Prevost était engagé dans la cause Palestinienne. A votre avis il était engagé ? Christophe Raumel : Non. Il ne m'a jamais parlé de ça. Me Lévy : Vous avez dit Coulibaly lui cassait la tête pour faire des choses (à Prevost). Ca veut dire quoi ? Christophe Raumel : Quand Prevost voulait pas faire quelque chose, Coulibaly insistait, il disait : vas-y, vas-y fais-le. L'avocate de Said Makhlouf : Vous êtes un très bon ami de Willy Prevost, vous nous avez indiqué que vous ne connaissez pas Coulibaly, que vous l'avez vu 2 fois en présence de Prevost mais que vous avez été mis à l'écart des conversations. Vous avez dit que vous ignoriez aussi ce pourquoi il avait été condamné jusqu'en 2014 Christophe Raumel répond "oui" à chaque élément.
  12. Assesseur : que pouvez-vous nous dire de la mosquée de Sainte-Geneviève-des-Bois que vous avez fréquentée ? Raumel : Moi j'ai appris ici qu'il y avait quelqu'un qui faisait des trucs bizarres là-bas. Des mamans, des familles allaient dans cette mosquée. Assesseur : il y a des prêches qui sont très différents des lieux de culte (...) Pourquoi avez-vous cessé d'aller dans cette mosquée ? Christophe Raumel : Je préférais prier chez moi, sinon j'allais dehors. Pour moi j'étais pas impliqué dans les achats. Je me disais, s'il doit arriver un truc, c'est pas moi (...) A aucun moment j'ai réfléchi à tout ça. Si une seule fois c'était rentré dans ma tête, je me serais mis à l'écart, je ne serais pas là. Je me serais occupé de ma fille. Willy Prevost je l'aimais bien, je l'aimais trop bien. Dès que je me levais, je l'appelais, je lui disais :'ça va, t'es où ?' J'étais peut-être le petit de WIlly Prevost mais je ne me considérais pas comme son petit. Je lui faisais son linge parce qu'il avait pas de logement. Assesseur : Prevost c'était votre grand pote mais il vous a piqué votre copine, vous l'avez appris quand ça ? Vous cherchez à vous venger ? Raumel : Prevost c'était mon grand pote, c'était mon pote. C'était : "Je suis avec toi'. Mais pas dans le sens :'Je suis avec toi on va faire des conneries'". J'ai appris ça en garde à vue. Je vais pas vous mentir, quand j'ai appris ça, j'étais énervé. Après en prison, je me suis dit que c'était de ma faute. J'avais laissé trop de portes ouvertes. Si j'avais pris les précautions pour, ce ne serait pas arrivé tout ça. C'est pas sa faute à lui ou sa faute à elle. C'est de ma faute. Avocat PC : Quand avez-vous appris que Coulibaly était impliqué dans les attentats de janvier ? Christophe Raumel : à la télé le jour de l'Hyper Cacher L'avocat : vous avez été interpellé quand ? Raumel : le 15 janvier Avocat PC : Pendant ces quelques jours, vous avez eu du temps, vous avez réfléchi à quoi ? Raumel : Je vais vous dire la vérité. L'avocat: c'est ce qu'on attend. Raumel : Ils ont montré le matériel,les gilets tactiques. Je me suis dit: Willy (Prevost) t'es mort,la première personne qu'ils vont venir chercher c'est toi. J'ai pas pensé à moi. L'avocat de la partie civile à Raumel : vous ne parlez pas ensemble? Christophe Raumel : Si on discute de tout et de rien L'avocat: A aucun moment vous ne parlez de religion? C'est un tabou? Christophe Raumel : Non, chacun est comme il est... Avocat PC : Vous faites quoi de vos journées ? Christophe Raumel : on est au centre commercial, on fume on boit, on mange, parfois on se promène dans la ville
  13. Assesseur : savez-vous ce qui est acheté précisément dans l'armurerie ? Raumel : Non je ne sais pas Assesseur : un jour quand vous êtes arrivés à l'armurerie il y avait la BAC, vous êtes repartis. Raumel : C'est moi qui conduisait, j'avais pas le permis, on avait peur de se faire contrôler, on est reparti. Ca a toujours été normal dans le magasin (l'armurerie), il n'y avait pas de discrétion. Notre comportement était normal. Assesseur : vous vous êtes intéressé à un lance-roquettes ? Raumel : oui j'ai demandé si c'était un vrai, on m'a dit oui voilà c'est tout. Le taser, je l'ai jamais vu. Même quand le matin il a été posé chez moi, je l'ai pas vu. Y'avait pas de taser chez moi. Assesseur : vous avez parlé de deux boîtes ? Christophe Raumel : c'était les 2 boîtes de couteaux. Je savais même pas que dans le 1er achat il y avait un couteau, je l'ai su quand on l'a changé. J'ai vu le gilet tactique dans le sac, je l'ai pris, je l'ai accroché. Assesseur : vous en aviez des tasers vous ? Christophe Raumel : oui moi j'en avais un en lampe torche Assesseur : on vous demande de prendre le matériel chez vous, on vous donne le sac de l'armurerie. Pourquoi chez vous, Prevost nous dit que c'est parce qu'il a pas de domicile... - Willy (Prevost) stockait dans mon armoire, je mettais les gilets tactiques sur les cintres. Je regardais pas les contenus des sacs. Je me suis pas posé de questions, je me suis pas demandé pourquoi spécialement chez moi. A cette époque là, je réfléchissais pas comme maintenant. Je pensais pas aux conséquences. Assesseur : vous n'avez pas l'impression qu'il se sert de vous pour planquer ce qu'il n'a pas envie d'assumer ? Christophe Raumel : Comme je vous ai dit, à cette époque-là, je ne me posais pas de question, je n'étais pas dans le doute ou la méfiance. Assesseur : vous avez dit que Willy Prevost était le missionnaire d'Amedy Coulibaly Christophe Raumel : quand je dis mission je veux pas parler de Mission impossible. Allez à Leclerc par exemple, ça c'est une mission.. Assesseur: que savez-vous de Coulibaly, il doti avori une certaine réputation ? Christophe Raumel : La réputation de Coulibaly c'est braquages, trafic de stups, violences. Assesseur : quand on va faire les courses de Coulibaly, il y a peut-être des questions à se poser. Christophe Raumel: Moi je n'étais pas en lien avec Coulibaly, j'accompagnais juste Willy faire les achats. Quand j'ai vu tout ça, le matériel acheté pour Coulibaly, j'ai demandé à Prevost ce que Coulibaly allait faire avec, il m'a dit qu'il ne savait pas. J'ai pensé à un braquage. Assesseur : le fait est qu'à un moment donné vous posez des questions à WIlly Prevost. Il dit quoi Prevost ? Christophe Raumel: Prevost me dit qu'il ne sait pas ce que va faire Coulibaly avec ça. Braquage de go fast, je sais pas, moi j'avais plus pensé à un braquage. L'assesseur lui demande pourquoi il a été là-bas, le 3 janvier, à cette heure tardive Christophe Raumel : Prevost m'a appelé, il m'a dit tu viens avec moi, on va en bas de chez l'autre-là (Coulibaly). j'ai dit vas-y ok. Christophe Raumel indique n'être jamais allé au domicile d'Amedy Coulibaly mais s'être retrouvé à proximité de son domicile, notamment le 3 janvier vers minuit. Assesseur : pourquoi aller en bas de chez l'autre (Amedy Coulibaly) à minuit le 3 janvier ? Christophe Raumel : bah je sais pas moi ! L'assesseur : il ne s'agit pas d'aller faire des courses à minuit.. Il est encore question du surnom donné par Prevost et Raumel à Ali Polat avec qui ils ont fait 1 trajet en voiture : "Gros fils de pute de bombarder" (c'est une obsession ce surnom décidément) Christophe Raumel : C'était pas un surnom, c'était... Moi je veux pas l'insulter Polat à Raumel : Je t'en veux pas t'inquiète Polat aurait dit à Prevost et Raumel qu'ils écoutaient de la musique de merde: en l'occurrence le rappeur Jul de Marseille. Assesseur : vous vous êtes converti en 2009, vous avez dit que Prevost aussi était converti Christophe Raumel : moi de ma connaissance, il était converti. Avant ça disait qu'il était converti. Mais il n'allait pas à la mosquée. Assesseur: les on dit qui disaient que Willy Prevost était converti c'est qui ? Raumel: les gens du quartier.. L'assesseur rappelle que Christophe Raumel avait une marque sur le front, du fait de la prière. Raumel : C'est pas moi qui décide d'avoir la trace. La trace, je l'avais sur le front, les genoux et les pieds. Je l'avais aussi en prison, je priais beaucoup. Assesseur : Willy Prevost ne vous parle pas de cette marque ? Raumel : Non
  14. Christophe Raumel (il comparaît libre) "Je reconnais avoir été là à chaque achat et pour enlever le tracker aussi. Je reconnais les faits qui me sont reprochés. J'avais que des relations avec Willy Prevost. Amedy Coulibaly je ne l'ai que aperçu, je n'étais pas proche de lui. Je n'avais aucun lien. Prevost je le connais depuis que je suis petit, il habitait en face de chez ma grand-mère. Ma famille connait sa famille, sa famille connait ma famille. Quand j'allais chez ma grand-mère, eux ils étaient tous en bas. D'abord on voyait que les visages, après on se disait 'bonjour'. Assesseur : il y a quatre ans de différence entre vous et Prevost... Raumel : Depuis petit, Prevost me connait. c'est pas comme si vraiment c'était un étranger. Avec le temps, on a créé une amitié, un lien. Quand je sortais de chez moi je l'appelais, on allait au centre commercial. Willy Prevost, sa relation avec Amedy Coulibaly, je peux pas dire les choses. C'est quand Coulibaly venait au centre commercial. Il se garait. Willy allait le voir. Willy il me disait pas vraiment les liens qu'il avait avec lui, de l'amitié, de la pression ou quoi. Moi je savais qu'ils étaient tous les 2 de la Grande Borne (à Grigny). Quand ils se voyaient, pour moi c'était normal, je ne sais pas ce qu'il pouvait se passer derrière. Moi Willy Prevost ne m'a jamais dit qu'il avait peur de Coulibaly, ou qu'il était sous la pression ou quoi. Il me demandait mon téléphone et je lui donnais. Si ca se trouve il appelait Coulibaly, si ça se trouve c'était pas lui. Mais il effaçait les messages. Assesseur : Pour tous les achats à l'armurerie de Montrouge vous êtes avec Prevost ? Raumel : Le premier jour je suis resté dans la voiture. Christophe Raumel indique qu'il ne demande pas à Willy Prevost où ils vont quand ils partent à l'armurerie. Il voulait juste faire un tour. "C'est avec le temps que j'ai vu que j'ai fait beaucoup d'erreurs, avant je ne me souciais pas de ce qui pouvait arriver. Willy Prevost nous dit : 'vas-y on bouge', alors on bouge. On demande pas où on va. Les achats ont lieu notamment les 27, 29 et 30 décembre 2014 (taser, lacrymo, gilets tactiques...)
  15. Mais c'est déjà en vigueur alors du coup je comprends pas ce qu'elle veut faire là.. Retirer le titre pour ceux qui sont passés à travers les gouttes ? Se mettre en "conformité" ? Il va en falloir des contrôles suprises...
  16. Ca n'a pas été fait ça.. ? NDDL
  17. Prevost : Il y a des gens qui étaient là (il montre la barre) qui étaient en contact avec les donneurs d'ordre, on leur dit rien. Moi il y a de l'acharnement sur ma famille. Je voulais le dire, c'est mon ressenti. Me Lévy : Savez-vous par quel compte Internet, mentionnant le nom de votre soeur, cette commande a été passée ? Willy Prevost: ça ne peut venir que d'Amedy, c'est moi qui lui a donné les coordonnées de ma soeur. Ca peut venir que de lui. Nous on va pas acheter des jumelles à 200 euros. Me Lévy : Coulibaly crée une adresse ad hoc Willy Prevost ? - oui et après c'est lui qui me donne les instructions, de dire à ma soeur de ne pas ouvrir les colis. Prsdt : quel était l'intérêt d'envoyer un colis à plus de 300 kilomètres ? Willy Prevost : Coulibaly il voit que c'est pas à côté mais après... Moi je me suis pas posé la question de savoir ce qui allait être livré. Je me suis pas posé ces questions, si j'avait su que dans les colis c'était des jumelles et un sac de couchage, j'aurais été les acheter moi-même à l'armurerie. Prsdt : un colis chez quelqu'un, ça peut être dangereux, imaginez des stups par exemple ? Imaginez qu'à la place des jumelles commandées par Coulibaly ce soit des sachets de drogue qui soient arrivés chez votre soeur ? - ... Le frère de Willy Prevost "Mon frère il a toujours été respectueux, je pense pas qu'il est dedans, c'est impossible". Il explique qu'il sait lui aussi que son frère avait une dette. Lui parle d'une dette de 3000 euros, certains ont parlé de 30 000 euros de dette. Prsdt : Coulibaly, vous le connaissiez ? Témoin : pas trop, j'ai rien à voir avec lui. Coulibaly il avait une réputation de braqueur, de mec qui fait les go fast, les braquages. Prsdt : Vous dites que Willy (Prevost) a envoyé 3000 euros à Amedy Coulibaly quand il était en prison, vous le tenez d'où ça ? Le frère de Willy Prevost : bah de moi ! Le témoin parle beaucoup avec les mains, hausse le ton, s'agace. le président le rappelle à l'ordre : bon allez, on se calme un petit peu là. Vous avez parlé aux enquêteurs de Coulibaly et de la religion, vous avez dit qu'il était musulman, qu'il s'était fait virer de la mosquée par l'imam car il engrenait des jeunes. Témoin : Moi Coulibaly je sais qu'il était respecté dans le quartier c'est tout. Moi je l'ai jamais vu en djellaba Coulibaly. pour moi la religion il s'en foutait. Pour le reste, je répète ce qui est dit à la télé. Il répète qu'il a dit aux enquêteurs ce qu'il a entendu à la télé sur Coulibaly, notamment quand il a dit qu'il s'était fait virer de la mosquée. Il fait des gestes à son frère dans le box, s'énerve, s'agite. Willy Prevost lui lance : Calme-toi là ! Une avocate l'interroge, il tourne le dos à la cour pour répondre. Le président recadre : Monsieur s'il vous plaît, vous vous adressez à la cour ! - Ah oui merde Prsdt : Bon monsieur, vous faites attention quand même, on n'est pas sur un plateau télé, même si on sait que vous aimez beaucoup la télé... Monsieur, vous pouvez disposer - C'est Bon je peux y aller ? Allez merci au revoir. ah bah ça promet les auditions des accusés.....
  18. Quand avez-vous eu connaissance des violences de Coulibaly sur votre frère ? La soeur de Prevost ne sait plus. Assesseur : aux enquêteurs vous dites avoir appris ces violences de Coulibaly sur votre frère après les attentats. Votre frère a été hospitalisé en 2010, on vous l'avait caché ? Pourquoi n'avez-vous pas été informée quand ça s'est passé en 2010 ? - Je pense que c'était pour ne pas m'inquiéter. Me Metzker : vous avez parlé d'un individu métisse qui était venu chercher les colis de votre frère. De qui s'agit-il ? - Je ne sais pas. Me Senyk : votre frère vous a-t-il dit qui avait passé commande de ces colis ? - non Me Senyk : à l'époque vous avez dit que c'est votre frère qui avait passé commande.. AG : selon vous ces colis de votre frère que vous réceptionnez sont arrivés en septembre 2014 ? - oui AG : L'amie qui vous hébergeait a parlé d'août.. Pourquoi avoir amené ces colis en décembre simplement alors que vous faites entre temps un déplacement à Grigny ? - je ne sais pas AG : il y a une autre commande le 6 décembre avec des couvertures de survie, vous êtes informée de cette commande ? - Non AG : quand vous avez vu les sacs de couchage, vous avez dit que vous avez pensé que votre frère allait faire du camping. Et pour les jumelles, vous avez pensé quoi ? - en voyant les jumelles et le sac de couchage je me suis dit qu'il allait faire de la randonnée ou du camping. L'avocate générale rappelle que la paire de jumelles en question coûtait plus de 200 euros, et qu'à cette époque, Prevost avait des problèmes d'argent. La soeur de l'accusé quitte la salle en pleurant.
  19. Témoin : non Prsdt : il vous a donné une consigne ? - ne pas les ouvrir. WIlly Prevost a fait livrer des colis chez sa soeur en lui disant de ne pas les ouvrir. Celle-ci en a ouvert deux, qui contenait notamment une paire de jumelles, un sac de couchage, elle a pensé qu'il allait faire du camping. en plein mois de décembre... Prsdt : les colis ont été livrés fin août, et vous ne les amenez qu'en décembre, votre frère ne vous a pas dit qu'il en avait besoin avant ? Témoin : Non Assesseur : Pourquoi ce soir vous avez oublié la plupart des détails que vous évoquiez devant les enquêteurs ? - ca remonte à trop loin, je ne m'en souviens pas. Assesseur : les enjeux sont importants, vous avez oublié ces détails?
  20. Le père de Willy Prevost a dit qu'il pensait que la police viendrait le chercher aussi car à cette époque il refaisait le cuisine de la maman d'Amedy Coulibaly (qui ne l'a jamais payé soit dit en passant). Prsdt : Avez-vous remarqué de Coulibaly avait un comportement assez radical, qu'il fréquentait des personnes très radicales ? Témoin : Il faisait la prière. Moi j'étais un gros fumeur, je ne fumais pas en sa présence du fait de sa religion. J'ai rien remarqué d'autres. Prsdt : Comment avez-vous réagi quand vous avez appris ce qu'a fait Amedy Coulibaly ? - j'ai été choqué. C'est immonde ce qu'il a fait. Me Metzker : il est curieux qu'Amedy Coulibaly trouve le temps d'aller avec vous chez Ikea pour finir la cuisine de sa mère un peu plus d'une semaine avant les attentats. Témoin : on est allé acheter des planches pour finir la cuisine. Me Metzker : Amedy Coulibaly se balade avec vous chez Ikea. Son comportement était celui d'un passionné de bricolage? Le témoin : J'ai pris les planches, il a payé, on est parti. On parlait travaux. Coulibaly m'a dit: j'espère qu'il ne va rien manquer pour la cuisine de ma mère. Me Lévy : est-ce que Willy Prevost s'est converti ? il fumait, il mangeait du porc ? Témoin : Non (il ne s'est pas converti) il fumait. Pas devant moi mais je le savais. Excusez-moi l'expression, il fumait aussi du shit, et il buvait. Mon fils aime trop sa mère, son frère et ses soeurs pour partir loin. S'il sort (de prison), il va revenir avec nous, dans le 44. On s'est installé dans le 44 on a déjà une chambre pour lui. Me Levy : Vous êtes sûr que c'est pas un assassin votre fils ? Témoin : mon fils c'est un agneau, jamais il ferait de mal à quelqu'un. La soeur de Willy Prevost " Mon frère est adorable, protecteur et gentil". Elle indique n'avoir rien à dire sur les faits de manière spontanée. La soeur de Prevost indique que la Grande Borne à Grigny est un quartier où l'on ne se sent pas en sécurité. Elle affirme ne pas connaître les fréquentations de son frère. Elle ne connaissait pas Coulibaly "Je sais juste qu'il a tabassé mon frère". Prsdt : en 2010, quand votre frère se fait taper dessus par Coulibaly, vous savez pourquoi ? Témoin : Non je ne sais pas. Je sais que mon frère avait des dettes car une personne était venue chez nous. Prsdt : vous ne connaissez pas Coulibaly mais vous dites qu'il avait une mauvaise réputation à la Grande Borne - oui c'était la rumeur. On disait qu'il était méchant et violent. Willy ne vivait plus à la maison car il ne se sentait plus en sécurité. Prsdt : vous pouvez nous parler des colis que vous avez reçus et qui ne vous étaient pas destinés ? - Mon frère m'a appelée en me disant que j'allais recevoir des colis, j'en ai ouvert deux, il y avait des jumelles notamment.. Prsdt : Vous lui demandez pas pourquoi il envoie des colis chez vous alors que vous ne vivez pas du tout dans la même région ?
  21. Eric F. père de Willy Prevost Il évoque lui aussi le tabassage de son fils dans une forêt par Amedy Coulibaly. Il décrit ce dernier comme une personne "très très violente". Sur son fils Willy Prevost, il dit que "c'est un gentil", "quelqu'un qui sait pas dire non", "qui rend service". Père de Willy Prevost : Mon fils avait peur de Coulibaly. Même moi j'avais peur de Coulibaly. Mon fils avait une dette envers Coulibaly, à mon avis c'était pour la drogue. Coulibaly se faisait les go fast... Prsdt : saviez-vous si Coulibaly avait repris contact avec Coulibaly à sa sortie de prison en 2014 ? Témoin : Non je savais pas. Je savais que mon fils avait quitté la Grand Borne pour vivre à Fleury après avoir eu des menaces. Prsdt : votre fils ne vous a pas dit qu'il avait repris les liens avec Amedy Coulibaly ? Témoin : non Prsdt : Vous dites que votre fils est grand et costaud mais vous dites que c'est un agneau ? - oui Prsdt : de quoi vivait votre fils ? - du RSA - vous lui donniez de l'argent ? - oui quand j'en avais. Prsdt : quand votre fils a appris les attentats du 7 janvier, vous lui avez demandé s'il avait quelque chose à voir là-dedans, et aux enquêteurs vous avez dit : "Il m"a juré qu'il n'avait rien à voir là-dedans".
  22. Prsdt : Willy Prevost était-il interrogé par tout ce qui était politique, religieux ? Témoin : non Prsdt : vous avez un autre fils qui était converti à la religion musulmane. La religion ne concernait pas Willy ? Témoin : non. Prsdt : il vivait de quoi, Willy ? Témoin : Bah c'est moi... Il passait les journées avec ses copains, sa petite copine Prsdt : quand il y a eu les événements de début janvier, avez-vous vu un changement dans le comportement ? Témoin : On a été choqué de voir ce qu'il (Coulibaly) avait fait Prsdt : C'était un copain de Coulibaly Willy, était-il inquiet qu'on vienne le chercher ? Témoin : non pas du tout Le président revient sur une déclaration de la maman de Prevost aux enquêteurs à qui elle a dit :"Willy m'a dit qu'il avait peur de retourner en prison car il avait été en contact avec Coulibaly". Prsdt : ca vous a surpris d'apprendre que Coulibaly était tombé dans une histoire de terrorisme (et incarcéré de 2010 à 2014) ? Témoin : j'y croyais pas. Prsdt : c'est votre fils qui vous l'a dit ? - oui. AG : c'est vous qui aidiez votre fils ? - Oui je lui ramenais un colis toutes les semaines du secours populaire où je travaillais AG : il touchait aussi le RSA ? - oui AG : vous dites avoir appris par Willy que Coulibaly avait été incarcéré dans une affaire de terrorisme, ça vous a choqué que Willy reste en contact avec lui après son incarcération ? Témoin : Là je peux pas vous répondre, je sais pas.. AG : pourtant, Coulibaly, vous le connaissiez. Il venait manger chez vous. Quand on est maman on aime pas trop que son fils traîne avec des voyous... Me Levy : Madame, c'est la première fois que nous nous voyons, je suis l'avocat de Willy Prevost. Il lui demande si elle se souvient de la date à laquelle Willy lui aurait dit que Coulibaly avait été condamné pour terrorisme. Me Levy : c'était avant ou après les attentats de 2015 ? Témoin : je ne m'en souviens plus Me Lévy a demandé l y a quelques minutes au témoin si elle avait eu un accident de santé, elle précise que oui elle a eu un AVC.
  23. La mère de Willy Prévost Elle indique qu'elle entend très mal, qu'elle est sans profession. Au sujet de son fils : "il est doux, il est gentil. Il l'a toujours été avec moi et ses frères et soeurs aussi." Prsdt : votre fils quand il a été interpellé a-t-il été interpellé chez vous ? La mère de Willy Prevost : Non, il ne vivait plus chez moi depuis deux ans à peu près. La mère de Willy Prevost : Il y a eu beaucoup de menaces contre lui. Je ne sais pas du tout pourquoi. Le président : certains ont dit qu'il était recherché car il avait des dettes Témoin : des personnes sont venues à ma porte et l'ont dit qu'il devait de l'argent. Elle raconte comment son fils a été tabassé dans une forêt par Coulibaly notamment. "Il est repassé chez moi, il était armé. On a été menacé deux fois" Prsdt : Coulibaly venait chercher Willy chez vous? La mère : oui. Willy est revenu très très abîmé. Moi je voulais porter plainte, on m'a dit non car il était majeur. Willy ne voulait pas porter plainte, on avait peur des représailles. Prsdt : savez-vous si Willy craignait Coulibaly quand ce dernier était en prison de 2011à 2014 ? La mère de Willy Prevost : Je peux pas vous répondre. Je ne sais pas s'il y a eu des menaces. Mais Willy est parti de Grigny à Fleury à cause des menaces. Il est parti chez une amie, j'allais le voir. Willy n'avait pas d'argent pour payer ses dettes, c'est toujours moi qui ramenait ce qu'il avait besoin. La mère de Willy Prevost explique que son fils avait sa carte d'identité pour avoir le RSA notamment. Prsdt : le certificat de la moto, vous n'avez jamais voulu avoir une moto? Témoin : non Dans la voiture d'Amedy Coulibaly, les enquêteurs ont notamment trouvé une enveloppe avec la mention "pour Amédy ". l'enveloppe contenait un certificat de cession du 24/11/2014 entre Moussa T. et la maman de Willy Prevost pour une moto Suzuki, une photocopie recto verso de la carte d'identité de la mère de W. Prevost était dans l'enveloppe et une facture de téléphone en date du 29 Octobre 2014 portant le nom et l'adresse de celle-ci. Prsdt : diriez-vous qu'Amedy Coulibaly était un ami de Willy Prevost ? Témoin : Non
  24. Me Hugo Lévy avocat de Willy Prevost revient sur le communiqué d'Al-Qaida du 10 décembre menaçant la France et Charlie Hebdo. Dans ce communiqué d'Al-Qaida, il est dit aux accusés de Charlie Hebdo "d'être patients". Me Levy : Vous vous souvenez de ce que vous m'avez dit quand vous avez appris ça ? Prevost : oui j'ai dit "Qu'ils se fassent bombarder leur mère ces fils de pute". Oui, qu'ils se fassent niquer leur mère, moi je fais plus confiance à cette cour Me Lévy : Plus qu'à Al-Qaida qui vous demande d'être patient ? Prevost : Bien sûr. Moi j'aime la France. Je suis encore là, sinon je serais parti. J'aime mon pays. Me Hugo Lévy : Souvent votre parole est mise en doute. On a compris qu'elle était précieuse. Vous avez reconnu pendant votre garde à vue avoir procédé à des achats pour Amedy Coulibaly. Comment expliquez-vous que dans le cour de l'instruction, vous faites des déclarations qui non seulement vous mettent en cause de façon grave, qui vous exposent vis-à-vis de représailles, qu'est ce qui vous motive ? Prevost : C'est par rapport aux actes qui ont été perpétrés, par rapport aux victimes, il faut qu'elles aient des réponses. Tous les souvenirs que j'ai je préfère les dire. Jamais de la vie je me serais dit qu'Amedy Coulibaly pouvait faire ça, le seul truc c'était braquage, braquage braquage. Même pour un braquage il m'aurait pas dit de venir avec lui. Coulibaly c'était un personnage, un caïd.
  25. Me Coutant-Peyre évoque la rencontre d'Amedy Coulibaly et Nicolas Sarkozy. En 2009, Coulibaly était en formation en alternance et avait rencontré l'ancien président en déplacement à Grigny. Prevost : C'est pas parce qu'il a rencontré Nicolas Sarkozy que c'était plus un caïd. Ali Riza Polat à son avocate Me Coutant-Peyre : pose la question, demande comment il est parti à Montrouge ! Me Coutant-Peyre : Monsieur Polat, s'il vous plait.. Polat s'adressant à Prevost : J'ai jamais touché la moto sale menteur !! (ils s'envoient des gentillesses les deux, 'reusement qu'ils ne sont pas dans le même box, ils se foutaient sur la g....) Me Lévy, avocat de Willy Prevost à son client: Comment certains ont pu penser que vous étiez converti ? Prevost : Parce que mon frère s'est converti, parce que j'étais entouré de beaucoup de musulmans. C'est tout.
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